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La tournée des vignes

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On remet le couvert en Champagne mais sans casser la Vesselle

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Renault_Fuego_France.jpgEn ma qualité d'œnophile et d’œnopote, pas question de laisser l'Ermite blitzer en champagne sans l'accompagner, certes, à mes risques et périls, au vue de sa conduite incertaine et pour le moins aléatoire. Faut le voir dans sa Fuego rose dorée, rouler les cheveux et le nez au vent, le dernier Marilyn Manson à fond les ballons, faisant des clins d’œil aux minettes qui le croisent, un mec cool, un p’tit billy en somme, mais bien fait. La Fuego, je pensais que c'était en hommage à James Bond (Dangereusement vôtre et GoldenEye), mais je crains que sa culture cinématographique ne s'arrête à "Mais qui a tué Pamela Rose?". C'est le grand spécialiste des démarrages à la Sébastien Loeb, période poussette et maternelle, il a fait installer, par Gégé la Trombine, un moteur cylindrique à pistons carrés y’a pas 3 semaines, plus deux couches de peinture dorée sur sa Princesse, comme il l’appelle. Il s'est mis 3 SOFINCO et 2 COFIDIS dans la ganache, mais il pourrait facilement atteindre les 110 km/h dans les descentes s'il n'avait pas peur de cramer dans sa caisse de kéké. Je vous jure, j’en avais mal au cœur. Bref, nous voilà sur la route de la Champagne, on papote, tranquille, calme, reposé comme des vaches sacrées, il me donne des conseils culinaire, il m'explique comment réussir un bon gratin de nouille, bref, j’en arrive à prendre rendez-vous avec lui pour qu’il me donne des cours de cuisine moléculaire. Quand soudain…

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Thomas, Vincent, Bernard, Marc, François, Paul... et les autres

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thomasmorey.jpgEn France, 1.200 personnes s'appellent Morey et je crois bien qu'une grande partie habite Chassagne, alors que Morey-St-Denis paraissait plus indiqué, sauf si tu t'appelles Denis, César ou Rosalie. Le problème, si tant est que cela en soit un, c'est que presque tous les Morey produisent du vin, alors comment s'y retrouver? Primo, "Morey" est un dérivé régional de more, sobriquet désignant un garçon brun de peau comme un maure, et ça tombe bien, Thomas Morey a le teint halé de celui qui arpente la vigne, qui bute, qui marcotte, qui taille, qui rogne et qui palisse. C'est le plus jeune fils, et pas le mauvais fils, de Bernard Morey. Il possède l’un des plus beaux patrimoines de climat en premier cru du secteur. Avec lui, c'est bonjour sourire, il joue sur la tension de ses vins, celle qui fait passer l'arme à gauche. Des vins élégants, vifs et structurés, de belles notes d'agrumes, du gras et toujours une petite touche minérale… Il produit des cuvées d’une grande expression, renvoyant parfaitement sa personnalité et celle des différents terroirs qu'il exploite à merveille, Baudines, Embrazées, Morgeot, "Vide-Bourse", Dents de Chien, Truffière ou Bâtard. En 2012, chez lui, comme chez beaucoup d'autres, tous les éléments se sont déchaînés, conjugués pour faire baisser la production, froid, pluie, maladie, grêle exterminatrice dans certains secteurs et, pour finir, un mois et demi de sécheresse et de chaleur. Au final, de très faibles rendements (-47%) qui ont contribué à faire la grande qualité de ce millésime, dont on parlera longtemps. Chez Thomas Morey, pas de cœur en hiver, comme dirait Claude Sautet, c'est une histoire simple, on parle des choses de la vie, à la fraiche; dehors, il fait très chaud, dedans, le vin est bien frais, et l'atmosphère chaleureuse, la dégustation peut commencer, et, pour citer le grand philosophe Nicolas Sarkozy au sommet du G20 : "en avant Messieurs, on a encore du Thym sur la branche!".

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On ne fait pas d'omelette sans casser du vieux

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omelette.jpgJ'ai toujours une ou deux questions existentielles qui me taraudent. Le genre de questions légitimes que se posent les contemporains des temps modernes. Lorsque Siri, ma coach Iphonique me répond évasivement, je me tourne vers Google, qui, trop occupé à dominer le monde, se contente de répondre, telle une pythie des temps modernes, qu’il vaut mieux faire envie que pythie. Du coup, mes questions restent sans réponse. Je ne saurais jamais s'il est possible de s'arracher un bras avec les dents, si c'est l'œuf le père de la poule ou si c'est la poule qui est la mère de l'œuf… Je sais, on ne fait pas de planète sans casser du CO2, mais peut-on faire une omelette sans casser des œufs et si non, combien? Quand je n'ai pas de réponse à mes questions, je contacte le vieux sage de St Jean, je lui propose une virée vineuse et l'affaire est dans le lac. Il n'a jamais pondu un œuf de ma vie, et pourtant je l'estime plus qualifié qu'une poule pour juger de la qualité de mes omelettes.

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Piège de cristal en Beaujolais, une Dejourneys en enfer

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DieHard.jpgCelui qui ne se lève pas avec le soleil ne jouit pas de la journée. Cette citation n'est pas de l'Ermite jouisseur, ni de John McClane, mais de Miguel de Cervantès, l'homme qui ne connaissait rien au Beaujolais, puisqu'il se battait contre des moulins à vent alors que les boire, c'est quand même mieux. Un blitz en Bourgogne, c'est une Desjourneys particulière, surtout quand Fabien Duperray est au programme. Départ à l'aube, Rage est en retard, environ 17 secondes, on récupère notre sauveur du monde à nous, l'Ermite de St Jean, notre John McLane, celui qu'est malin comme une armée de douze singes, le cinquième élément de notre groupe, un chacal qui a un sixième sens en matière de Lynch Bages, celui qui sait détecter les pièges de cristal, même en eau trouble et même à travers de la pulpe fictive, le dernier recours face à notre voisin le tueur, un homme presque parfait, le dernier samaritain, qui n'a qu'une devise: boire et déboires! Avec lui, c'est une Dejourneys en enfer assuré. On récupère son inséparable acolyte, j'ai bien dit acolyte, et nez en moins compère, le foufund, comme il aime l'appeler. 3h30 plus tard, même pas retardé par une armée de retraité en goguette, pile à l'heure on débarque au Domaine Matrot à Meursault.

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Ce soir j'attends Madeleine

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madeleine-ufo.jpgIl y avait tellement de soleil ce soir-là qu’on aurait tout aussi bien pu être mardi, personne ne s’en serait rendu compte. Holt, mon prof d'insulte en Javanais, darda sur moi son regard mi-énigmatique, mi-chatoyant et me dit: " Si la religion est l’opossum du peuple, tu préfères mieux une madeleine d’Ingres ou un violon de Proust", en saisissait toute l’intensité émotionnelle du moment. Outre le fait que cette phrase était plus tartignolle qu’un coucher de soleil sur Vesoul, je me suis dit que, il avait raison Holt, c'était d'Ingres, mais, pour assouvir notre passion, certaines de nos virée étaient comme une madeleine de Proust. Non pas parce qu'elles sont faites avec du beurre, du sucre et 2 cuillères à soupe d'eau de fleur d'oranger, mais parce qu'elles nous emmenaient, irrémédiablement, vers nos Madeleines de début d'année, la dégustation chez Zind et le repas à la Taverne Alsacienne. Comme dirait Schulmeister, catcheur sur glace et prof de phylloxéra au Lycée Nabilla de Branloires (28), auteur de "Les moines tibétains aiment les pattes de canard cuisinés par Karl Lagerfeld": "Mise à part le qu'en-dira-t-on, le fait que Dieu n’existe pas et qu’il n’y a pas de jugement dernier, peut-on raisonnablement rajouter des truffes sur une côte de veau accompagnée de ris de veau à la crème et de rognon de veau au petit jus arrosé d'un hommage à Jacques Perrin, le vin, pas le petit jus de l'acteur cinéaste, sans être farci comme une paupiette et bombé comme une Madeleine"? La question mérité d'être posé, et, avant d'y répondre, revoyons le fil de la soirée.

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C'est en puisant à Ampuis, qu'on s'épuise en vin

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Cote-rotie.jpgAmpuis, c'est épuisant! Même si j'ai toujours beaucoup de plaisir à m'y rendre, aller dans cet antre de la Syrah nordique n'est pas une sinécure. Ampuis, c'est le plus vieux marché aux vins de l'hexagone, c'est un estaminet ouvert qui tente de vous noyer dans le Condrieu, le Saint-Peray, des Saint-Joseph de toutes les couleurs, des Crozes, des Hermitage et milles et une Côte-Rôties. A 8h45 pétante, devant l'entrée du temple, c'est une odeur d’empressement, de ferveur qui, déjà, se fait déjà ressentir. Les mêmes camelots, marchands du temple, à la faconde démodée, truffe, fromage de pays, chocolat, charcuterie, faites votre choix messieurs-dames… On se précipite sur la billetterie pour se faire remettre le verre estampillé "Côte-Rôtie", on se jette à l'intérieur de la salle, on slalom entre les stands, toujours aux mêmes endroits, pour chercher ses allocations, les mêmes dégustateurs aux comportements un peu moutonniers et aux manières rustres, seul le millésime est différent. Un millésime 2011, joli, sans plus, mieux que 2012 qui s'annonce très moyen, mais qui rame derrière 2009 et 2010. Un salon où l'on crache à tout vent, où l'on boit trop jeune, trop chaud, trop lourd, trop vite et pour certains, trop bon! Un salon incontournable pour refaire les niveaux, pour se faire une idée précise, une idée d'ensemble du millésime, mais où les conditions de dégustation sont loin d'être idéales. Cette année, j'ai décidé d'aller vite, de faire mes achats chez mes incontournables, Jamet, Gangloff, Montez, Stephan, Clusel-Roch, de goûter 3 ou 4 autres, d'éviter les longues files d'attente, les bousculades inutiles pour rentrer au gite, déguster quelques 2007, pour me ragaillardir, Ampuis, faut être gaillard (sans jeu de mot), c’est agréable mais c'est aussi épuisant.

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Le bon, la flûte et l'effervescent

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Flute-a-champagne.jpgQuand l'Ermite errant t'appelle pour aller refaire les niveaux en Champagne, tu as 2 solutions, soit tu prends une reuteuteu, un congé maladie, ta femme et ton mal en patience, et tu ne risques pas son courroux, soit tu tentes de négocier, et là, tu risques la bordée d'insultes, du genre: "Tu nous fais quoi muchachos, bipède égocentrique gorgé de vinasse, pousse-à-la-fiente, t'as un hanneton dans la tourte, tu te sors les doigts, tu mets ton benne, tu fais chauffer la Fuego et tu radines tes miches fissa, tu fais gaffe, si tu réveilles le chat, je te fais la peau, je te transforme en paillasson et j'essuie mes groles sur ta tronche de cake mal cuit! Et pense aux croissants… Connasse". Il est comme ça, l'Ermite, il est naturellement gentil et lyrique, tôt le matin, quand l'appel du champagne se fait aussi pressant que ses envies de Châteauneuf. Comme je suis le bon, je m'exécute, d'autant plus facilement que San Antonio, alias Fréderic Dard, à moins que ça ne soit l'inverse, disait, le Champagne, c’est du pinard à ressort, et en ce moment, j'ai besoin de ressort. Bref, direction la Champagne-Ardenne, qu'il ne faut pas confondre avec la région Wallonne de Stonéch-Ardennes, direction la "côte des Blancs".

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Il ne faut Jura de rien, perdu au pays du p'ti jaune

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cc2.JPGAttention, ne partez pas en courant, mon pti pays du jaune n'a rien à voir avec le pastis et Marseille, j'ai bien trop peur de me prendre une balle de bijoutier pas perdue pour tout le monde; rien à voir avec l'Asie et la Chine, j'ai bien trop peur de me prendre une bouteille de Bordeaux pas perdue pour tout le monde. "Connais-toi toi-même", disait souvent Socrate à son disciple Platoni, lorsqu’ils jouaient au foot, l'un contre l'autre, mais pas dans la même équipe. J’ai donc décidé d’appliquer cette maxime; je suis donc parti faire du trekking dans l'Himalaya, sauf que là y en avait plus alors j’ai fait une percée dans le Jurassic Park. J’ai marché, marché, seul avec moi-même pendant au moins 5 kilomètres 542 et j'ai été mangé chez l'habitant, le Jurassien, adepte du Conté et de la viande de grison, un repas à la bonne blanquette, arrosé de vin jaune, qui est, en fait, un vin blanc, souvent tellement vieux, qu'il faut le dater au carbone 14.

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Silène, Midas et le Golden boy ou les tribulations d'une carte Gold

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carte-gold_580x235.jpgEn Phrygie, le pays des frigides, le roi Midas avait pour habitude de digérer en se promenant dans ses ouches royales. Un jour, un mardi, le débonnaire Monarque croisa un vieil homme qui s'était déchiré la musette, le vieux était beurré comme un moule à tarte, blanc comme un d'ssous d'couilles et il avait les mirettes en cul de taupe. Le séculaire ivrogne cuvait sa vinasse dans un royal rosier. Dans un élan d'empathie hépatique, Midas le fit charroyer dans ses appartements où il lui réserva un accueil aux petits oignons avec, en prime, une soupe du même nom pour récupérer de ses libations aussi vinicoles qu'excessives. Dionysos, pas le rockeur, mais, pour les ivrognes qui l'ignore, le dieu du vin et de la picole, vint frapper aux portes du palais. Il se trouve que l'ancêtre aviné, qui s'intitulait Silène le satyre, était le pote de bacchanale de Dionysos. Heureux de l'accueil qui a été fait à son poto, Dionysos voulut récompenser Midas. Le roi pouvait choisir ce qui lui ferait plaisir, Dionysos payait sa tournée. Midas, était très connu pour ses pneus et ses freins, mais pas pour sa vivacité d’esprit, pour tout dire, il n'avait pas inventé la boule à caravane. Midas demanda à Dionysos de pouvoir transformer en or tout ce qu'il toucherait. Être puisant et déjà très riche n’empêche pas d’aimer l’or et d'être un peu con. Dionysos, bon prince, accéda à la requête. Midas fit joujou avec son nouveau pouvoir, il transforma des gens et des choses en or, pour le fun, mais, prit d'une soudaine envie de casser la croute, les ennuis commencèrent. Une cuisse de poulet 20 carats ce n'est pas très croquant, et encore moins digeste. Au terme d'une semaine de diète, Midas partit à la recherche de Dionysos qu'il retrouva en pleine soûlerie, il l'implora de lui reprendre son pouvoir. Contrarié en pleine Bacchanale, Dionysos pria Midas d'aller voir dans le fleuve Pactole s'il y était. Comme il n'avait pas encore inventé le bidon de deux litres, Midas sauta dans le fleuve, son pouvoir s'en alla et, depuis, le Pactole charrie du sable d'or et fait le bonheur des orpailleurs et des garagistes. Ce petit pré en bulles pour vous dire qu'aux aurores, dès potron-minet, accompagné de Silène (JLK), du Golden Boy (Rage) et de sa carte gold, j'ai fait chauffer la Dauphine 7,83 litres, préparé AMG et boosté à 300 bourrins, croyez-moi, les Bourguignon, vont planquer leur pactole et faire couler le pinot noir et le chardonnay, on vient pour changer l'Or en vin.

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Changer les ampoules d'Ampuis

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Ampuis_Marche2013.jpgÀ Ampuis, plus vieux marché aux vins de l'hexagone, tout change, mais rien ne change vraiment. Les vignerons aboient et la caravane trépasse. Les mêmes placeurs de parking, les mêmes camelots au bagou suranné devant la porte, la même file d'attente à 8h45, les mêmes afficionados du Condrieu, les mêmes verres estampillés "Côte-Rôtie", les mêmes vigiles à l'entrée du temple, les mêmes jeunes diablotins tireur de chariots, les mêmes stands, les mêmes vignerons, les mêmes dégustateurs aux comportements un peu moutonniers et aux manières de soudards, seul le millésime est différent. Un passage le vendredi après-midi, peu de monde, ambiance sympathique, vignerons agréables. Rouges 2009, un bon millésime, mais ce n'est pas le millésime du siècle annoncé. 2010 confirme le bien que j'en pensais, très beau arômatiquement, la trilogie fruit – fleur- épices, charnus, ample, équilibrés, un petit air de 2007, en mieux. Quelques 2011, joli mais sans plus, pas la puissance des 2009 et l'équilibre des 2010 mais surement meilleur que 2012 que certains essaient déjà de pré-vendre.

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