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mai 2013

Casanova manque de tendresse

dans la catégorie Notre vin quotidien

casanova.jpgQui n'a pas rêvé d'un peu de tendresse, loin des bourreaux des cœurs, des pugilistes des sentiments ou des tortionnaires d’émotions. Qui n'a pas rêvé de Casanova, ou de son alter-égo femelle, pardon, femme. En ces temps difficiles, une question d’une telle importance nécessite d’aller de débats en digressions et retourner le problème dans tous les sens pour essayer de comprendre les causes d'un tel manque de tendresse dans notre société. Où est passé Casanova? J'avais naïvement pensé que cette bouteille de Languedoc, un pur pinot noir du Mas de Martin, aller nourrir ma réflexion, qu'il était possible que Casanova puisse se réincarner dans un nectar à la douceur incomparable. Alors, j'ai planté mon tire-bouchon dans le liège, je tortille et je l'entortille, quelques va et vient plus tard, le liquide coule dans mon verre, la robe de la belle est grenat foncé, le vin remplit mon verre. Qui est Casanova?

Languedoc Casanova 2011 Mas de MartinCasanova1.jpg

Le nez n'est pas vraiment séducteur, puissance, fruits noirs, réglisse, goudron et garrigue. C'est monobloc. La bouche n'est pas pulpeuse, pas aguicheuse, toujours sur la virilité, la robustesse, les tannins sont vigoureux, peu de tension, une longueur à peine marquée par les épices. On attend la caresse et c'est une virile et grande claque dans le dos qu'on se prend. Mais où est passé Casanova? Où est passé le Pinot noir? Bof…

C'est qui le con de javanais qui a salopé le beau salon tout blanc?

dans la catégorie Rencontres Officielles

salonblanc.jpgVous connaissez tous le salon de la vache et du prisonnier politique aussi appelé salon de l'agriculture, le salon de l'auto, de la moto, du vélo, du trico et même du vin. Vous n'allez surement pas très souvent dans les salons de thé boire une verveine avec madeleine, certains, que je ne nommerais pas, pratiquent assidument les salons SM, et nous fréquentons tous, plus ou moins souvent, un salon de coiffure. Dans les salons bas de gamme, on te demande ce que tu veux, tu réponds "euuuh…comme d'hab mais courts". Dans les salons classe, on te file la carte, comme au resto, on t'offre un café ou un thé, le catalogue est plein de beaux gosses coiffés comme des joueurs de foot, des mannequins super mignon sinon ils feraient pas mannequins mais pâtissier-vigneron, comme vous et moi, enfin surtout toi. Logiquement, tu optes pour la coupe de Justin Bieber, le coiffeur interlope qui officie, te fait remarquer qu'avec ta calvitie plus que naissance, ça va être coton, il te propose plutôt la coupe Zidane, dans la mesure où il est coiffeur et pas équarisseur. Après 30mn de coups de ciseaux, de tondeuse et de rasoir, de discussions pénibles sur la météo et la télé-réalité, on te tend un miroir et là tu te rends compte que tu as vachement la même tête qu'avant qu'il n'exécute son œuvre et tu te demandes pourquoi tu t'es infligé 30mn de polémique sur Nabila, le coiffeur a le droit d'avoir des références de coiffeur, c'est même le propre du coiffeur. Non mais allô quoi! C'est quoi ce salon?

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Le fabuleux destin du pingouin Australien

dans la catégorie Rencontres Amicales

pingouins-sur-un-podium.jpgPingouin dans les champs, hiver méchant et printemps qui se fait attendre. Vous le savez surement, puisque je l'ai déjà dit plusieurs fois, mais ça fait du bien de le dire, on ne sait jamais, ça peut débloquer la situation. C'est surement le pire des débuts de printemps de ma carrière de bloggeur. Je le sais parce que je classe les choses par le pire. Certains font foisonner les tops 10 ou les tops 100, moi je préfère les flops 10 ou les flops 100. Sur la toile, il y a foison de topeur 10, plein de jeune urbain super branché dont l'activité principale est de classer des trucs par 10, de faire des analyses croisés même pas dynamiques des mœurs politiques des pandas roux du Balouchistan, au point de la re-twitter les résultats à ses abonnés absents. Pour être honnête, les tops 10, je ne sais pas faire, ça me stresse trop. C'est un métier… Mais, il faut bien vivre avec son époque, se laisser porter par l'air du temps, même s'il est mauvais, donc, attends-toi à un truc qui n’a absolument rien à voir, un Top 6 des vins que j'ai bu hier soir. Pas seul, évidemment, je n'ai pas le verre solitaire de l'éponge, mais avec d'autres éponges, qui sont venues seules, sans verre et pour éponger. Attends-toi à du suspense, des rebondissements, de l’amour, de la musique, de la viande, de l’humour, des images volées et, probablement, l’un ou l’autre panda, probablement roux. Si ça ne t'intéresse pas, c'est un peu tard, j'ai meublé pour la forme, mais tu peux toujours arrêter de me lire pour aller élever des poneys sur Face de bouc.

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Je ne me fais pas de Mauves et sang

dans la catégorie Notre vin quotidien

blood.jpgSe faire du mauvais sang! Cette expression moyenâgeuse est toujours aussi pleine de bon sens et pas si loin que ça de la vérité scientifique. Se faire du mauvais sang, c'est fabriquer du sang de mauvaise qualité à cause du souci qui nous perturbe, puisque que le stress influe sur la composition de notre sang. Nos ancêtres l'avaient déjà compris. Déjà, au Moyen Age, les vins de Tournon étaient connus sous le nom de "vins de Mauves" ou "de l’Ermitage". Le nom "Saint-Joseph" a fait son apparition au XVIIe siècle, s'était une parcelle de vignes de 10 hectares appartenant aux pères Jésuites de Tournon. Aujourd'hui, le vignoble de Saint-Joseph s’étend sur 2 départements, 26 communes et près de 60 kilomètres du nord au sud, c'est l'AOC la plus vastes de France. Cela explique les différences que l'ont peu rencontré dans les vins de St Joseph. Mais de Saint Jean de Muzols à Guilherand-Granges, en passant par Mauves, au détour des méandres du Rhône, les vignerons ont sculpté les terroirs granitiques de St Joseph sans se faire de mauvais sang, un peu comme moi, attablé au Sézanne de Colmar, sirotant ce St Jo en mangeant quelques tranches de Belota. Elle est pas belle la vie. Se faire vampiriser par un St Joseph, y a pas de quoi se faire du mauvais sang, ce serait une mauvaise nouvelle pour les vampires qui eux, se font de la bile et un sang d'encre.

Saint Joseph 2010 Jean-Louis Chavesaintjochave.jpg

Cette année, le St Joseph du Domaine Chave intègre le Clos Florentin à Mauves, acquis par le domaine il y a quelques années. Le nez se livre doucement, sur des notes florales, minérale (graphite) et de beaux fruits noirs avec en prime des épices orientales et des relents de tabac blond. Comme pour le nez, la bouche est finement boisée, sans excès, un bois noble, pas encore fondu, mais agréable. La bouche est charnue, solaire, fraiche, réservée, c'est vivace, bâtie sur une belle charpente tannique, aux grains minéral, qui devra s'assagir encore. L'équilibre, la longue persistance et la capacité des vins du domaine à bien vieillir, laissent augurer d’un futur prometteur. Très bien

Les Moulins de mon Cœur

dans la catégorie Notre vin quotidien

moulin-a-vent.jpgComme une pierre que l´on jette dans l´eau vive d´un ruisseau et qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l´eau, les Moulins à Vent d'Yvon Métras ne cessent de m'enchanter. J'ai fait partie de ces enfants gâtés du vin qui refusaient le plaisir, sous prétexte qu'il était trop simple. Le snob du vin est redoutable, il déteste le beaujolais, il préfère le bordeaux, même mauvais ou bouchonné, il se pâme devant des vins de concours, les canons de la baronne. Pour lui, l'important, c'est l'étiquette et le vin formaté par les préjugés de précieux ridicules. La mauvaise réputation du Beaujolais s'est installée insidieusement, pas toujours à tort, certains ont profité largement de la manne du "nouveau", cette aubaine au goût de banane qui a mis dans l'ombre les vrais bons Beaujolais. Mais, du côté de Beaujeu, on s'est réveillé, Marcel Lapierre a fait des émules qui ont juré de rendre au Beaujolais, sa gourmandise passée. Eric Janin, Laurent Martray, Christian Ducroux, Jean-Claude Lapalu, Dominique Piron, Marie-Elodie Zighera, Jean-Marc Burgaud, Yvon Métras, Jean Foillard et Fabien Duperray, qui s’est lancé dans l’aventure il y a peu, et qui, sous le nom du domaine Jules Desjourneys, redéfinit les normes à partir desquelles on jugera désormais les grands vins du Beaujolais, ceux qui font tourner les moulins de mon cœur…

Moulin à vent 2011 Yvon MétrasMetras.jpg

Belle robe pourpre, lumineuse. Nez intense, expressif, minéral et floral, sur la pierre sèche, la violette, la groseille, la framboise, la ronce, la réglisse et une touche de vert agréable. En bouche, c'est la claque, ça pète le fruit, ça explose sur le palais, une gourmandise fruitée. Mais attention, le moulin donne du grain à moudre, c'est pur, la matière est belle, les tannins fins, subtils, de la dentelle, l'acidité, ou plutôt l'acidulé, participe à cette impression de goûter une friandise. L'équilibre impressionne, la minéralité saisit, la buvabilité corrompt et la persistance séduit. Un Beaujolais à encaver d'urgence. Excellent

Les faucons du Rittersberg

dans la catégorie Notre vin quotidien

Ortenberg.JPGLes faucons qui nichent dans la tour du château de l’Ortenberg ont la chance d'évoluer au-dessus du Rittersberg, un endroit très particulier, rare, un site incomparable, qui renvoie aux rêves de gosses et qui impose aux vignerons locaux, d'avoir de l'imagination et de prendre des risques. Sous les pins parasols et les châtaigniers, les vignes du Rittersberg s’étendent jusqu’à la plaine de Scherwiller. Des seigneurs de Burg aux vignerons d'aujourd'hui, les pentes abruptes et arides du Rittersberg gravent une empreinte particulière aux vins qui en sont issus. Jean-Paul Schmitt possède toutes ses vignes sur ce coteau, il connait parfaitement ce terroir si spécifique, ce micro climat singulier qui impose des manières de travailler particulières. Le résultat, un vins tranché et tranchant, peu variétal, minéral et élancé comme la tour du Château de l’Ortenberg d'où s'envolent les Faucons du Rittersberg.

Pinot Auxerrois Rittersberg 2011 Jean-Paul SchmittJPSchmitt_Riitersberg.gif

La robe est pâle avec quelques reflets verts. Le nez est très droit, sur de légères notes citronnées, de fruits jaunes, de paille sèche, de fumée, et de pierres sèches. La bouche est plus grasse que ne le laisse entrevoir le nez, presque beurrée, ronde, charnue mais très pure, droite, portée par une remarquable acidité, fine et intense qui prolonge la belle finale florale. Très Bien

C'est parti, mon zizi

dans la catégorie Notre vin quotidien

Vin_Printemps.jpgCe matin, le gauchiste qui sommeille en moi s'est réveillé de très bonne humeur, ça doit être l'effet du printemps qui est de retour, c'est une chose assez inéluctable, parfois le printemps revient, mais parfois c’est vrai qu'il prend son temps, le printemps. En ce moment, le printemps est humide et quand c'est humide, le rouleau de printemps me titille. Je me suis donc levé en chantant l'internationale, j'ai viré la pub Google parce que je ne veux pas être complice de cette aliénation des masses laborieuses et travailleuses sur le temple du consumérisme, et je me suis dit, "c'est parti mon kiki". Pourquoi j'ai dit ça? Je ne sais pas, c'est une de ces nombreuses expressions stupides, j'aurai pu dire: "tu parles, Charles", "pas de méprise, Denise", "au hasard, Balthazar" ou bien "tu ne manques pas d'air, Lothaire", même si les Lothaire qui ne manque pas d'air ne sont pas légion, même à l'étranger, mais j'ai dit: "c'est parti mon kiki". Mais attention, le Kiki en question, ce n'est pas celui de Félix, qui est gros, selon ce qu'affirme Zézette, mais le Kiki qui désignait familièrement un amant ou un mari, les dames de petites vertus utilisaient cette dénomination d'afélation pas contrôlée pour héler le chaland dont elles ne connaissaient ni le prénom, ni le Kiki, mais assez bien le zizi. Donc, on devrait dire, "c'est parti, mon zizi", le printemps est là, et, pour fêter ça, un vin de soleil, un Baux vin qui sent la Provence.

Baux de Provence Trévallon 2006trevallon2006.jpg

Nez vigoureux, robuste, confituré, sur la mûre, le cassis, la fraise des bois, les épices, la fumée, le réglisse, la vanille et la cannelle. Après une bonne aération, des notes de garrigue et de cacao s'ajoutent au bouquet. La bouche est plus fine que le nez le laisse entre-apercevoir. Belle minéralité, soyeux des tannins, matière ample et fruité, sur la cerise kirschée, ça descend tout seul, c'est agréable, sensuel, l'acidité est marquée et donne une allonge à la finale. Excellent

Saumon affamé n’a pas d’oseille

dans la catégorie Notre vin quotidien

chiffres-vins.jpgLes comptables sont des gens comme les autres, comme vous et moi, sauf qu'eux, on leur a donné des notions de comptabilité, de torture physique et psychique et on les a fouettés quotidiennement avec des saumons morts de faim. Ce sont des gens, qui, de tous temps, ont cherché à faire passer le temps, surtout le lundi, quand, à 15 heures du matin, ils n'ont plus tellement de travail, que leur balance est aussi vide qu'une salle de concert d'Enrico Macias, mais qu'il va bien falloir rester là jusqu’à 18 heures, car le travail est le pilier de notre société. Alors, pour faire bien, il emmène un peu de travail à la maison, pour que Madame pense que Monsieur est un travailleur, et surtout, pour trouver les 22 centimes de différence qui polluent la balancé âgée, mais pas trop. Après moult vérifications, la lumière viendra du Sphinx Chockwine: "ouvre une bouteille de rouge et tu trouveras le secret des nombres". En voilà une idée qu'elle est bien! Sauf que le plat du jour est un saumon à l'oseille. Alors, un blanc pour le saumon et un rouge pour… le secret des chiffres. De tout temps, le temps a passé et le comptable a rêvé de le remonter, comme on remonterait à cheval après une chute, sauf que je te l’ai déjà dit cent fois, on ne joue pas avec la nourriture.

Rasteau Gourt de Mautens Blanc 2006gourt-de-mautens.png

Nez très expressif, intense, puissant, sur des notes de poire très mûre, de fleurs blanches, d'acacia, de curry et d'anis. La bouche est riche, très riche, grasse, opulente, impressionnante de matière, presque tannique, l'acidité est faible, un vin qui affiche clairement ses ambitions, une maturité poussées à ses limites, une extraction pesante, un élevage grand luxe, mais un ensemble excessif, avec un équilibre sur l'alcool, qui manque de finesse. Une cuvée ambitieuse et coûteuse. Bien+

Côte du Marmandais "Le vin est une fête" 2011 Elian da RosElianDaRos.jpg

Elian Da Ros, après avoir fait ses classes en Alsace aux côtés d'Olivier Humbrecht, est revenu dans sa région natale et a repris le vignoble de son père. Il produit, en autres, un assemblage Merlot, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon qui porte bien son nom, le bougre. Un vin convivial, sans chichi tout en rondeur, en souplesse et en fruit. Le nez est marqué par les fruits noirs, mûre, myrtille, cassis, la fumée, les épices douces et les fleurs séchées. En bouche, le vin est solide, avec une belle matière, des tannins denses, une fine acidité, un bel équilibre et une finale réglissée. Un vin de plaisir, puisque le vin est une fête. Très bien et, au prix où s'est vendu (8€), c'est un cadeau de vigneron.

Prends garde à les boire jusqu'à la garde

dans la catégorie Culture Vineuse

vieux-millesimes.jpgCombien de temps peut-on laisser vieillir un vin? Quel est sa DLC? Question récurrente et plus que souvent posé sur le net, et j'ai la réponse. Comment déterminer l'apogée d'un vin. On vous dira que ça dépend de l'appellation, du millésime, du terroir, de l'âge de la vigne, du vigneron, de la conservation, du mode de vinification, du prix, de l'âge du capitaine ou de la qualité de ses mocassins à glands? Certains produisent même des tableaux, des graphiques sophistiqués ou des formules mathématiques. Mais y a-t-il une règle? Une équation du type, "un Gevrey-Chambertin 2007 se boit entre 2009 et 2015", sera toujours fausse car réductrice voire simpliste. Première et dernière règle de base, ne pas acheter de vieux vins sans en connaitre la provenance et la conservation, le faire, c'est la roulette russe du vin, avec 5 balles dans le barillet ! Plus un vin est vieux, meilleur il est. Faux et archi faux! Comme le dit l’adage, la valeur n’attend pas le nombre des années. Un vin qui n’est pas bon jeune ne le deviendra jamais. On a tous connu un vigneron qui nous a vendu un vin médiocre en vous promettant qu’il se bonifierait avec le temps. On nous a menti. Un grand vin est agréable à boire dès sa mise sur le marché. Les années ne font que façonner ses arômes. Pas toujours vrai! Cahors, Madiran, Barolo sont des contre-exemples, ils ne sont pas toujours très agréables jeunes, mais ils ont souvent la capacité à bien vieillir. Les vins les plus aptes à vieillir sont ceux dont la structure est la plus marquée, les vins rouges construits sur les tanins et les vins blancs sur l’acidité. Oui mais, le Beaujolais n'est pas tannique, pourtant j'ai dégusté de vieux Beaujolais extraordinaires. Le Champagne et les bulles en général ne vieillissent pas bien. Faux! J'ai dégusté d'extraordinaire Champagne de plus de 20 ans. Les champions de la garde sont les vins liquoreux, les Sauternes, les Alsace SGN, les Coteaux du Layon sont des valeurs sûres. Je connais un paquet de vignerons qui produisent des vins que l'on boira toujours trop tard et qui ne seront jamais bon, quel que soit le temps de garde. Alors, quel est la DLC du vin? Si c'est une DRC, la DLC n'est pas indiquée, appeler Aubert de Villaine, il se fera un plaisir de vous renseigner!!! Pour savoir si ton pot de crème a dépassé sa date limite de consommation, il y a deux solutions. Si tu es voyant, dans le sens où tu n'es pas miro comme une taupe, parce que si tu étais voyant, dans le sens de madame Soleil, tu ne te poserais pas la question, mais on s'éloigne du sujet, donc, si tu n'es pas aveugle, tu regardes l'étiquette ou tu fais confiance à ton goût, tu goûtes, c'est aussi simple que ça, tu mets ton gros doigt dans la crème, comme quand tu étais minot, et tu aimes ou pas. C'est pareil pour le vin, tu goûtes, tu aimes ou pas. Tu essaie, avec tes moyens, de juger, d'évaluer le potentiel, comme partout, c'est l'expérience qui fera le reste. La règle, c'est qu'il n'y a pas de règle, le vin est un petit filou qu'il faut le surveiller de près.

Morgon Côte de Py 2011 FoillardMorgonFoillard.JPG

Une dégustation en deux temps, à l'ouverture, c'est assez simple, griotte, fraise des bois, une bouche pas très en place, acidulée. A attendre. Trois heures plus tard, toujours un beau fruit, plus compoté, plus fruit noir, mûre, myrtille, cerise. Des notes de terre, de cacao et de violette. La bouche est également plus en place, veloutée, ample, minérale, des tannins fins, du velours avec un acidulé toujours présent, mais bien plus intégré. Une bouche tactile mais à garder quelques années ou pas. Très bien

Gevrey-Chambertin Les Corbeaux 2007 Domaine SérafinSerafin_Corbeaux.jpg

Nez de cerise, de mûre, de framboise, de réglisse, de terre humide sur un fond vanillé. L'attaque est vive, la bouche est élégante, les tannins sont fins, c'est fruité avec une belle fraicheur, une austérité un peu froide mais qui lui va très bien, un bel équilibre, une grande buvabilité et une longue finale. Déjà très bien mais peut se bonifier encore ou pas. Très bien

Hisser haut les couleurs du Mauzac

dans la catégorie Notre vin quotidien

Plageoles.jpgLes Plageoles ont la passion du Mauzac, ils ont font voir de toutes les couleurs à leurs vignes, des jaunes, des roux, des verts, des natures, des doux et même des noirs. Ils traquent, ils auscultent le Mauzac comme certains cherchent de l'Or. Les Plageoles, Robert et Bernard, son fils, sont des ampélographes, ils sont à l'origine du renouveau du vignoble Gaillacois, en faisant connaître dans toute la France toutes les variétés possibles du cépage méconnu, le Mauzac. Les Plageoles ont exhumé de l'oubli le Prunelart, le Verdanel, le Braucol, l'Ondec et le Loin de L'œil, et ils cherchent encore, ils aimeraient bien faire ressurgir un cher disparu, le Mauzac "côte de Melon", celui qui tape sur le carafon si on dépasse la dose prescrite par le docteur Plageoles, celui qu'on appelle ici, le Mauzac dur ou le Brumaïre. Un Mauzac quais improductif, au plus quatre grappes par cep, qui produit un Mauzac hyperconcentré, un nectar pour liquoreux de légende, chez les Plageoles, on ne dit rien, mais on cherche le Mauzac parfait, même sous le voile. Plageoles_Mauzac_Vert.jpg

Gaillac Mauzac Vert 2011 Domaine Plageoles

Beau nez, expressif, puissant, un peu oxydatif, de pomme verte, de miel, de poire, de tilleul, d'anis et de vanille. La bouche est généreuse, très ample, grosse matière, légèrement sur l'alcool, l'acidité est faible mais agréable avec une petite amertume en finale. Bien+

Règlement de comptes à O.K. Barral

dans la catégorie Notre vin quotidien

Barral_Vigne.jpgIcône du Bio pour certains, étalon des dérives aromatiques, prototype des vins déviants pour d'autres, Didier Barral et ses les vins ne laissent pas indifférent. L'homme de Lentheric excite les passions, incite à la polémique. Je l'ai rencontré trois fois, il est sympathique, affable, inépuisable sur le sujet de la Biodynamie, ses vaches (pour le désherbage et l'engrais...), ses cochons noirs, son blé sans gluten, ses arbres fruitiers et les abeilles et autres insectes. Le système Barral c'est une certaine idée de l'autonomie, on cultive pour nourrir les animaux qui à leur tour nourrissent les hommes et les vignes... Et la boucle est bouclée. Barral c'est une leçon de bon sens paysan. Ils montrent ses photos et assène ses certitudes, d'une voix tranquille. Il n'a pas choisi la facilité, ne laisse personne indifférent, mais agacent certains qui critiquent ses cuvées au nez "animal", les pros avancent qu'il faut carafer longuement ses vins et les boire à la lune montante, les antis ne supportent pas les notes de fumier ou d'écurie et règlent leurs comptes sur la blogosphère.

Faugères Jadis 2003 Domaine BarralJadis_Barral.jpg

2003, ouvert avec appréhension, ce n'est pas le millésime de Didier Barral, loin s'en faut, c'est ma dernière bouteille et j'ai connu le meilleur et le moins bon, comme souvent avec Didier Barral, c'est irrégulier et les conditions de dégustation sont importante. Le vin est carafé 2 heures, la robe est légèrement tuilée, acajou sur les bords, le nez renarde un petit peu, sans excès, c'est les arômes de cassis, cerise noire, réglisse et cuir qui dominent, avec de l'olive noire, du chocolat de la même couleur, du thym et quelques notes graphitées. En bouche, c'est aromatique, fin, très léger (pour un 2003), presque maigre, l'acidité est importante, pas fondue, les tannins sont aériens et la finale cacaotée. Petit côté gênant, j'ai carafé vigoureusement pour oxygéner le vin, mais un dépôt important s'est propagé dans la carafe. Il faudra une journée pour que le vin redevienne limpide, les arômes sont plus nets, la bouche plus soyeuse, mais toujours cette impression de dichotomie, grande finesse de la matière, minéralité et acidité dissociée. Curieuse impression d'un vin pas vraiment équilibré, mais pas déplaisant, même plutôt agréable. Ce n'est pas le vin qui je conseillerais à un jeune œnophile, à un Chinois ou un Texan pro-bordelais, mais que je boirais avec plaisir avec un franc-tireur de la chose Bio, parce qu'avec Didier Barral, c'est toujours OK pour un règlement de compte.

Goûter à en perdre l'équilibre

dans la catégorie Culture Vineuse

bouche4.jpgComme le disait mon ami Winston, mais en Anglais, un fanatique est quelqu’un qui ne peut pas changer d’avis et qui ne veut pas changer de sujet. Mon sujet de l'année, c'est la bouche, et pas n'importe laquelle, celle des grands vins. Je dis et je le répète, le vin n’est pas fait pour être reniflé, mais pour être bu, avalé, absorbé, siroté, grumé ou glouglouté, mais pas sniffé, même si ça sent bon la coco. Certains achètent des grands crus comme des sacs Hermès, des chaussures Nike, du Coca-Cola ou des parfums Coco Chanel. Bien sûr, la dégustation commence toujours par un verre, un outil très important pour le ressenti des arômes, mais aussi un instrument de simplification en privilégiant la vue et l’odorat, sens qui favorisent l’apparence, l'aspect, le paraître et parfois le semblant. Il est tellement facile de jouer sur les levures chimiques, les apports artificiels d’arômes de boisé, l’adjonction de copeaux, tous les artifices du petit chimiste, les dérives œnologiques de l’industrie agro-alimentaires du vin. On ne goûte plus le vin, on ne le "taste" plus, on le teste, le bréviaire des arômes prendre le pas sur l’appréciation de la sapidité, les notes remplacent les mots, faisant de nos grands crus, une denrée commune et mesurable, un vulgaire produit de consommation…

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Le Cénobite est un sacré moine haut

dans la catégorie Rencontres Amicales

ermite.jpgQuand l'Ermite invite, tu hésites, tu cogites, mais s'il t'invite sur ses dolomites bénites, tu évites les stalagmites et tu t'apprêtes à être mis sur orbite comme un vulgaire satellite, à goûter quelques pépites, de la dynamite, voire un petit Lafitte. A l'heure dite, devant l'antre insolite où il habite, pend des amanites interdites, à l'intérieur, le feu crépite sous la marmite, tu le félicites pour sa mine confite, ses durites émérites, en pleine forme l'Ermite jésuite, même pas un peu d'arthrite, ou une hépatite, une bronchite, laryngite, pharyngite, amygdalite, appendicite, otite, sinusite, conjonctivite, méningite, encéphalite, péritonite, gingivite, tendinite, juste un peu de cellulite et un fort taux d'hématocrite. Vite, tu évites de lui parler de ses années proscrites, tu lui lis ta petite lettre manuscrite pendant que les baffles revisitent quelques mégabytes de sa musique favorite, une élite cosmopolite, limite hétéroclite, de chanteuses aussi yéménites que maudite et parfois même, hermaphrodites, puisque ça l'excite. La soirée était écrite, une réussite, le mérite à ses cuvées de graphite et de granit, on lévite, c'est un plébiscite, on profite, les filles sont séduites, le cœur des garçons palpite. Il aurait pu s'appeler Bernard ou Thierry, l'Ermite, il préfère qu'on l'appelle le Cénobite, un sacré moine haut, cet Ermite.

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La traversée de l'Irlande sur un oeuf

dans la catégorie Notre vin quotidien

latraversee3.jpgL'Irlande est un pays de vert, de terre, de Guinness et de whiskies. C'est une ile coupée en deux, au sud, l'Irlande dont les habitants détestent être pris pour des imbéciles par les Anglais et encore plus être pris pour des Anglais par les imbéciles, et au nord, l'Irlande dont les habitants sont en fait des Anglais qui font semblant d'être Irlandais. On y fabrique des équipes de rugby avec du trèfle, ce qui est moins drôle qu’avec du poireau, des roux et des chansons de Michel Sardou, qui feront le succès de tes karaokés dînatoires. Les irlandais sont connus pour tenir très bien la bière qu'ils sont capables de consommer en quantité industrielle, mais ils sont assez peu connus pour leurs vins, même pas du tout. Mais à chaque règle, il y a une exception! Gavin Crisfield, dont on a déjà parlé ici, a beaucoup voyagé, dans le nouveau monde, avant de s'installer dans notre arrière- pays, 4,5 ha, adossés aux premiers contreforts du Larzac, à St Privat, plantés de Syrah, Mourvèdre, Carignan, et Cinsault près de Saint Jean de Blacquière. Quatre terroirs différents : schiste, grés, basalte et argilo calcaire en bas des coteaux. Dans la vigne, Gavin applique les méthodes de la biodynamie sans rechercher pour autant la certification. Une demi-douzaine d’œufs ovoïdes pour vinifier et élever ses vins, levures indigènes, fermentation qui peut atteindre deux mois, pigeage à la bourguignonne, pas très pratique avec les œufs mais c’est la qualité est à ce prix. Pas de bois neuf, sauf pour 2009 où le nouveau foudre tronconique était arrivé. Il vinifie les cépages séparément puis assemble. Il ne veut qu’une seule cuvée : la traversée. Il y a bien une magnifique cuvée 100% cinsault mais il faut traverser Irlande pour en avoir. Gavin Crisfield connait la petite musique du vin, mais il a ramené de sa traversée, une guitare et des mélodies Irlandaise, puisque que l'idole de toute l'Irlande est un groupe de Rock, U2 dont le leader est le charismatique Jean Bono.

Terrasse du Larzac La Traversée 2010 latraversee1.jpg

Nez bien en place, de cerise noire, de mûre, de violette, de figue, d'olive noire, de chocolat noir, de cuir, de laurier et une petite pointe de graphite. L'attaque est très fraiche, dynamique, c'est précis, construit sur des tannins denses mais gourmands. Malgré sa densité, ce qui surprend, c'est cette belle fraicheur, qui, associée à une longue finale minérale, révèle toute la complexité de cette cuvée. Un superbe glouglou classe et racé. Vive l'Irlande. Très bien

Gavin Crisfield connait la petite musique du vin, il a ramené de sa traversée, une guitare et des mélodies Irlandaise, puisque l'idole de toute l'Irlande est un groupe de Rock, U2 dont le leader est le charismatique Jean Bono.


Dans Rully, elle est Pucelle que tu croyais

dans la catégorie Notre vin quotidien

Jeanne_d_Arc.jpgChaque peuplade a ses figures emblématiques, Gary Lineker pour les Anglais, Derrick pour les Allemands, Zorba pour les Grecs, la pizza napolitaine pour les italiens, Guillaume Tell pour le petit Suisse, Rambo pour les Américains et Albert de Monaco pour le Boukistan. Pour la France, c'est Jeanne d’Arc, la Pucelle d'Orléans ou d'Arc Vador pour les intimes, une paysanne au destin tragique. Pour faire vite, parce que cette histoire commence à durer, alors que tout le monde sait comment ça se termine mal. Après avoir entendu des voix "la pucelle d'Orléans" (bien que la profonde amitié qu'elle nourrissait pour Gilles de Raie, pervers, pédophile et sodomite notoire, laisse planer des doutes quant à l'intégrité de son hymen), bouta les Rosbifs avant de finir braisée parce qu'un dénommé Cauchon, qui portait bien son nom, fit juger notre héroïne coupable de port de pantalon, de mensonge, d'errance en la foi et de s'être commise dans un film de Luc Besson. Elle fût malmenée, humiliée, torturée, chahutée, insultée, tripotée, et par paresse j'en passe, les Anglais ne l'ayant pas crue, ils l'ont cuite et elle mourût selon l'inepte quoiqu'incoercible règle de l'obsolescence programmée de la vie. C'est ce que je me disais en ouvrant ce Rully et en entrevoyant avec effroi que j'allais la déflorer en compagnie d'un Anglais notoirement connu pour ses inclinaisons Bourguignonne. Comme le disait souvent Rocco Sifredi à Joseph Goebbels, plus c’est gros, plus ça passe, même avec une pucelle.

Rully 1er cru La Pucelle 2011 Paul Jacqueson JacquessonPucelle.jpg

Acteur majeur de la renaissance du vignoble de Rully abandonné faute de viticulteurs après la 1ère guerre mondiale, Henri Jacqueson reprend les terres de son grand-père en 1946, et commence à acquérir des parcelles à Rully et Mercurey. Il passera le flambeau à Paul qui aujourd'hui, avec sa fille Marie, continue à produire d'excellent Rully. Cette Pucelle à un nez agréable, typiquement Chardonnay, sur la fleur blanche, un zeste de citron, une touche de vanille, du miel et un peu de tilleul. La bouche est tendue, la matière est jolie, c'est tranchant, brioché avec une belle finale légèrement minérale. Notre anglais lui trouve un petit côté beurré et tout le monde sait que quand la pucelle est beurrée, elle ne le reste pas longtemps… Très bien