Quand un vigneron à la retraite depuis dix ans distille encore quelques bouteilles de vieux millésimes pour arrondir ladite retraite, ça m'intéresse. S'il a été un adepte du vin naturel, bio, qu'il ne produisait du vin que les grandes années (le reste du temps, il vendait son raisin), qu'il ne commercialise ses vins qu'à leurs apogées, que Camille Loye est un personnage haut en couleur, qu'il prévienne ses clients (sur l'étiquette figure la mention "Dans ce vin vinifié à la bonne vieille méthode, le dépôt est chose normale", qu'il vende actuellement ses 88 et mes sens me disent que ça doit bien se goûter et me réconcilier avec les vieux Trousseau. C'est avec la curiosité d'une vieille chatte que j'aborde cette bouteille.

Arbois rouge 1988 Camille Loyeloye.png

Robe rubis, très claire, avec des reflets orange, légèrement trouble. Le premier nez est animal, légèrement réduit (aurait mérité un léger carafage), puis s'ouvre sur des arômes d'herbes fraiches, de petits fruits rouges, de ronce, de réglisse, d'épices. On est sous le charme de cette magnifique bouche, un vin vinifié à la bonne vieille méthode, c'est séveux, terreux, très personnel, une fine sucrosité enveloppe le palais et équilibre une acidité persistante qui vous emmène vers une belle finale mentholées. Superbe.


En prime, un petit apéritif dominical, un Riesling Hommage à Jean Hugel

Riesling Hommage à Jean Hugel 1998 Hugel & FilsHugel_Riesling.jpg

Belle robe or dorée et brillante. Merveilleux nez très mur, de mangue, d'ananas, de citron, de thé vert, de sauge, d'encaustique avec de fines notes pétrolées. La bouche est pleine, grasse, riche, sucrée, racée avec une ligne acide droite qui affine le vin. La persistance est grande et charmeuse. Superbe.