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La tournée des vignes

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Quand la réalité dépasse la miction

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1-bouteilles-vins.jpgJe n’ai pas trop l’habitude de blogger sur commande, mais comme dit Hannibal mon lecteur, l'éventreur de syndicalistes Mosellan: "des fois, faut faire des exceptions, sinon, on ferait ça machinalement et ça serait pas du boulot". Comme il n'y a que le premier verbe qui coûte, je vais donc, à la demande de Régis, vous narrer nos péripéties vinifereuses. Départ 4heure du mat, arrivée à 9h pétante, surtout après le chili de la veille, à la Chapelle de Guinchay, chez l'ami Fabien, qu'on pourrait confondre avec Paul Pogba s'il avait 50 cm de plus et une crête de cheveux qui pourrait accueillir une famille de gerbilles abandonnées. Mais attention, faut pas l'énerver d'entrée, c'est le genre de Monsieur qui vous nouerait les boyaux autour du cou avec le Scrotum comme pendentif, sans cesser de se vernir les ongles des pieds. Fabien est un marchand de vin bourguignon qui a gouté et parfois distribué ce qu'il y a de meilleur en bourgogne, il une vision singulière et ambitieuse pour ses gamay, il est persuadé que les terroirs du Beaujolais peuvent produire de très grands vins si l’on s’en donne les moyens. Il a une culture vinique tellement vaste qu'il envisage de faire appel à de la main-d'œuvre polonaise pour en faire le tri. Régis, aussi surnommé, "viti-vini-pipi", prépare frénétiquement son cahier de note avec la concentration d'une shampouineuse en analyse, puis il s'assouplit les muqueuses avec la légèreté d'une danseuse du Bolchoï sous méthamphétamine. Canicule à l'extérieur, mais fraicheur dans la cuverie, une cuverie plus bourrée qu'un mineur russe un jour de paie et, comme on n'est pas venu pour beurrer les sandwichs, on entame les hostilités, faites gaffe, bougez pas, les mains sur la table, je vous préviens que le Fabien, il a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.

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Rencontre avec le hobbit de Vingrau

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Le_Clos_des_Fees.jpgHervé Bizeul a du caractère, beaucoup de caractère et même un fichu caractère pour certains. C'est un agitateur d’idées, remuant, médiatique, ombrageux parfois, il a la dent dure et le smiley aussi facile que la plume. Un vigneron enraciné dans son temps et fils de cette terre rude et fière du Roussillon qu'il défend bec et ergots acérés. Dans un décor de carte postale, entre les bourrasques glaciales de la tramontane et les falaises calcaires de Vingrau, entre la Méditerranée et les sommets enneigés des Pyrénées il a décidé d'aller au bout de ses intentions. Hervé Bizeul est un vigneron de conviction qui ne craint pas le débat, ses passes d'armes sur les espaces de liberté prennent souvent des allures de combats de coq de village. J'aime la castagne, les bourre- pifs, même quand ils ne sont pas de Bourgogne. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais peu importe, c'est toujours bien écrit, et surtout, ça semble franc et sincère et c'est bien là l'essentiel. Alors, rencontrer le pugnace catalan et sa femme Claudine, autour d'un repas préparé par Frédéric Lefèvre (pas le politique qui confondait invectives avec arguments, mais le cuisinier qui ne confond surtout pas goût et soin du détail), sur le ring de la Carambole, l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Rage et l'Ermite seront de la partie, même si notre anachorète avait un petit coup de mou.

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Les bons contes font les bons amis

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Chandon_de_Briailles2.JPGChandon de Briailles, c’est un nom qui claque à Savigny-lès-Beaune, mais c’est aussi une longue histoire de famille. Dans le giron familial depuis 1834, ce domaine de 13,7 hectares, producteur de grands vins de garde, est aujourd’hui dirigé par Claude de Nicolay et son frère François. J'ai eu la chance de rencontrer François de Nicolay, le temps d'un diner, au Clos de la Garenne (dont je ne vous ai jamais parlé, honte à moi, je vais me rattraper). C'est la mère de François, Nadine de Nicolay qui, au début des années 80, est arrivée de Paris pour remettre de l’ordre dans la boutique après une succession de régisseurs plus ou moins rigoureux. Les pratiques "anciennes", (ajout d’acide tartrique, désherbants, engrais, œnologues très et trop interventionnistes...) ont été bannies. Le domaine s'est engagé vers la culture raisonnée avant de passer la totalité du domaine en culture biodynamique en 2005, une vraie prise de conscience, pas un phénomène de mode, pour François de Nicolay. Depuis, le Domaine a regagné ses lettres de noblesse et ornent à nouveau les tables des grands noms de la gastronomie.

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Olivier Humbrecht, le géant vert

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olivier_humbrecht.jpgChaque année, la dégustation du dernier millésime au domaine Zind-Humbrecht est une bonne occasion de rassembler nos forces et de foncer sur Turkheim. Est-il encore besoin de rappeler que le domaine Zind-Humbrecht, dirigé de main de maître par Olivier Humbrecht, est une référence incontournable du paysage viticole Alsacien. Une dégustation au domaine est un marathon, mais aussi une formidable découverte des terroirs d'Alsace (Brand, Clos Winsbuhl, Rangen, Herrenweg, Clos Hauserer, Heimbourg, Hengst, Goldert, Rotenberg, Clos Jebsal, Wintzenheim) et une non moins passionnante analyse de l'adaptation des cépages Alsaciens à ces terroirs qui parfois prennent le pas sur la typicité du cépage. Cette année, une nouveauté intéressante, on ne déguste plus par table "cépage", mais par table "famille de terroir". Une innovation, qui, au début peut paraitre déstabilisante, se révélera pleine d'enseignements, tant les terroirs sont importants pour Olivier Humbrecht.

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Virée des grands ducs de Bourgogne, les escargots ne sont pas de vin...suite

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Partie 2

tollot-beaut1.jpgA peine le repas digéré, direction une petite appellation, un peu en marge, coincée entre la capitale de la Bourgogne viticole et la célèbre montagne coiffée en brosse par le petit bois qui la surmonte. Direction Chorey-les-Beaune, rue Tollot… Chez Tollot-Beaut, comme son nom l'indique bien. Chez Tollot-Beaut, c'est une affaire de famille qui compte actuellement 24 ha, dont 10 sont en appellation Chorey-les-Beaune. Les vignes appartiennent à l'ensemble de la famille et sont exploitées en fermage. Le domaine a été créé à la fin du XIXe siècle, il s'est étendu, au fil des générations, jusqu’à Savigny-lès-Beaune, Beaune et Aloxe-Corton. Aujourd’hui, ce sont trois cousins germains, Nathalie, Jean-Paul et Olivier, qui gèrent le vignoble plantés en pinot noir et une petite partie de chardonnay. La gamme de vin est large, des valeurs sûres de la région dont la qualité régulière est unanimement reconnue. La majeure partie de la production est d’ailleurs vendue à l’étranger. Ici, la crise des petites appellations ne sévit pas, toute la récolte est vendue, on n'accepte pas de nouveaux clients, malheureusement pour nous qui sommes venus là après ce magnifique Corton-Charlemagne d'il y a quinze jours (voir ici). Les vins du domaine se caractérisent par leur finesse, sur des arômes précis et un boisé justement dosé, aucun cru n’est élevé 100 % en barriques neuves, dans un profil fruité et élégant, assez moderne. Direction la cave pour une dégustation des 2013 sur fûts.

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Virée des grands ducs de Bourgogne, les escargots ne sont pas de vin.

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Partie 1

escargot.jpgPour le départ en Bourgogne, le plus important est de bien choisir le point de départ. Plus il sera proche de chez moi, chez moi par exemple, plus mon sommeil en profitera et plus il sera éloigné de celui de Rage, plus il y aura de chance que Rage soit en retard pour le départ. CQFD, Rage à quelques minutes de retard au départ. 3h30 de route pour faire comprendre à rage qu'arriver à l'heure est important, que la Bourgogne n'est pas une région uniquement peuplée d’escargots et de vignerons. Que l'histoire de la Bourgogne est riche, que c'était un état puissant, le plus vaste d'Europe, ce dont seuls le plus vieux d'entre nous, l'Ermite âgé, aurai pu se souvenir, s'il avait un peu de mémoire. La Bourgogne était gouvernée par les illustres ducs de Bourgogne aux noms de catcheurs parmi lesquels: Jean sans Peur et pas sans reproches, Charles le Téméraire, Philippe le Hardi et Guy le Roux. La Burgondie a été construite sur un terrain vinicole au milieu des raisins. Les premiers habitants se sont alors dit qu'ils pourraient fabriquer du vin et le vendre aussi cher que les vins de Bordeaux. La grande spécialité Bourguignonne n'est pas la moutarde, la tourte ou les gougères, mais le bœuf bourguignon, une recette ultra simple puisque qu'il suffit de réunir: un bœuf, un bourguignon et une bouteille de vin de Bourgogne. En dehors du vin, l'industrie locale est surtout menuisière, puisqu'on y produit les fameux escabeaux de Bourgogne et pas mal de sécateur, un outil précieux qui permet de se débarrasser de quelqu'un qui ne veux pas vous lâcher la grappe, un peu comme Rage pendant tous le voyage.

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L'heure est Graves à Margaux, mais il est défendu d'en laisser

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bama.jpgDepuis près de vingt ans, le vignoble Bordelais est sous influence américaine. Demain, ce sera les Chinois qui imposeront leur goût. La puissance, la concentration a pris le pas sur la finesse. Pour de vulgaires raisons économiques, pour aguicher une clientèle internationale, presque tous les grands Châteaux se sont ralliés à cette mode de vins excessifs, lourds, confiturés, boisés, maquillés, pendant que d'autres, trop modestes pour rivaliser, produisent des vins chétifs, dilués et sans âmes. Engagés dans une véritable guerre économique, les vignerons bordelais sont en train de perdre, de brader un savoir-faire ancestral. Le vin de terroir, élégant, capable de bien vieillir disparait petit à petit. Mais il y a toujours une exception, un miracle auquel on veut croire, mais un miracle que l’on peut aussi vérifier, verre à la main. Au milieu de ce monde de brutes, de plus en plus uniforme, un petit homme, tel Saint Jean-Baptiste dans le désert, se débat pour défendre la finesse dans les vins de Margaux. Cet homme, c'est Jean-Pierre…

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Jean, Jean et Jean Dirler, chez les Dirler c'est une histoire de terroir

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Dirler_verre.jpgC'est avec Jean et Jean que nous allons voir Jean. Je sais, cela fait beaucoup de Jean et de gens dans cette histoire, mais je n'y peux rien, à ses gens, Jean, c'est leur prénom. Ils auraient pu se prénommer Jean-Marc, Jean-Pierre ou Jean-Fulgence, mais non, leur nom, c'est Jean et Jean et même pas Jeanjean pour les intimes. Dans la famille Dirler, les gens et les Jean, on connait, c'est en 1871 que Jean Dirler, ancien instituteur, débutera l'aventure des Vins Dirler en s'installant comme "gourmet" dans le village de Bergholtz. Une aventure qui dure, de génération en génération, Jean, Georges, Georges, Jean-Pierre et aujourd'hui Jean constituent les 5 générations successives de vignerons. En 1998 Jean épouse Ludivine, fille de Léon et Nicole Hell-Cadé vignerons à Guebwiller. A partir du millésime 2000, l'exploitation reprend les parcelles de vignes des parents de Ludivine et le Domaine adopte le nom de Dirler-Cadé. Les Dirler exploitent à présent 18 hectares de vignes, dont 42 % sont classés Grand Cru. A partir de 1998, Jean et Jean-Pierre Dirler ont décidé d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire de la maison Dirler en se lançant dans une viticulture biodynamique. Le vignoble s'étend sur quatre grands crus illustres, qui appartenaient jadis à la puissante Abbaye de Murbach : Kitterlé, Saering et Kessler, sur la commune de Guebwiller, et Spiegel, sur Bergholtz. Après les présentations, "bonjours Jean, je vous présente Jean…", on démarre le marathon sur les chapeaux de roue.

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A la fontaine de Mélanie

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Melanie_Pfister.jpgA l'heure tapante, je suis au cœur du joli village de Dahlenheim, Rage est en retard, normal, 3 heures de cours par semaine, pour un professeur de théologie ninja, ça demande surement un max de préparation. L'accueil est chaleureux et charmant, c'est Mélanie Pfister qui nous reçoit dans un très beau caveau de dégustation installé dans un magnifique corps de ferme. Le domaine Pfister est tenu de père en fils, et même de fille avec Mélanie, depuis maintenant 8 générations. Ici, on est vigneron par nature, le savoir-faire, les secrets mais surtout la passion et les valeurs familiales sont transmis depuis le 18ème siècle. Le Domaine est incontestablement un pionnier et un précurseur, en effet, il a commencé à enherber ses vignes dès la fin des années 70, ils ont également innover en introduisant les cuves thermo-régulées dans le Bas-Rhin et aujourd'hui, ils utilisent des bouchons en verre. Dans les vignes et sur les 10 hectares du domaine, répartis en une quarantaine de parcelles, on utilise des engrais verts, adapté à une viticulture nutriraisonnée, une viticulture durable et raisonnée, en parfaite intelligence avec l’écologie du terroir, on adapte judicieusement porte-greffe et cépage pour obtenir des raisins purs, mais aussi pour respecter l’environnement et la biodiversité. Dans la cave, la vinification se fait de façon très douce. Les interventions sont volontairement mesurées, pour chercher à exprimer, sans l’infléchir, le potentiel qualitatif de la récolte. Chaque parcelle est vinifié séparément, un long processus d’élaboration, une traçabilité qui commence à la vigne et se poursuit en cave, avec pour objectif, la restitution du terroir. La maîtrise de ce long élevage donne des vins élégants, fins, précis, minéraux, équilibrés et complexes. Le parcours de Mélanie Pfister est impressionnant, De Bordeaux (Cheval Blanc) à la Bourgogne (Méo-Camuzet) en passant par la Nouvelle Zélande, elle s'est enrichie de nouveaux savoir-faire et de nombreuses techniques, de ses expériences passées est née son élégante Cuvée 8, assemblage des 4 cépages: le Riesling, le Gewurtz, le Pinot Gris et le Muscat.
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On remet le couvert en Champagne mais sans casser la Vesselle

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Renault_Fuego_France.jpgEn ma qualité d'œnophile et d’œnopote, pas question de laisser l'Ermite blitzer en champagne sans l'accompagner, certes, à mes risques et périls, au vue de sa conduite incertaine et pour le moins aléatoire. Faut le voir dans sa Fuego rose dorée, rouler les cheveux et le nez au vent, le dernier Marilyn Manson à fond les ballons, faisant des clins d’œil aux minettes qui le croisent, un mec cool, un p’tit billy en somme, mais bien fait. La Fuego, je pensais que c'était en hommage à James Bond (Dangereusement vôtre et GoldenEye), mais je crains que sa culture cinématographique ne s'arrête à "Mais qui a tué Pamela Rose?". C'est le grand spécialiste des démarrages à la Sébastien Loeb, période poussette et maternelle, il a fait installer, par Gégé la Trombine, un moteur cylindrique à pistons carrés y’a pas 3 semaines, plus deux couches de peinture dorée sur sa Princesse, comme il l’appelle. Il s'est mis 3 SOFINCO et 2 COFIDIS dans la ganache, mais il pourrait facilement atteindre les 110 km/h dans les descentes s'il n'avait pas peur de cramer dans sa caisse de kéké. Je vous jure, j’en avais mal au cœur. Bref, nous voilà sur la route de la Champagne, on papote, tranquille, calme, reposé comme des vaches sacrées, il me donne des conseils culinaire, il m'explique comment réussir un bon gratin de nouille, bref, j’en arrive à prendre rendez-vous avec lui pour qu’il me donne des cours de cuisine moléculaire. Quand soudain…

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