img_7678_copie.jpgArrivé vers Salpines et là, c'est le drame, la veille, tu a vu un Western et tu décides de tenter l'aventure, de partir au grand galop dans la plaine encore fumante. Tu sors à Mouflette-sur-Meuse, effectivement, les panneaux sont explicites, à gauche tu as Mouflette-sur-Meuse et à droite la D448 vers Mouflette-les-Belles-Gambettes, rien d'autre. Ton GPS viens de rendre l'âme, tu essaies vainement de trouver une carte, tu as bien un plan de Bruxelles, un plan de Paris, la carte de routes de Bourgognes et une très vieille carte de France, mais, manque de bol, il te manque juste le secteur où tu te trouves, juste là maintenant, et inutile de préciser que ton pote Herménégilde est sur répondeur. En plus, ton GPS étant aussi ton téléphone, tu es dans la mouise. Tu maudis ton pote pour 20 générations, tu inventes même des insultes qui feraient frémir la confrérie des charretiers. Tu prends à droite en te disant que c'est surement à gauche. Deux tracteurs et une bétaillère plus tard, tu tombes sur un Suisse Allemand qui s’est manifestement perdu et avance à 7 kilomètres heure en usant frénétiquement de son clignotant tous les 5 mètres. 3 km plus loin, la bave aux lèvres, tu le dépasses, en pleine montée, sur une ligne continue en lui mimant l'intégralité du Kamasoutra avant de te rabattre à 3 millimètres de sa Skoda toute neuve en faisant couiner de peur la vieille rombière assise à côté du Suisse Allemand. Tu t’arrêtes à Ceintrey, qui porte bien son nom, les indigènes qui peuplent cette riante bourgade parlent un patois local qui ressemble à un mix entre le Buschmen et le xhosa, impossible de faire semblant de comprendre. A la terrasse du café "Aux deux poulets qui se bécotent la croupe", deux vieux paysans sont incapables de m'indiquer la bonne direction, ça fait au moins 30 ans qu'ils n'ont pas vu autre chose qu'une vache. Leur accent m’irrite les esgourdes, c’est quoi cet accent! On dirait un mélange entre du AC-DC chanté par Arielle Dombasle avec une touffe sur la langue, j’en ai les oreilles qui saignent. Grâce à quelques gestes simiesques, ils vont tenter de m'indiquer le seul chemin de fuite. Comme je suis têtu comme une moule, je reste sur cette route de merde, avec le mal que j’ai eu à la trouver, je vais pas la reperdre, bordel. Il ne me faut que trente minutes pour parcourir les 13 kilomètres suivant, je suis grisé par la vitesse et le soleil et 300 mètres plus loin survient le nouveau drame, habilement déguisé en déviation. Je fais 3 fois le tour de Vulvette-les-Miches, ce bled doit être monté sur un vérin hydraulique pivotant pour éviter tout repérage possible, fatigué, fourbu, je finis par trouver la route qui même à Chaligny. Mon GPS vient de se remettre à fonctionner et je constate fièrement, qu’effectivement, le raccourci m’a fait gagner 84 mètres et perdre 48mn. Heureusement il y a a boire…

Champagne Albert Levasseur

Robe paille, fines bulles, nez citronné, légèrement herbacé avec des notes d'amande, de noisette et d'acacias, très chardonnay. La bouche est muette (servit très, voir trop frais), on perçoit à peine, une matière mince et une longueur honnête. Bien

Entre-Deux-Mers Château Chantet-Blanet 2008

Après un aller-retour au frigo pour cause de manque évident de fraicheur, le nez se présente mieux, très Pessac. Expressif, citronné, floral avec des notes d'anis et de chèvrefeuille. La bouche est nette, la matière est moyenne avec un équilibre satisfaisant. Encore bien jeune mais assez plaisant. Bien+

Sainte Foix Cuvée des Demoiselles 2006 Château Hostens Picant

50% sémillon, 45% sauvignon, 5% muscadelle
CH PONTAC MONPLAISIR.jpg Nez aromatique, d'amande, de coing, de citron confit, très floral (lilas, œillet), un peu de fougère, un manque évident de peps (trop sémillon à mon goût). La bouche est à l'image du nez, molle, grasse, sans attaque avec une matière importante mais pas d'acidité pour équilibrée le vin. Trop jeune? Bof

Pessac-Léognan Château Pontac-Monplaisir 1999

Belle robe vieil or. Le nez se développe tranquillement sur des arômes de pêche, de fleur d'acacias, de citron vert et quelques notes tertiaires de sous-bois. La bouche est aromatique, puissante, sur une belle matière, un élevage important mais fondu qui participe à l'équilibre d'ensemble. Un vieux Pessac épanoui. Très bien

Pessac-Léognan Château Carbonnieux 2006carbonnieux.jpg

Carbonnieux est un des plus grands de la région et un de mes préférés, je le concède. Nez typique du sauvignon jeune, très ouvert, aromatique, expressif, fruits blancs, fleurs blanches, citron, menthe avec une pointe finale un peu herbacée mais on pardonne quand on aime. L'attaque est franche, la bouche est fine, minérale, élégante, avec toujours un peu de menthe qui apporte fraicheur et charme. Belle longueur. Je le note très bien alors que les autres l'on très moyennement apprécié. La passion doit rendre aveugle?

Graves Château Rahoul 1999

Robe légèrement cuivrée. Nez bien boisé, miellé, sur les fruits confits et avec une pointe oxydative terminale. En bouche, c'est mince, l'attaque est faiblarde, la matière est moyenne, le vin est déséquilibré, peu vif, avec une dichotomie importante entre le nez et la bouche. Bien

Bordeaux Château Fombrauge 2005chateau_fombrauge.jpg

41% Sauvignon, 21 % Sauvignon gris, 33% sémillon et 5% muscadelle sur 1 hectare 3.500 Bts produites. Un presque St Emilion (puisque pas de blanc à St Emilion) au nez bouqueté, racé, empyreumatique avec des notes de citron, d'amande, de chèvrefeuille, de vanille. La bouche est ample avec une grosse matière bien équilibrée par une fine acidité. Très long et très bien.

Pendant que nos bleus nous consternaient et se ridiculisaient avec l'entrain d'une bonne gagneuse, on débutait par une série de blanc qui a mis en évidence la fraicheur et la vivacité des Pessac-Léognan qui ont une palette aromatique et florale supérieure. Le Sainte Foix est trop marqué par le Sémillon et manque cruellement de fraicheur. Malgré ses 11 ans, Pontac-Monplaisir est épanoui, alors que le Château Rahoul est sur le déclin. Carbonnieux a divisé, personnellement j'ai aimé, l'entre-deux-mers est proche des Pessac et le Fombrauge, même si je trouve son élevage un peu poussé, à fait l'unanimité.

Lussac St Emilion Clos Haut Martin 2005

Nez modéré, très boisé, avec du poivron, une touche de poivron et encore du poivron, en cherchant bien, on découvre un peu de cannelle, du fumé sous le poivron. L'attaque porte bien son nom, c'est acide, sur le fût de chêne, un peu de cassis vers le milieu, une dureté en bouche à faire pâlir un diamantaire et une finale tannique, plate et poivronnée. Bof

Côtes de Castillon Château Vieux Champs de Mars Johanna 2000

La cuvée Johanna est produite à partir de très vieilles vignes de merlot, dont certaines ont plus d'un siècle. Robe profonde entre le noir et le violet. Le nez est expressif, serré et intense, épicé avec des arômes de gelée de cassis et de mûres, de ronce, de chocolat et de silex avec une pointe animale. En bouche, il y a une grande pureté de fruits bien mûrs, c'est ample, étoffé avec des tanins ronds, sage et une finale explosive sur les fruits noirs. Un castillon aux allures de Gevrey puissant. Très bien+

Haut-Medoc Sociando-Mallet 2004Sociando Mallet.jpg

55% Cabernet sauvignon, 40% de merlot et 5% de cabernet franc.
Robe brillante, rubis. Le nez est intense, il se développe sur des notes de fruits noirs, de balsamique, de jus de viande, de thym, de caramel et de cannelle. La bouche est fine, les tannins sont souples et tapissent agréablement le palais, ça manque un peu de tension finale, mais la longueur est bonne. Très bien

Fronsac Château La Rivière 1995

Un nez de barrique, de vagues arômes fermentaires, de fruits indéfinissables. Une bouche fluide, faible, diluée, des tannins asséchants, verts, une présence en bouche quasi inexistante, du bois, beaucoup de bois, un vin sans âme ni vertu. Vraiment pas à son avantage, surement déjà trop vieux. Bof

Haut-Médoc Sociando-Mallet 1995

55% Cabernet sauvignon, 40% de merlot et 5% de cabernet franc.
Robe rubis grenat et disque orangé. Beau nez de tabac, de boîte à cigares, de bois noble, de goudron, de cassis, de poivron et d'épices. La bouche laisse a peine transparaître l'évolution du vin, les tannins sont fins, élégants, soyeux, la belle et grande finale minérale, épicée porte le vin. Un vin juvénile et magnifique. A défaut de Seigneur un excellent Bourgeois.

Saint-Emilion Château Pavie-Macquin 1995pavie macquin.jpg

Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon Robe violacée, légèrement orangée. Au nez, la palette aromatique est tertiaire, cuir, fourrure, ambre, du cassis, de la framboise, café, épices et une minéralité importante (graphite). La bouche est puissante, généreuse, avec des tannins serré, riche et ferme mais agréable, beaucoup de tenue et une belle expression minérale en finale. Excellent

Médoc Château la Tour de By 1995

65% cabernet-sauvignon, 30% merlot, 3% cabernet franc, 2% petit verdot
Robe violacée. Le nez est bien développé, légèrement réduit, puis sur des notes grillées, fumées et torréfiées. Petit manque de fruits, mais malgré cette austérité affichée, c'est plutôt plaisant. La bouche est finement boisée, sur une belle matière et avec des tannins ronds et élégants. L'équilibre général est excellent et la finale agréable. Très bien

Pessac-Léognan Château Haut-Brion 1995HautBrionE.jpg

55 % de Cabernet-sauvignon, 25 % de Merlot, 20 % de Cabernet Franc
Le nez est d'une grande complexité avec des arômes d’une étonnante jeunesse, cassis, mûres, graphite, pain grillé, tabac, café, bois de santal, cuir, gibier font une farandole. L'attaque est franche et aromatique, la bouche est sphérique, à la fois élégante et austère, cistercienne. Les tannins sont soyeux et fondus et la persistance exceptionnelle. Un Haut-Brion à la fois classique et avec beaucoup de personnalité. 15 ans et pas une ride. Grand vin

Le Lussac St Emilion est une caricature de poivron, le Fronsac La Rivière est mort alors que le Côtes de Castillon Château Vieux Champs de Mars a de beaux tannins chocolatés dignes des bons Pomerol. Sociando-Mallet est situé à St. Seurin de Cadourne, à la limite septentrionale de St. Estèphe, c'est la coqueluche des amateurs de crus Bourgeois, un des plus fameux crus bourgeois (non revendiqué) actuels, dont tout le monde estime le niveau à celui d'un bon 3ème cru classé et qui est capable sur certains millésimes d’égaler, voire de dépasser les plus grands, même si cela est contesté par les ardents défenseurs de la hiérarchie bordelaise archaïque. C'est un de mes crus fétiches (Benoit, puisque c'est lui qui a apporté le 2004 a aussi amené le Carbonnieux, donc coup double). Sociando-Mallet commence alors véritablement à faire parler de lui au début des années 80 avec un millésime 82 considéré comme d’anthologie. Plusieurs bonnes années se succèdent, avec un 89, un 90 et 95 à la réputation flatteuse. Innombrables sont les récits de dégustation dans lesquels on narre les exploits de Sociando-Mallet face aux crus classés des plus hauts échelons de la hiérarchie bordelaise. Le 2004 n'est pas encore à son apogée, contrairement au 1995 qui est mature. La Tour de By est de la même veine, rapport qualité prix exceptionnel, avec un potentiel de vieillissement important. Avec Pavie Macquin, on monte une marche qualitative, une expression d'un terroir plus affirmée, un peu de classe et de race en plus. Haut-Brion est le prototype du grand cru Bordelais. Le soin jaloux apporté à la culture de la vigne de ce Château situé au milieu de la ville, sa capacité à vieillir plus que ses voisins, atteignant avec aise une vingtaine d'années, voire même beaucoup plus, les hommes qui y travaillent, la modernité des installations, la vinification conduite avec art, tout contribue au succès d'un domaine qui produit un très grands rouges, mais aussi un rare et magnifique vin blanc. On se termine avec l'antiquaire du Sauternes. Gilette est légendaire pour ses vieux millésimes. En effet, Julie Gonet-Medeville ne commercialise ses vins qu'après vingt ans de vieillissement. Les rendements sont extrêmement faibles, entre 5 et 10 hl par hectares et ce nectar doit être exceptionnel pour mériter l'appellation "crème de tête" et passer plus de quinze ans en cuves de ciment avant d'être mis en bouteilles et vendu quelques années plus tard.

Sauternes Crème de tête Château Gilette 1986gilette.jpg

94% Sémillon, 4% Sauvignon, 2% Muscadelle
A chaque fois que je bois Gilette, c'est un grand moment. Ce vin est élevé 20 ans avant d’être mis en bouteille. 50% de passerillage et 50% de pourriture noble. Le nez est l'archétype du Sauternes jeune, orange amère, citron confit, pamplemousse, petit biscuit sec, muscat avec un léger rancio final. La bouche est pleine, dense, la liqueur tapisse le palais avec harmonie et finesse. La longueur est admirable et la bouche se termine sur de magnifiques amers. Un vin pas rasoir, à l'équilibre magistral, sculptural. Grand vin