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décembre 2015

Navré, c'est un Navraux

dans la catégorie Notre vin quotidien

epidemie_gastro.jpgJ’en appelle à la raison pure, que je ne saurais en ce moment critiquer, contrairement à mon ami Kant, je suis navré, mais une gastro pour Noël, ce n'est pas un cadeau sympa! En temps normal, vous le savez déjà, et si vous ne le savez pas, c'est que vous souffrez autant que moi, je souffre de divers maux psychiques, physiques et analytiques. Mais à Noël, c'est pire, j'exècre noël où je m'étale, non sans douleur, avec ma grosse tête d’ours couperosée de près, à quelques centimètres au-dessus de la mélasse qu'est la vie en général et la mienne en particulier. Cette année, pour mon noël, j'ai eu droit à un cadeau pour le moins original, une gastro-entérite brutale. Du genre qui survient pendant une méga queue dans une grande surface. Je me sens un peu comme si j'avais les deux genoux posés sur un tas de braise incandescente, les mains attachées dans le dos par du fil barbelé et un panda psychotique à tendance sodomite qui me ferai une bisette sur le postérieur. Pourtant, cette année, je n'ai pas fêté Noël dans un resto chinois où généralement, après quelques nems, direct, je fais une descente d’organes. Si j'ajoute un bœuf épicé, je sais que c'est dans la durée de la gastro-entérite qui va suivre ce savoureux moment d’anthologie culinaire que la différence se fera. Bref, deux jours à faire la navette entre mon plume et mes gogues, en matant en boucle "Ninja mais sans ma fille" ou le destin tragique d’une femme, maquillée comme ma feuille d’impôt, tombée amoureuse de Michelangelo, une pizza ou une tortue Ninja, je ne sais plus, dans un New York des plus inquiétants. Comme j'étais un peu gras du bidet, ça m'a permis de perdre quelques centaines de grammes. Pourtant, Noël avait bien commencé, un Champagne sympa, mais sans plus, et un beau Meursault, comme je les aime, un Jobart, minéral, gras et tendu. Navré, c'était un Narvaux qui a fini au lavabo.

Remi Jobart Meursault les Narvaux 2009domaine-remi-jobard-meursault-les-narvaux.jpg

Très beau nez de chèvrefeuille, d'agrumes, de fruits blancs, de noisette et de silex. La bouche est savoureuse, ample, grasse et minérale. L'acidité répond parfaitement à la concentration pour offrir un superbe équilibre. Quelques notes d'élevage très discrètes et une longue finale salivante. Excellent

Pâques en décembre et noël au bal con

dans la catégorie Notre vin quotidien

humour-noel8.jpgLe temps fuit comme le preux suricate devant le danger imminent, mais en plus inexorable. Quand vient la fin de l'automne, l’homme pleure le temps jadis et tente de se remémorer les moments heureux du temps jadis, à jamais enfouis sous le terreau de la vie qui va et qui vient selon l'humeur qui vagabonde. Je sais, ça ne veut pas dire grand-chose, mais je trouve cette phrase jolie et chatoyante. Demain, c'est Noël, et Leverasoif, attentif à sa mission de service public, pour t’aider à briller et à être lustré en société, va enrichir ta mémoire d'un conte de noël, indispensable en cette période de fêtes. Donc, il était une fois, dans un lointain pays, étrange et merveilleux, un petit garçon prénommé Pâques. Pâques avait perdu toute sa famille dans un terrible accident de train fantôme. Comme chaque année, alors que les rues se paraient de mille feux, que la joie, la gaieté et le vin chaud résonnaient dans les cœurs et les gosiers, une infinie tristesse s’emparait de lui qui serait seul comme un chanteur abandonné. Chaque année, il écrivait au père Noël "je ve pa de cado je ve just un pe de joa et de boneur dan mon keur é osi dé nouvo paran adoptif ki on un cha et une picin".

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Pour Noël, le doc nous offre sa botte sécrète

dans la catégorie Rencontres Officielles

aaamacaroni-fromage-facon-toscane-L-2.jpegUn homme qui n'aime pas l'Italie est toujours plus ou moins un barbare. Alors, quand le Doc nous propose, au débotté, droit dans ses bottes, sa botte secrète, on ne va pas lui lécher les bottes et encore moins chercher son aiguille dans une botte de foin, on vient et on boit. Le soleil de l'Italie en plein hiver, ça ne se refuse pas. Bon, il fait 15°, on a joué à la pétanque la veille, ce n'est pas vraiment un noël blanc, si on fait une exception pour le vin. Normalement, c'est le doc qui est en retard, mais comme il est chez lui, il était surement à l'heure, mais je n'ai pas pu vérifier, pour une fois, c'est moi qui suis en retard, la faute à un client trop bavard et une route de campagne où on peut difficilement dépasser le 160km sans risquer d'étêter une taupe ou de me retrouver avec la mâchoire d'un motard dans le radiateur de mon 4x4. Comme c'est Noël, je pourrais refiler les reins du motard imprudent à un néphrétique argenté et ses tripes à un boucher pas trop regardant. C'est ça l'esprit de Noël! L'Italie, c'est donc notre cadeau de noël. Ce que j’aime par-dessus tout à Noël, après les truffes au chocolat, après les guirlandes qui clignotent, après m'être farci la dinde, gavé une oie blanche, mis deux balles à Blitzen, ce con de renne, fait pleurer quelques enfants, matraqué le père Noël et avoir fourré la mère Noël, ce que j’aime par-dessus tout à Noël après tout ça, ce sont les cadeaux et l’esprit de partage.

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Comme un goût de bouchon qui me saoule

dans la catégorie Notre vin quotidien

ORO-amazing-wine-list.jpgCe matin, je me réveille avec un goût de bouchon dans la bouche, en une semaine, trois bouteilles bouchonnées, un Cazetiers de Christian Sérafin, un Meursault de PY Colin-Morey et une vieille vigne Roussane de Beaucastel, ça fait beaucoup pour un seul homme. Mais le pire arrière-goût dans ma bouche, c'est ce sentiment que le vent du boulet est passé très près. A quelques % près, ce blog aurait été fermé par la milice frontiste, j'aurai surement été envoyé dans un camp de rééducation pour apprendre le pas de l'oie. Il parait même que c'est une victoire à la Pyrrhus, une victoire obtenue au prix de terribles pertes pour le vainqueur. Une victoire que l'on doit mettre au profit de l’électeur inconnu, c'est son sursaut citoyen a infligé une nouvelle défaite électorale au FN. Alors, remercions ce soldat inconnu et faisons sauter un bouchon en son honneur.

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Ça ira mieux demain... ou pas!

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

taylor-swift-shake-it-off-butts_article_story_large-810x540.jpgSamedi, il était quoi ? 6h41 pas plus, pas moins non plus d’ailleurs. Je me lève avec une compagnie de CRS qui charge dans ma tête. J'ai la gerbe au bord des lèvres. La journée n’allait pas être bonne mais heureusement pour moi, elle allait aussi être difficile. Quelle semaine de père pinard! Je n'ai pas arrêté une seconde. J'ai la désagréable impression qu'un troupeau de saumons fumés me lèchent les amygdales. Je rampe pour aller à la salle de bain. Ma femme, qui arbore une magnifique cape de mousquetaire et une barbe de 5 jours me lance un marteau au visage, je l’esquive avec la grâce d'un mérou violet. Le pire, c'est qu'il va falloir remettre son courage sur le métier. Aujourd'hui, c'est l'anniv de Gégé. Un Repas, somme toute, normal, arrosé de quelques quilles, je fais light, je gère mon potentiel, limité pour l'occasion, faut bien le reconnaitre. Tout ce passe à merveille, jusqu’à ce que le Gégé décide de s'improviser disc-jockey, sans le canasson, mais avec la canne à son…

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Ordalie en Italie

dans la catégorie Notre vin quotidien

mcitalia.jpgUn brouillard cotonneux nimbe la ville d’une dépressive aura hivernale, j'ai faim! Deux heures de réunion aussi improductive qu'un coït interrompu auront eu raison de mes envies de régime. J'opte pour un thaï, las, hélas, je trouve porte close. J'essaie un Libanais, las, hélas, il a fait faillite. Mais je ne suis pas homme à me laisser abattre et trouve une solution de repli, une sandwicherie américaine spécialisée dans le pain mou, la viande trop cuite, le fromage aléatoire et le clown chatoyant. L’ambiance est jeune et capillairement tecktonisée. La queue avance comme seules les belles queues savent le faire. Soudain, le moment que je redoutais arrive enfin. C’est à moi de causer dans le poste. Heureusement, je m'étais préparé longuement.
- Je vais prendre le menu salade
Manger de la salade en ces lieux, c’est extraordinairement subversif, me-dis-je intérieurement et à la demoiselle de la caisse qui ne se laisse pas impressionner.
- Sauce italienne ou française?

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Des milles et des sangs

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

107554250_o.gifAujourd'hui, j'imprime à ce blog son millième billet. Une façon comme une autre de tourner la page de cette "annus horribilis" 2015 qui ne restera pas dans les annales. Au début, il s'agissait de m'exprimer sur tout, sur rien, mais sur le vin, parfois en vain, toujours en liberté. C'est ce que j'ai fait, que je fais toujours et que je ferai encore quelques temps, puisque le temps me manque de plus en plus. En cinq ans, mille billets et un peu de fausse monnaie. J'ai cogité longtemps sur la bouteille qui devait être le sujet de ce millième post. Un Bordeaux pour le contre-pied, un grand Meursault que j'aime tant, une belle Côte-Rotie? Pas vraiment le cœur à ça! Hasard terrible du calendrier, ce post arrive au pire moment. Les attentats et la COP21, les fanatiques du Djihad et la menace climatique, deux fléaux aux parfums apocalyptiques qui nous menacent, et je ne sais pas lequel me fait le plus peur. Les fanatiques ne peuvent nous vaincre, mais ils peuvent nous amener à nous refermer, à fermer nos frontières, à saper nous-mêmes nos libertés, bref à nous autodétruire. La menace climatique, si nous ne changeons pas nos habitudes de consommation, si nous continuons à nous shooter à la croissance carbonée, nous nous autodétruirons aussi! Quel cruel dilemme! La police, l'armée, les lois d'exception, les perquisitions, les bombardements ne changeront rien à la hausse des températures. Le réchauffement climatique nous menace bien plus que les méchants barbus et implique des décisions, beaucoup moins consensuelles, des changements bien plus drastiques de nos modes de vie.

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De l'importance du con texte, wine notes…

dans la catégorie Rencontres Officielles

degustation.jpgAu club des Haschichins, pour les amateurs de confiture verte et de paradis artificiels, c'était Charlie, Charles pour les intimes, Baudelaire pour son percepteur, c'est aussi le type qui a dit et a même été jusqu'à l'écrire : "le vin est semblable à l’homme, on ne saura jamais jusqu’à quel point on peut l’estimer et le mépriser, l’aimer et le haïr, ni de combien d’actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable". Loin des dégustations professionnelles, loin des chuchotements, loin des environnements proprets, loin des endroits où l'on crache ses connaissances, ses cartes de visite et son vin, comme si le vin avait des secrets, nous ouvrons des bouteilles et nous les buvons, entièrement, singulièrement, altièrement parfois, cavalièrement souvent, fièrement toujours, et même, pour les plus belles, princièrement. Quand on goûte, on est attentif à son environnement, quand on boit, on oublie tout ça. Goûter un vin divin, dix vins ou vingt vins pas forcement divin, ce n’est pas seulement humer des parfums envoûtant, savourer son fruit, goûter à sa chair, c’est aussi profiter d'un instant, d'un moment unique, une conversation, une blague, un rire, tout ce qui n’est pas dans la bouteille et que l'on appelle le contexte.

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