Le mollusque a trente huit mots de vocabulaire, et encore quand il est pas défoncé, c'est-à-dire quasiment jamais. Il est constamment en train de se prendre le choux avec ses potes: "ziva, ouech, fait tourner yo" et son pote d'ajouter : " C’est clair, putain fait grave chier c'tenculé de yo, ce galérien est un putain de profiteur bordel, y raque jamais le teuchi". Le dénommé Yo, surement Yohann Gourguff ou Yolande Moreau, de répondre :"zêtes pas cool les queum". C’est stupéfiant, même les petits branleurs sont bourgeois! Ils trouvent anormal de ne pas raquer pour profiter des choses. Les céphalopodes sont d’un conservatisme confondant. Comme le Baba cool de la Fac de Médecine qui ne paie pas sa menthe à l'eau alors qu'il dépense une fortune pour trouver ses frusques en chanvre et en peau de bite d'indiens morts. Je passe rapidement sur tous les connards en T-Shirt chateau_mouton_rothschild_t335.jpg"Che Guevara" fabriqué par des niakoués exploités par des multinationales capitalistes qui se servent du fric de ses petits branleurs pour nous niquer la croissance. Parfois, au détour d'une rue piétonne, tu rencontres deux beaux punks amoureux qui promène leur épagneul breton en écoutant cette daube en tube de Daft Punk. Il ne manque plus que les charentaises, le crédit de la maison et le Volvo break dans le garage pour compléter le tableau. No Futur, certes mais avec une petite vie bourgeoise quand même, faut pas que déconner. No futur, ça fait gerber. Les vrais No-Futur sont dans les bistrots à se séguer les amygdales avec le premier truc un peu fort qu'il leur passe devant le bec et qu’importe si la chemise à jabots n’est pas raccord avec le pull troué et le pantalon vert de chez Emmaüs. Question doctrines bourgeoise, ils sont plus souples, ils ne font jamais les comptes et ne regardent pas à la fin qui a payé quoi car de toute façon ils sont décalqués. Tu ne trouveras même pas une faible lueur d’espoir dans l’œil aviné du poivrot qui va se taper ses 6 litrons de jaja habillé comme un épouvantail. Ce sont les seuls et véritables punks qui souillent le libéralisme d’une bonne gerbe de pinard. Je conchie les faux punks de Prisunic, les baba cools de faculté, les Che Guevara d'opérette, les bobos tatoués qui arborent ça comme une marque d’anticonformisme ainsi que ces connasses habillées comme des putes endimanchées qui portent des piercings aux lèvres et qui finiront le nez sur le carrelage de la cuisine à frotter en attendant que leur mari rentre du boulot pour les honorer… Je sais aujourd’hui je suis un peu énervé, mais c’est la faute aux Bordelais qui tentent de nous raketter tout notre oseille pour des primeurs à deux balles qui probablement ne seront buvable que dans 20 ans! Quand l'Ausone est au prix du Smic, je ne respire plus et ça fait un gros trou dans mon budget. Pour certains, c'est l'ivresse des grands crus. "Cochonou", alias Michel Reybier l'Heureux, le bienheureux, propriétaire du Château Cos d'Estournel et de quelques charcuteries industrielles, a investi plusieurs dizaines de millions dans un étourdissant chai enterré et a, dans la foulée, triplé le prix de son élixir. Faut dire que Bob l'éponge a adoré son 2009, puissant, dense et alcoolisé, il titre plus de 14°, du jamais vu dans le Médoc, avec des arômes de chocolat amer et de confiture de fruits noirs, pas très Médocain, mais sacrément vendeur! Un peu Australien quoi, mais plus cher. Cette flambée est une aubaine pour les seigneurs du Médoc, ceux qui s'épient pour savoir jusqu'où aller trop loin. Margaux et Pauillac Phylloxéra sont Bordelais, alors leur petit branleur, z'ont qu'à le garder, la gaver au Mouton, ça leur évitera de venir nous tondre.

Les Soiffards ont donc décidé d'aller voir si les vieux Margaux et les anciens Pauillac étaient encore bons, peut être pas avant le Phylloxéra, mais avant que des moutons même pas Rotschilien aient décidé de suivre un joueur de flûte nommé Robert, qui leur a dit que leurs vins étaient beaux et les Bordelais se sont mis à y croire et à danser. Aujourd'hui, certains confondent le goût du vin et le goût du bois et finiront pas faire le même vin qu'en Californie, en Australie, au Chili ou en Italie. Le vin industriel se fiche de l'année et du terroir, puisque sa vocation c'est d'avoir toujours le même goût, quel que soit le temps et l'endroit d'où il provient.

1. Marlborough Sauvignon 1997 Cloudy Bay1_-_cloudy_bay_sauvignon.jpg

Robe or verdâtre. Nez très expressif de pamplemousse, de citron, de mangue, de pomme verte, d'abricot, d'herbe fraiche. La bouche est légèrement sucrée, bien équilibrée, la matière est ample, belle, sans trace d'évolution, fraiche et longue. Un beau Sauvignon atypique et délicieux. 13.58 Bien

2. Caillou blanc 2007 Château Talbot

80 % de sauvignon et à 20 % de sémillon Arômes déviant, pas net, problème de bouteille.

3. Pavillon Blanc 2005 Château Margaux3_-_pavillon_blanc.jpg

Nez bouqueté, de fruits exotiques, de pêche, de vanille, de grillé toasté avec des petites traces d'évolution. La bouche est ample, grasse sur un fruit très mûr et une acidité suffisante pour équilibré une grosse matière et un boisé pas complètement fondu. C'est un Sauvignon vraiment étonnant, sa texture, ses arômes et sa forme en bouche évoque plutôt un sémillon. Grande longueur. 15.38 Très bien

4. Pavillon Blanc Château Margaux

Bouchonnée

5. Y D'Yquem 19794_-_Y.JPG

50% Sauvignon et 50% Sémillon Magnifique robe ambrée, vieux cognac. Superbe nez truffé avec des notes de coing, d'ananas, d'orange confite, de fenouil, de miel d'acacia, de nougat. La bouche est droite, riche, moelleuse, grasse, épicée et tendue par une belle acidité. Grande finale florale et mentholée. Les 30 ans se devine à peine. 17.92 Excellent

Aussi insolite que ça puisse paraître, le blanc sec en terres médocaine n’est pas si "OVNI" que ça. Château Margaux porte depuis des siècles la forte tradition d’un blanc à la noblesse de caractère bien affichée…La production de Pavillon Blanc est une tradition séculaire à Château Margaux. Vendu au XIXème siècle comme "vin blanc de sauvignon", il existe sous la marque "Pavillon Blanc du Château Margaux" depuis 1920. En préambule, le Néozed avait bien introduit le Sauvignon alors que Caillou blanc a un pet au casque, comme le Pavillon blanc dont le millésime n'était plus visible mais qui devait frôler les vingt ou vingt cinq ans. Est-il encore nécessaire de présenter le Château d’Yquem, le nom de ce domaine, élevé au rang de premier cru supérieur en 1855, résonne comme l’un des symboles de l’art de vivre et du luxe à la Française. Si Château d’Yquem est mondialement connu pour ses vins liquoreux, les initiés savent aussi que parfois, le domaine produit "Y", un grand blanc sec issu du même terroir exceptionnel et des mêmes vignes que son illustre aîné. "Y" n’est pas produit tous les ans. Depuis 1959, il n’y a eu que 23 millésimes. Les cépages sémillon et sauvignon entrent généralement à part égale dans l’assemblage alors que pour le liquoreux, le sémillon domine. Ce 1979 restera comme une étoile filante dans le ciel des Sauternes. Une bouteille rare, amenée par le nouveau Soiffard, Régis, dit rage, qui remplace Olivier, pris par ses obligations kakatekesque. Pour vous donner une idée du personnage, Rage est un grand garçon long d'environ un mètre nonante, comme diraient nos amis Belgo-Helvètes. Il dispose d'un visage aristocratique de garçon coiffeur pour bichon maltais dans une banlieue pour milliardaires névrosés. Il se murmure qu’il n’aurait jamais passé son examen de coiffeur pour dames et donc, qu’il exercerait illégalement le brushing, d'autres affirment qu'il serait chercheur en blagues drôles dans Hélène et les garçons et qu'il aurait pour cela, des qualités aussi physiques qu’antiques, donc pas vraiment pratique pour pratiquer. Il est pourvu de quelques bonnes adresses de bordels à Rotterdam, et de non moins bonnes adresses de vignerons aussi Alsaciens que Loiriens. Il est également le spécialiste de son immeuble en matière de primeurs, et je ne parle pas de chou-fleur ou de carottes. Ajoutez à ce portrait stupéfiant, le regard charbonneux et ombragé, comme on dit dans la littérature de haut niveau, de David Duchovny, capable de faire se pâmer toutes les serveuses de gogo bar entre Furchausen et Wilgotheim et vous aurez un topo assez précis de la bête. On l'a adopté depuis qu'il nous a avoué publiquement qu'il ne se couche jamais sans se frotter le torse avec une gousse d’ail pour ne pas se faire mordre les tétons par des vampires. Il y tient à ses tétons, transpercés de deux piercings servant de base à une monumentale gourmette de 13 kilos en faux or massif, avec le doux prénom de Régis en gaëlique inscrit dessus ! La classe

6. Margaux Château Prieure-Lichine 19865_-_Lichine.jpg

44% Cabernet Sauvignon, 44% Merlot, 6% Cabernet Franc, 6% Petit Verdot. Robe à peine tuilée. Le nez est puissant, complexe, sur les épices, le cassis, la prune, les sous-bois et le champignon. La bouche est fine, élégante, les tannins sont soyeux. Malgré la matière mince mais plaisante, le vin possède un charme naturel et une belle longueur. 14.79 Très bien

7. Pauillac Carruades de Lafite 1986

50 à 70% cabernet sauvignon, 30 à 50% merlot, 0 à 5% cabernet franc et petit verdot Nez réduit, avec des arômes pas très nets de champignon, de solvant, de carton mouillé. 6_-_Carruades.jpgEn bouche, ce n'est pas beaucoup plus brillant. La matière est plutôt belle, les tannins sont souples mais les notes déviantes gâchent le plaisir. 13.33 Bien

8. Margaux 2007 Pierre Chanau Ginestet SA

Prix pamplemousse pour cette robe rouge vinasse, prix citron pour ce nez au relent de vieilles cerises javellisées, de pain humide moisi et de serpillière de pissotoire. La bouche est un mélange de boisson médicinale et de choux de Bruxelles rance. La longueur est phénoménale, dommage que se soient aussi dégueulasse, on a même du mal à s'en défaire. Pour se débarrasser de ce déchet toxique, il ne reste que les toilettes. -20 sur l'échelle de Bob l'éponge. 11.60 Moyen

9. Pauillac Haut Padarnac 2004 (2° de Pedesclaux)

50% Cabernet Sauvignon, 50% Merlot L'étiquette précise bien "élevé en fûts de chêne", s'était même pas la peine de préciser, le premier nez ne trompe pas, on comprend mieux ces notes de bois à l'ouverture, ça ne trompe pas. Pour être honnête, il n'y a pas que ça, mais aussi des notes de cerises noires, de violette, Rhodanien quoi! La bouche est plutôt ronde, pas d'une grande maturité, un brin végétale, les tannins sont virils mais pas désagréable et d'une longueur honnête. Ya pas d'arnaque, ça aussi s'était sur l'étiquette. 13.75 Bien

10. Margaux Château Dauzac 1999

Pas de marque d'évolution, poivron, prune, épices et des notes de graphites. Le boisé est bien intégré, la matière est fine et élégante, les tannins sont souples et agréable comme ce Margaux très classique. 14.58 Très bien

latour3.jpgJ'ai décidé d'un commun accord et après concertation avec moi-même, de commencer par un Margaux et un Pauillac des plus classiques. Le Prieuré-Lichine est bien un Margaux, c'est même noté sur l'étiquette, fin, soyeux, malheureusement les Carruades de Lafite sont une ruade au cul de ceux qui aiment le bon Pauillac. Carton mouillé façon Ducru. Pour voir si les Soiffards ne dormaient pas sur leur feuille de laurier, j'ai acheté, oui tout arrive, un Bordeaux de supermarché, et pas n'importe lequel, un Margaux à 10€. Je vais me servir du fascinant laboratoire en mouvement perpétuel que constitue l'équipe des Soiffards, qui n’a d’égal pour le non-initié que le Calamin dans sa faculté à te coller un mal de crâne encore plus douloureux que l’écoute du dernier tube de Cali. Résultat, ya quand même un Soiffard qui y a mis 13 et je tairais son nom par charité Chrétienne, enfin, sauf si vous me demandez qui… Là, c'est le coup de la panne de sens. On est jamais à l'abris d'une mauvaise rencontre, d'une mauvaise coucheuse, une qui ne casse pas trois pattes à un canard, même après l'avoir anesthésié, le canard, avec le contenu de la bouteille, pour lui faire oublier le génocide de ses congénères à la veille de noël. Pire qu'une Hautes Côtes d’ennui ou qu'un Château Bidule en premières côtes de Berck, il y a la bouteille qui ne ressemble à rien. Pour connaître le grand frisson vineux, il est essentiel d’avoir connu quelques grandes déceptions. Au moins dans une logique de comparaison essentielle qui te permettra de savourer comme il se doit les moments de grâce. Pour apprécier l'amour, il n'est pas nécessaire d'avoir été fouetté pendant 3 jours par une vieille pute dépressive et insomniaque, non mais ça aide. Après ça, tu es un homme, un vrai, un qui savoure même les blagues d’Arthur et les choux de Bruxelles… Revenons à nos Moutons pas Rotschilien, certains vous diront que ce Margaux, même si on met en avant ses nombreux défauts, est buvable et que ce n’est qu’un petit vin, soit, mais même un petit vin peut être bien fait et apporter du plaisir, même petit, alors que celui la n'en apporte aucun, pire il n'a aucun nez, aucune matière, aucun caractère, bref, aucun intérêt. Pierre Chanau embouteille tout ce qui lui passe devant le pif, soit 18 appellations d’origine différentes, c’est un monsieur qui a beaucoup de propriétés, un gros vignerons qui fait du fric: Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Gaillac, Roussillon, Rhône, Anjou, corse et même un Pinot gris d'Alsace… On pourrait se contenter d'ironiser sur le goût très prononcé pour le foutage de gueule de se genre de vinasse et le gout de l'argent pour se genre de "vigneron", mais c'est plus grave que ça. L’adjonction de l'élevage en fûts de chêne, de la mise à la propriété ou au domaine ou au château qui enracine dans le terroir le pékin moyen, n'est un gage de rien du tout, surtout pas d’authenticité. C'est juste une arnaque. Se cacher derrière son petit doigt ou plus précisément derrière des vessies que l’on fait prendre pour des lanternes relève la manipulation vineuse, vouloir transformer un vin quelconque en un vin authentique rien qu'en ajoutant Margaux en gros est une foutaise, et une foutaise à 10€ qu'en même. On termine cette série au Château Dauzac où a été inventée la bouillie bordelaise, un Margaux agréable, sans grand charisme, mais bien fait comme le Haut-Padarnac. Sur celui là, il n'y a pas d'arnaque, certes, ce n'est pas un grand vin, mais à ce prix, c'est un bon RQP.

11. Margaux Pavillon rouge 20017_-_PavillonRouge.jpg

75% Cabernet Sauvignon, 20% Merlot, 5% Petit Verdot Nez très développé de cerise noire, de cassis, de poivron, de fumée. La bouche est dense et élégante, fine, la matière n'est pas énorme, les tannins sont polis, savoureux, harmonieux, pas d'une grande concentration mais d'une belle finesse aromatique et d'une remarquable longueur. Devrait encore beaucoup se bonifier. 15.63 Très bien

12. Margaux Pavillon rouge 2004

75% Cabernet Sauvignon, 20% Merlot, 5% Petit Verdot Le petit frère du précédent, avec en plus des notes chocolatés, viandée et toujours ses arômes de fruits noirs très mûrs avec quelques épices en plus. La bouche est puissante, moins fine que le 2001, plus ferme, avec un grain moins polis mais avec des notes fraiches en finale. 14.55 Très bien

13. Pauillac Pontet Canet 19958_-_Pontet_Canet.jpg

56% Cabernet Sauvignon, 37% Merlot, 7% Cabernet Franc Robe légèrement tuilée. Le nez est d'un grand classicisme de Pauillac. Cèdre, tabac, cassis, prune et figue. L'attaque est nette, franche, la matière est dense et le grain des tannins relativement fins mais asséchants en final. Un vin racé mais sec en fin de bouche. 15.55 Très bien

14. Pauillac Grand Puy Lacoste 1986

Bouchonné

15. Margaux Brane-Cantenac 19899_-_branecantenac.jpg

Superbe et complexe nez de mûres, de cassis, de pruneau, de chocolat au lait, de tabac blond et de cuir. La bouche est tout en douceur, en élégance, ronde avec des tannins souples et délicieux, la matière est encore dense et la finale est longue et magnifiquement minérale. Superbe. 15.83 Très bien.

16. Pauillac Pichon Comtesse 1999

47% Merlot, 37% Cabernet Sauvignon, 9% Cabernet Franc, and 7% Petit Verdot Beau nez de fruits rouges, de groseille, d'amande, de vanille et de tabac blond. L'attaque est nette, sur une matière forte et des tannins pas encore fondus, une bouche sèche en finale. Un peu plus de vivacité lui aurait été salutaire. Un style américain pas prêt. 14.29 Très bien

Pichon_Comtesse.jpgL'humanité entière à découvert Paul le Poulpe à la romaine pendant la coupe du monde de foot avec les pieds. Je le dit haut et fort, Paul le Poulpe est un putain d’imposteur, ce céphalopode n'a pas prédit que Domenech allait tous nous ridiculiser, que Ribery allait tirer aux putes et que Titi allait se faire bouffer par Bernard Minet. J'ai rien contre les pieuvres, les seiches et même les calmars géants, mais bon, sans aller jusqu'au raciste honnêtement, ils se ressemblent un peu tous, non? Chez les Soiffards on a une pointure, notre Pythie à nous, une pythie des temps modernes qui répond toujours n’importe quoi quand il ne sait pas quoi dire. Faut dire qu'il a un boulot monstre le JeanDa, puisque c'est de lui qu'il s'agit, son boulot est pénible et astringent, il a le teint hagard et la cerne espiègle de ceux qui abusent de la purée à l'ail et du Gigot de 7 heures, d’où l’expression “il vaut mieux faire envie que Pythie”. On s'est déjà envoyé une bonne dizaine de rouge en 12 minutes et 23 secondes, le principe du Margaux soyeux et du Pauillac sur le cèdre et le café est acquis pour tous les soiffards qui font leur rentrée à la foire aux vins. Tous sauf la Pythie qui fait de la résistance, parfois, ses réponses sont fausses, d'autre fois elles sont à côté de la plaque, mais toujours sibylline alors que Sybille ne se montrait jamais pythoyable. Il se murmure dans les milieux autorisées que le fait qu'il se trompe toujours est en fait une ruse pour nous mettre sur la voie, il est vrai qu'une erreur peut devenir exacte, selon que celui qui l’a commise se soit trompé ou non. Dit toi, mon petit JeanDa que toutes les familles ont leurs moutons noirs, leurs brebis galeuses, leurs ânons manquants, leurs canards laqués, si un jour tu te sens inutile et déprimé, souviens-toi, un jour tu as été le spermatozoïde le plus rapide de la création. Pavillon Rouge 2001 est un petit bonheur de Margaux, prêt et encore avec pas mal de potentiel sous la godasse, le Pavillon Rouge 2004 n'est pas encore fondu, ses tannins sont encore fermes mais le temps en fera un beau vin. Pontet Canet 95 est encore plus dur, plus Pauillac, normal c'est un Pauillac, tous le monde avait deviné, sauf la Pythie, qui se ressert pour la quatrième fois de la purée et la sixième de gigot. Grand Puy Lacoste est bouchonnée, coup double pour Gérard, on ne peut pas avoir toujours de la chance comme avec le superbe Limozin 1990, les Bordelais se sont vengé de sa chance Bourguignonne. Brane-Cantenac est un bonheur de finesse, de souplesse, de classe. Margaux-bordeaux2087.jpgL'effet millésime certes, mais quel beau vin. Dans le genre pas prêt, la suivante se pose là. Etrangers, Américains, les Soiffards sont d'accord, c'est le pirate. Le plus virulent est Jean-Luc. Il n'aime pas, et quand il n'aime pas je le vois de suite, quand je le regarde et que je croise ses yeux de palourde mixématosée et mal rasée, j'ai chaque fois l'impression de voir un morceau de camembert en train de couler, le maroilles étant réservé aux soirées de biture. Ça m'angoisse de la voir comme ça, alors je lui pose la seule question qui mérite d'être posée juste après: pourquoi le Sinistre de la police, Brice Hortefeux de camps de roms a une tête de poupon alcoolique? Qui est une putain de bonne question alors que: Pourquoi tu n'aimes pas alors que c'est toi qui a amené la bouteille? En est une autre! Le camembert se transforme en Vieux Boulogne, le pire de tous les fromages qui pue, son préféré, Il a toujours cru que se râper la nouille sur une meule de parmesan en se fouettant le torse avec un vieux cep de Pomerol était la manière la plus répandue de faire un câlin. Avec Google et tout ce qui s’en suit, je ne sais si ses pratiques vont tenir encore bien longtemps, il finira bien par comprendre que du fromage, aussi tendre soit-il, n’a pas forcément sa place dans un coït, même bref. Il a la tête du petit poucet qui vient de découvrir l'ogre en train de se tartiner le squeg de lubrifiant durex long play… Il va essayer vainement de dire quelques choses, de trouver un argument irréfutable avant de lâcher un, "c'est pas mal quand même…"

17. Pauillac Lynch Bages 199011_-_Lynch_Bages.jpg

73 % de Cabernet Sauvignon, 15 % de Merlot, 10 % de Cabernet Franc, 2 % de Petit Verdot De la race de grand Pauillac. Grand nez typique, aromatique et complexe. Cèdre, réglisse, goudron, café, cigare, graphite, prune. Quel bouquet! La bouche est à l'image du nez, complexe, puissante et élégante. Belle matière fruitée, tannins juteux, denses et souples associés à une grande finale minérale. Vigueur et fraicheur mentholée, du grand art pour un vin à la jeunesse insolente. 17.17 Excellent

18. Margaux Château Lascombes 200112_-_Lascombes.jpg

45% Cabernet Sauvignon 50% Merlot 5% Petit verdot Grand nez de confiture de fruits rouges, de cerise noire, d'amande et de chêne brulé. La bouche est massive mais bien équilibrée par une acidité marquée. Les tannins sont gourmands, dense et soyeux. Un vin moderne, à l'élevage prononcé, au fruit éclatant et à la longue finale. 16.00 Excellent

19. Margaux Marquis d'Aligre 1995 Château Bel Air

Cabernet Sauvignon et Franc, Merlot et Petit Verdot Nez baroque, intense, fruits noirs bien mûrs, réglisse, herbe, pruneau, amande, violette. La bouche est fine, douce, un brin végétale avec une matière peu importante et des tannins fins et un peu secs en final. 14.95 Très bien

20. Margaux Marquis d'Aligre 2000 Château Bel Air13_-_Aligre.jpg

Robe noire, nez complexe de myrtilles, de cassis, de mûres, de moka, de terre humide, de poivron. La bouche est ample, dense, massive, les tannins sont encore très présent, sans dureté néanmoins. La finale, sur les noyaux de cerise, est longue et fraiche. 16.46 Excellent

21. Margaux Marquis d'Aligre 1986 Château Bel Air

Robe acajou, un peu fatiguée. Nez ensorceleur, de fraise des bois, de cuir, de truffe, de cigare, de réglisse, de terre et de violette. La bouche est fine avec des tannins lisses, souples parfaitement intégrés. Une acidité marquée et une longue finale. 15.42 Très bien

22. Margaux Pavillon Rouge 2003

75% Cabernet sauvignon 20% Merlot 5% Petit Verdot. Superbe robe rubis violet. Nez intense, de noyau de cerise, de cassis, de pruneaux, de réglisse, d'eau de rose et d'épices. Le nez est très original et la bouche d'un grand classicisme, soyeuse, fine, élégante, racée avec beaucoup de caractère et une énorme longueur. 16.33 Excellent

23. Pauillac Château Latour 199214_-_latour.jpg

75 % de Cabernet Sauvignon, 20 % de Merlot, 4 % de Cabernet Franc, 1 % de Petit Verdot Déjà au premier nez on est séduit par la race, la classe de ce cru. Ici pas d'esbroufe, pas de puissance, de fruit éclatant mais un bouquet tertiaires de cuir, de truffe, de bois noble (cèdre, santal), de pruneau, de raisins secs, de tabac blond, de pain grillé. La bouche est d'une onctuosité maximale, du satin liquide, des tannins de taffetas, belle expression de Pauillac à la longue persistance, de la race de grand seigneur. 17.69 Excellent

24. Pauillac Mouton Rothschild 200315_-mouton2003.jpg

76% cabernet sauvignon, 14% merlot, 8% cabernet franc et 2% petit verdot Nez explosif et très mûr de cassis, de cerise noire, de chocolat, de café, de cèdre, de chêne brûlé, d'amande et de fleurs séchées. L'aération lui fait beaucoup de bien. Gros élevage mais dans l'élégance et le raffinement. La bouche est massive, très dense, les tannins sont puissants, onctueux, gourmand. La persistance est prodigieuse. Un énormissime potentiel. 19.00 Grand vin

25. Pauillac Pichon Longueville Comtesse 198610_-pichon-longueville.gif

45% de Cabernet Sauvignon 35% de Merlot 12% de Cabernet Franc 8% de Petit Verdot Robe rubis légèrement tuilée. Nez profond, racé, serré, le prototype du vieux Pauillac, cèdre, tabac, prune, violette, graphite, épices, cuir, rose fanée. La bouche est concentrée, encore très jeune, profonde, extraordinaire de classe, d'élégance, les tannins sont d'une finesse remarquable, l'équilibre est magistral et la longueur superlative. La noblesse envoutante des vieux Pauillac. 18.40 Grand vin

latour.jpgLa soirée est chaude comme le calbar d'un inuit, chaud comme la baise, les Soiffards ont vite assimilé le principe du Pauillac et du Margaux, il suffit de contredire la Pythie. Entre la poire et le fromage, ils lui ont demandé si ça allait mieux, il a répondu qu'a son avis ça va, c’est juste une idée bizarre de faire des poires pour le dessert et de les servir avant le fromage puis de réaliser que se n'était pas la question alors que la question de savoir si Lynch-Bages 1990 est un grand vin était posée. Pour Bibi, sans aucun doute, c'est même la meilleure bouteille de la soirée (avec Pichon 86 et Mouton pour être honnête), troisième d'un trio de millésimes exceptionnels à Bordeaux, Lynch 90 est considéré comme une des plus grandes réussites du Domaine. Maturité, équilibre, harmonie, puissance et jeunesse insolente caractérisent Lynch-Bages 1990. Lascombes 2001 est quand a lui, plus moderne, plus Américains, super plaisant certes, gourmand à l'élevage bien travaillé, mais, à mon sens, loin de l'harmonie du Lynch. Le nom du Marquis d’Aligre, homme politique au début du 19ème siècle, a été joint au quartier de Bel Air situé à Margaux pour la création du château Bel Air Marquis d’Aligre. La qualité des parcelles, voisine de Château Margaux, était déjà reconnue à l’époque. Toutefois le château n’a jamais vendu ses vins au négoce bordelais. Or les courtiers ont établis le célèbre classement du Médoc en 1855, ce qui a eu pour conséquence de ne pas inclure Bel Air Marquis d’Aligre. Il a seulement été intégré au classement de 1932. Jean-Pierre Boyer est le propriétaire et producteur de Bel Air Marquis d’Aligre depuis 1950. 13 hectares de terrain sont en propriété, dont 7 hectares seulement sont plantés. Il est à noter que le château dispose, en très petite quantité, d’une collection exceptionnelle de vieux cépages et de vignes franches de pied. Les vins ne sont pas logés dans les fûts classiques bordelais, mais uniquement en grande cuve de ciment depuis le milieu des années 1950. L'antithèse des vins "bodybuildés", extrait et élevé en fûts neufs. boyer.jpgLes vins produits par Jean-Pierre Boyer n’ont jamais beaucoup de couleur et présente un style très particulier, mêlant finesse et intensité de parfums. Ils sont volontiers comparés à des vins de Pomerol, voire même à certains grands vins de Bourgogne. Et pourtant ils ne sont souvent pas compris, de part leur singularité. Pourtant, autour de 30€ le 2000 et un peu plus de 50€ le 86, le rapport qualité prix est hallucinant comparé à quelques starlettes Bordelaises. Aujourd’hui, Bel-Air Marquis d’Aligre est un domaine mythique, dont la notoriété s’est arrêtée au cercle très étroit des vrais amateurs. Et tant pis pour ceux qui, péremptoires, ergotent sur la classe des vins de M. Boyer, sûr qu’ils n’ont pas goûté souvent ses vins et préfèrent surement Pavillon Rouge 2003, qui est comme les deux autres, mais meilleurs, bien fait, gourmand mais sans folie. Je crois que je vais me spécialiser dans les vieux Bordeaux de petit millésime. Latour 1992, n'est certainement pas le plus grand Latour produit, ces petits millésimes, ils ne savent pas quoi faire pour se faire aimer... Ils vous donnent tout, c'est comme les animaux abandonnés qu'on recueille... Quelle classe, de la race, de la noblesse, des arômes tertiaires bien détachés, des rondeurs de belle mondaine. Le genre de greluche cotonneuse qui te donne envie de te fendre de belle armoiries de famille Liechtensteinoise dont je ne suis pourtant point issu et dont le blason y connaît une renommée certaine puisque les courageux avaient planqué des familles entières de nazis fin 45 lorsque les malheureux étaient sauvagement pourchassés par des hordes de résistants alcoolisés. Mouton Rothschild 2003 est une bombe, pas d'un grand classicisme Pauillacais, mais ébouriffant de puissance maîtrisée. Faudra le revoir dans 10 ans et voir si cette puissance fera de la place au terroir. Pas sûr! Pour Pichon 1986, la réponse est oui, quand le terroir, le millésime et le temps qui passe se rencontrent, Bordeaux se sublime et démontre qu'il reste le maître étalon des grands vins.

26. Sauternes Château Filhot 1988 Comtesse de Lur Saluces

60% de sémillon, 36% de sauvignon et 4% de muscadelle Nez expressif de coing, d'ananas rôtis, de citron confit, de cannelle, d'abricot, de raisin sec et de miel. La liqueur est fine, la matière moyenne, la bouche est tendue par l'acidité avec une grande persistance. 16.75 Excellent

27. Sauternes Château de Fargues 1990 Lur Saluces17_-Fargues.jpg

Robe lumineuse, ambrée. Superbe nez d'abricot sec, de miel, de citron confit, de raisin de Corinthe, de cannelle, cacao, caramel, noisette. La bouche est ample, le sirop est une caresse avec une belle acidité terminale qui prolonge le plaisir. 17.33 Excellent

latour2.jpgDeux beaux Sauternes pour finir en "vieille" beauté, j'ai passé la soirée à mélanger sciemment les vieux et les jeunes, les modernes et les anciens, les Margaux et les Pauillac, dans le seul but de plomber cette soirée, imposée, sous la torture, par un groupe de d'Ayatollah du Bordeaux. Le seul a avoir compris mon manège à moi, c'est la Pythie qui n'est pas entré dans mon jeu de fond de cour. Il a bien essayé de prévenir ses collègues en se trompant volontairement, mais ça n'a pas marché. J'avais aussi préparé une conclusion concluante bourrée de calembours douteux et de blagounettes à dix roubles. Je m'attendais à un déluge de bons vins pas mauvais, mais pas dépotant non plus, je m'étais préparé à m’ennuyer. On tombe facilement dans la dichotomie entre le sans imagination, froid, dépourvu d’âme, voire pas du tout humain et le poétique pompeux, l'exubérance littéraire grandiloquente, savante, mirlitontesque et hermétique pour le rustre Bourguignophiles que je suis. J'avais griffonné quelques mots pédant, d’érudition sotte, d’intellectualisme d’opérette voire de sollicitude pontifiante pour qualifier cette rencontres avec les vins de Pauillac et de Margaux. Non pas que je leur veuille du mal, mais j'avais décidé d'être froids comme une lame de Tolède et fins comme les guibolles d’ascètes vinaigrette d'Olive la femme de Popeye. Finalement dire tout et n’importe quoi et même peut-être exprimer le contraire de ce que l’on veut dire, pire le contraire de ce que le vin veut dire, est une forme d'honnêteté rare. Avouer publiquement que j'ai adoré (dans l'ordre de mes préférences), Lynch-Bages 90, Pichon 86, Mouton 2003, Latour 92, Brane-Cantenac 89, les Pavillon Rouge et les Marquis d'Aligre est comme faire mon Coming out du Cabernet Sauvignon. Vade retro Satanas, vite un Chambertin pour me laver la bouche… marx-engels.jpgL'invraisemblable inflation des bordeaux 2009, qui sont d'ailleurs loin d'être vendus, m'avait un peu rafraichis, les quelques grands crus jeunes que j'avais dégusté ne m'avaient pas ébloui, loin s'en faut, faire des vins à 14 ou 15°, boisés comme des cercueils de bucherons et fruités comme en Californie ou en Australie, n'est pas l'idée que je me fais d'un bon Bordeaux. Reste la question à cent balles : qu'en restera t-il dans 20 ans, la question est posé et personne n'a encore la réponse, pas même la Pythie… Bordeaux a été la référence des vieux vins tertiaires, à vingt ans, ils n'ont que peu de rivaux, mais les vinifications microbullés modernes nous donneront-elles les mêmes plaisirs?

Mon idée du bonheur? Un château-margaux 1848, aurait déclaré Engels, particulièrement inspiré. L'ami de Karl Marx avait misé sur le bon capital.

graph2.jpg

Tab1.jpg

graph1.jpg