À Ampuis, plus vieux marché aux vins de l'hexagone, tout change, mais rien ne change vraiment. Les vignerons aboient et la caravane trépasse. Les mêmes placeurs de parking, les mêmes camelots au bagou suranné devant la porte, la même file d'attente à 8h45, les mêmes afficionados du Condrieu, les mêmes verres estampillés "Côte-Rôtie", les mêmes vigiles à l'entrée du temple, les mêmes jeunes diablotins tireur de chariots, les mêmes stands, les mêmes vignerons, les mêmes dégustateurs aux comportements un peu moutonniers et aux manières de soudards, seul le millésime est différent. Un passage le vendredi après-midi, peu de monde, ambiance sympathique, vignerons agréables. Rouges 2009, un bon millésime, mais ce n'est pas le millésime du siècle annoncé. 2010 confirme le bien que j'en pensais, très beau arômatiquement, la trilogie fruit – fleur- épices, charnus, ample, équilibrés, un petit air de 2007, en mieux. Quelques 2011, joli mais sans plus, pas la puissance des 2009 et l'équilibre des 2010 mais surement meilleur que 2012 que certains essaient déjà de pré-vendre.
La tournée des vignes
Changer les ampoules d'Ampuis
la loose aucun commentaire... »
BlitzKrug sur la banque de France d’Epernay
2 commentaires, c'est le buzz »
T’invites les soiffards à 19h30, ils sont tous là à la minute près, et c’est comme ça çà chaque fois. Remarquable de ponctualité et de régularité, jamais vu ça ailleurs. L’amour de la discipline ? Le réflexe pavlovien de la sonnerie dans la cour d’école ? La peur du maître ? Pas celui d’école, non LE Maître, Notre Maître, celui qui a "droit d’expulsion de la cérémonie annuelle de novembre" si t’as pas fait ton intervention sur LE blog. Il en use et il en abuse, le bougre ! Donc il dit 19h30, oui chef c’est entendu, ce sera 19h30. Pas un qui tergiverse. Pour mercredi, IL a dit "départ à 7h". IL est comme ça, IL passe d’un extrême à l’autre, nous teste, imagine des épreuves, des trucs de ouf, nous bouscule les horaires (peut-être pour nous préparer au jetlag australien), nous sert 100 verres en 30 minutes sans trembler, nous on les boit déguste sans hésiter, nous zaura pas aussi facilement. IL nous fait des listes de 30 nectars à deviner, nous les sert généreusement en racontant dix mille détails qu’à la fin on sait plus quelle ligne on est, mais nous trouvons quand même car y’a des balaizes, alors il nous sort l’épreuve ultime, et nous demande quoi qu’y a écrit sur l’étiquette qu’il a pris soin de cacher, mais notre jocker JeanDa est là, qui envoie un "Puligny Montrachet 1er cru les Pucelles", écrit en police Chardaunet 24, rouge sur fond blanc ». Scotché LE Maître !
Les petits secrets d'un grand magicien du vin
la loose aucun commentaire... »
Pour entrer dans un grand château Bordelais, il faut savoir montrer patte blanche ou œil bridé, pour déguster, il faut être persuasif mais pour connaitre les secrets de fabrication, il faut probablement tuer un grand nombre de personne. La communication est parfaitement huilée, historique, terroir, cépages, vendanges, chais et dégustation, mais très peu d'information sur la fabrication du breuvage le plus couru du monde. Les intervenants sont des pros de la communication comme à Angélus ou des techniciens comme à Cos d'Estournel, mais les vrais faiseurs d'or Bordelais sont dans leurs laboratoires. Des hommes de l'ombre qui gardent les secrets des grands Bordeaux. Il y a bien le volubile et très voyant Michel Roland, mais il est l'arbre qui cache la forêt de fûts.
Les Chinoiseries des étourneaux d'Estournel
la loose aucun commentaire... »
En traversant le Médoc, on parlait huitres, sable ou bateaux et il y avait des moineaux, des étourneaux, des Chinois et des belettes partout. Les belettes, je vois pas bien ce que ça vient faire là, les moineaux étaient là pour voler le raisin et les Chinois pour chiner le résultat de la presse du raisin, ils immortalisaient à grands coups de Canon, même Gaffelière, tous ce qui bougeaient, voir même ce qui ne bougeaient pas. J'aime pas les oiseaux, sauf éventuellement les mouettes qui suivent les chalutiers. Julien Clerc a bien fait de nous mettre en garde contre les dangers des tourterelles. On les nourrit et, paf, un beau matin, ces saletés, non contentes de faire leurs besoins sur ta voiture pile au moment où tu viens de la laver, elles te piquent ton duvet. Ça ne m’est jamais arrivé, peut-être parce qu’on a plus de moineaux dans mon coin, mais ça fout la trouille. Pour les Chinois, c'est un peu la même chose, tu leur donnes à boire et paf, un beau matin, ces Pékinois, non contents de manger ton meilleur saucisson pile au moment où t'en avait envie, Ils te piquent ton Bordeaux, et ça, ça m’est vraiment arrivé. Devant ces habitants de la République Impopulaire de Chine, je suis comme un gosse à qui on a volé son sucre d'orge.
Notes animales, piano, allez, Gros, ma non troppo
la loose aucun commentaire... »
Longtemps je me suis levé débonnaire, croyant que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Prenez les éboueurs et vous constatez que c'est une connerie. Prenez l'Ermite au saut du lit, emmener le en Bourgogne et vous verrez que c'est une méga-connerie. A peine arrivé dans le premier self autoroutier venu, et c'est le stupide accident de queue. Ne vous méprenez pas, rien de tendancieux, une bête queue d'attente qui a mal tourné. Notre Stentor de cafétéria profite lâchement d'une plus vieille que lui, occupée avec son petit-fils, pour commander ses cafés, et, en repartant, se mêle d'un début d'accrochage entre la vieille et deux "prima donna" bon chic et mauvais genre, qu'il ne connait ni des lèvres, ni des dents, et encore moins de vulve. Les deux divas pas divines, veulent en découdre et viennent l'apostropher jusqu'à notre table. Il aurait pu pèter la pile de son sonotone, insulter l'impétrante, la pisse-vinaigre, l'empêcheuse de déjeuner en rond, l'affligée de l'entresol, la tourmentée du bulbe, l'endeuillée du slip. Il aurait pu leurs apprendre les bonnes lanières, leurs dire que tous les dégouts sont dans la raclure, leurs raconter deux tomes d'histoire de salopes avec ou sans gueule d’atmosphère qui ont couché avec l’Allemand puis se sont lavées le fion avec de l’eau de Vichy, leurs mettre les poings sur les fistules, c'eut été beau, c'eut été érotique, c'eut été bien Français… Mais que nenni, devant le regard acide de celle qui était surement le résultat de l'accouplement d'un bull mastiff et d'une chimère blennorragique, une grognasse moustachue, distinguée comme une paire de couille, rouge de trogne avec des dents à changement de vitesse, il est resté calme, zen comme une vache sacrée, il l'a dédaigné, méprisé du regard et lui a fait comprendre qu'entre le superflu et l'œuvre de Dieu, il préférait les croissants.
Bavardage à l'ombre du Kastelberg
la loose aucun commentaire... »
En ce premier jour de printemps,
les gars de la météo ont été super collaboratif, je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie, même si j'avais promis à mon voisin de l’aider à regarder son plafond, je me retrouve à gravir le Kastelberg, la sentinelle d'Andlau. Le Kastelberg, qui avec le Wiebelsberg et le Moenchberg, est l’un des trois grands crus qui encerclent la cité de Sainte Richarde. Un mini-cru exceptionnel par sa formation géologique, qui donne au riesling une cambrure particulière, un mont à la pente abrupte que les hommes n’ont dompté qu’en y installant des terrasses dont les plus étroites accueillent à peine un rang de vigne. Un terroir exposé au sud, sud-est, taillé d’un bloc dans des schistes de Steige. Une fusion quasi exclusive et fabuleuse entre le Riesling et la roche, un cépage qui, depuis l'an 1064, ne cède pas à la frivolité, qui montre beaucoup de droiture et autant de tranchant que l’ardoise qui le voit naitre.
Variation physiocratique et philosophie du veau en milieu vineux
la loose aucun commentaire... »
Un célèbre philosophe a dit, "le lion et le veau devraient coucher ensemble mais le veau ne dormirait pas beaucoup".
Je peux affirmer que c'est faux! Personnellement pour ma part, je suis lion, ascendant Uakar, un aimable animal qu’on a envie d’appeler "connasse", mais, qui en dépit d’un physique ingrat, est d’une parfaite courtoisie et jamais ne se laisse aller à la l'obscénité, tout du moins on le suppose, car comme l’affirme la sagesse populaire: "soit poli, si t’es pas joli". Revenons au veau, attention, le veau peut être super dangereux, je connais un mec dont la sœur a failli se faire charger par un veau probablement enragé et membre d'Al Qaida. Dans notre histoire, le veau est là pour être mangé, c'est son karma, le lion mange le veau, c'est dans l'ordre des choses, comme aller chez Zind-Humbrecht quand le printemps darde le bout de son mufle, aller à la Taverne Alsacienne pour y engloutir le veau d'or et boire un Rayas, débriefer et asticoter l'absentéiste JeanDa autour du célèbre tartare de Gonzo le magnifique en sirotant un oxymore, un bon Bordeaux, l'ordre des choses, y a que ça de vrai! La physiocratie, l'harmonie, la naissance du cosmos en tant que monde ordonné et déterminé par une puissance divine qui a mis fin au désordre, au chaos initial, l'ordre des choses qui te fait immanquablement choisir le Rayas pour flatter le veau et lui faire oublier sa condition. Mais parfois, le grand Cosmos a trop bu, l'ordre des choses se dérègle, les accidents accidentent les routes, les bouchons éclosent sur les routes plus vite qu'à Lyon, les douaniers sont de sortie, le dernier Rayas a été vendu, le premier Hommage est bouchonné, l'ordre des choses se dérègle et le chaos naît du néant. Mais l’homme est un être de raison, capable de penser, de raisonner, de se dire qu'il pourrait aller au MC Do pour engloutir 6 Big Mac, mais que ce serait un peu comme aller au bordel pour un câlin, qu'il peut vénérer le caviar et avoir envie d'une côte de veau, qu'il est capable de se sublimer et d'offrir un Hommage à Jacques Perrin pour accompagner le veau à l'abattoir de la Taverne. Dieu existe, je l'ai bu et je lui rends hommage!
Vous reprendrez bien un peu de sorbet au vin jaune?
un petit commentaire, pas plus »
Si le Jura n'est pas la région la plus froide de France, c'est où ? -10°C dans la rue et 13,5° dans le verre, voilà l'heureux assemblage de la Percée du Vin Jaune les 4 et 5 février 2012 à Ruffey-sur-Seille. Dès samedi, la fièvre jaune s'est répandue dans le village, 30000 visiteurs, 80 vignerons, 1 chien (jaune), quelques flics (section Percée Police): tout ce chambardement pour goûter les vins du Jura, et assister à la percée de la cuvée du jaune 2005. Notre verre autour du cou, bravant le péril jaune de groupes qui biberonnent allègrement (et quand ça boit, ça r'boit!) et qui beuglent des chansons à boire de Jaune les Nonnes, nous attaquons la rive gauche de la Seille en tendant nos verres à Frédéric Puffeney, puis à Berthet-Bondet à qui nous avons décerné le maillot jaune. La Seille n'étant pas encore suffisamment gelée, nous empruntons le pont (que nous avons rendu en parfait état) pour attaquer la rive droite: Labet (à côté de l'église bien-entendu), Boilley, (ici, ça sonne comme un ordre), Désiré Petit (que personne n'appelle le nain Jaune). Pascal, qui semble garder un souvenir attouchant du moniteur de son séjour à la colonnie de vacances de Voiteur, insiste pour goûter le Château-Chalon de la fruitière de Voiteur (qui fort heureusement n'était pas closed). La température descend encore, le vin gèle dans les verres: on rit jaune. Du vin jaune en sorbet! On se réchauffe au savagnin de Rolet et de Dugois. C'est bon, c'est long. Dix vins divins! Chaque visiteur goûtant en général une dizaine de vins, votre esprit vif avait déjà calculé que chaque vigneron remplit en moyenne 3750 verres sur un week-end. Pas de quoi impressionner Psykopat qui sert 100 verres de Meursault en 18 minutes, mais quand même...ça ne laisse pas froid. A ce propos, la température descend encore, la nuit tombe, on finit notre soirée au coin du feu chez notre pote Gilbert qui nous sort ses meilleurs flacons et on finit par conclure avec un Château Chalon Macle 1998 avant d'attaquer la gentiane. On a bien fait: dehors il fait -16°C. Une nouvelle page jaune se tourne...mais le mystère du vin jaune sera t'il jamais percé ?
Vacances studieuse chez Mamie Capucine
5 commentaires, c'est le buzz »
Comme les vacances sont un peu longues et que l’ennui se fait sentir (tout est déjà prêt pour la rentrée de jeudi of course), Rmerie et moi sommes sorti de la ville à la recherche de bonnes quilles alsaciennes. A ce sujet, je parie que tu as déjà entendu le prétentieux se plaindre 30 fois que c’était sans doute le vignoble de France qu’il connaît le plus mal le moins à fond. D’ailleurs c’est vrai, le pauvre ne sait même pas reconnaître les grands crus dans un verre ! Combien de fois l’ai-je vu hésiter entre un Sonnenglanz et un Sporen ou entre un Steinklotz et un verre de paic citron… Là ou t’as tout compris, c’est quand il t’explique que c’est dans le Bas Rhin qu’on fait les meilleurs vins ou que le Schoenenbourg est aux grands crus ce que la philatélie est à la physique… Bref, nous voilà donc en route pour Kaysersberg et je me dis que j’ai pas intérêt à trop le laisser causer chez les Faller, sinon on va se faire foutre dehors par Colette vite fait bien fait. D’autant qu’avec la dégust prévue à 9h du mat en guise de p’tit déj’ le bougre peut me faire une sortie de route à n’importe quel instant. Car faut dire que chez les Faller c’est du sérieux, la rigueur à l’allemande ça te parle ? Tu comprends de suite que c’est pas la qu’il faut lâcher ta vanne de la pute et du pédé dans un ascenseur !
Quel Loiseau, ce Rousseau (où la balade des gens heureux) !
un petit commentaire, pas plus »
Moi, j’adore le "blitz bourguignon". C’est une tradition typiquement soiffarde, qui consiste, comme son nom l’indique, à foncer en "Terre Sainte" puis à rentrer "at home" en moins de temps qu’il ne faut pour boire un Salmanazar de Chambertin, le coffre plein, les poches vides, et le sourire aux lèvres… Ça n’a l’air de rien, mais cela demande une certaine habitude, une pensée concentrique monomaniaque obsessionnelle et un foie en bon état. Amateur, passe ton chemin… Pour la peine, le Schulemeister a exigé un briefing1, la veille au soir, histoire de se mettre au diapason, et un débriefing dans l’euphorie du retour, histoire de vérifier si "on en a ou pas". Et oui, le Meister ne pense pas qu’au pinard. C’est un homme de lettre, Monsieur. Entre deux boutanches, il a réussi à me fourrer dans les pattes un exemplaire d’Hemingway qu’il avait sauvé de la guerre du Boukistan, alors qu’il venait de s’éjecter de son hélicoptère en feu, mais bon, c’est une autre histoire qui prend beaucoup plus de temps que celui nécessaire pour boire un Salmanazar de Chambertin. Tiens ! Cette nouvelle unité de mesure du temps me sied bien. Je m’en vais la proposer au BIPM (Bureau International du Pinard et des Murges)… D’ailleurs, pour le compte-rendu de l’avant et de l’après, il n’a qu’à se sortir les doigts du…, le Schulemeister. Comme dirait le Psykopat, y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui dégustent. Dorénavant, tout soiffard n’ayant pas posté un article entre deux soiffardises se verra refuser le traditionnel verre d’Yquem de fin de beuverie ( euh je voulais dire dégustation). Con se le dise !
1. (d’après WikiJeanDa) : le briefing ou réunion d'information ou séance préparatoire est une conférence militaire ou civile, destinée à préparer une mission, une opération militaire ou civile ou encore une bataille. Typiquement, le briefing a lieu dans une structure spécialement équipée : la salle de briefing où salle à manger, voir même terrasse, équipée en verres Spiegelau, crachoirs, chaussettes (pour les flacons, pas pour les petons), jambon pata negra Jabugo bellota (ce qui nécessite une petite explication pour certains que je ne nommerai pas), et autres canapés moelleux.
Commentaires récents
C'est plutôt le nouvel Eldorado, suffit de mâter les bicoques de malade des nouveaux riches faiseurs d'or blanc de blanc. Le Champagne, ça ne fait pas que des bulles, ça fait aussi de l'argent... D’ailleurs, on transforme les banques en bar à Champagne....