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février 2016

La malédiction de Thoutankharton

dans la catégorie Rencontres Officielles

creatures-merveilleuses-momie-big.jpgCe matin, direct, ça m'a pris comme une envie de pisser, je me suis inscrit aux réunions des buveurs d'eau anonymes. Cela m’a pris d’un coup, ou plutôt, si, pour une fois, je devais être honnête, il y a eu un élément déclencheur, la vision du meilleur d'entre nous, Cricri d'humour, s'étouffant, suffocant, s'étranglant, s'époustouflant de la brillante conclusion du Dom, sur l'adéquation entre l'humour crétinesque du CAC40, l'animosité du carton de Bordeaux et son incidence élémentaire sur notre acidité gastrique, sujet de thèse de nos deux profs de chimie. Certes le Crici est un suppôt du patronat, HEC et tout le tremblement, adepte des réunions de gens qui font de l’entreprise, qu'il lui arrive de faire sortir des montres connectées de ses oreilles, mais de là à le voir expectorer son verre d'eau sur les lunettes de l'Englishman, stoïque comme la colonne Nelson, puis faire un double salto arrière avec smurf arrière, vrille inversée-carpée avec finition en tire-bouchon, s'envoler, tel un pantin épais qui s’étouffe dans les singeries de JeanDa pour finir par s'écraser, tel une vulgaire bouse au salon de l'agriculture, il y a un pas de danse que nous n'avons encore osé franchir (attention, même si cette phrase et plus longue qu'une période de rotation sidérale, la figure imposée a duré environ, 1 seconde et 912 millième). Bref, pépin, la réception sur le carrelage de la salle à manger a été rude, pour le carrelage! Ploc à fait ledit carrelage. Heureusement, notre doc, au talent multiple, était là. Avec la douceur d'une jeune hérissonne qui se shampooine la figue à l'huile d'argan, il a remis sur pied l'impétrant cascadeur et réparé le malheureux carrelage.

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Va voir ailleurs si j'y suis…l'art exquis de la comparaison

dans la catégorie Notre vin quotidien

clochard-de-berverly-hil-ii05-g.jpgDans notre société, nous sommes irrémédiablement et médiatiquement sommés de nous comparer aux autres. La taille, le poids, la longueur, nous nous comparons toujours et encore. En politique, dès qu'il se passe quelque chose dans notre hexagone, nous sommes invités à aller voir comment nos voisins font, et ce voisin est généralement Allemand. On passe facilement de l’observation à la préconisation sans s’interroger sur ce qui fonde et explique la différence qui, à défaut d'avoir raison, a souvent une raison d’être. Un exemple, les Allemands boivent plus de bière, les Anglais plus de thé et nous plus de vin. Et alors ! Cette comparaison ne vaut pas hiérarchie, elle explique juste que nous sommes supérieur! L’observation des autres peut être d’une grande richesse et nous apprendre beaucoup sur nous- mêmes. Ce matin-là, je n'étais pas parti pour réaliser une étude d’anthropologie ou de sciences sociales, mais pour acheter mon pain aussi frais que quotidien.

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Sous les pavés la vase

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

pegida1.jpgPlus ça va, moins ça va, certains illuminés soutiennent que la migration massive que subit de plein fouet l'Europe n'est pas un hasard, mais un plan organisé, planifié, que le projet est machiavélique, que les habitants des futurs "Etats Unis d’Europe" ne seront plus les peuples originaires du vieux continent catholique, mais plutôt une sorte de sous-humanité bestiale issue de mélanges raciaux, un troupeau multi-ethnique sans qualités spécifiques et facile à dominer pour les élites au pouvoir. Rien de moins. Mieux que le meilleur des Mondes d'Orwell. Pendant que certains délirent, d'autres s'échine à expliquer, dans le vide, que ses gens fuient la guerre, les bombes et la misère économique. En 1973, dans son roman, "le camp des saints", Jean Raspail décrivait les conséquences d’une immigration massive sur la civilisation occidentale. Partis du delta du Gange, un million de miséreux déferlaient, comme une vague apocalyptique, sur la Côte d'Azur, sous l'œil impuissant de pouvoirs publics désarmés face à la veulerie de la population autochtone et l'affaiblissement de l'Etat. Certes, c'est un livre, un bon livre, j’avoue ne pas me souvenir de la fin, sûrement tragique, car ce livre évoque l’Apocalypse de Saint-Jean. Est-ce un livre prophétique ou pédagogique?

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Démêler le Vouvray Tuffeau

dans la catégorie Notre vin quotidien

vouvray.jpegOn n'est pas un vignoble historique, multiséculaire, par hasard. Vouvray se situe à quelques kilomètres de Tours, dans cette région du Val de Loire classée patrimoine mondial par l'UNESCO. Un vignoble entre influence océanique et influence continentale. C'est ici que vents de mer et vents de terre se rencontrent, sur une Loire qui sert de régulateur thermique naturel. Une situation climatique particulière qui laisse au vigneron le choix d'élaborer des cuvées de fines bulles ou des vins tranquilles secs ou demi secs. Lorsque l'été indien accompagne particulièrement les vendanges, on peut observer un développement de la pourriture noble qui permet alors la production des vins moelleux. A Vouvray, l'aire de production, strictement délimitée s'étend sur une vingtaine de kilomètres en amont de Tours sur la rive droite de la Loire. 3.000 hectares de coteaux qui dominent le fleuve. Un terroir façonné par de nombreux accidents géologiques, du calcaire turonien (Tuffeau) de 90 millions d'années qui apporte cette touche si particulière, si originale. Rabelais disait "vins de taffetas" pour les vins issus de sols argileux, les "aubuis". Les terrains où se côtoient l'argile et le silex, qu'on appelle les "perruches", donnent des vins délicats, aux arômes plus épicés. Les vins de silex peuvent être un peu austères, jeunes, mais ils gagnent en complexité en murissant. Les vins de Vouvray, ont une capacité de vieillissement spectaculaire. Avec le temps, les vins de Vouvray se parent d'une couleur devient plus ambrée, les notes de fruits exotiques, d'épices se développent, le vin devient plus complexe, plus soyeux, il s'arrondit sans perdre son acidité naturelle.

Domaine des Aubuisières Bernard Fouquet Vouvray Le Marigny 2013domaine-des-aubuisieres-le-marigny-2013.jpg

Une robe légèrement dorée, un nez expressif, fumé, sur des notes de pierre chaude, de silex, de coing, d'anis, de miel de fleur et une très légère sensation de sucre. La bouche est vive, droite, portée par une belle acidité qui met en valeur une jolie matière. Quelques amers en fin de bouche, une finale minérale, une impression de vin abouti, un très bon rapport qualité prix, bref, beaucoup de positif pour un beau vin très plaisant. Très bien

Bouzy ci, je vous croyais zozo

dans la catégorie Notre vin quotidien

CC2.jpgDans ma jeunesse, dans un charmant village cerné de vignes, j'ai perdu beaucoup d'énergie à essayer de ne rien faire pour mériter de travailler dans la restauration. J'y ai quand même appris les rudiments sur service "à la russe", j'y ai fait mes premières rencontres vineuses et culinaires. J'ai servi sous les ordres d'un loufiat caporal de réserve, il avait des yeux d'amphibiens malades, il était assez peu communicatif et aussi enthousiasme qu'un contrôleur du fisc. Il m'a enseigné l'art de la découpe du canard, de la sole meunière et du flambage de crêpe Suzette. Le patron de ce restaurant huppé, où déjeunaient presque tous les grands patrons des aciéries de la Fensch Vallée, était un type débonnaire, un aubergiste, grand, mince au visage buriné, qui ne détestait pas le personnel, ce qui était assez rare à l'époque. Mieux, il me faisait goûter les précieux nectars qu'il ouvrait pour lui et sa femme, une rombière moins sympa qu'un matin de Naples.et plus fripée qu'un Shar Pei. Elle avait hérité du restaurant, repris les recettes de sa mère et les avait adaptée aux grands repas d’affaires de la sidérurgie. J'ai pu, grâce au mari de l'héritière, goûter beaucoup de très vieux Bordeaux, quelques bons Bourgogne, l'Alsace était peu présente, la Loire quasiment absente, l'étranger ignoré. Le Champagne coulait à flot sur les contrats d'affaire. Krug et Dom Pérignon régnaient en maître. Quitter cet endroit n'a pas été un crève-cœur, mais c'est là que j'ai découvert le Bouzy rouge.

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Chaque vin est un préjugé

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

aromes-du-vin1.jpgJ’ai essayé, essayé encore, mais, définitivement, je ne suis pas un snobinard du pinard. J'ai beau arpenter les endroits où l'on goûte, j'ai beau remplir des fiches de notes plus longues que certains vins. J’ai bu, j'ai sifflé, du blanc, du rouge, même un peu de rosé, j’ai bien écouté ceux qui parlent de fraise des bois, de citron confit, de citronnelle, de cuir de Russie, de bois de Vosges ou de minéralité sous-jacente. C'est dur de faire semblant, c'est dur d'être objectif, c'est dur de tout aimer, sans préjugés, sans idées préconçus! Je peux acheter n'importe quel vin, au hasard, n’importe où, la ramener chez moi et en apprécier sa dégustation. J'ai bien dis sa dégustation. Le vin peut être moyen, trop boisé, trop fluet, trop ceci ou cela, j'essaie de gouter avec les mêmes repères et d'en apprécier les qualités, même petites. Bien entendu, il y a des différences, je sais reconnaitre un petit vin d'une grande bouteille, je préfèrerai surement la grande bouteille, dix fois plus chère surement, je l'aimerai peut être un peu plus, mais pas tant que ça, et surtout pas pour son prix ou son appellation.

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Comment ça va bien?

dans la catégorie Inclassables mais classés

yoda-aujourdhui-de-la-merde-tu-posteras.jpgC'est une expression simple et quotidienne de salutation, "comment ça va?", une question lancée à un pote qu'on croise dans la rue, par exemple, une question qui renvoie généralement un poli "Ça va et toi?". Faire autrement serait inconvenant! Une expression sensé marquer notre sociabilité. Pourtant, derrière, si je puis dire, derrière cette question très banale, il y a un sens originel très intéressant, et bien plus personnel. A la fin du moyen âge, aux prémices de la médecine grand public, la santé du patient était dans les selles, et la question "comment allez-vous?" renvoyait directement à la consistance, l’odeur et autres qualificatifs de la défection de l’interlocuteur. La question était "comment allez-vous à la selle?". Le médecin n'examinait pas le patient, mais ses selles. Il diagnostiquait une otite, il faisait une saignée, il pensait que c'était une appendicite, il faisait une saignée, il constatait une entorse, il faisait une saignée… Heureusement, la médecine a évolué, même si certains toubibs continuent à te mettre un doigt dans le cul. Bref, nous utilisons tous cette expression, y compris Obama quand il rencontre la Dalaï Lama ou Bernard Lama, il lui demande comment il fait caca!

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Vas-y Franco, c'est du Chorizo ou le tango du desperado de l'apéro

dans la catégorie Rencontres Officielles

KLAUS NOMI & JOEY ARIASIl est 19h15, il me reste 15mn pour fignoler ma paëlla, ce soir, c'est soirée Ibérique, le charme des Castillanes, le sourire des Sévillanes et la croupe des Andalouses, un poème d'Aragon... Ça sonne, un soiffard avec 15mn d'avance, pas possible! J'ouvre! Un truc de fou, une chose incroyable, stupeur, Klaus Nomi ressuscité ! L'OVNI Nomi, chez moi, nœud papillon, look de clown triste, diva hiératique au physique d’extraterrestre, petit être dérisoire figé dans un smoking plastifié, Pinocchio sous hélium, gigolo schizo de l'opéra, le maestro du concerto, le Castafiore du rock sur mon paillasson. Incroyable!
- Salut ma couille, comment tu vas prolo! qu'il me dit le Klaus.
C'est au vibrato de sa voix que j'ai reconnu l'Ermite.

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