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Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, par exemple, tenez :
Robuste : « ce vin, monsieur, s'il était moins charpenté,
Il faudrait sur le champ que je me le servasse! »
Gouleyant : «je dois humer dans votre tastevin?:
Pour boire, faites-moi fabriquer un Mikasa ! »
Oxydé : « c'est du toc ! ... c'est un tic... c'est un cep !
Que dis-je, c'est un cep ? ... c'est une barre à mine ! »
Ouvert: « de quoi sert cette oblongue capsule ?
A rien, monsieur, dégagez moi cet opercule ? »
Subtil : « aimez-vous à ce point le cabernet
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce cépage à ces petites minets? »
Complexe : « monsieur, lorsque vous dégustez,
Les arômes du tabac vous sortent-ils du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Rond : « gardez-vous, votre tête avinée
Par ce nectar, de tomber en avant sur le sol ! »
Moelleux : « faites-moi servir une petite sucrette
De peur que la verdeur de ce raisin ne me fatigue ! »
Terreux : « Tertiaire, monsieur, que le non profane
Appelle exhalaisons empyreumatiques
Dut avoir sur le cep plein de cendre sur le dos ! »
Bâtonné : « quoi, l'ami, ce bois est à la mode ?
Pour cracher cette misère c'est vraiment pas commode ! »
Aromatique : « aucun vent ne peut, nez animal,
T'enrhumer tout entier, excepté le pet de Cheval ! »
Rendement : « c'est la Mer Rouge quand elle saigne ! »
Floral : « pour un horticulteur, quelle bouquet ! »
Svelte: « est-ce un Arbois ou une Arvine? »
Gourmand : « ce Mathusalem, quand le liquide-t-on ? »
Souffreteux : « souffrez, monsieur, qu'on y ajoute,
Celui là qu'on appelle pour avoir la tête en croûte ! »
Rustique : « Bon diou ! C'est-y un nez ? Putain !
C'est quequ chose ce picrate ou bien un Riesling italien ! »
Acerbe : « piquante cette ânerie ! »
Herbacé : « voulez-vous le remettre en cuverie?
Assurément, monsieur, ça fera un vin rigolo! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de culture Bachique :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un arômes, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : bon !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ses nobles oenophiles,
Me servir toutes ces fiolles niaiseries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

À la fin de l'envoi, je débouche…