Tête de cuvée à Turkheim et tête de turc à l'ail
Grumé et recraché Par Psykopat le mercredi, 10 mars 2010,
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Est-il encore besoin de rappeler que le domaine Zind-Humbrecht est une référence incontournable du paysage viticole Alsacien. Une dégustation au domaine est un marathon (37 vins), une formidable découverte des terroirs d'Alsace (Brand, Clos Winsbuhl, Rangen, Herrenweg, Clos Hauserer, Heimbourg, Hengst, Goldert, Rotenberg, Clos Jebsal, Wintzeheim) et une non moins passionnante analyse de l'adaptation des cépages Alsaciens à ces terroirs qui parfois prennent le pas sur la typicité du cépage. Au sortir de la dégustation des vins du millésime 2008, on ne peut que s'extasier, une fois de plus, devant les immenses qualités qu'ils démontrent. J'avais beaucoup aimé le millésime 2007 et ses Riesling pur et tranchant, j'ai adoré 2008 qui présentent un profil similaire, mais avec encore plus de richesse et une d'acidité pointue pour atteindre des équilibres impressionnants. Les sucres sont souvent présents, mais tellement bien balancés par ce fil acide et tendu. Bien sûr, le profil climatique de l'année a été un facteur primordial de cette réussite, mais ne se traduit en final que grâce au talent d'Olivier Humbrecht, aussi bien à la vigne qu'en cave: biodynamie intégrale, des terroirs de rêve rassemblés au fil des générations, des rendements de 48 hl/ha en AOC, 32 en grand cru, et des vinifications qui pourraient presque paraître simplistes si elles n'étaient l'aboutissement d'un long processus où le souci de la qualité est de tous les instants.
Quelques notes à la volée du millésime 2008
Indication des indices : 1 : vin techniquement sec (<2 à 6g/l) ; 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche. 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, s’estompera progressivement avec l’age. 4 : vin moelleux. 5 : Vin moelleux, très proche d’une vendange tardive.
Pinot blanc
(indice 1)Arômes végétal, fermentaire, bouche ample, ça rince pour Chokwine. Bien
Chardonnay Clos Windsbuhl
(indice 1) Nez très floral, pointu, forte minéralité, épuré beau vin. Très bien

Zind VDT chardonnay et pinot Auxerois
(indice 1)Beau nez citroné et taosté, amande, très sec, austère, carré, bouche grasse et longue. Très bien
Muscat Herrenweg de Turkheim
(indice 2)Nez expressif et puissant, une acidité qui tend le vin. Bouche élégante et longue. Sec et agréable. Une flèche. Très bien
Muscat Goldert
(indice 1)Nez aromatique un peu austère. Bouche fine, ronde et puissante. Bien
Riesling
(indice 1)Nez fermé, simple. Bouche fine et plate. S'exprime mal après les muscats? Moyen
Riesling Terroir d'Alsace
(indice 1)Le même simple et classique, un Zind sans surprise, c'est pas un Zind. Moyen
Riesling Gueberschwirh
(indice 1)Nez sur les agrumes, pointu. Plus d'élevage, vin sec et élégant. Bien
Riesling Turkheim (lot 14b)
(indice 3) Nez fin et élégant, minéral (peirres). Bouche fruitée, mûre. Bel équilibre. Très bien
Riesling Herrenweg
(indice 1)Nez un peu étrange, space, floral, végétal. Bouche simple et amère. Pas ma tasse de thé le Herrenweg. Bien
Riesling Hauserer
(indice 1)Nez pétrolé, agrume fruit exotique. Bouche puissante, intense, longue avec une belle acidité et une finale nette et sèche. J'aime. Très bien
Riesling Heimbourg
(indice 2)Belle palette aromatique intense, nez fumée et tourbée, bouche racée, ronde, tendue. Superbe. Excellent
Riesling Clos Windsbuhl
(indice 1)Une synthèse de la puissance maitrisée du Clos Hauserer et de la race de l'Heimbourg. A la fois un beau fruit, une grosse maturité et une élégance classique. Excellent
Riesling Brand
(indice 1)Mon coup de cœur en Riesling. Tous est en place. Nez de grand Riesling, fin, citronné, finement pétrolé, intense. Bouche grasse, ronde et tendue par une acidité enveloppante. Grande longueur et retro de rêve qui fait passer des vagues de fraicheur sur le palais. Grand vin

Riesling Rangen de Thann Clos St Urbain
(indice 2)Nez ciselé, droit, intense, belle palette de saveurs signées par la roche volcanique du Rangen, pierre à fusil, fumée, Tourbe. Bouche élégante, puissante, intense. Excellent
Belle série de Riesling fins et tendus
Pinot Gris
(indice 2)Nez très aromatique, classique des pinots gris, la bouche est puissante avec une grosse acidité et une finale légèrement amère. Très bien
Pinot Gris Vieilles Vignes
(indice 5) Même profil que le précédent, mais avec plus de sucre résiduel (87g), un peu pataud. Bien
Pinot Gris Rotenberg
(indice 1) Nez toasté, grillé. La bouche est un peu mince. Bien
Pinot Gris Heimbourg
(indice 2)Le nez est racé, minéral. Belle bouche ample, l’acidité permet d’équilibrer une grande puissance. Très bien
Pinot Gris Clos Windsbuhl
(indice 4) Nez puissant et complexe, grillé, beau fruit, minéralité. La bouche est ronde, ferme, ample avec une énorme strucure, balancée par du sucre résiduel (37g) et une acidité redoutable. Excellent +

Pinot Gris Rangen de Thann Clos St Urbain
(indice 5) Aucun doute sur son origine. Nez de pierre à fusil, tourbe, fumée, finement pétrolé. Encore un équilibre magistral entre la puissance de la structure, le sucre (46g) et l'acidité qui nétoie la bouche et termine sur de beaux amers. Magnifique, un miroir du Rangen. Grand vin
Gewurztraminer Gueberschwihr
(indice 1) Nez de rose épicée. Ce vin se présente comme étant sec, les faibles sucres résiduels sont bien éclipsés par l’acidité et la fraîcheur de ce vin. Très bien
Gewurztraminer
(indice 3) Nez plus simple, l'acidité est plus tranchante et le sucre plus présent. Pas en place. Moyen
Gewurztraminer Wintzeheim
(indice 5) Nez un peu fermé, très bombon à la bergamotte. Bouche puissante et avec beaucoup de fraicheur. Très bien
Gewurztraminer Herrenweg
(indice 5) Nez très classique des gewurztraminers, rose, litchi. Bouche puissante, belle longueur. Très bien
Gewurztraminer Herrenweg Vieilles Vignes
(indice 5) Même profil avec un peu plus de tous et en prime une acidité qui rince le coichon dixit Chokwine. Très bien
Gewurztraminer Heimbourg
(indice 4) Nez discret, élégant et légèrement boisé, sur des arômes floraux. La bouche est moins vive que les précédentes. Plus de rondeur. Très bien
Gewurztraminer Goldert
(indice 4) Nez floral et vanillé. Bouche moelleuse, épicée et équilibrée. Très bien
Gewurztraminer Hengst
(indice 4) Beau nez de litchi et de fumée. Bouche puissante, grasse et longue. Très bien
Gewurztraminer Clos Windsbuhl
(indice 4) Nez de fleur d'acacias, élégant. Bouche fine, très minérale. Taillé pour la garde. Excellent
Gewurztraminer Rangen de Thann Clos ST Urbain
(indice 4) Superbe nez de bonbon anglais, de thé, de verveine, de mirabelle, d'épice orientale, de café. La bouche est au même niveau. Un délice de fruit et d'épice méllés, grasse, minérale, une trame acide qui tend le vin vers une merveilleuse finale. Unanimité pour un très grand vin. Le coup de cœur des coups de cœur.

Pas toujours facile d'évaluer des SGN aussi jeune mais quel régal
Riesling Brand SGN
SR 172g/l - Beau nez de fruit confit, pur, frais. La bouche attaque sur un air liqueur bien mûre et termine très long sur une forte acidité et une minéralité intéressante. Sa seule faiblesse, il lui faudra 10 ans pour qu'il se dévoile totalement. Grand vin de demain.
Gewurztraminer Herrenweg SGN
SR 148g/l - Très floral, rose, fruit confit. Bouche racée et tendue. Très bien
Gewurztraminer Hengst SNG
SR 166g/l -Nez austère, fermé. Bouche puissante, avec des notes de caramel et une acidité importante.Très bien
Pinot Gris Rotenberg SGN SR 198g/l et Pinot Gris Heimbourg SGN SR 224g/l
Même profil, rôti, belle liqueur, acidité mordante qui équilbre les sucres résiduels. Belle réussite. Excellent
Pinot Gris Clos Windsbuhl SGN
SR 188g/l Nez rôti, fruits exotique, très Sauternes. Bouche ample, lumineuse portée par une belle acidité vers une finale somptueuse. Excellent +
2 heures et demie plus tard, un peu groggy par une telle qualité générale et un peu aussi par l'alcool associé au sucre résiduel, on titube jusqu'à la voiture, dans le froid du bunker de Turkheim et les bras chargés. Comme le dit si bien Schulmeister et avec beaucoup de poésie, tout en urinant dans les vignes : "Après ça t'as les abeilles autour de la braguette". Va falloir un diner de compétition pour combler nos ventres vides de solide. Ça tombe bien, notre cantine est à 3 minutes pendant lesquelles Chokwine va convaincre la madame de la Taverne Alsacienne de nous servir sa célèbre assiette autour du veau, malgré l'heure tardive. En retour en lui assurera une place parmis nos bon plan. Un verre de blanc moyen, un beau Chambolle de Roumier et un café plus tard, on se rentre, des arômes de fruits, de tourbe, d'épices, de rose et une acidité perçante encore au fond de la bouche.
Ce petit voyage à Turkheim, m'a fait me poser la question existentielle du moment: mais qui est ma tête de turc? A l'école, je me souviens, s'était Fulène-Christophène Plustrène, déjà parce qu'il avait un nom à la con, qu'il était petit et moche et que sa mère lui faisait des supers gâteaux, ce qui nous fait une accumulation déraisonnable de bonnes raisons de la martyriser et de lui escamoter ses casse-dalles. Depuis, je ne me suis plus posé la question et voilà ti pas que ça me reprend comme une envie de pisser sur les pompes d'un gros con réactionnaire. J'ai décidé, que ma tête de turc pour 2010, se sera le ténia Zemmour, sans majuscule puisqu'on ne mets pas de majuscule au mot étron. Ce résidu de fosse septique me rend septique justement. Pourquoi a t-il décidé de passer sa misérable sous-existence d'invertébré de droite à cracher sur tout ce qui ressemble, de près ou de loin à la gauche, la sienne de gauche, donc un peu près tous le monde. Ce ridicule journalpute lénifiant et brasseur de vent nous vend ses fientes de prétention culturelle et ressasse inlassablement que tout est de la faute à la gauche. L'insécurité des banlieues, lafotalagôche, la crise, lafotalagôche, la drogue, lafotalagôche, les charges sociales, lafotalagôche, l'immigration, lafotalagôche, Al-Quaida, lafotalagôche… A force d'aboyer comme un klebar sous LSD, il finit par ne plus être crédible. Il est au journalisme ce qu'est le Macdo à la cuisine gastronomque: une merde et ça commence à grave me démanger les phalanges toutes ses conneries, j'en ai plein le cul de me laisser culpabiliser par ce non-penseur et je suis ravi de constater que se forme un front anti-zemmour. Après moultes et intenses reflexions, un gros travail sur mon moi intérieur, quelques heures de yoga et nonobstant le fait que cela n'a rien à voir avec les vins de Zind, que parler d'un con, c'est un peu comme se masturber avec une rape à fromage : beaucoup de souffrance pour peu de résultat, j'en suis arrivé à la conclusion jubilatoire et apaisante suivante : Va chier, ténia sur pattes….
Commentaires
Belle escapade vineuse et gastro avec en prime une belle leçon sur les vins d'alsace, plus je les goute plus j'apprécie et ce n'est pas le cas de tous les vins comme je peux entendre quelques commentaires moqueurs au fond de la classe et pas celle de schulmeister! Bon revenons a nos moutons, oui oui il en bien question des moutons et plus specialement ceux du Windsbuhl, ceux qu'on a mange en saucisson pour rincer le Rangen, ça aussi ça vaut le déplacement.
Mes impressions en résume pour compléter, si c'est possible, le rapport très détaille de notre Vinopat:
j'ai adore, une fois n'est pas coutume tous les vins de debut de degust. Aime les muscats qui des fois étaient trop lourd a mon goût, mais particulièrement apprécie les rieslings droits tranchants avec de matière et un bel élevage, d'ailleurs plus une signature qu'un élevage qu'on pourrait prendre pour une défaut.
100% d'accord avec Vinopat le gewurtz du Rangen est le grand vin de la soirée, il doit être rudement bon pour que je vote un Gewurtz Number one!
Bravo pour le CR!!
J'avais oublié le saucisson du Windsbuhl, un goût de gigot d'agneau en fines tranches, il ne doit pas brouter que de l'herbe mais aussi quelques raisins pour être aussi bon. Tous a une fin même les dégustations marathonique de Zind mais pas le saucisson qui en a deux.
Et pour finir finement sur la finasserie : une blonde tressée, une blonde au carré, une anglo-blonde, une james-blonde, on s’est dit que les blondes du seigneur Zind paraissaient toutes vinifiées sur la même échelle du ciel. Alors que les abeilles ignorent encore l’ivresse de l'icewine sous le blizzard, ces guêpes humbrechtiennes, tournoyant et virevoltant de la découpe du saucisson au tiroir-caisse, nous ont emballé quelques majestueux flacons de divin nectar.
Ma carte bleue fondit en larmes de sucres en passant entre les bagouzes expertes et comptables. Où ‘y a de l’SGN, ‘y a du plaisir... Le Brand grains nobles 2008 ne m’échappera pas, bientôt, l’an prochain en mars ? pareil !
Pour une première c'est une belle première humbrechtienne bien blonde et sucrée à souhait, dommage que l'addition soit si salée.
J'en profite pour t'attribuer une belle couleur orangée
C'est ki cui-là ? En orange tchernobyl ?
Olivier Humbrecht, lui, haut comme le jour, les mains marquées par le travail de la vigne, est depuis 3 ans le SEUL frenchy à avoir décroché le plus prestigieux concours du monde du vin, celui de "master of wine". Un maître, le tout meilleur of the world selon Bob l'éponge. Et pour certains d'entre nous aussi.
Schulmeister of ... une bande de bonobos lobotomisés au coca-menthos et kinder-guano se retire et laisse trace écrite, en toute modestie, et pour plaire à Юлія Тимошенко, la pasionara bretzel, blonde-orange ukrainienne, à Schulwine -soiffard blog-orange.
Ki a dit soda-modem face-heu-book-heu ?