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janvier 2014

La nature du Vallon de Milan

dans la catégorie Notre vin quotidien

vin_naturel.jpgHenri Milan est un drôle d'oiseau, mais aussi un sacré vigneron, avec esbroufe ajouté, mais sans sulfites ajoutés, puisque c'est sa nature d'être naturel, à moins que ça ne soit l'inverse. Avec son accent qui chante la Provence, sa fraicheur, le Milan est le genre d'oiseau qui vous fait vous sentir à l'aise dans vos sandales, un peu comme ses vins. Mais attention, la bête est capricieuse, je parle de ses vins, bien entendu, des vins qui vous expédient direct dans la garrigue des Alpilles, là où les cigales chantent la Provence et son soleil. Il fait partie de ceux qui ont imposé et surtout, fait aimer le vin nature. Mais attention, "vin nature" et pas "vin bio", BIO comme "vin issu de raisins de l’agriculture biologique" (la mention de biologique ne garantit en rien le renoncement à des ajouts lors de la phase de vinification). Il ne s'agit pas seulement de cultiver des raisins Bio, le vin "nature" ou "naturel" étend son ambition à l’ensemble du processus d'élaboration du vin, de la plantation et du travail du sol aux soins de la vigne, à la vendange, à la vinification et à l’élevage, et jusqu’à la mise en bouteille. C'est l'association, dans une même démarche, du travail du viticulteur et celui du vinificateur, qui est parfois, et même souvent, réunis en la personne du vigneron. La philosophie du vin naturel repose sur deux poutres, le respect de la nature par une vinification sans intrants et non interventionniste et le respect du consommateur, par l’aspect sanitaire, par une approche équitable et une meilleure buvabilité. Le vin naturel, c'est une éthique, pas une loi. C'est faire des vins uniques, puisqu'aucun homme n'est capable de faire deux fois le même vin, sauf s'il est aidé par la panoplie du petit chimiste. Mais pour boire du vin naturel, et le comprendre, nécessite de remettre en question sa grille d’analyse de dégustation, voire rééduquer ses papilles et tordre le cou à ses à priori qui parasitent notre jugement. Le vin nature parle au corps et à l’âme avant de parler à la raison de celui qui le goûte. Voilà ce que me disait cette pimpante bouteille rose fuchsia, ce Vallon qui me parle, qui me raconte des choses, un vin avec lequel j'ai eu une véritable conversation, un vin que j'ai bu, je dis bien bu, pas dégusté, pas analysé, et cela fait une grande différence. Il y a des vins que l'on admire, que l'on respecte, qu'on envie et il y en a d'autres avec qui on se sent bien, en phase, et ce sont souvent des vins natures, puisque c'est ma nature.

Le Vallon 2008 Domaine Milanvallon.jpg

Jeunes vignes de grenache noir, syrah, cabernet-sauvignon, cinsault et mourvèdre. Un vin étonnant, sur des notes de cerise noire, de pruneau, de mûre, de thym, de chocolat et de cuir. La bouche surprend également, par sa vivacité, son acidité haute, ses notes de tabac, de fumée et de réglisse, c'est puissant arômatiquement, mais pas lourd, pas dense, même plutôt fin, les tannins sont solides et la finale ardente. Quand la nature fait ce genre de cadeau, ça ne se refuse pas. Très bien

Aussie taudis, Aussie tôt fait

dans la catégorie Inclassables mais classés

aussies.pngDéjà que je trouvais que m'acharner à remplir ce leverasoif sans fond me prenait trop de temps, que je mettais trop souvent ma combinaison de plongée en milieu vineux pour aller au plus profond de ce blog, voilà ti pas que j'en ouvrasse un second (http://www.australian-rarities-blog.com). Je dois avoir des prédispositions maso-schiste tendance Riesling. Ne vous en faites pas, c'est pas parce que j'entre dans un univers AustaloTypien que je vais me mettre à l'anglais, non, le bout de gras qui me sert de cerveau a déjà bien du mal à aligner les mots dans la langue de Molière, de Voltaire et de Frank Michael, alors aucune crainte que je me mette à la langue de Shakespeare, de Jim Morrison et de Mickey Mousse. Mais c'est un fait établi, en quelques années, les sources d’information se sont multipliées comme des champignons OGM sous une pluie fukushimesque, il faut aller toujours plus vite, plus haut, plus loin, plus fort, plus trash, être le premier à sortit la photo de François "Dark Vador" Hollande pris la main dans le sac de sa petite copine de cheval, sous les yeux d'un internaute qui joue à merveille son rôle de septième pouvoir et demi en hurlant: "Ziva LOL t k'un gro mito", sitôt qu’il trouve une faute de syntaxe, mais ledit septième pouvoir pousse à la consommation en se jetant comme un crevard vorace mort de faim sur la moindre dépêche, histoire d’avoir quelque chose à "liker". Internet est devenu le plus grand bistrot de l’histoire, enfin, quand ça marche. Alors, tant qu'à aller au comptoir du bistrot, buvons du bon, buvons de l'Australien par exemple, puisqu'il n'y a pas qu'en France que l'on sait faire du vin. Le fait que je sois proche de la source et de notre Australopithèque importateur n'est, évidemment, pas étranger à cette soudaine envie de faire partager nos dégustations australes. Un classement par Domaine, des domaines triés sur le volet par notre Australopat, moins de blabla, du vin qui rime avec loin, aussi loin que ce pays continent, devenu incontournable pour tout amateur de vin. Des présentations des Domaines, nos dégustations, nos coup de cœur. S'il fallait, en deux mots, résumer l'essence du vin australien, les mots "saveur" et "fruité" s'imposeraient immédiatement. Certes, les vins australiens ne sont pas tous des modèles d'élégance et de finesse, mais ils ont le goût du fruit, direct et sans détour, ce qui n'est pas forcément le cas partout. Le vent tourne et il vient du sud pour nous réchauffer. Alors, quel bon vin vous amène en Australie?

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Quincy soit-il!

dans la catégorie Notre vin quotidien

quincy.jpgIl était une fois une histoire de sœur Tatin… Je vous connais vous allez dire, ou est le rapport avec le vin, il nous prend pour des pommes, Quincy, ce n'est pas en Normandie, c'est dans la Loire… "C'est pas faux", comme dirait Perceval alias Rage, qui connait la Loire comme il connait le labeur au travail, c’est-à-dire, qu'il en a entendu parlé, pendant ses pauses. A Quincy, il s’agit des trois sœurs Tatin, qui ont pour père Jean Tatin et pour mère Chantal Wilk. Ça va, le schéma s'installe? Jean, Chantal et les sœurs tatin, sont tous vignerons, Le père, ingénieur agronome, c'est le Domaine Tremblay, la mère, ingénieur agronome, c'est le domaine des Ballandors et la fille, Maroussia, ingénieur agricole, c'est le domaine des Demoiselles Tatin. Renversant non? C'est pas forcement simple, faut suivre, surtout au fond de la classe. Ça fait beaucoup de Tatin sur une petite appellation de 250ha, AOC depuis 1936 est sans doute l’un des plus vieux vignobles de la région, il fut cité dans la Bulle de Callixte II en 1120. Le sauvignon y fut apporté de l’abbaye des femmes de Beauvoir par les Moines de l’ordre de Cîteaux. Il offre un sauvignon très proche de celui de Reuilly, de Sancerre ou de Pouilly. Le vignoble, entre les communes de Quincy et de Brinay, occupe les anciennes terrasses du Cher, sur un sol maigre de sable et de gravier qui se réchauffe rapidement. Quincy est la seule appellation monocépage du Berry, le seul cépage autorisé est le sauvignon, qui produit 16.000hl par an que se partagent 25 vignerons. Alors, si Quincy soit-il, amène…

Quincy Cuvée Sucellus 2010 Domaine TremblayQuincy-Cuvee-Sucellus.jpg

Cette cuvée de vieilles vignes a été baptisée Sucellus pour honorer la mémoire d’un dieu Gaulois. Le nez est très expressif, sur des notes surmûries de pamplemousse, de fruit de la passion, d'acacia, d'amande, de menthe fraiche et de buis. L'attaque est vive, la matière fine mais enveloppante. C'est énergique et frais avec une finale légèrement sur l'amande amère. Très bien

Un Fleurie pour retrouver la banane

dans la catégorie Notre vin quotidien

banane.jpgC'est l'histoire du Beaujolais, un vin de soif, simple, festif et franc, mais une région qui s'est vendue à la levure 71B, B comme banane, B comme bricolé, une région qui a, pour gagner plus, travaillée moins et nivelée par le bas. Des vins qui ont perdu leur raisin et leur raison en chemin. Une bête histoire de vignerons qui se sont plantés une banane dans l'oreille, et je suis bien trop poli avec ses bananes. Un mauvais gout de banane qui, aujourd'hui, leur colle aux dents et qui glisse des peaux de banane sous les pieds de quelques bons viticulteurs qui ont pris le parti de ne pas se mettre au régime. Un exemple, sur les contreforts du massif central, bordé au sud-ouest par les communes de Fleurie et de Chiroubles, un coin de paradis où Michel Guignier cultive ses vignes de gamay en coteaux, orientées sud-est, le raisin prend le soleil levant tandis que d'autres sont bercés par le soleil couchant, cela permet d'élaborer un vin soyeux au goût unique. Chez les Guignier, on fait dans le bio, et même dans le bio certifié, sans sulfites ajouté. Ici, le bio, c'est exotique, tout juste si on sait que ça existe. On sait que certains hurluberlus s'y sont mis, qu'ils n'utilisent pas le magique 71B, qu'ils ne fnt pas de Bojo de Banania, non, ils font du vin, 100% raisin, 100% pur jus. 6,9 hectares de vignes travaillés avec l’aide du cheval, un domaine converti en agriculture biologique et biodynamique, pas pour faire joli, mais par respect pour l'environnement, les générations futures et les clients consommateurs. Chez les Guignier, les raisins sont vendangés tard, à bonne maturité, manuellement, des raisins entiers, vinifiés en macération semi-carbonique avec des levures indigènes, sans ajouts d'intrants. Des vins authentiques, aux belles nuances de fruits, de fleurs et d'épices, parce que chez les Guignier, on ne vous prend pas pour une banane.

Fleurie 2011 Michel GuignierGuignier-Au-Bon-Gres.jpg

Un Fleurie produit sur un sous-sol granitique, qui séduit immédiatement par ses arômes de violette, de rose, de ronce presque bourguignonne, de framboise, de griotte et de cassis. En bouche, c'est fin, la matière est légère, les tannins sont soyeux, gourmands, on retrouve ces notes de fruits, de fleurs et de grappe entière. Passé le côté délicat, léger et gouleyant, le vin se révèle plus complexe qu'il n'y parait au premier abord, la structure s'affine petit à petit, passé les notes acidulées, des accents minéraux se fixent sur le palais. Une retro de léger graphite, de pierre sèche tapisse la langue, une complexité étonnante s'installe durablement. Un Fleurie qui se dévoile, "en filigrane", à celui qui ira le chercher. J'y cours! Magnifique vin

Le mariage du chaud latin et du Jura sikh

dans la catégorie Notre vin quotidien

Alcool-mariage.jpgDe doctes chercheurs ricains affirment, preuves à l'appui, que, une fois marié, les hommes diminuent leur consommation d’alcool, alors que dans le même temps, leurs charmantes moitiés l’augmentent. Une autre étude très sérieuse (634 couples suivis pendant neuf ans) démontre que les couples mariés qui ont la même consommation d'alcool ont moins de chances de divorcer que ceux qui consomment des quantités d'alcool différentes. Dans 55% des cas, un mariage au cours duquel un des époux sirote plus que l'autre a fini en séparation. Quand les deux époux consomment la même quantité d'eau-de-vie à deux, le taux de divorce descend à 35%. L’alcool n’est donc pas un facteur déclencheur de divorce, c’est la différence de consommation entre les époux qui l’est. Encore une preuve que le mariage est un problème de parité et d'égalité… des verres! Mais le plus stupéfiant, sans jeu de mot, c’est qu'on ne divorce pas plus si les deux époux sont des ivrognes, et, encore plus stupéfiant, les divorces sont plus fréquents lorsque c’est madame qui tête plus que son débonnaire bonhomme. Pour clore ce chapitre du litre, les scientifiques observent que veuf ou séparé, Monsieur, contrairement à Madame, a tendance à picoler sensiblement plus après la séparation. Les chercheurs en vin précisent qu’il est difficile d’expliquer les causes et que cela mériterait d’autres recherches. Ben voyons, faire des recherches sur la picole, c'est addictif, vous pouvez lâcher les études, bande de vieux célibataires. Ils n'ont surement jamais été mariés et, de ce fait, jamais entendu Madame râler à l'ouverture d'une énième bouteille. Ce qui nous afflige, c'est pas que notre bonne bobonne soit partie, mais que la cuisinière, la femme de ménage et accessoirement, notre poupée (pas gonflable, encore que…) se soit fait la malle. Qui va nous cuisiner nos souris d'agneau, qui va laver la vaisselle, faire mon lit ou tenter de récupérer mes Sloggis? Ça fout le bourdon. Ce que toutes ces études ne précisent pas, et qui intéressent les dégustateurs, et pas les gugusses tâteurs, est-ce-que cracher, c'est tromper? Pour le savoir, nous avons marié un chaud latin croate et un savagnin jurassien aux belles notes du curry indien.

Croatie Alba Robinia Malvazija Istarska 2008 Matosevicmat_alba_robaina.jpg

Ivica Milosevic est passionné par un cépage de sa région, une variété de Malvoisie (Malvasia Istriana), typique et locale. Cette cuvée a vieillit 12 mois sur lie dans des fûts d'acacia. Le nez est original, sur des arômes d'agrumes, de fleurs blanches, de miel et une touche d'amande amère. La bouche est fumée, assez peu boisée, la matière est fine, l'acidité intégrée et la finale discrète. Bien+

Côte du Jura 2008 Domaine Macle

Robe légèrement teintée. cdj_macle.pngUn nez puissant, sur un oxydatif maitrisé, noix, pomme, agrumes, fruits secs, noisette et surtout, de magnifiques notes d'épices indiennes, un curry Castel-Chalonnais. La bouche possède du volume, de la mâche, de l'intensité, de la fraicheur, ça tapisse, sans fatiguer, belle buvabilité et superbe finale sur de beaux amers. Un simple "Côte du Jura", pas simple et à ce prix-là, c'est un grand bonheur. Très bien

C'est en puisant à Ampuis, qu'on s'épuise en vin

dans la catégorie La tournée des vignes

Cote-rotie.jpgAmpuis, c'est épuisant! Même si j'ai toujours beaucoup de plaisir à m'y rendre, aller dans cet antre de la Syrah nordique n'est pas une sinécure. Ampuis, c'est le plus vieux marché aux vins de l'hexagone, c'est un estaminet ouvert qui tente de vous noyer dans le Condrieu, le Saint-Peray, des Saint-Joseph de toutes les couleurs, des Crozes, des Hermitage et milles et une Côte-Rôties. A 8h45 pétante, devant l'entrée du temple, c'est une odeur d’empressement, de ferveur qui, déjà, se fait déjà ressentir. Les mêmes camelots, marchands du temple, à la faconde démodée, truffe, fromage de pays, chocolat, charcuterie, faites votre choix messieurs-dames… On se précipite sur la billetterie pour se faire remettre le verre estampillé "Côte-Rôtie", on se jette à l'intérieur de la salle, on slalom entre les stands, toujours aux mêmes endroits, pour chercher ses allocations, les mêmes dégustateurs aux comportements un peu moutonniers et aux manières rustres, seul le millésime est différent. Un millésime 2011, joli, sans plus, mieux que 2012 qui s'annonce très moyen, mais qui rame derrière 2009 et 2010. Un salon où l'on crache à tout vent, où l'on boit trop jeune, trop chaud, trop lourd, trop vite et pour certains, trop bon! Un salon incontournable pour refaire les niveaux, pour se faire une idée précise, une idée d'ensemble du millésime, mais où les conditions de dégustation sont loin d'être idéales. Cette année, j'ai décidé d'aller vite, de faire mes achats chez mes incontournables, Jamet, Gangloff, Montez, Stephan, Clusel-Roch, de goûter 3 ou 4 autres, d'éviter les longues files d'attente, les bousculades inutiles pour rentrer au gite, déguster quelques 2007, pour me ragaillardir, Ampuis, faut être gaillard (sans jeu de mot), c’est agréable mais c'est aussi épuisant.

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Espèce de Cornas

dans la catégorie Notre vin quotidien

Cornas.JPGSur la rive droite du Rhône, au sud de Lyon, la colline de Cornas offre un paysage fascinant. Des coteaux dessinant un arc de cercle, des vignes plantées sur des terrasses escarpées dessinant des gradins. Partout, un soleil omniprésent. L’homme a terrassé la colline, recréant un immense amphithéâtre presque parfait. Il a dessiné des gradins de pierre gigantesque, une réplique titanesque d’un amphithéâtre antique. Cornas, c'est une lutte, une obstination implacable, une rivalité silencieuse entre le soleil, la pierre, la terre et un homme qui ose contester leur emprise. Voilà pourquoi les vins de Cornas transpirent ses senteurs profondes sombres, proche de celle de la terre et du sang, comme les entrailles de la Terre. Dans ce chaudron magique, les raisins sont brûlés par le soleil (Cornas signifie "terre brûlée" en celte), les parfums se concentrent. De cette bestialité naissent des arômes de fruits noirs, de réglisse, de cuir, et, surtout, la truffe noire, la viandé fumé et le sous-bois. J'ai redécouvert Cornas grâce à Thierry Allemand qui, en quelques années, a envoyé aux oubliettes ces Cornas de garage, concentrés, boisés que l'on buvait avec du gibier pour accompagner ces notes sauvages. Il a remis de la finesse dans ce monde de brute. Pourquoi s'échiner sur ces pentes si c'est pour finir par un vin boisé et vanillé que l'on peut faire ailleurs? Il n’y a pas de grands vignobles prédestinés, il n’y a que des entêtements de civilisation.

Cornas 2004 Domaine Chapoutierchapoutier_Cornas.jpg

Nez timide au départ, sur des notes de viandées, de violette, de fraise, de prune et d'encre, à l'agitation, des notes garrigue, de figue, de terre sèche et de tabac apparaissent, ainsi que quelques arômes de plantes médicinales pas désagréables. La bouche est souple, une très légère impression sucrée, de la minéralité, de la consistance, des tannins léger, une belle acidité et une finale fraiche et longue, sur des notes de cerise à l'alcool. En l'espèce, un beau Cornas. Très bien

Sérieux, ça kiffe Graves à Barsac

dans la catégorie Notre vin quotidien

ChateauMassereau.jpgFrères et jeunes vignerons, ils se sont installés depuis le début des années 2000, au château Massereau, un ancien relais de chasse du 16è siècle, Philippe et Jean François Chaigneau sont deux vignerons passionnés et forts en gueule. Ils ont trouvé quelques hectares "à l’abri de la chimie locale" plantés de vieux cépages francs de pied et ils ont remplacé les pieds manquants par de jeunes plants en sélection massale. Ensemble, à contre-courant du tout technologique et du vin plaisir "buvable immédiatement", ils élaborent des vins à l'ancienne, pas vraiment funky dans leur jeunesse. Des vins construits, faits pour traverser les années, un assemblage de Cabernet-francs, de Cabernet-sauvignons et de petits Verdot, tout juste arrondie par quelques vieux merlots "à queues rouges", des vins qui se dévoilent difficilement dans leur jeunesse. Ils produisent aussi l’un des plus jolis clairet du bordelais et un Barsac liquoreux qui, doucement, se fait une place au soleil de Barsac.



Graves Château Massereau 2006massereau06.jpg

Merlot, Cabernet-Sauvignon, Cabernet franc, petit Verdot. Un nez sur la retenu, à qui il faudra du temps pour se livrer, des notes timides de fruits noirs, de framboise, de cassis, de pivoine, d'herbes et de bois fumé. La bouche est charnue, étoffée, mais surtout tannique, encore dans son élevage. Le bois domine nettement et participent, avec les tannins, à une astringence qui atténue le plaisir immédiat. Le vin est équilibré et la finale puissante. Un Graves sérieux, pas encore séducteur, construit pour durer, avec de la personnalité et une tension propices à une longue garde. Bien+

La quenelle, l'andouille et le mur du con

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

Quenelle-dieudonne_Ysope.jpgJ'aurai préféré vous parler d'une andouille de président, pris la main dans le sac, le problème pour lui, c'est que c'est le sac de sa nouvelle copine, mais l'actualité, c'est une autre andouille qui la fait. Une andouille amateur de quenelle, une andouille qui a adopté la barbe du Mollah Omar et le talent burlesque d'Adolf Hitler pour surfer sur la vague bleu marine, tendance vert de gris, du front National. Dieudonné M'Bala M'Bala assume ses provocations antisémites (ou antisionistes), dans son spectacle, le mur (du con). Il devient chaque jour plus insupportables, plus écœurant, voire nauséabond. La question que tout le monde se pose aujourd'hui est: "faut-il le laisser continuer à semer les ferments de la haine, partout en France?". En censurant Dieudonné, le Ministre de l'Intérieur ne lui fait-il pas trop de publicité? Une police de la pensée est-elle envisageable? Ce n'est pas en cassant le thermomètre, qu'on détruit la fièvre, ceux qui me connaissent savent combien je suis loin des idées répugnantes de Dieudonné sur les juifs, quel que soit le talent d'humoriste qu’on peut lui reconnaître par ailleurs. Pour moi, les noirs, les juifs, les blancs et tous les autres, sont des êtres tout autant méprisables quand ils dérapent du côté du mur du con.

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Le Loir a fini de dormir

dans la catégorie Notre vin quotidien

renaud_guettier.jpgEnfant du Loir et jeune ingénieur agronome, Renaud Guettier a toujours voulu être vigneron. Passionné de vins naturels et amoureux de la vallée du Loir, il est aussi spécialiste de la physiologie des plantes. Il sait donc que tout commence par le sol, réveiller la terre anesthésiée et empoisonnée par la chimie, redonner l’envie aux racines de plonger au plus loin d'un terroir minéral et profond. "Le vigneron est un entremetteur qui doit initier la rencontre de la vigne et de son terroir. Si l’on s’emploie à maîtriser le rendement et que l’on récolte une vendange saine alors on peut se passer de pas mal de pharmacie œnologique". En 2004, il déniche quelques hectares de vieilles vignes éparses dans la vallée du Loir, à Bueil-en-Touraine, petite commune de l’Indre-et-Loire, et baptise son domaine La Grapperie. Il vinifie tout de suite ses premières cuvées sans soufre. Aujourd’hui, avec 6 hectares, il cultive la totalité du vignoble en agriculture biologique avec autant de blancs que de rouges. On surnomme ce beau terroir, partagé entre calcaire et argiles à silex, la "Petite Bourgogne du Val de Loire". Il travaille sans le poids des habitudes, apprend à son rythme avec l’avantage des novices, sans a priori, se fiant à son bon sens paysan. Méticuleusement, il remet en état les vieux plants de vignes du domaine âgés (70 à plus de 110 ans), de grandes mères nourricières, sculptées par le temps, de beaux ceps à quatre têtes, taillées en "amets", le nom local du courçon. Ici, la modernité n’est pas passée partout, c’est la chance des terroirs délaissés, certaines vignes gardent en mémoire le pas du cheval. Et il apprend vite, ses chenins, épurés par de longs élevages, sont aromatiques, fins, puissants, des vins qui ne voient que peu le souffre, "le vin conserve la mémoire du soufre". Quand le Loir se réveille, son Chenin est tracé.

Coteaux du Loir Les Druillas 2005 Domaine La GrapperieLaGrapperie_Druillas.jpg

100% Chenin, 24 mois d'élevage. Un nez expressif, un peu sur l'oxydatif, la pomme, mais sans excès, des fruits blancs, de l'abricot sec, des notes de fleurs de montagne et de la pierre sèche qui, déjà, trahissent la belle minéralité. Ça se confirme en bouche, c'est puissant, demi-sec, un peu sur l'alcool (14°), mais c'est franc, complexe, pur et avec une admirable minéralité qui enrobe une étonnante matière. Qui a jeté un caillou dans ce vin? Un gout de roche, jusque-là enfoui dans le terroir, qui refait surface et ponctue la finale sapide. Excellent

Mon beau Danube Blues

dans la catégorie Notre vin quotidien

spitz-wachau-2010.jpgL’Autriche est un pays de type germanique qui n'est pas peuplée d’autruches, ni d'autres chiens, mais un pays dont a loué les valses, le beau Danube bleu, les tyroliennes, les viennoiseries et qui a longtemps joué un rôle prépondérant dans l’Histoire de l’Europe, grâce à ses importantes fabriques de musiciens. Je vous laisse un peu faire une liste des Autrichiens célèbres, tu verras de toi même que ceux qui ne faisaient pas de musique ont très mal tourné, un ex acteur musclé et futur président des Etats-Unis, un psy, un dictateur, des skieurs, que des choses pas très recommandables. La capitale de l’Autriche est Vienne, qu’il ne faut pas confondre avec la ville française de Vienne, qui ne se trouve pas dans le département de la Vienne, comment veux-tu qu'on s’y retrouve, franchement, c’est du manque de bonne volonté et après ça, l’Autrichien boit, mais la caravane passe.

Mais, l'Autriche, c'est surtout son fleuve, la beau Danube, parfois bleu, qui serpente de vallée en vallée. Quelquefois, un terroir plus frais sort du lit du fleuve pour prendre hauteur dans un couloir plus frais, c'est le cas du côté de Spitz, dans la vallée de Wachau. C'est dans ce décor idyllique que le chef d’orchestre, Franz Hirtzberger, à la base du renouveau de la viticulture autrichienne, soigne ses vignes cultivées en terrasses en raison des fortes pentes, et produit des vins purs et minéraux, des vins précis, nets, avec très peu de sucres résiduels. Parmi ces magnifiques terroirs, le coteau du Singerriedel, riche en fer, jouit d’une exposition parfaite, la partie basse portant le grüner veltliner, la partie haute les rieslings. Les vins de la région de Wachau ont leur propre système de classification avec trois niveaux de qualité dont la meilleure se nomme Smaragd et correspond à une vendange tardive toujours vinifiée en sec.

Riesling Smaragd Singerriedel 2006 Weingut Franz Hirtzberger3195C974.jpg

Le nez est très volubile, puissant, aromatique, sur des arômes de pêche, de poire, d'abricot, de mandarine, d'épices, de miel, de fleurs et quelques notes pétrolées. La bouche est mûre, ronde, pure, précise et pierreuse, une minéralité qui, associée à une belle ligne acide, participe à l'équilibre général et fait résonner chaque lampée de ce beau et puissant Riesling, assez proche des grands terroirs Alsaciens et aux antipodes des Riesling de Mosel. Excellent

Même à la bonne année, c’est pas facile d’avoir du style

dans la catégorie Rencontres Amicales

NouvelAn2014.jpgEt toi, tu as fait quoi à Nouvel An? Ce sera la question récurrente de janvier, question qui déboucha, non pas sur une bonne bouteille, mais sur une double bise obligée et des bons vœux de circonstance et la santé en plus. Certains sont partis au bout du monde, d’autres se sont rabattu sur une fondue chinoise avec plusieurs sauces dont une avec un peu trop de piment mais sinon elle était bonne quand même. Rares sont qui avoueront s'être maté un bon vieux porno vespéral en mimant la danse des canards, seul et misérable. Je connais même un type qui, chaque nouvel an, va lécher les pneus des Twingo, c’est une passion à laquelle il s'adonne avec bonheur mais qui lui a coûté 2 divorces, une séparation au hachoir et un lumbago aigu, mais que faire? Il aime tellement ça… Personnellement, j'ai fait ce que je fais de mieux, c.à.d. boire quelques bouteilles et prendre des notes. Cela dit, assieds-toi quelques secondes et causons, tu as bien quelques minutes à perdre, sinon tu ne serais pas là. Causons, mais pas de la météo, de Derrick ou de confession intime, quoique les sujets m'intéressent, mais de ce blog aussi chatoyant que cyclothymique, sur lequel tu viens depuis huit ans ou deux minutes, régulièrement, googeuleusement ou par inadvertance…

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Volnay ou le baiser du Rossignol

dans la catégorie Notre vin quotidien

volnay_village.jpgÀ moins de 10 minutes du centre-ville de Beaune se trouve un petit village vigneron accroché, agrippé, enraciné même, à son coteau. Un village qui a très peu changé, d’aspect et de taille, il n’y a pas de place pour cela. J'ai toujours eu un faible pour cette appellation, plus que pour son cousin et voisin de Pommard. Les vins de Volnay sont élégants, fins, rond, complexe, franc, féminin, dans la nuance, de celle qui permet de ne pas confondre finesse et maigreur, élégance et puissance. Des vins qui possèdent de la sève, des tannins de soie et un bouquet particulier, nuancé par ses nombreux climats, un bouquet qui chante la groseille, la cerise, la violette, et, avec l’âge les épices, le gibier et le pruneau. Des Frémiets aux Santenots en passant par Les Brouillards, Les Angles, le Clos de la Bousse-d'Or ou des 60 Ouvrées, les Caillerets, Les Mitans, les Taille Pieds ou les Champans, les vins de Volnay vieillissent parfaitement bien et laisse, sur la Côte de Beaune, comme une trace de rouge à lèvres, l’empreinte d’un baiser…

Volnay 2008 Nicolas RossignolRossignol-Volnay.jpg

Nez aromatique, original et pur, très floral, mais aussi de la réglisse, de la framboise, de la terre, de la cardamone, de la groseille et une pointe de sureau et de cerise. La bouche est tonique, acidulée, la matière est fine avec des tannins très soyeux. Le touché est bouche est superbe, c'est minéral avec un léger trait de vert et de beaux amers en fin de bouche qui ponctuent une finale fraiche et longue. Très bien

http://www.nicolas-rossignol.com/
https://www.facebook.com/domaine.nicolasrossignol


Honni soit qui concordance des temps

dans la catégorie Inclassables mais classés

2014.jpgDésolé de t’apprendre la putain de mauvaise nouvelle, si tu ne la sais pas encore, mais voilà, en 2014, ce sera un peu la même chose qu'en 2013, mais avec une année de plus. En 2013, un dictateur Coréen faisait péter des bombes atomiques, Armstrong avouait s'être dopé, un méga tremblement de terre secouait les balloches des Japonais, le Pape démissionnait, Le Roi Albert II abdiquait, "La vie d'Adèle" décrochait la palme d'Or, le petit prince George remplaçait Nelson Mandela à la Une, on réformait les retraites en France, on faisait la guerre et la révolution en Afrique, plus le chômage, la pauvreté, la faim… Le monde est naze, le monde est stone, la douleur et la souffrance tourbillonnent comme des vautours qui tourniquent au-dessus de nos gueules. La vie est une vaste plaisanterie, un putain de cirque, la foire aux difformités, les gens se détestent et se trucident pour une queue de poisson ou un trou du culte mal embouché. Hé ben tu sais quoi ? 2014, ce sera kif-kif bourriquot! Si tu penses que François 1er va nous sortir de la méga crise, tu te goures méchamment et ton développement psychiatrique et à revoir en profondeur. Je ne sais pas comment te le dire, mais tout part en sucette et personne ne tient le bâton. Tu peux pleurer, te torcher les billes, te rincer les mirettes, te jeter à couilles rabattues dans les orties, mais cette année sera une vraie faillite, en 2014, on va morfler grave. Je ne tiens pas formellement à te foutre les boules, mais je sais une chose importante, je sais que dans ce monde, ce qui s’élève doit forcément retomber. Inévitablement. C'est aussi vrai pour les ennuis et la merde. C’est en me réveillant, ce matin, la ganache un peu de travers, embué dans l'abîme des profondeurs de mes réflexions avinées, que je me suis dit que j’eusse aimé qu’il y eût des choses qui valussent qu’on leur sacrifiât quelques minutes de sommeil, fallait-il que je vous visse, fallait-il que je vous aimasse, que je vous idolâtrasse et qu’ingénument, je vous le disse, bonne année 2014. Que cette nouvelle année soit pour toi et tes proches, source de bonheur et occasion de déguster moultes bons flacons, une année en or massif, même au subjonctif imparfait, le temps de l’hypothétique ou des zygomatiques? Va savoir…