oldwine.jpgÉlu troisième président des États-Unis en 1800, Thomas Jefferson eut selon ses mots deux patries, son pays et la France où il séjourna cinq années, de 1784 à 1789. Ministre plénipotentiaire d’un gouvernement de transition, il fut absent de la Convention de Philadelphie qui dota les États-Unis de leur constitution en 1787. Il connut l’Ancien Régime et vécu la prise de la Bastille. Si aujourd’hui nombre d’Américains, amateurs de nos crus, célèbrent le "French Paradox" qui associe selon eux la consommation du vin rouge à la santé naturelle des Français, paradoxe semble être aussi le terme adéquat pour traduire l’esprit Jeffersonien à la jonction de deux mondes. Jefferson était également un très grand spécialiste des vignobles Français et d'Yquem en particulier. En mars 1789, Jefferson entame un nouveau parcours qui le conduit en Hollande avant de gagner l’Allemagne. A la mi-avril il est à Strasbourg où le vin de paille lui paraît surfait et hors de prix à 9 livres la bouteille. Il laissera quelques bouteilles d'Yquem 1787 à un négociant local qui les oublia dans sa cave. Une des bouteilles a ressurgi de la nuit des temps.

Yquem 1787

Couleur noir ambré très foncé. Visqueux, énorme larme sur le verre et dans nos yeux. Un nez d'une finesse et d'une ampleur incommensurable, léger volatile à l'ouverture, puis de merveilleux arômes de cacao, de café, de caramel, de sucre candi se mêlent et amplifient le bonheur. La perfection faite vin dans sa concentration et dans son équilibre magique. Une liqueur à mâcher, l'acidité laisse la bouche sur des notes de menthol d'une extrême fraicheur. Il n'est pas long mais interminable. Une merveille qui ne présente aucun signe de fatigue. Un grand choc organoleptique, une bombe atomique pour un oenophile.

Une bouteille idéale sur un poisson….. Mythoné en avril