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novembre 2012

Osez la Moselle

dans la catégorie Notre vin quotidien

Deusche_Qalitat_.jpgEn ces journées brumeuses de novembre, rien de tel qu’une virée outre rein chez les Teutons pour se persuader que la bière n’est pas la seule boisson gotte (mit uns). Les rives de la Moselle offrent au promeneur mélancolique de quoi se réconcilier avec l’image quelque peu galvaudée des vins zallemands. Le secret des vins de Moselle : ardoise et riesling..Sur ces côteaux escarpés, aucune machine, aucun animal ne peut travailler. C’est 100% manuel, et ça grimpe.Seuls les roumains et quelques polonais égarés, qui ne sont ni assez riches, ni assez « faul » pour être un vrai allemand , travaillent la vigne et vendangent.pour le compte de leur patron Spountz.Première halte à Piesport chez Reinhold Haart. Une approche bio. Tous ses rieslings sont bons, voire carrément excellents. Pas moins de 14 cuvées à déguster, sélections parcellaires et déclinaison très large des Trocken secs aux Auslesen liquoreux , en passant par la porte des Kabinette et autres Spätlesen. Les Goldtröpfchen sont grandioses ,les Grafenberg d’une salinité surprenante. Emporté par son enthousiasme, il nous fait goûter l’ultime goutte d’un Eiswein extraordinaire…proposé à 500€ la bouteille. Deuxième halte chez Pauly –Bergweiler à Bernkastel-Kues. Pas moins de 30 cuvées.de riesling. Ici l’entrée de gamme est plus quelconque, et la qualité se cherche plutôt dans les Spätlese et Auslese.Elle trouve son apothéose sur un Trockenbeerenausle et un Eiswein de premier ordre. Ach ! Deusche Qalität !


La minute Poésie

dans la catégorie Inclassables mais classés

Les yeux baissés, rougissante et candide,
Vers leur banquet quand Le Pat' s’avançait,
Les Soiffards charmés tendaient leur coupe vide,
Et de nectar le Pat' la remplissait.
Nous tous aussi, quand passe la Jeunesse,
Nous lui tendons notre coupe à l’envi.

Quel est le vin qu’y verse ?poesie_du_vin.jpg
Nous l’ignorons; il enivre et ravit.
Ayant souri dans sa grâce immortelle,
La Pat' s’éloigne ; on le rappelle en vain.
Longtemps encor sur la route éternelle,
Notre œil en pleurs suit l’échanson divin



BlitzKrug sur la banque de France d’Epernay

dans la catégorie La tournée des vignes

lingot-or.jpgT’invites les soiffards à 19h30, ils sont tous là à la minute près, et c’est comme ça çà chaque fois. Remarquable de ponctualité et de régularité, jamais vu ça ailleurs. L’amour de la discipline ? Le réflexe pavlovien de la sonnerie dans la cour d’école ? La peur du maître ? Pas celui d’école, non LE Maître, Notre Maître, celui qui a "droit d’expulsion de la cérémonie annuelle de novembre" si t’as pas fait ton intervention sur LE blog. Il en use et il en abuse, le bougre ! Donc il dit 19h30, oui chef c’est entendu, ce sera 19h30. Pas un qui tergiverse. Pour mercredi, IL a dit "départ à 7h". IL est comme ça, IL passe d’un extrême à l’autre, nous teste, imagine des épreuves, des trucs de ouf, nous bouscule les horaires (peut-être pour nous préparer au jetlag australien), nous sert 100 verres en 30 minutes sans trembler, nous on les boit déguste sans hésiter, nous zaura pas aussi facilement. IL nous fait des listes de 30 nectars à deviner, nous les sert généreusement en racontant dix mille détails qu’à la fin on sait plus quelle ligne on est, mais nous trouvons quand même car y’a des balaizes, alors il nous sort l’épreuve ultime, et nous demande quoi qu’y a écrit sur l’étiquette qu’il a pris soin de cacher, mais notre jocker JeanDa est là, qui envoie un "Puligny Montrachet 1er cru les Pucelles", écrit en police Chardaunet 24, rouge sur fond blanc ». Scotché LE Maître !

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Quand (tous) les Champs…..mènent à Paris!

dans la catégorie La tournée des Popotes

Coinstot-Vino.jpgTout est parti d’une très belle (re)découverte un certain samedi du mois de mai. Une escapade en Champagne (pas les Ardennes, faut pas déconner !!) pour des raisons familiales en terre de vertu oups …Terre de Vertus. Les plus assidus auront compris, il s’agit d’une visite chez Larmandier–Bernier. Un domaine qui remporte la palme de "Mon domaine préféré en 2012". Dégustez la cuvée Blanc de Blanc, sa fameuse Terre de Vertus ou les vieilles vignes de Cramant, vous tomberez sous le charme. Un domaine en Biodynamie, des vins qui vibrent, des raisins récoltés mûrs, pas ou peu de liqueur ajouté en font un vrai vin et vous réconciliera avec le champagne voire la champagne. En plus le propriétaire-vinificateur a plus d’un tour dans son sac, je vous passe la dégustation et la commande de 20 cartons pour rentrer dans le vif du sujet : 2 adresses superbes de Bar à vins et de resto gastro à Paris, révélées au cours de notre discussion au coin d’une coupe….

COINSTOT VINO comme son nom l’indique, du vin, un bar, un coin d’une rue en résumé une belle découverte. De vrais vins, souvent naturels des plats sincères de bonne qualité (assiette de charcuterie de pays, une bonne viande…simple mais bon), des prix contenus. Des vins bien choisis. Donnez vos préférences à Guillaume il saura vous conseiller…bref allez y, venez y et revenez-y. passage53.jpg A 20 mètres de là, un vrai resto gastronomique, le PASSAGE 53. Les 2 dans la même soirée c’est abusé mais bon…c’est du vécu ! Là pareil demandez Guillaume en Salle et faites confiance à Maître Sato. Un chef japonais qui vous régalera de son merveilleux menu dégustation…surprise. Le classique, son assiette blanche, à base de choux fleur et de calamar, un régal. Sans parler de sa carte des vins : Le Puligny-Montrachet de Pierre Yves Colin-Morey 2009, tendu, droit comme un I, le coup de cœur en Bourgogne. Son Meursault un régal. Je n’évoquerais que sous la torture les saveurs d’un Chassagne-Montrachet du domaine d’Auvenay, ou le celles d’un Gevrey-Chambertin Clos St Jacques 1990 du Domaine Rousseau. Sans oublier les Barolo…chut on ne peut pas tout dire.

Que de beaux souvenirs…. en attendant d’y retourner…cette semaine !!!

COINSTOT VINO
26, Passage des Panoramas
Paris 2eme
01.44.82.08.54


PASSAGE 53
Évidemment : 53, Passage des Panoramas
Paris 2eme
01.42.33.04.35



Chapeau stilton et glotte de cuir

dans la catégorie Inclassables mais classés

drinks.jpgDepuis le temps que je connais Patrick et les soiffards je me suis toujours senti inadéquat. J’aime le bon vin, mais je ne suis pas connaisseur au niveau des collègues soiffards. Je parle français, mais je n’arrive pas toujours à saisir tout le sens des "obiter dicta" de notre chef Patrick. J’aime bien manger, tu peux comprendre le "bien", en anglais "on mange pour vivre" ou en français "on vit pour manger", mais je ne sais pas faire la cuisine. J’ai beaucoup voyagé, mais je ne connais pas le Bourgogne, à moins qu’une nuit à Beaune me dédouane. J’ai toujours pensé que les cavistes gardent le vin que moi je vais boire. Ma "cave" ne contient jamais plus de cent bouteilles. En été, je bois du vin rosé et j’aime le whisky. Autrement dit, je suis nul. Mais les années que j’ai passées à côtoyer les soiffards m’ont énormément enrichi. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai pu apprécier des vins extraordinaires, j’ai rencontré des gens formidables, je me suis senti un peu plus français et surtout, je me suis bien marré. Merci aux soiffards. John


Le Carillon sonne toujours deux fois

dans la catégorie Notre vin quotidien

Carillon.jpgLe domaine François Carillon est une des branches de la famille Carillon, présente sur les terres de Puligny-Montrachet depuis le XVIè siècle. C'est donc avec 15 générations derrière lui que François Carillon travaille les terres du domaine, jadis avec son père et son frère, aujourd'hui, il vole de ses propres ailes. En 2008 et 2008, les deux frères ont fait les vins ensemble, seule la commercialisation des bouteilles a été partagée. C'est à partir du millésime 2010 que les vins sont différents. Il exploite un domaine de 6,5 hectares, passionné et rigoureux, François Carillon a toujours voulu apporter une qualité irréprochable et se rapproche des cultures biologiques.

Puligny Montrachet 1er cru Les Champs Gain 2008 François Carilloncarillon-champs_gains.jpg

Nez subtil, précis, beurré, sur le citron et le chèvrefeuille. La bouche est enveloppé, enveloppante, pleine, ronde mais possède beaucoup de finesse, de tension avec une longue finale fruitée. Très bien

Les mystérieuses aventures du Soiffard boukistanais qui ne voulait pas se cailler sur la terrasse à cause des pandas roux qui se cachent pour mourir dans les songes d’un froid d’été…ou le vrai compte-rendu de la soirée chez Rage

dans la catégorie Rencontres Amicales

JB_01.jpgD’abord, réglons un détail. J’ai beaucoup apprécié l’article « Licence IV to Drink », mais faut le dire, y a un truc qui gâche : la photo de James Didi Bond. J’aurai préféré admirer la new JB Girl, la frenchie Bérénice Marlohe… Une raison suffisante pour courir ventre à terre vers le cinoche le plus proche en criant cocorico… Ceci étant dit, je savais bien que j’allais devoir repasser derrière le Rage pour rétablir la vérité vraie et donner quelques explications de texte… Primo, quand Rage dit "La nature est d’une injustice ! Regarde un peu la poitrine de ta femme par exemple… ", je compatis. Est-ce ma faute à moi si ma femme a été aussi bien dotée ? Secundo, l’Hamiltonien n’est pas un fan de F1. Tertio, la jordanisation des matrices n’est pas une technique de fécondation in utero en vue de former une Dream Team de NBA. Quarto, la chromodynamique quantique est une théorie pleine de "charme" et de "saveur", mais si tu n’es pas au « top », mieux vaut rester à la "méson". Mais "fermions" cette parenthèse et "bosons" un peu ! Le seul truc presque vrai dans l’intro du Rage, c’est que sa conversation se limite essentiellement à "car, donc, par conséquent". Mais il lui arrive aussi de lâcher un "Comme elle est boonnne !" (en parlant d’une boutanche de Montrachet, of course), entre deux "slurps, miam, encore ! Putain, y en a plus ?"… Bon, tu vois le genre, quoi… le dégustateur élégant, le doigt dans la couture du pantalon, en train de se gratter les noix d’une main, et de renormaliser un verre de Richebourg de l’autre.

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Chui pas agréger de lètre moderne

dans la catégorie Rencontres Amicales

rage.jpgDepuis que j’ai reçu ce mail étrange du Gourou un soir d’octobre et qui me disait que je devais rédiger un billet si je veux avoir une place à la soirée de novembre je rechigne, pleurniche, je renâcle, parfois je me roule par terre, pousse des cris hystériques, fait des crises d’angoisses. J’ai bien pensé à une vieille ruse du genre "j’ai pas compris ton mail, je savais pas…" mais bon le Psykopat est motivé pour me faire un pondre un truc que j’ai nullement envie de pondre… Il m’envoie des textos à 3h du mat, me laisse des messages gores sur fond de death métal gothique sur ma messagerie, m’envoie des lettres même pas anonymes avec des menaces de mort… Bref après 3 semaines de procrastination intensive et voyant aucune issue à mon affaire me voilà dos au mur ou plutôt au clavier. Va falloir que je l’écrive ce billet bordel, parce que le Gourou il va pas être content du tout, et je vais me retrouver assis sur sa terrasse un soir de novembre à Saverne par – 10 °C sous la neige à regarder les autres s’envoyer des lampées de Montrachet bien assis au chaud. Putain du Montrachet !!! Il est dimanche, ma femme et mes filles veulent sortir, il fait beau, mais j’peux pas, j’ai pas piscine mais des priorités : le Montrachet ! Avec ces premières lignes, tu auras déjà remarqué que ma prose est limitée, pauvre, et que les sévices que m’impose notre Gourou sont sans doute responsables de mes hémorroïdes. Mais en même temps tu peux comprendre, je fais de la physique moi, je suis pas agrégé de lettres modernes! Moi, c’est la théorie de renormalisation à l’ordre 4 autour d’une singularité en chromodynamique quantique, le Hamiltonien, la jordanisation de matrices… Habituellement mes phrases se limitent à "car", "donc" ou "nous pouvons voire que" dans les cas les plus extrêmes!

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Licence IV to Drink

dans la catégorie Inclassables mais classés

james-bond.jpgLe bleu foncé est sa couleur préférée mais il porte toujours un costume à chemise blanche ou un smoking pour aller jouer au casino. Ses connaissances culinaires sont inattendues pour un Anglais. Il adore le caviar mêlé à du jaune d'œuf, les soles meunières, les crabes noirs, le gratin de queues de langoustes, les quenelles de brochet et la viande tendre qui se coupe à la fourchette. Pour son "quatre heures", il commande souvent du foie gras. Très méticuleux sur le choix des vins, par lesquels il remplace avantageusement le thé, il apprécie plus particulièrement le Rothschild 47 mais consomme aussi des vins beaucoup plus modestes tels que du Brolio (Chianti Classico). Néanmoins et comme tout être normal, il préfère les vins français. Bien qu’il dispose d’un budget dont la plupart d'entre nous seraient envieux, certains des vins qu’il consomme sont tout à fait abordables et disponibles, par exemple le Piesporter Goldtröpfchen, ce fameux Riesling teuton de couleur dorée qu’il décrit comme un nectar.

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Un petit pain au chocolat dans le fion

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

Cope-fillon1.jpgSi la gauche est maladroite, la droite sait se montrer gauche. Laisser François Hollande se noyer dans ses misères apparaissait trop facile, faire pire que la gauche au congrès de Reims semblait impossible, surclasser en ridicule le congrès socialiste de 2008 était manifestement mission impossible, mais, avec la droite française, le pire est toujours probable. Le match Copé-Fillon, c'est monstrueux, c'est extraordinaire, c'est pitoyable, vive la politique à la française! Si, dans les dernières 72 heures, tu as trop bu, trop pris de drogue ou que tu rentres d'un voyage au Boukistan, tu ne sais surement pas de quoi je te parle, mais avec des mots tapés sur un ordinateur, on arrête plus le progrès. Jean-François Copé (Brutus pour les intimes) a donc remporté la présidence de l’UMP avec 98 voix d’avance, au terme d’un psychodrame où le comique se disputait au lamentable. François Fillon (César pour ceux qui ne le connaissent pas, courage fuyons pour ceux qui le connaissent et la Rillette pour les autres) parle de magouilles et de voix mal comptabilisées, menace puis se retire avant de revenir à la décharge, baïonnette au canon. Brutus ne veut pas comptabiliser trois départements oubliés, César monte au forum de TF1, informe la plèbe et menace de saisir les tribuns. Putsch, contre-putschs et dix de der. "Dura lex, sed lex", surtout quand tu te l'es fait mettre profond…

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Les petits secrets d'un grand magicien du vin

dans la catégorie La tournée des vignes

jacques_boissenot.jpgPour entrer dans un grand château Bordelais, il faut savoir montrer patte blanche ou œil bridé, pour déguster, il faut être persuasif mais pour connaitre les secrets de fabrication, il faut probablement tuer un grand nombre de personne. La communication est parfaitement huilée, historique, terroir, cépages, vendanges, chais et dégustation, mais très peu d'information sur la fabrication du breuvage le plus couru du monde. Les intervenants sont des pros de la communication comme à Angélus ou des techniciens comme à Cos d'Estournel, mais les vrais faiseurs d'or Bordelais sont dans leurs laboratoires. Des hommes de l'ombre qui gardent les secrets des grands Bordeaux. Il y a bien le volubile et très voyant Michel Roland, mais il est l'arbre qui cache la forêt de fûts.

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Les Chinoiseries des étourneaux d'Estournel

dans la catégorie La tournée des vignes

louis-gaspard-estournel.jpgEn traversant le Médoc, on parlait huitres, sable ou bateaux et il y avait des moineaux, des étourneaux, des Chinois et des belettes partout. Les belettes, je vois pas bien ce que ça vient faire là, les moineaux étaient là pour voler le raisin et les Chinois pour chiner le résultat de la presse du raisin, ils immortalisaient à grands coups de Canon, même Gaffelière, tous ce qui bougeaient, voir même ce qui ne bougeaient pas. J'aime pas les oiseaux, sauf éventuellement les mouettes qui suivent les chalutiers. Julien Clerc a bien fait de nous mettre en garde contre les dangers des tourterelles. On les nourrit et, paf, un beau matin, ces saletés, non contentes de faire leurs besoins sur ta voiture pile au moment où tu viens de la laver, elles te piquent ton duvet. Ça ne m’est jamais arrivé, peut-être parce qu’on a plus de moineaux dans mon coin, mais ça fout la trouille. Pour les Chinois, c'est un peu la même chose, tu leur donnes à boire et paf, un beau matin, ces Pékinois, non contents de manger ton meilleur saucisson pile au moment où t'en avait envie, Ils te piquent ton Bordeaux, et ça, ça m’est vraiment arrivé. Devant ces habitants de la République Impopulaire de Chine, je suis comme un gosse à qui on a volé son sucre d'orge.

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Je me suis fait sonner les cloches par l'Angélus

dans la catégorie Notre vin quotidien

bapteme_clos_chateau_angelus.jpgSi vous ne connaissez pas la belle Hélène et le coup du Père jean, vous n'êtes pas prêt de vous faire sonner les cloches par l'Angélus de Saint Emilion. Confucius, à moins que ce ne soit le beau-frère de Lao-Tseu, a probablement dit quelque chose comme, "si tu te frappes la tête contre une cruche et que tu obtiens un son creux n'en déduis pas que c'est forcément la cruche qui est vide". C'est kifkif si tu utilises une cloche à la place de la cruche, sauf que, dans sa position normale, la cloche est forcément vide, mais un son creux n'implique pas pour autant qu'elle est seule à l'être, et que, si on a frappé assez fort pour obtenir un son, on peut être sûr d'avoir très mal à la tête ensuite. Cette ellipse, à moins que ça ne soit une métaphore, pour vous dire que je suis une cloche et que je me suis cogné la tête sur le carillon de l'Angélus, qui par la plus grande des chances, n'était pas vide. Je me suis donc fait tinter les cloches, sur l'air de la Marseillaise (l'internationale était déjà prise par un groupe de Chinois en goguette), par le carillon de l'Angélus. Je vais devoir faire œuvre de contrition et m'astreindre à quelques génuflexions et flagellations de rigueur. AngelusPub.jpgJ'en vois qui rigole au fond. Oui, je suis dans le Bordelais, je me Bordelise comme le dit JLK, et j'aime ça. Le Château Angélus, en pleine restauration, m'a accueilli plus que gentiment, pour me faire découvrir l'emblème du Domaine, la Cloche (non JeanDa ne m'accompagne pas), ou plutôt, le Carillon flambant neuf qui surplombe les vignes de Saint Emilion. La famille de Boüard de Laforest, propriétaire, a fait ériger un carillon de 8,5 m de haut, pesant 4 tonnes, un ensemble de 16 cloches de fer forgé et de cuivre qui peut sonner l'angélus mais pas que, presque tous les hymnes nationaux, même celui du Boukistan. L'instructive visite des vignes et des installations s'est terminée par la dégustation de quelques flacons, et je dois avouer que c'était bon, et même très bon… Amen

Château Bellevue 2007

Bellevue, propriété des familles de Conink et Pradel de Lavaux, a été en aprtie (50%) racheté par le Château Angélus. Maurice de Boüard Laforest, souhaitait faire cette acquisition depuis 1938 pour la qualité du terroir et la situation géographique de Château Bellevue qui est attenante au Château Angélus. 90% de Merlot qui exhale le fruit noir compoté, la violette et le cacao. La bouche possède une belle rondeur et une finale minérale accompagnée d’une fraicheur mentholée. Très bien

Angelus 2007chateau-angelus.jpg

62% de Merlot et 38% Cabernet Franc. Un nez sur la mûre, la cerise noire, le cacao et l'eucalyptus. La bouche est ronde avec un grain de tannins fins et agréables, une minéralité qui porte le vin, peu acide, mais plaisant sur la finale. Très bien

Angélus 2009

Chez Angélus, le millésime 2009 a parfait le mythe Angélus, la perfection dans la puissance, la race dans la concentration. Le nez est puissant, à peine animal, sur des notes de cerise noire, de cassis, de mûre, de bois noble, de violette et de pivoine et une touche de menthol et de cacao. La bouche est opulente, riche et généreuse, encore marquée par son élevage, les tannins sont denses, encore brut de décoffrage, mais messager d'un grand plaisir futur. C'est d'une grande concentration, mais la fraicheur est présente et la probable fusion avec l'élevage luxueux est l'assurance d'un grand vin de garde. Excellent

Et puisqu'il n'y pas que du Bordeaux dans la vie, (voilà que ça me reprend) on a terminé le repas du soir par un poulet de Bresse au Savagnin sur une petite Coulée de Serrant…

Clos de la Coulée de Serrant 2005

Une robe à peine évoluée, un nez sur des notes de fruits jaunes, de poire très mûre, d'épices, de miel, de fleurs blanches et un soupçon d'arômes de noix fraiches. La bouche est élégante, minérale, la matière est généreuse, mais l'équilibre est superbe. Grande finale sur le thé vert et les épices. Excellent

Premier Brézé

dans la catégorie Notre vin quotidien

PremierBaiser.jpgParfois, tu n'as pas envie de bosser et finir ton dossier sur la négociation tactique en milieu politique, tu te saisis fermement de ta télécommande et tu commences à zapper sur le câble. Et là, pour ma plus grande chance (sic), je tombe sur une série culte, "premier baiser". Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de visionner cette incongruité visuelle, pour la résumer, il s'agit des aventures de la famille Girard, l’héroïne s’appelle Justine, son père Roger, l’intrigue est invraisemblable, les dialogues sont pitoyables, les blagues dignes de carambar, jetées au hasard, le jeu d’acteur inexistant, les décors signés par une bande de romanichels, la musique te fait saigner les oreilles, et pourtant, subjugué, je regarde jusqu’au bout, hypnotisé, fasciné par tant de médiocrité et je me remémore les 412 épisodes de la série. Coïncidence? Que neni! A l'image d'Isaac Newton découvrant la pomme et le principe d'Archimède dans la foulée, j'ai eu une révélation. Combien ais-je d’amis prénommés Justine ou Roger? Aucun, même pas un Justin ou une Roger-Pierre, encore moins de Jean-Marc ou de Thiebault! Franchement, c'est révélateur d'une psychose latente. Le fait que je ne puisse même pas prononcer Roger Federer sans me rouler par terre et vomir ma bile devient clair comme de l'eau de boudin. Vite un premier Brézé…

Saumur Le Clos Brézé 2008 Domaine GuiberteauguiberteauBreze.png

Le nez est puissant, aromatique, sur des notes de coing, de vanille, de poire, de pamplemousse, de crème brulée, de miel, d'aubépine et de bergamote mais aussi du fût, noble certes, mais insistant. La bouche est grasse, très mûre, ample, l'élevage est appuyé, c'est vanillé, grillé avec une acidité mordante, perçante, pas complètement digérée et qui agresse les papilles. Une cuvée sur le fil du rasoir, ambitieuse, à la finale iodée, saline mais aussi un brin sévère. Bien+

Le bonheur est dans le goupillon

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carafe.jpgRien de plus beau et majestueux qu'un soiffard brandissant, fier, modeste, gourmand, mystérieux, impatient..., l'ustensile emblématique de tout consommateur averti de grands crus, la carafe. L'importance revêtue par ce sublimateur d'arômes, magicien de la préparation théâtrale de nos folles dégustations, est directement proportionnelle au nombre de litres qui y sont passés en près de 7 ans de soiffardises effrénées, et que j'estime à 3 pièces bourguignonnes, au bas mot, 700l, soit 7 hectolitres! (c'est vous dire qu'on l'aime cette putain de carafe)… Seulement voilà...

f0.JPGTout ce flux de bonheur liquide laisse forcément des traces au fond de ces nobles récipients, à l'image d'un slip de vieille rombière incontinente, et ça, c'est difficilement acceptable. N'avez-vous jamais éprouvé ce sentiment de malaise en remplissant d'un divin nectar une carafe abominablement souillée par des dépôts aussi indésirables que tenaces, et toujours peu ragoutants? Beaucoup de scientifiques Boukistanais et d'érudits de toutes sortes se sont penchés sur ce problème majeur sans toutefois trouver la solution idéale. Tout a été essayé, l'eau de javel, les pastilles que nos aïeux mettent dans le verre d'eau sur la table de nuit pour nettoyer leur vénérable dentier souillé par une journée de mastication poussive, le gros sel, les grenailles métalliques, le riz, le marc de café, le vinaigre!... et j'en passe... Pourquoi pas du kérosène, de l'acide chlorhydrique, du diluant, du white-spirit, du pipi de chat, du Dominique Laurent bouchonné ou le marabout qui guérit tout ! Afin d'éviter d'avoir à enterrer votre carafe, vous avez vainement agité votre goupillon, sans grand résultat, ne laissant, dans le meilleur des cas, que des tâches suspectes.

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Pince-fesse, baisemain, nœud de cravate et tartare de truffes

dans la catégorie Rencontres Amicales

krugInvit.jpgSuperbe carton d'invitation personnalisé, aux armoiries de la Maison Krug, pochette Bordeaux, Krug en lettre d'or, papier argenté, ça chie la classe. "Save the Date", l'Anglais, ça fait sérieux, même en Champagne. "Le Millésime" me propose une rencontre avec Eric Lebel, chef de cave de la Maison Krug, une dégustation de la Grande Cuvée, du Vintage 1998 et du la Cuvée Rosé accompagnée de quelques amuse-bouche du Crocodile. En l’absence d'une once d’ombre du moindre signe de l’univers m’incitant à rester chez moi avec une bière et quelques chips, j’y suis allée. J'ai même fait ma BA en y conviant un vieux retraité en mal de bulle. L'Ermite et moi sommes donc reçus par Eric Lebel, qui porte magnifiquement le Costar et le nœud de cravate. Il nous honore de sa présence pour nous faire découvrir: "l'expression du Champagne selon Krug"…

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Défonce de mammouth

dans la catégorie Inclassables mais classés

silex3.jpgNous sommes en 40 000 avant J-LK, comme on dit. Volcans fumants, grottes habitées, os rongés sur le sol. Dans cette vallée préhistorique imaginée par le dessinateur Jul vit la famille Dotcom, des Simpson en peau de bête. Voici donc Blog, le père, Spam, la mère, Url, le fils et Web, la fille. « Silex in the City » est une BD adaptée pour des films d’animation de trois minutes, actuellement sur Arte. La vie de nos ancêtres ressemble paléolithiquement à la nôtre. Les agences de notation surveillent la vallée tous les 4 000 ans, avec dégradation si les humains régressent. Dans les antres pour retraités, les vieux s’étranglent devant « La guerre du feu de l’amour », lorsque Shirley révèle à Orlando qu’elle a une liaison avec un reptile. Défoncé à coup de masse par Brian, élève d’une zone d’évolution prioritaire, un prof rêve d’être muté au XXIè siècle. « Mais c’est dix fois pire ! »

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