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mars 2017

Comme un oiseau sur le fil d'un pissoir

dans la catégorie Notre vin quotidien

vins-leoville-poyferre-saint-julien.jpg- Alors, il paraît que tu écris dans un blog ?
- C’est vrai, il est blanc
- Et tu causes de quoi ?
- Euh, bah… des fois, y a des blagues sur les pandas roux et les Boukistanais, il y a un peu de philosophie, parfois du vin et puis sinon… il est blanc …
Ranulphe, mon community manager imaginaire et albinos, sursauta et me lança une de ses poupées en porcelaine.
- Putain, merde, ducon, t'es naze me dit-il avec la verve et la classe qui le caractérise, il faut que tu retravailles ta présentation et que tu trouves un fil rouge à ton blog sinon, on court tout droit à l'apostrophe.
- C'est bientôt avril, je pourrai faire la blague sur le fait que c'est bientôt avril et qu’il faut découvrir son fil rouge mais je préféré mieux quand même le blanc.
- Tu as pensé au sexe ?
- Ecoute Ranulphe, tu es un homme et tu es imaginaire, je préfère qu’on reste amis.
- Non mais sur ton blog ! Crétin congénital
- Le sexe, ça ne m'inspire pas, je préfère le free fight conjugal, en plus, le sexe, ça ne marchera jamais sur internet… - Tu as déjà pensé à raconter ta vie sur un ton décalé et désabusé ? Ça marche bien, ou bien essaie la politique, le foot ou la cuisine, tu aimes la cuisine?
- J’adore. D'ailleurs, je reprendrai bien un peu d'andouillette.
- Bon, avril approche avec ses poissons, ses élections et sa traditionnelle cérémonie des primeurs à Bordeaux. Le Bordeaux, c'est vendeur! Je sais que c'est pas ta tasse de thé mais va falloir te faire violence. On a des parts de marché à conquérir. Oublie les Bordeaux primeurs, les vins sont encore loin d’être prêt. En plus, ça coûte un bras et deux couilles, t'as qu'à écrire sur un vieux Bordeaux. T'as surement un pote qui a des vieux Bordeaux. Fais-toi inviter et bosses, on n'est pas là pour être ailleurs …

Léoville Poyferré 1995 Saint Julien

Joli nez sur les fruits rouges et noirs, le café, les épices, le sous-bois avec une touche de tabac et de café . En bouche, le vin est joliment construit, élégant, avec une petite pointe minérale. Les tannins sont fins et souples, l'ensemble est équilibré et rond et la finale est longue et plaisante. Très bien

Langue de bois, ou l'art de donner sa langue aux chattes

dans la catégorie Rencontres Amicales

langue_de_boeuf.jpgPour passer une bonne soirée vineuse, il y a quelques règles élémentaires à respecter. Un, évitez les vins trop natures, le genre sans soufre mais qui souffre, le genre qu'on déguste, mais avec précaution et sans modération, des vins de contre-culture, plus authentiques, plus à même d’exprimer leur terroir mais qui ne ménagent ni la chèvre ni le choux. Comme Macron, des vins en marche, qui marche dans notre société où les extrêmes sont de plus en plus valorisés. Avec les vins "nature" et l'andouilette, la politique n’est jamais loin et c'est le deuxième sujet de conversation à éviter sous peine d'atteindre très vite le point Godwin et de voire amalgamer capitalisme et MacDonaldisation de la planète, Staline et Mélenchon, alors que nous savons tous qu'on reconnait les communistes au fait qu'ils sont fous, possédés par le diable, qu'ils mangent les enfants et, en plus, ils manquent singulièrement d'objectivité. En parlant de manger des enfants, la troisième chose à éviter, c'est de manger des enfants ou des trucs chelou, comme des langues de belles mères, des langues de putes ou de bœuf préparées par un explorateur culinaire du nom de Paul, Emile ou Victor. Dernière chose, il faut éviter d'inviter une femme.

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Sacerdoce ou la semaine du père pinard

dans la catégorie Notre vin quotidien

1685749.jpgBonjour, en ce dimanche, le jour des manches, je m’apprêtais à vous poster une pige-poubelle de fin de semaine et puis je me suis rendu compte que c’est demain que passent les éboueurs, aussi, leur ai-je facilité la tâche en opérant un tri sélectif de mes bouteilles de la semaine. Et la semaine a été aussi copieuse qu'un plat à la Taverne Alsacienne. En fait, on n'a pas commencé la semaine par la Taverne, mais par la péniche. En fait, deux magnifiques bateaux spécialement affrétés pour une nuées de restaurateurs venus goûtés les vins qu'ils ne serviront jamais. Pourquoi servir des bons vins avec peu de marge plutôt que des petits vins pas bons sur lesquels ils vont pouvoir se goinfrer comme des pourceaux. En moins de temps qu'il ne leur en faut pour arnaquer le fisc et se payer un 4x4 rutilant, dans lequel ils feront tremper leurs gros culs de parvenus, concentrés comme un chapelet d’hémorroïdes autour d’un trou de balle, ils goûtent avec le regard vengeur, le glaive séculier et la calculette en bandoulière accompagnés de leurs rombières, le genre qui a ouvert plus de braguettes que de grands crus. Bref, le genre de restaurateur qui ne respire pas la foi en Bacchus et chez qui le seul vrai choix, c'est de boire de l'eau même si ce choix aura pour seul effet que le patron se sente outrager dans son intimité la plus intime, ce qui est le propre de toutes intimités. Accompagné de mon fidèle Rage, nous avons goûté 46 vins (sur les plus de 300 proposés) avant que mes papilles ne rendent l'âme. Du bon, peu de très bon, et des marges bénéficiaires probablement éléphantesques à prévoir.

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En costard Armani dans les vignes

dans la catégorie Notre vin quotidien

denavolo_01.jpgGiulio Armani est un théoricien, un introspectif et un érudit du vin. Derrière son sourire, se cache un éternel insatisfait qui cherche toujours à faire mieux, qui expérimente toujours. Sur les pentes stupéfiantes d'Emilie-Romagne, sur les contreforts des Apennins, là, où il a fait son vin, avec ses convictions, il se demande pourquoi le monde a-t-il décidé que les vins rouges et blancs devaient être faits différemment? La non macération des blancs bride-t-elle le potentiel de grand vin blanc? Fort de ses certitudes, il a abandonné le bois, les macérations courte, sélectionné ses meilleurs parcelles, s'est mis en harmonie avec la nature, le tout taillé dans la roche de ses principes. L'histoire de Denavolo a commencé en 2005. Cinq hectares de vignes plantées dans le Colli Piacentini, une partie de la montagne Denavolo. Des sols raides, sablonneux, riches en calcaire, à 350-500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un climat chaud et sec, des fluctuations de température entre la nuit et le jour de plus 10°C font ici, des vins avec une belle fraîcheur et une forte minéralité. Une première cuvée en 2006, et déjà, des réponses aux questions de Giulio Armani. En quelques années, Giulio Armani est devenu une icône des vins de macération Italiens. Catavela est un original mélange de deux vins. Le premier est un assemblage de Malvasia, de Marsanne et d'Ortugo laissés sur leurs peaux pendant environ quatre mois. Le deuxième vin est issu deux parcelles plantés d'Ortugo, de Trebbiano, de Malvasia, de Marsanne, de Santa Maria, de Sauvignon Blanc et de Mascate. Ces raisins subissent une période de macération plus courte d'environ dix jours, pour ne pas trop les charger en tannins. Le sol de ses parcelles étant plus riche en calcaire. Cette technique de macération longue, qui nécessite une qualité sanitaire des raisins impeccables, permet de récupérer, dans la pellicule du grain de raisin, des arômes variétaux libres, des précurseurs d'arômes, et des polysaccharides (cellulose, pectine, arabinose, ...) ainsi que des composés phénoliques qu'il faut éviter de trop extraire pour que le vin ne soit pas trop amer. De la théorie à la pratique, le résultat est bluffant.

Azienda Agricola Dinavolo Catavela 2014catavela2014.jpg

Même s'il est classé dans les vin orange, la robe est plus jaune qu'orange et un peu trouble. Le nez est puissant, racé, très original, aromatique, racinaire, sur la gentiane, les fruits jaunes, le miel, la cire, l'écorce d'orange et le zeste d'agrume. L'attaque est fraîche, vive, puis le gras s'installe, le vin devient plus rond, plus aimable avec une légère structure tannique. C'est léger (11°), avec une finale fraîche et persistance. Un joli vin que l’on peut boire en apéritif, avec une volaille ou du fromage. Un vin qui ne laisse pas indifférent et permet une palette d’accords mets et vins étonnants. Très bien

Adonique ta mère

dans la catégorie Notre vin quotidien

adonis.jpgSocrate, à moins que cela ne soit Hérodote, m'a conté l'histoire d'Adonis. Un jeune homme d'une grande beauté et à l'histoire pas ordinaire. Même si Hérodote radote dans son coin, Socrate m'explique qu'Adonis était né de la relation incestueuse d’un père et de sa fille. Le père se nommait Cinyras, fils de Pharnace, le pharnacien du village. Il était le fondateur de la ville de Paphos à moins que ça ne soit Pasvrai, dans l’île de Chypre. Le roi Cinyras et son épouse Cenchreis eurent une fille appelée Smyrna ou Myrrha ou Métharmé, le vin aidant, Socrate était de moins en moins précis. Un jour, la reine se vanta imprudemment, elle insinua que sa fille, Smyrna ou Myrrha ou je ne sais quel autre prénom, était plus belle qu'Aphrodite elle-même. Faut savoir que les déesses de l'époque était un brin rancunière, voire inamicale, Aphrodite se vengea de l'insulte en faisant naître dans le cœur de Smyrna un amour incestueux qui la fit entrer dans le lit de son père par une nuit très sombre, mais un peu sexuelle quand même, avec la complicité de sa nourrice, Hippolité Girardot, qui l'avait enivré au point de ne plus savoir ce qu'elle faisait. Par la suite, Cinyras s'aperçut qu'il était à la fois le père et le grand-père de l'enfant de Smyrna ou Myrrha, fou de colère en découvrant le pot aux roses, il fut pris d'une folle envie d'inciser l'incestueuse. Les dieux prirent en pitié la pauvrette et la transformèrent in extremis en arbre à Myrrhe, d’où le prénom Myrrha. Un sanglier un peu con, cogna sa tête dans l'arbre et le bel Adonis en sorti. L'histoire de ce vieux fou de Socrate se tient, contrairement à lui qui tangue dangereusement vers Hérodote, qui radote toujours.

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Faut r'connaître… c'est du brutal !

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

vachier_.jpgD’habitude, ceux qui ont la malchance de me connaissent vous le diront, je ne suis qu'amabilité, délicatesse, un petit colibri virevoltant dans le brouillard existentiel. Mais les turpitudes quotidiennes me submergent et ma carapace de clown s’effrite comme un morceau de teushi. Pourtant, je n’ai aucun souci de santé, enfin pas de problèmes majeurs en tous cas. Mon foie me rappelle à l'ordre de temps en temps, mais je n’ai pas de cirrhose, déclarée Sécu en tout cas. J'ai mal au dos, comme tout le monde, mais, dans l’ensemble, je clopine normalement, ça devrait passer le prochain contrôle technique. Alors, pourquoi cette morosité? Hier soir, j'ai ouvert une bouteille de "Brutal" et ce matin, à la radio, après le flot habituel de mauvaises nouvelles, Hervé Mariton, après avoir soutenu Juppé, tentait de me convaincre que Fillon était un homme honnête et patati et patata. Je ne sais pas qui est le plus brutal, le vin ou le discours de Mariton, mais deux mots, assez courts, me sont venus immédiatement : "Va chier"! Face à l'absurdité de la situation, c'est la seule chose qui me soit venue … Va chier! Excusez cette réaction épidermique, excusez-moi de paraître si direct, corrosif et avec un argumentaire aussi peu construit, mais va chier quand même! Je n’en peux plus du tout de ces cons, de ce racisme ambiant, de ces réactions disproportionnées concernant l’accueil de réfugiés fuyant leurs pays, ou plutôt ce qu’il en reste, à qui on dit: Allez chier ailleurs!

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Soleil jaune

dans la catégorie Sortie Vinoche

maxresdefault.jpgDans l'arrière-pays australien, à la fin du XIXème siècle, deux hommes situés aux deux extrémités de la loi passent un marché secret et décisif... Le Capitaine Stanley s'est juré de civiliser le bush australien, sauvage et violent. Ses hommes ont capturé deux des frères du gang Burns : Charlie et Mike. Bagnards évadés devenus hors la loi, ils ont été jugés responsables de l'attaque d'une ferme, de viol et de l'assassinat de toute la famille. Arthur, le plus âgé des frères Burns et chef du gang, s'est réfugié dans la montagne. Le Capitaine Stanley propose alors un marché à Charlie Burns, retrouver son frère aîné en échange de son pardon, et de la vie sauve pour le jeune Mike. Charlie a neuf jours pour s'exécuter, pour exécuter son Frère aîné et sauver son plus jeune frère... L'un doit vivre, l'un doit mourir et l'autre décide. Pour commencer, il y a Nick Cave au scénario et à la musique, et rien que ça, c'est déjà quelques choses. Après le compositeur chanteur hallucinant, après l'auteur de putains de romans comme "Et l'âne vit l'ange", et surtout "la mort de Bunny Munro", voilà le troisième versant du Nick, le scénariste. Putain, j'aime ce type… Puis il y a John Hillcoat, le réalisateur de "La Route", qui est obsédé par l'idée de réaliser un western australien situé dans l'outback, mettant en scène le conflit entre les aborigènes et les Bushrangers. Il a développé cette idée avec Nick Cave. Il en résulte un western, dans une Australie colonisée par l'Empire britannique, un western sauvage, violent, cruel, halluciné, crépusculaire, cramé, transcendé par la lumière et le décor naturel du bush australien.

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Poncif pour Pontife

dans la catégorie Notre vin quotidien

2015-06-21-vive-les-vins-libres.jpgLe poncif, ou lieu commun, est un peu comme le phénix, on n'en a jamais vraiment fini avec lui. Il renait toujours de ses cendres. Il est difficile à combattre, c'est un paradoxe, si on s'élève contre le poncif, on est rattrapé par le lieu commun, contre lequel se dresse un nouveau paradoxe, lequel n'est autre que l'ancien poncif, et ainsi de suite, le phénix renait de ses cendres. Le poncif tire son nom de poncer et pas de penser. C'est d’abord un dessin dont le tracé, percé de nombreux trous, peut être reproduit sur tout type de surface si l’on promène sur les contours un petit sac rempli d’une poudre extraite de la ponce. À partir de cette idée de dessin reproductible à l’envi, poncif a signifié le dessin sans originalité et, enfin, le lieu commun, le cliché. Il importe de ne pas confondre le poncif avec son paronyme, pontife, qui désigne un membre d’un collège de prêtres, mais s’emploie essentiellement pour désigner le premier d’entre eux, le souverain pontife ou le pontife romain, le pape. Même s'il ne faut pas les confondre, il y a des poncifs sur les pontifes, romain ou Castelpapal.

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