Les Preuses de Williams Fèvre avait un côté évolué d'Hermitage, pas très normal pour un vin somme toute encore jeune. Le duo de Cornas était parfait, très différent et excellent, 2002 chez Thierry Allemand, c'est un sommet, une leçon aussi… Dans un millésime très difficile, il a sans doute fait le plus beau vin de la vallée du Rhône, de l’essence de syrah… Un équilibre irréel et une superbe pureté. C'est dans les vieilles fontaines qu'on fait les beaux Cornas, ne chercher pas la contrepèterie, un fruit éclatant, une gourmandise. Miss Esmonin a été royale, à la fois forte, concentré, puissante et avec de fins et savoureux tannins. Que dire de la suivante? Déjà que profiter lâchement du relâchement d'une soirée improvisée, bonne franquette, pour dégoupiller une grenade de grenache de Bonneau, c'est pas sport, mais une Réserve des Célestins, c'est criminel, faut être un peu déglingo, sarkozy-greves.jpgenfin, faut pas exagérer, putain que c'est bon! Un vaccin antimorosité, un élixir de jouvence. Merci Alain! Se beurrer la glotte au Célestins, cool, décontracté du gland, en pleine semaine, une veille de grève générale, c'est de la provocation de syndicaliste. On était à deux doigts de trinquer au Cristal Roederer dans la piscine en l’honneur de la CGT, de Bernard Thibault, de sa coupe de playmobil et de la piquette avec laquelle ils doivent ruminer leur misère, ces blaireaux. Comme on avait pas de Cristal, on s'est terminé au JeanMiMi, un Altenberg de Bergheim, égal à lui-même et à son géniteur, minéral, vibrant et complexe. C'est lui qui a dit : "Le pancréas, c’est l’endroit où se cristallise le stress histaminique. Quand c’est trop vert, quand il y a trop d’azote, quand on est face à des vins qui ont un décalage entre le nez et la bouche, notre pancréas nous prévient…" Chez moi c'est les rognons…

Mais tous se paye et comptant à défaut d'être content. Au réveil, j'avais les rognons, les miens propres, enfin propres, s'ils ont eu le temps de vidanger l'excès d'alcool, pas ceux que j'ai mangé, donc, ce matin, un lapin a réveillé le chasseur de cru, et mes rognons ont commencé à siffler l'internationale. Ça m'a foutu les miquettes, en truc de ouf, j'avais l'estomac qui faisait des circonvolutions bizaroidales, dans mon crâne se déroulait une rave party sous ecstasy et voilà ti pas que mes rognons décide de se prendre pour des rossignols syndiqués. Si vous verriez ma gueule aujourd’hui, j'ai dégusté un max comme on dit dans les Burger King Therapy. Après 12 litres de Badoit, mes rognons ont même décidé de se mettre en grève, s'était le jour que tu me diras et tu auras raison, ma retraite les concerne aussi, si tu vas par là, et pourquoi que tu n'irais pas par là? Enfin, la journée va être longue et difficile à gérer, comme d’habitude. A midi, j’ai rendez-vous chez Didier le caviste, rien que d'y penser, j'ai l'impression d'être attaché sur la chaise de mon dentiste pendant qu'il me fraise les yeux. J’attends ce soir avec impatience pour m’allonger dans mon fauteuil en plumes de danseuses du Crazy Horse et regarder les experts à Miami, comme tous les soirs.

Chablis les Preuses 2001 Domaine William Fèvre

Un nez typé Hermitage, évolué, gras, beurré, miel, floral, sur la noisette et l'abricot. Une bouche ample, puissante, avec une fine minéralité, une acidité faible (pour un Chablis) et une longueur honnête. Evolution prématurée ou problème de bouteille? Bien

Cornas 2002 Thierry AllemandCornasAllemand.jpg

Le premier nez est un peu réduit mais cela s'estompe très vite. Un nez profond, vertical, complexe, des notes de fruits noirs bien mûrs, de tapenade, de garrigue, de réglisse, d'encre, de violette… La bouche est sanguine, fraîche, dense sans être lourde, d’un superbe équilibre, d'une structure presque parfaite. Les tannins sont soyeux, doux, gourmands. La finale, pas extrêmement longue, est agréable et minérale. Excellent

Cornas "les vieilles fontaines" 2006 Alain VogeCornasVoge.jpg

Un nez plus charnel, sensuel, aussi profond, intense sur des notes d'épice, de fruits noirs, de cerise, de réglisse de café, d'olives noires et de thym. La bouche est ronde, puissante, veloutée, concentrée avec un boisé encore perceptible et une grande finale fruitée et tendue. Excellent

Gevrey-Chambertin Clos St Jacques 2002 Sylvie EsmoninSTJacquesEsmonin.JPG

Le nez s'ouvre sur des notes boisées, sans excès, café, poivre, puis arrivent des arômes de fraise, de cassis, de menthe. C'est fin, concentré et tendu. La bouche est précise, puissante avec une belle fraicheur et des tannins veloutés et une acidité très présente qui participe à la longue et belle finale. Excellent

Châteauneuf "Réserve des Célestins" 2000 Henri BonneaucelestinsBonneau.jpg

Toujours ce nez étrange, déroutant, légèrement réduit au départ, des grands vins d'Henry Bonneau. La trilogie parfaite, un floral élégant: garrigue, thym, violette; un fruité sensuel : cassis, cerise kirschée, prune; une minéralité d'école, une touche de café, une pointe oxydative de vieux Porto, à chaque coup de nez, les informations sont différentes, irrésistible. En bouche, c'est monumental, pas en puissance ou en concentration, mais en sensualité, en présence, en harmonie et en plénitude. Des tannins de ballerine, un grain moléculaire, une finesse de sabre japonais, une longueur interminable, pas sans défauts, pas technologique, mais somptueux, baroque, céleste. Pour déguster un tel vin, il faut garder la tête froide en laissant ses sens s'emballer. Grand vin

Altenberg de Bergheim 2005 Domaine Marcel DeissAltenbergDeiss.gif

Nez envoûtant de pâtisserie, de crème brulée, de citron confit, de mangue et d'ananas. La bouche est magnifique d'équilibre sucre/acidité, tendue, minérale et avec une superbe finale. Excellent et futur grand vin