Leverasoif.com

Archives :

février 2014

Blanc sur rouge, raie ne bouge et tout fout le camp

dans la catégorie Notre vin quotidien

verres.jpgL'expression exacte est "blanc puis rouge, rien ne bouge, rouge puis blanc, tout fout le camp". Doit-on en déduire que le blanc doit toujours être bu avant le rouge ? Pourtant, en matière de vin et de gastronomie, il n'y a pas de règle absolue. La règle souffre-elle d’exceptions? La règle a-t-elle une règle ? Je croyais naïvement que la règle, s’était qu’il n’y avait pas de règle. On ne m’ôtera pas de l’idée que le lobby des dictons essaie, pour je ne sais quelle raison commerciale, voire politique, de nous survendre les dictons idiots. Par exemple, "Le Titien aboie et Le Caravage passe", c'est idiot, puisque Caravage n'a pas pu connaitre Le Titien, qui d'ailleurs, n'était pas un chien. Pareil pour "À vaincre sans baril, on triomphe sans boire", ce qui pousse quelques marins en goguette, à penser que notre dicton sur le rouge et le blanc aurait des origines maritimes, il rappellerait la signalétique des feux aux abords d'un port, mais, pour les bourguignons, le dicton en question a sa source en Bourgogne, où le vin blanc de chardonnay se déguste avant le vin rouge de pinot noir. Il faut dire que la maxime répond moins à des considérations digestives qu'à des préoccupations gustatives, la vivacité plus sensible des vins blancs dicte cet ordre de service. Il s'agit d'éviter un retour d'acidité en fin de repas, communément appelé : "retour de nougat". Un vin blanc, en particulier s'il est très sec, apparaît alors d'une verdeur fâcheuse. À l'inverse, on apprécie plus aisément un blanc vivifiant qu'un rouge tannique à la première gorgée, d'où le succès du champagne à l'apéritif. Le service traditionnel des plats, poisson avant viande, a aussi imposé cet ordre de service. On préfère les blancs sur les entrées et les rouges sur les plats plus roboratifs, en particulier les viandes. Pourtant, un rouge au fruité acidulé pourra-t-il succéder à un blanc gras et ample comme un Condrieu, sans paraître insignifiant? Peut-être pas. Alors, quand j’ai ouvert un rouge sans savoir ce que nous mangerions, je prenais un risque. Un Pineau d’Aunis pour accompagner une aile de raie aux câpres, pas évident, mais ça se tente. Même si j'eusse voulu démontrer le contraire, honnêtement, ça marche moyennement, le côte très poivré du Pineau d’Aunis tue les arômes fins et délicats de la chair de la raie. Alors, au diable les varices, direction la cave pour remonter un blanc, Meursault, ça marche beaucoup mieux. Blanc puis rouge, rien ne bouge, rouge puis blanc, rien ne fout le camp, même la raie a apprécié. Ça me rappelle un dicton: "Donne un poisson à un homme et il mangera un jour, apprends-lui à pêcher et il restera toute la journée à glander au bord de l’eau en buvant du Meursault".

Coteaux du Loir Adonis 2005 La Grapperiela-grapperie-adonis.jpg

Après quelques notes de réduction, un beau nez de framboise nous accueille, mais aussi, du poivre blanc, du foin et quelques notes florales. En bouche, c'est toujours aussi fruité, acidulé même, gourmand, belle structure, tannins souples, du volume en bouche et une belle acidité. L'ensemble est d'une grande buvabilité et assez persistant. Très bien

Meursault 2011 Domaine Henri Germain

Germain_Meursault.jpgLe nez délivre un message d'évidente jeunesse aromatique, les agrumes, du tilleul, du thé vert, une petite touche fumé et surtout de belles notes minérales, silex et pierres sèches. La bouche est fraiche, construite sur une trame serrée, une juste acidité, l'élevage est discret, l'ensemble est aérien et dynamique avec une longue finale sur le tilleul. Un "simple" Meursault qui n'a rien de simple et qui se bonifiera encore. Très bien

Caprice à Capri, perlouse à Pérouse, pasta et basta, laisse les vongoles à Denise

dans la catégorie Rencontres Officielles

vin-italien.jpgVous mé réconnaissez? Je suis rital et je vends des poules en laine. J´aime les amants de Vérone, les spaghettis, le minestrone et les filles de Napoli, Turin, Rome et Tifosi, et la Joconde de De Vinci, qui se trouve hélas à Paris, je suis rital et je le reste et dans le verbe et dans le geste. Pas de panique, je ne me suis pas fait naturaliser italien, ultramontain, comme ils disent, encore moins ultramondain, même si je suis un inconditionnel de la culture Italienne, de la cuisine transalpine, et des vins de Barolo et d'ailleurs. Il faut bien reconnaitre leur génie et rendre hommage au pays qui est à l'origine de la plupart des inventions majeures, comme la pizza, les nouilles, le risotto, le parmesan, l'opéra, le fascisme et le Chianti. Pour découvrir l'Italie, le plus simple est d’aller à Rome puisque tous les chemins y mènent. Il a fallu beaucoup de temps pour construire des tas de voies pour y mener, à cause de la longueur monotone des ouvriers italiens. Mais tu le sais déjà, Rome ne s’est pas faite en un jour. D’ailleurs ça se voit très bien, Rome, c'est un fatras de truc antique à côté d’un machin gothique, et que je viens fourrer mon bâtiment renaissance là au milieu, bref, du grand n’importe quoi, aucune unité architecturale, vraiment, ça vaut pas Choisy le Roi, Bourg la Reine et Jouy en Jausas.

Lire la suite...


Crève générale, un nez rouge n'empêche pas de boire du blanc

dans la catégorie Notre vin quotidien

eternuement.jpgLes invasions barbares et autres catastrophes climatiques ne suffisent plus, les situations effrayantes ne manquent pas, vague de terrorisme menée par des clowns, des pandas roux et des jongleurs, épidémie mondiale de rhume alors que les premiers frimas tardent à tomber sur la France. Mais cela n'empêche pas un gros rhume de me tomber sur le pif comme une grave lotte dans la soupe. Le froid congestionne mon nez et ma gorge, mon blaire est un volcan de morve, mes oreilles bourdonnent et je ne pense qu'à parler à Jean-Luc puisque ma tête est malade. Mais attention, même avec le nez rouge comme le diable, je ne succombe pas aux appels du Dieu Sanofi, je préfère soigner ce mal banal avec des produits naturels, pas du jus de limace, faut pas que déconner, un traitement radical, certes, une médication de vieilles sorcières qui était utilisé il y a encore quelques années. Des bonnes-femmes qui vous incitaient à compléter le traitement en avalant deux limaces rouges à peine réveillées puisqu'il était conseillé de partir dès l’aube à la chasse aux gastéropodes. Une thérapie radicale pour le trou de la Sécu mais je trouve que quand on aime la joie et la bonne humeur, ce n'est pas très sain de vouloir crever en mangeant des limaces, la main sur le cœur, au panier ou n’importe où. Le temps dure longtemps, la vie sûrement plus d’un million d’années, sauf si tu meurs du rhume avant, mais personnellement, je préfère me traiter en invitant l'Ermite, au chaud, devant un bon feu de cheminée, à déguster un filet de bar avec un écrasé de pomme de terre au pesto accompagné de de quelques vins naturellement bons. Tousse pour un, rhume pour tous.

Lire la suite...


Euro Millions de lard… Baby

dans la catégorie Notre vin quotidien

JJe suis sûr que tu t'es déjà posé la question fatidique, la question à un million, vautré dans ton canapé en simili cuir, devant TF1 et une pub sur l'éjaculation précoce, en attendant que la meilleure moitié de ton couple finisse son gratin de nouilles, qu'est-ce que je ferais si je gagnais la Super-Cagnotte de l'euro-million? Si tu poses la question à ta femme, elle commencera toutes ses phrases par "on". On partira en Inde, aux Maldives ou au Japon, on achètera une grande maison, je m'occuperai de la déco, on fera la fête, on fera les boutiques de la place Vendôme, on invitera nos amis… Elle se pose même la question de savoir si elle continuera à travailler, pour ne pas s'ennuyer, vu qu'elle est fonctionnaire, ça changera pas grand-chose… Toi, tu la regardes sans piper, lâche comme seul un homme peut l'être, en regardant d'un œil distrait l'intelligence mammaire de Sandrine Quétier. Mais, dans son for intérieur, l'homme pense plus à des "je". Je mettrai deux baffes à mon patron et je lui montrerai mon cul en guise d'adieu, je ferai toute les boutiques de vin, tous les cavistes seront mes amis, j'achèterai une maison avec une cave gigantesque, tu t'occupera de la déco et du ménage, je ne partirai pas en voyage, en tout cas, pas avec elle, je m'offrirai une mustang pour me faire la Road 66, seul et peinard, je ferai des teufs énormes où la Romanée et le Petrus couleront à flot sur des Soiffards plus assoiffés que jamais (ou Jamet).

Lire la suite...


Pasta, pizza, mafia, et deux nappes au lit…

dans la catégorie Notre vin quotidien

Voyage-timbre-Italia.jpgL’Italie est un pays péninsulaire qui a la forme d'une botte, elle est peuplée d'Italiens et de mafieux qui ressemblent tous à Al Pacino alors que les Italiennes ressemblent à la Monique Bellucci. Tous les Italiens s'appellent Luigi, sauf Berlusconi qui s'appelle Sylvie et qui nous démontre que l'Italie est indéniablement plus connue pour ses bunga-bunga que pour ses indéniables qualités culturelles et culinaires. Pour les coincés du cannelloni, le bunga-bunga est une sorte de jeu de société ludique et lubrique qui fera, à coup sûr, le succès de tes apéros dînatoires. Les Italiens ne parlent pas français, même avec les mains. Il y a deux genres d'Italiens, les Italiens du Nord, qui vivent au Nord et mangent des pâtes, et les Italiens du Sud, qui meurent au Sud et mangent des pizzas. Avant, les Italiens étaient appelés Romains et ils gagnaient des guerres, la dernière victoire remonte à la bataille d'Alésia en 52 av. J.C. Depuis, l'uniforme italien comporte toujours un pantalon marron pour ne pas avoir l'air trop ridicule lors des retraites et des capitulations. L’Italie c’est Rome, le soleil, les filles belles comme le soleil qui se lève sur la Toscane évanescente, les opéras de Verdi, Rossini, célèbre pour ses tournedos puisque les bouchers les plus célèbres sont italiens, Claudio Gentile, Marco Materazzi, Gennaro Gattuso ou Paolo Di Canio.

Lire la suite...


Resto et zinzin à la zonzon

dans la catégorie Notre vin quotidien

SSalut mes loulous, en ce moment, je vous néglige! J'ai pas une minute à moi, depuis que je n'ai plus de boulot, je suis surbooké, à la limite du nervous-breakdown. Je suis trop occupé à maîtriser l'art de ne rien faire. C'est un art ancestral et difficile qui demande énormément de pratique. Souvent, je mange avec un Soiffard de passage ou je marche avec notre Ermite et je mange après. Bref, je mange. Pendant la marche, notre JLK cherche à me recaser et me propose, inlassablement, d'ouvrir mon restaurant. Il imagine, un sol de superbes plaques de verre qui permettront d’admirer la cave en un sous-sol, une cave remplie de vieux fûts de vin posés sur du gravier blanc avec des éclairages indirectes et feutrés. Dans ce restaurant, il y aura un bar à vin où l'on pourra boire du Montrachet, du Chambertin ou de l'Ausone au verre, il y aura du Jabugo pendu au plafond, du Risotto à la truffe d'Alba en tapas, des St Jacques à la mangue, des beignets de fleurs de courgettes ou des sardines centenaires. On se régalera avec du gigot à la cuillère, des mille-feuilles d'Angus à l'huile de truffe, des soles meunières au vieux parmesan de vache rouge, des rognons à la moutarde ou des moules frites à la Brel.

Lire la suite...


Trouble Maniaco-Borderline chez l'Ermite

dans la catégorie Rencontres Amicales

borderline.jpegJ'aime beaucoup les citations, c'est mon petit côté Luchini, surtout les citations longues, chiantes et incompréhensibles, celles avec un potentiel métaphysique digne d'un bulot marinée dans du Stilton. J'aime l'humour noir. Même après le massacre de 45 gosses dans une école Américaine, le psychopathe Texan réclame son doudou pour s'endormir. C'est ce qu'on appelle le syndrome du chamallow. Les meilleures citations sont de Dieu: "Je n’ai rien contre l’Homme en général mais plutôt contre tous en particulier", de Ranulphe, mon coach en Mojitos sur glace: "Etre vraiment lâche, c’est ne rien assumer, et surtout pas cette phrase". Il y a aussi celle de mon psy "le bonheur, c’est le malheur avec une bonne médicamentation", sa femme, hystéro-castratrice, prétend que dans un couple, le degré de liberté se mesure à la taille de la laisse, n'est pas Guitry qui veut non plus… Moi, celle que je préfère est un peu longue, "Le réel c’est un individu qui marche dans une rue, la poésie c’est un homme insouciant qui marche dans une rue safranée, la politique c’est un homme vertueux qui marche dans une rue pleine de putes, la philosophie c’est un homme libre qui marche dans une rue qui n'existe pas, la métaphysique c’est se demander pourquoi cet homme marche dans cette rue qui n'existe pas, l’humour c’est un homme ivre dans la rue de la soif, la tristesse c’est un homme qui marche seul, la psychiatrie c’est un homme seul qui marche dans une rue bondée, le cynisme c’est un homme qui marche dans une impasse." Mais la meilleure citation est de notre Ermite préféré: "J'ai compris que j'avais accepté de ne pas être immortel quand j'ai commencé à boire mes vieux bordeaux". Il a raison, surtout quand il confond ses vieux Bordeaux avec ses jeunes Côte-Rôtie. Nous voilà embarqués dans une folle virée aussi crépusculaire que Bordelaise, chez notre dealer à la manque, aux prises avec des gros bonnets de la rive droite, une bande de truands organisateurs de combat de vin de garage. "Quand le doryphore déserte la patate, c'est l'Yquem qu'on assassine". Ça ne veut rien dire, mais au moins, celle-là est de moi.

Lire la suite...


L'art presque perdu de ne rien faire

dans la catégorie Notre vin quotidien

perdu10.jpgUn Philosophe Boukistanais a dit: "Celui qui a perdu un testicule connaît la valeur de celui qui lui reste". Je n'ai pas perdu de testicule, mais j'ai souvent perdu d'avance, j'ai perdu de l'argent, l'espoir, du sang, j'ai perdu l'équilibre un soir de grand vent, ma virginité, mais pas trop longtemps, je perds souvent mes clés, la tête quand j'ai vu sucette, le fil de mes pensées, le nord quand je vais au sud, le sommeil, la raison devant de grands Bordeaux, le sourire devant quelques mauvais bordeaux, ma réputation aussi, une fois, j'ai perdu le do de ma clarinette, le la de mon piano aqueux, des batailles, une guerre, mon passeport boukistanais, mon innocence, ma citoyenneté en période d'élection, mon latin, le contrôle en période d'érection, mes info de compte facebook, des plumes, une élection, une érection, mes identifiants mail, quelques fichiers pas importants, mes sauvegardes, mes lunettes, du temps, mon chien, mon slip et mes enfants, le jour où j'ai perdu mes superpouvoirs, ça m'a ému, je me suis perdu dans des détails, je me suis perdu dans des calculs, je me suis perdu en conjectures, j'ai perdu sur tapis vert, par ricochet une fois, j'ai perdu l'avantage, un procès, des paris, mes illusions, j'étais perdu corps et biens, une autre fois, j'ai perdu mon triple AAA au scrabble, ma route, j'ai perdu connaissance, quelques vagues connaissances, ma connexion wifi, j'ai perdu la foi, ma voix, ma voie mais pas la vue, mon énergie, mon pantalon, l'honneur, les pédales, du terrain, ma curiosité, ma tata, quelques tontons, mon Eurydice, mon doudou, ma copine, ma télécommande, mon téléphone, quelques match de tennis, mon meilleur ami, ma langue, quelques défis, ma valise à l'aéroport, 5 ou 6 dents, des milliers de poils, pas plus de 500 cheveux, 2156 stylos, mon innocence, mon chemin, même le paradis est perdu, le pain aussi, comme la peine, j'ai perdu pieds mais je me suis senti pousser des ailes, j'ai perdu le sens des choses mais aussi tout sens moral, le sens de l'orientation, mes repères, ma jeunesse, quelques procès, j'ai même perdu du poids, mais jamais l'appétit, mais j'ai aussi perdu mon job et ça, ça me plait! Depuis, j'ai plus une minute à moi, j'ai perdu le sens du devoir, mais je n'ai pas perdu mon sens de l'humour, ni ma mémoires, je me souviens même des dernières bouteilles bues. L'inactivité est source d'activité, l'inactivité me rend actif, enfin, surtout en ce qui concerne les apéros pris de ça et de là. Je n'ai jamais perdu le sens de vraies priorités…

Lire la suite...


Vin au pif ou pif au mètre, la solitude mortifère d'un dégustateur solitaire

dans la catégorie Rencontres Officielles

MimiFifiGlouglou3.jpg"Au commencement Dieu créa le ciel et la terre". Et oui, même un vieux mécréant comme moi connait cet incipit célèbre de la Bible. Pour les incultes, les ignorants et les autres, un "incipit", du latin "incipere", désigne les premiers mots d'un texte, sa genèse en quelque sorte. Depuis que, modestement, j'écris sur ce blog, je suis fasciné par les incipits, ce premier contact entre l'auteur et son lecteur. Le plus célèbre des incipit est "Il était une fois...", c'est simple, basique, mais les plus grands ont commencé ainsi, les Frères Grimm, Andersen, Perrault, La Fontaine mais aussi Ésope, c'est connu, toutes les meilleures histoires commencent ainsi. Pour mon texte, j'avais pensé à un classique "Ça a débuté comme ça", mais Louis-Ferdinand Céline l'a déjà utilisé dans "Voyage au bout de la nuit", il a dû connaitre quelques soiffards pour écrire ça, alors, je me suis rabattu sur: "C'était en 2005, par une nuit d'orage, Je regardais avec effroi ma victime, tranquille et confiante devant moi". Ça a commencé par un type qui a comparé mon Chambertin avec l'horrible piquette qu'il allait chercher, une fois l'an, en Beaujolais, à l'époque où le vigneron du Beaujolais pissait meilleur qu'ils ne vinifiaient.

Lire la suite...