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février 2012

Yannick Dahan, Monsieur Cinéma

dans la catégorie Sortie Vinoche

Apres des études formatées qui se limitaient à des petit-déj' café-croissants dans de grands amphithéâtres où le culte du film d'auteur français était irrécusable, Yannick Dahan a commencé par écrire pour la presse spécialisée cinéma (Positif) et celle du jeu vidéo. Deux directions très différentes mais qui ont convergées, puis se sont mêlées jusqu'à devenir intrinsèquement liées. Depuis quelques années, il transmet sa passion du cinéma, sans langue de bois, dans "Opération Frisson" sur Ciné Cinéma. Une émission qui se plait à rentrer dans le lard des idées reçues et qui ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil. Mais parfois, quand ça gratte, ça fait du bien!

Je vous propose une petite sélection de cette émission culte, à consommer sans modération.... Monsieur Cinéma a bien changé...


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Boire le calice jusqu’au lit

dans la catégorie Notre vin quotidien

La_Turque.jpgC'est sûr, j’ai de la cuite dans les idées et parfois l'envie de me coucher n'est pas plus forte que l'envie de m'en faire une petite dernière pour la route. L'abus de vieux vins provoque souvent l'envie irrépressible d'aller mettre le cochon dans le torchon et dormir du sommeil du juste. Chez moi, le début d'ivresse des profondeurs Bordelaises ne m'invite pas à prendre mon lit pour une tirelire mais à me questionner sur la valeur d'un Meursault ou d'une Côte-Rôtie. Je crois sincèrement, après une analyse intègre et sincère, que la chose qui m’intéresse le plus ici-bas, c’est de boire un grand Meursault ou une bonne Côte-Rôtie. On essaie de me persuader que l'important, c'est les grandes réflexions spirituelles sur la vie, la mort, la religion, l’amour, la famille, sa place dans la société, l’épanouissement dans son travail, la nature, les changements climatiques, la politique, la Rolex de Sarkozy, le vieux Bordeaux, bref un petit morceau de transcendance quotidienne et pourtant, aucun tourment cérébral ne m’empêchera jamais de déguster un remarquable Meursault et une extraordinaire Côte-Rôtie avant de me coucher et, pour pas que je meurs sot, dormir sur mes côtes bien Rôties. ClosdesPerrieres.jpg

Meursault Clos des Perrières 2001 Domaine Grivault

Un nez à la classe vibrante, citron, poire, chèvrefeuille, amande, tilleul et pierre à fusil. Une bouche cristalline, une matière grasse, dense et aérienne, une acidité idéale, une définition parfaite du Meursault à la fois gras et tendue comme sa longue finale. Superbe

Côte-Rôtie La Turque 2001 Domaine Guigal

Magnifique nez fougueux et sauvage, Guigal-La-Turque.jpgça embaume la mûre, la framboise, le lard fumé, la violette, les épices et la garrigue sous le soleil d'Ampuis. La bouche est magistrale, graphitée, le toucher est superbe, la texture veloutée, les tannins jeunes et soyeux, l'ensemble n'est pas totalement fondu, pas encore complémentent en harmonie, le boisé est noble et délicat, pas outrancier. Une grande Côte-Rôtie à attendre encore quelques années… ou pas… ou plus. Superbe

La chevauchée du Desperados des Andes

dans la catégorie Sortie Vinoche

blackthorn-affiche.jpgIl est surement plus romantique d'imaginer que Butch Cassidy et son ami Sundance Kid ne sont pas morts sous une grêle de balles à San Vicente en Bolivie en novembre 1908, comme dans le film de George Roy Hill avec Robert Redford et Paul Newman. Non, après la mort du Kid, Butch se la coulera douce dans une nouvelle vie en Bolivie et deviendra un éleveur de chevaux respecté sous le nom de Blackthorn. Au crépuscule de sa vie, Butch (Sam Shepard) lassé de ce long exil, n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer ce fils qu’il n’a jamais connu. Lorsque sur sa route il croise un jeune ingénieur (Eduardo Noriega) qui vient de voler la mine dans laquelle il travaillait, le légendaire hors-la-loi démarre alors sa dernière grande chevauchée…

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L’avaleur n’attend pas le nombre des années, ni l'âge d'oraison

dans la catégorie Rencontres Officielles

Les générations, quoi de plus émouvant que cette tendre et virile complicité qui transpire conflit_de-generation.JPGcomme une dinde aux marrons dans le four des merveilleux échanges entre un père et son fils? Toujours soucieux d’élever le débat citoyen, les Soiffards vous proposent, gratuitement, je tiens à le préciser, des éléments de réponse à une louable interrogation trop souvent éludée, c'est quoi un confit de génération? Une question culinaire et conflictuelle, qui peut, à première vue, paraitre idiote, mais qui est fondamentale pour savoir qui doit dire bonjour en premier. Deuxième question, vaut-il mieux fabriquer des enfants ou adopter un canard? Pour attirer le lecteur, on va répondre à la deuxième en premier, à moins que ça ne soit l'inverse. En premier lieu, il convient de se demander si vous êtes un couple de nature plutôt hétérosexuelle ou plutôt pas. Dans le premier cas, l’enfant a un avantage certain, vous pourrez le produire vous-même, de vos propres mains, enfin, c'est une image. Dans le cas contraire, adopter un canard…

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Omar m'a abuser

dans la catégorie Rencontres Amicales

deligne-34-06.gifNous avons tous, à un moment ou un autre, notre minute de gloire, un instant où on sait senti le plus intelligent du monde, le plus fort, le plus beau. Simplement parce qu'on est tombé pile poil dans la discussion avec sur le point de vue approprié, qui par le plus grand des hasards, avait été évoqué sur France inter, le matin même. Quel bonheur de voir les gens vous regarder comme si vous étiez Socrate, Sartre ou Steven Segal. L'inverse est également vrai, tu as beau être super cultivé et dire des conneries, par exemple, j'ai déjà entendu un mec plutôt intelligent dire que le conflit Palestinien était le fait d'une Bande de malfaiteur, oui, la Bande de Gaza. Un autre était persuadé que Carlos, le chanteur, posait des bombes quand il ne chantait pas Big Bisou, je passerai sous silence cette amie qui, chaque fois que tu lui racontais une bonne blague, répétait toujours "On a ri au Corneille", c'est la même qui disait que j'étais têtu, que j'étais "un juste bouddhiste". Gainsbourg disait : "La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence" » et pour ma part je me suis senti en maintes circonstances particulièrement décontracté…

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Devine qui vient Bruncher…

dans la catégorie Rencontres Amicales

australian_flag_map.jpgJe viens de lire un truc hallucinant sur un projet américain, ces mangeurs de hotdog proposent à n’importe qui, à la limite même toi, d’écrire un petit message et de la mettre dans une capsule à destination de la galaxie la plus proche… Juste au cas où il y aurait des extra-terrestres qui sachent lire! Le Gouvernement Américain, en pleine crise mondiale de la dette, dépense un budget de plusieurs milliards pour, peut-être, envoyer un message à des possibles extra-terrestres, qui habiteraient, à vue de nez, à 150.000 années lumières, à deux trois cent mètres près. Je vois assez mal les humains moyens, qui ont une propension à ne jamais adresser un mot à leur voisin, qui habite avec sa rombière, à moins de 10 mètres de lui, se lier d'amitié avec un éventuel ET. Le mec, il en a rien à carrer de la famine en Afrique, du Sida qui ravage la planète, de la fonte des glaciers et surtout du catastrophique dernier album de Sardou, et il va envoyer un billet doux à des jupitériens…

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Elirium Tremens au bal des menteurs

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

Sarko1.jpgL'élection présidentielle approche, ça se sent un peu plus chaque jour. Entre petites phrases creuses, langue de bois plein de nœuds, promesses débiles et intenables, attaques en dessous de la ceinture. Notre grand petit Président s'est décidé, il repart en campagne, il espère que 60 millions de français aient une mémoire de souris parkinsonienne. Sarkozy est donc prêt à balancer par-dessus bord tout ce qu'il pouvait chérir la main sur le cœur et promettre en crachant en l'air. Il voulait être un Président visionnaire, il aura été un petit Président divisionnaire, il avait une vision, il n'a réussi qu'à entretenir la division. Dans un peu plus de 80 jours, nous allons savoir si les Français sont des veaux, qu'ont mènera une deuxième fois à l'abattoir, Il y a cinq ans déjà, promu chef de la patrouille de France, Nicolas 1er a accumulé un nombre incroyable de casseroles, en faire un résumé relève du défi, défi que je suis prêt à relever, rien ne m'effraie, si je peux servir… Un jour mon prince viendra, à force de chanter cela, le prince est venu et on a vu et ce n'est pas un conte de fée.

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Quand Bacchus copine avec Cupidon

dans la catégorie Notre vin quotidien

venus-et-bacchus.jpgC'est certain, faire un billet sur les gourdes (voir ici), teinté de sexisme, un jour de St Valentin, c'était pas très malin, je le concède et c'est toujours le con qui cède, je suis bien placé pour en parler, j'en ai payé le prix fort, soyez en sûr. La ST Valentin, tout un poème, tu as beau dire que c'est une fête commerciale, que tu ne t'abaisseras pas à fêter cette absurdité, que ta femme partage le discours, elle tire quand même la tronchounette si tu rentres sans la rose aussi coutumière que trémières, avec en sus, l'invitation au resto chic et branché pour sortir le couple de sa quenelle purée du mardi soir. Pour l'occasion, Maman enlève ses pantoufles en peau de chagrin pour s'engoncer dans sa plus belle robe à froufrou et Papa met sa superbe veste jaune pipi par-dessus le marcel et en avant Guingamp. Un repas plus tard, les deux tourtereaux remontent dans la R19 Chamade, moumoute sur le volant, siège à billes, chien qui remue la tête, autocollant du Racing, arbre magique odeur pêche melba, monsieur prend le volant, évidemment avec 2g de charge supplémentaire au compteur, rapport aux trois pti jaunes et aux deux bouteilles de Jaja, maman râle, comme d'habitude. Arrivé, madame se fait sa tasse de camomille et se jette sur le premier Sudoku venu, monsieur s’endort sur l’autobiographie de Clara Morgane "La vérité si tu bandes". Personnellement, j'ai été chez mon voisin du dessus, pour constater que je n'étais pas le seul à avoir oublié que l'important c'est la rose, crois-moi, puis je suis redescendu pour cuisiner mes pâtes, à l'encre de seiche, avec des pétoncles et des cèpes, accompagné d'un Marquis de Laguiche, parce que, même si on voudrait nous persuader de ne plus fêter l'amour sous prétexte que c’est commercial, je suis désolé, mais quand on voit ce qu'on voit, on se dit que fêter l’amour c’est fondamental...

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La première gourde venue

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

elections1.jpgPersonnellement, je suis une buse en politique, mais ça ne m’empêchera pas de donner mon opinion sur la question. Est-ce qu’on empêche le puceau de regarder des films de boules? Bien au contraire, ça doit lui faire grand bien. Régulièrement, l'État Français me demande mon avis. C'est le principe des élections. Le problème, c’est que comme je suis une buse, intelligemment stupide, comme dit mon ami Ranulphe, je ne sais jamais pour qui voter. La gauche, la droite, le centre, le milieu, le haut, le bas... pour moi c’est voter blanc bonnet et bonnet blanc voter. Mais comme je suis un citoyen responsable, je suis bien obligé de faire un choix. Du coup j’ai mis au point une méthode infaillible, breveté Psykopat, pour définir quel prétendant emportera ma voix, je vote toujours pour la plus sexy. Pas la plus intelligente, comme le disait mon ami de beuverie Baudelaire, "Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste." C'est une méthode simple et efficace! Bon ok, j’admets que cette formule a ses limites, mais après tout, elle n’est pas plus ridicule que de baser son choix sur des promesses électorales jamais tenues.

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La fraicheur du désert de Gauby

dans la catégorie Notre vin quotidien

DomaineGauby.jpgAprès avoir (trop) longtemps recherché la concentration et le boisé qui masquait le terroir, Gérard Gauby, vigneron très exigent, poursuit aujourd'hui, avec son fils Lionel, sa quête du grand vin du sud à l’équilibre parfait. Le Domaine a connu plusieurs périodes de remise en question qui, progressivement, l’ont porté vers un style de vins rouges et blancs tendus, moins opulent, plus en finesse et, surtout, digestes. Le Domaine Gauby est devenu un laboratoire permanent où se préparent les évolutions stylistiques des vins du Roussillon. Plus d'éraflage systématique, une fermentation alcoolique rapide pour éviter un excès d'extraction, limitation des pigeages, plus de cuves, moins de barriques, réduction de la durée des élevages pour conserver le fruit. Une évolution radicale du style des vins qui a fait couler beaucoup d’encre, il est très rare qu’un domaine au sommet de sa notoriété remette en cause les recettes mêmes de son succès. Une prise de risque, une recherche de dépouillement pour révéler le terroir varié de Calce, composé d’étonnantes marnes noires. Le travail bien fait finit toujours par payer. En quelques millésimes, Gérard Gauby et son fils ont imposé un style particulier, plus de fraicheur associée à de fins tannins, tout en gardant l'onctuosité fruitée des vins du Roussillon. Les grands vignerons bousculent toujours un peu les habitudes…

Côtes du Roussillon Vieilles Vignes 2008 Domaine GaubyDomaine-Gauby.jpg

Nez puissant, de cerise noire, de mûre, de garrigue, de suie, de lard fumé et de réglisse. En bouche, la matière est belle, onctueuse, c'est rond, les tannins sont polis, c'est d'une grande buvabilité, harmonieux, et la finale, un brin mentholée, fait durer le plaisir. Très bien

Bépi et la part des anges

dans la catégorie Inclassables mais classés

Guiseppe-Quintarelli.jpgLa nouvelle est passé presque inaperçu, elle m'avait échappé, mi-janvier, Giuseppe Quintarelli a tiré sa révérence, il est parti sur la pointe des pieds, comme il a vécu, comme un vénérable octogénaire sait le faire, après s’être longtemps battu contre la maladie de Parkinson. Giuseppe Quintarelli, dit Bépi, était le monstre sacré de la région du Vénétie, l'homme de l'exemple et de la tradition, un homme qui faisait des vins plus grands que lui. Pour ses Amarone, toutes ces décisions résultaient d’une multitude de doutes, de questionnements. Il n’acceptait jamais d’être certain de quoi que ce soit. Trop de "Flying Winemacker" ont oublié ce principe, cette ouverture à l’erreur, l’homme est toujours plus petit que la nature. Bepi était un magicien, un sorcier des vins de la Valpolicella. Il a donné à l’Amarone, la place que ce vin méritait, à la table des grands vins de la planète. Goûter, une seule fois, un de ses magnifiques Amarone, et on saisissait sa vérité, comment l’homme peut intervenir en intervenant peu, en laissant le vin s’exprimer, en le guidant légèrement de la main vers où il est capable de se rendre. Le Maître du Veneto était un vigneron simple et humble, rare médiatiquement, loin, très loin de l’opulence obscène de certains châteaux Bordelais, du clinquant des Wineries de la Napa Valley ou des délires architecturaux de la Rioja. Bépi était l'homme du silence de la vigne, de la sérénité de sa cave, l'homme qui écrivait ses étiquettes, qui, surement, écoutait le crayon chuinter tranquillement sur le papier. Le silence, quand il meurt, fait un grand fracas que l’on ne peut entendre.


Les raisins d'être soupe au lait

dans la catégorie Inclassables mais classés

vache1.jpg"On boira du lait quand les vaches mangeront du raisin". Qui, de Toulouse-Lautrec, jean Gabin, Jean Carmet, Audiard, Bacchus,le Poulpe ou mon caviste a prononcé, en premier, cette phrase? Qui que ce soit, il n'imaginait pas que cet ukase serait mis à mal par une bande de bovins Australiens. Résidu du pressage, le marc de raisin est un déchet de la viticulture, composé de peaux, de pépins et de queues de raisins. Des scientifiques ont démontré qu'en l'ajoutant à l'alimentation des vaches, celles-ci produisent 5% de lait en plus et 20% de méthane, un gaz issu de leurs flatulences, en moins. Donc, utiliser le marc de raisin comme complément alimentaire pour les vaches laitières augmente leur production de lait et sa qualité, et, en plus, réduit considérablement leurs émissions de méthane, un gaz à effet de serre. Pendant 37 jours, les chercheurs ont ajouté 5 kilos de marc de raisin séché à la nourriture de vaches laitières et procédé ensuite à des comparaisons avec des vaches nourries normalement. Selon les chercheurs, le lait contenait également six fois plus d'acides gras que celui des vaches nourries avec du fourrage habituel.Ils sont incroyable, ces chercheurs, moi je serais chercheur, je ne saurais même pas quoi chercher, eux ils s'intéressent à la qualité du lait et aux pets de vaches. Un vrai grand problème les pets de vache, que ce soit l'Abondance, la Limousine, l'Aubrac, la Montbéliarde, la Blonde d'Aquitaine, la Normande, la Bazadaise, la Parthenaise, la Bretonne Pie Noir, la Prim'Holstein, la Salers, la Vosgienne et même la Charolaise, ça rumine, ça beugle, ça mâchouille et ça pète… C’est un problème énorme chez les vaches, vache2.jpgelles ont un trou de balle complètement dilaté, c’est comme ça, elles pètent. Du coup, quand tu les mets dans l’eau, elles se remplissent, et elles coulent ! Les vaches se noient par le trou de balle! C’est pas moi qui l’ai inventé! C’est génétique et le raisin n'y changera rien, elles vont devoir apprendre à nager pour passer grand cru et avec un bon Bordeaux et des cours de Russe, çà peut faire du Petrus


Le Cadet de mes soucis est un mouton

dans la catégorie Notre vin quotidien

Mouton.jpgQuand un ami vous offre une bouteille de Mouton, vous le remerciez, quand il m'offre une bouteille de Mouton Cadet, je me demande ce que je lui ai fait pour être son ami et je conserve, en mon for intérieur, un scepticisme des plus profonds quant à l’intérêt d’avoir un ami tel que lui. Il a des bons côtés, il est rusé, il a une culture assez impressionnante sur les curés pédophiles, il connait une dizaine de technique différentes pour dépecer un chat, il adore les univers glauque et mortuaire. Alors, j’en viens à mon scepticisme originel quant à l’intérêt d’avoir un ami tel que lui. C'est simple, il est intarissable, il connaît toutes les histoires bien salaces de l'Histoire et spécifiquement de la deuxième guerre mondiale et même plus particulièrement les plus croustillantes histoires des mœurs dissolues des compagnons d’Hitler. Il peut tenir deux ou trois heures sur Himler et sa passion très particulière pour les feuilles de rose et les jeunes mâles de la Waffen SS, et moi, j'adore l'histoire.

Mouton Cadet 2008mouton_cadet.jpg

Mouton cadet est un must pour les buveurs d'étiquettes, et certains lui prête même un lien avec Mouton Rothschild, qu'il n'a ni de loin et encore beaucoup moins de près. Peut-être une belle étiquette? Au nez, C'est pas un mouton, ça ressemble plus à un bouc, c'est bipolaire et ça provoque certainement des troubles de l'humeur, bois et cassis, cassis et bois, même pas noble. La bouche est plate, sans caractère, sans race, anguleuse et, c'est une qualité dans son cas, même pas longue. C'est un vin qui n'est ni fait, ni à faire, mais ils le vendent quand même. A bien y réfléchir, ce qu'il y a de mieux dans ce vin, c'est la caisse en bois.

Je ne résiste pas au plaisir de vous reproduire le compte rendu de ce vin par un site qui le commercialise, bien entendu : "Robe soutenue et brillante, d’un beau rouge profond. Nez de petits fruits rouges frais et bien mûrs tels que la cerise, la framboise, puis à l’aération apparaissent des arômes de cassis.En bouche, l’attaque est souple et ronde avec une bonne amplitude. Le milieu de bouche offre un très bel équilibre entre les arômes de fruits - mûre et myrtille - et une sensation de gras et de plénitude. La finale est montante et harmonieuse, soutenue par des tanins fins et enrobés laissant présager d’une bonne évolution". Zont peur de rien...


Une cigale en hiver

dans la catégorie Notre vin quotidien

Cigale.jpgJe crois que je l'ai déjà dit, mais j'adore, à la fin d'un repas, à l'heure du café, lambiner, musarder et alterner une gorgée de café et un gorgeon de rouge. On peut même dire que j’aime l’association du vin avec à peu près n'importe quoi, vodka fraise, Churros au Nutella, crème périmée, cornflakes, chamallow, antidépresseur, sandwich moutarde banane… Avec le temps mon palais s’ouvre à des univers inédits, c’est assez réconfortant de constater que si une impression de régression se lit un peu près partout, mon palais lui, continue son inexorable apprentissage. Nous ne sommes pas condamnés à nous taper des McDo salés comme la mer morte, des canards plus plaqués que laqués et datant de la période Maoiste, des crèmes caramel plus sucrés que les rabattants de toilette d'un diabétique, des Kebabs aussi appétissants que ma dernière gastro, des Pizza-Hut épaisses, grasses et moins drôles qu'une blague de Bigard ou des pseudos pavés qui tiennent plus du nerf de Bœuf que de la côte du même nom. Heureusement, il reste des endroits ou le chef a de l'imagination, où le service est à taille humaine (c'est ici et ici pour les blaireaux ceux qui ne connaissent pas encore), et où les plats ne portent pas des noms ronflant, un endroit où il fait bon jouer les cigales, surtout par -10°, même l'Australopithèque en a fini par oublier de ronchonner sur le millésime du Mas Jullien, un 2005 d'Olivier Jullien¸ avec deux l comme les anges, un Mas Jullien qui a accompagné, sans Etats d'âmes, une petite grande crépinette de pied et de joue de porc et ses petites pommes miettes rehaussées par la grâce d'une truffe noire du Périgord, y a des midi où c'est le Nirvana, pas Kurt Cobain, le concept spirituel. Y a des jours où j'adore, à l'heure du café, alterner une gorgée de café et un gorgeon de rouge. La vie est trop courte pour ne chanter que l'été.

Coteau du Languedoc Mas Jullien 2005 MasJulien.jpg

Un premier nez sur la retenue, mais ça ne va pas durer. Premières notes très Syrah, mûre, épices, poivre, violette. Le carafage va lui apporter de la complexité, le Mourvèdre et le Carignan vont en profiter largement pour venir faire chanter le sud, garrigue, laurier, thym, romarin, réglisse, truffe, tabac… Le nez évoluera pendant plus d'une heure. La bouche est étonnante de pureté, de minéralité, caillou et graphite, de fraicheur et de densité. C'est à la fois puissant, et aérien, remarquablement structuré, de beaux tannins serrés participent à l'impression générale de plénitude. La finale, sur le cassis, s'étire longuement et harmonieusement. Un des grands rouges du Languedoc (avec la Grange des Pères).

Si tu m'crois pas, tartare gueule à la récré

dans la catégorie Notre vin quotidien

tartare.jpgDans la mythologie grecque, le Tartare est un lieu des Enfers, la prison des Titans, envoyés se piler le tartare pour abus de pouvoir surnaturel, meurtre de poney roux ou faillite bancaire. Les Danaïdes, les cinquante filles du roi Danaos, un sacré chaud lapin celui-là, ont également été condamnées, aux affres du Tartare, et, cerise sur le clafoutis, à remplir sans fin un tonneau sans fond. Le très fameux tonneau des Danaïdes, qui désigne une tâche absurde, comme celle de convaincre un béotien Bordelais que La Tâche ne tâche pas. Parfois, la vie est une dure lutte contre le froid, les cons et les Béotien Bordelais. Tous cela pour vous dire que mercredi, c'est tartare chez le JeanDa, qui n'est pas un tonneau des Danaïdes, même s'il est assez difficile de le remplir. Pour nous accompagner, l'enragé Gonzo est présent, pour accompagner le tartare, un Fonsalette 99, deux Fonsalette, deux Reynaud en deux jours, vous allez dire que j'abuse des bonnes choses et avez bien raison…

Côtes du Rhône Château de Fonsalette 1999Fonsalette2.jpg

La robe est légèrement évoluée. Magnifique nez fumée, très légèrement viandé, de fraise écrasée, de framboise, de cerise kirschée, d'olive noire et de garrigue. La bouche est droite, fuitée, les tannins doux, l'acidité est assez forte et la finale longue et douce. Clairement, la cuvée assemblage est moins minérale, plus fruitée, moins dense que la cuvée syrah qui pour moi, possède plus de race.

Pour qui sonne le glaçon

dans la catégorie Notre vin quotidien

thermometre.pngJe suis certain que tu as remarqué, sinon je boude, il fait bien trop froid pour se balader déguisé en pétoncle, tu as aussi remarqué que ce temps glacial est devenu le sujet d’actualité le plus médiatique, ou, comme disent les blogueurs branchés, le gros buzz du moment. Parler météo, c’est super hype. Même les journaux les plus sérieux en parlent, même TF1 en fait des tonnes, mais apparemment, le froid leur fait un peu perdre les pédales. Ok, il fait froid. On va pas non plus en faire un fromage, ou alors un petit, genre un mini-babybel, cette divergence météorologique est une injustice flagrante, qu’il faut absolument dénoncer. Moi, j'ai trouvé la solution, je passe une partie de ma journée au restaurant, et, même s'il fait un temps à boire une Petite Sibérie cul sec, je préfère une Fonsalette.

Côtes du Rhône Château Fonsalette 1999 Cuvée Syrah FonsaletteSyrah99.jpg

1er nez très légèrement réduit, après quelques secondes pour se réchauffer et se mettre en place, du verre jaillit des notes de framboise, cerise noire, mûre, encens, graphite, café, musc, olive noire et violette, un véritable parfum de Syrah, légèrement viandé et fumé. Ce nez puissant laisse présager une bouche solide, tannique, et c'est tout l'inverse qui se produit. Les tannins sont très soyeux, la bouche possède une grande minéralité, c'est racé, avec toujours cette sensation de mine de crayon, c'est copieux, mais très gourmand, comme pour le nez, les quelques notes viandées, animales, s'estompent dans une belle matière fruitée, très typée Syrah. La finale de cette Cuvée Syrah, au potentiel intact, est longue et délicieuse. Une étoile de plus à la galaxie Rayas.

Vous reprendrez bien un peu de sorbet au vin jaune?

dans la catégorie La tournée des vignes

PerceeJaune.JPGSi le Jura n'est pas la région la plus froide de France, c'est où ? -10°C dans la rue et 13,5° dans le verre, voilà l'heureux assemblage de la Percée du Vin Jaune les 4 et 5 février 2012 à Ruffey-sur-Seille. Dès samedi, la fièvre jaune s'est répandue dans le village, 30000 visiteurs, 80 vignerons, 1 chien (jaune), quelques flics (section Percée Police): tout ce chambardement pour goûter les vins du Jura, et assister à la percée de la cuvée du jaune 2005. Notre verre autour du cou, bravant le péril jaune de groupes qui biberonnent allègrement (et quand ça boit, ça r'boit!) et qui beuglent des chansons à boire de Jaune les Nonnes, nous attaquons la rive gauche de la Seille en tendant nos verres à Frédéric Puffeney, puis à Berthet-Bondet à qui nous avons décerné le maillot jaune. La Seille n'étant pas encore suffisamment gelée, nous empruntons le pont (que nous avons rendu en parfait état) pour attaquer la rive droite: Labet (à côté de l'église bien-entendu), Boilley, (ici, ça sonne comme un ordre), Désiré Petit (que personne n'appelle le nain Jaune). Pascal, qui semble garder un souvenir attouchant du moniteur de son séjour à la colonnie de vacances de Voiteur, insiste pour goûter le Château-Chalon de la fruitière de Voiteur (qui fort heureusement n'était pas closed). La température descend encore, le vin gèle dans les verres: on rit jaune. Du vin jaune en sorbet! On se réchauffe au savagnin de Rolet et de Dugois. C'est bon, c'est long. Dix vins divins! Chaque visiteur goûtant en général une dizaine de vins, votre esprit vif avait déjà calculé que chaque vigneron remplit en moyenne 3750 verres sur un week-end. Pas de quoi impressionner Psykopat qui sert 100 verres de Meursault en 18 minutes, mais quand même...ça ne laisse pas froid. A ce propos, la température descend encore, la nuit tombe, on finit notre soirée au coin du feu chez notre pote Gilbert qui nous sort ses meilleurs flacons et on finit par conclure avec un Château Chalon Macle 1998 avant d'attaquer la gentiane. On a bien fait: dehors il fait -16°C. Une nouvelle page jaune se tourne...mais le mystère du vin jaune sera t'il jamais percé ?


Fées d'hiver

dans la catégorie Notre vin quotidien

visage-femme-et-hiver.gifCette semaine la France est aussi glacé que les frimas hivernaux qui frimaient hivernalement. Les premiers flocons, timide, ont attendu février pour se montrer. On se gèle le cul au beau milieu d'une orgie de courants d'air. Le vent balaie les plaines et gèle le cœur des hommes et des bêtes, Il fait froid, ça caille ma caille et ça fait la une du journal de Claire Chazal. Un fait d'hiver casé entre l’agression d’un chacal par une petite fille de 5 ans, Sarkosette de surcroît, et l'agression d'une planète par une bande de banquier aussi libéral qu'avide de vide en priant pour la Fée Mie (FMI). Il fait tellement froid que même les rats caillent, que les flics caillent, mais que fait la police? Nous, on a fait appel à deux fées, Mélusine et clochette, les fées du logis, des fées aux doigts de fée d’hiver. Mélusine, c'est une belle bouteille qui vient de Puligny, un vaporeux village 98 d'Année Claude Leflaive. L'autre, c'est une tintinnabulante Clochette, un Sauvignon de Gérad Boulay, un Monts Damnés qui résonne et, dans un battement d'aile, nous a réchauffer de sa fraicheur.

Puligny-Montrachet 1998 Domaine LeflaiveLeflaivePuligny.JPG

L'année 1998 a été fortement marquée par le gel d'avril. Une robe d'un beau jaune or. D'abord retenu, le nez va s'ouvrir lentement, mais surement, pur et racé, sur des notes de fleurs blanches, de poire très mûre, de coing, de menthe poivrée, de citronnelle et de paille. La bouche est profonde, avec un fond minéral, du gras ample, une fine acidité et une grande longueur. Un Puligny dans la force de l'âge. Très bien

Sancerre Les Monts Damnées 2010 Gérard BoulayBoulayMontsDamnes.jpg

Robe jaune très pâle, lumineuse. Le nez est explosif, 100% Sauvignon avec quelques similitudes avec la précédente, fleurs blanches et surtout des notes mentholées assez marquées. Très vif, bourgeon de cassis, pipi de chat, agrumes, on peut difficilement se tromper sur sa provenance. La bouche possède beaucoup de maturité, c'est gras mais pas plat, une impression de vivacité, c'est cristallin, éclatant arômatiquement avec une belle finale sur la pierre à fusil. Un Sancerre charpenté, à attendre pour qu'il s'affine. Très bien

Le cinquième aliment

dans la catégorie Notre vin quotidien

potauFeu.jpgLe dimanche, c'est pot au feu, même si c'est jeudi. Et quand c'est pot-au-feu, c'est Bourgogne, même si c'est jeudi. Ce soir, c'est Saint Jacques, pas la coquille, le Marsannay de Bart, par le Simpson, pas le corsaire même si c'est un Marsannay la côte. Chez moi, la nourriture, c’est un truc de famille, un truc avec lequel il ne faut jamais plaisanter, sauf si tu as bu du Jamet. Faut suivre, enfin, pas moi, mon cheminement de pensée, si on peut appeler ça une pensée, c'est vrai que c'est discutable. J'adore le pot au feu, à la simple vue d'un bœuf gros sel, je me transforme en estomac sur pattes, larges comme la somalie. J'ai été élevé dans une famille nombreuse, donc, Je mange beaucoup et surtout, je mange vite, question de survie. Il faut manger plus vite de ces frères tout en insinuant que ses sœurs ont quelques kilos de trop. Une technique éprouvée à de maintes reprises. Choisir le Bourgogne qui accompagnera mon pot au feu est devenu un jeu, un jeu de stratégie, contrairement à la roulette russe, un jeu qui consiste à trouver l'équilibre, pas trop léger, pour ne pas se faire manger par le paleron, pas trop corsé, pour ne pas dézinguer la plate côte. Un savant mélange qui exige beaucoup de maîtrise.

Marsannay Les St Jacques 2006 Domaine Bart

Robe rubis clair légèrement brunie. Un nez de fruits rouges croquant, de pivoine, de mélisse, de violette et d'épices. Un beau nez de Bourgogne en somme. La bouche est fine, plutôt élégante, fraiche, les tannins sont délicats et la persistance assez longue. Un bon Bourgogne en somme. Très bien