Un Goth dans le cru, ou quand Lottin en emporte le vent
Grumé et recraché Par Psykopat le lundi, 27 septembre 2010,
Tweet
Got fer dami, tu ne peux attendre la fin de l'année pour me demander, "mais comment faire pour devenir un gothique pervers?". Ça tombe mal, comme je n'ai pas la réponse, je vais te donner mon avis quand même. Sarkosy n'a pas expulsé tous les roms en un jour, de même, le rhum ne se fait pas en un jour et que devenir gothique pervers demande aussi une préparation minutieuse à base de houblon, de tatouage et de sang de chauve souris. Premièrement, si tu veux devenir gothique, tu as plutôt de la chance, parce que tu aurais tout autant pu vouloir devenir Mireille Mathieu et te laisser pousser la moustache comme Jeanluk et ça, ça craint un maximum et j'aurais été dans l'obligation de t'en dissuader fermement. N'espère pas devenir gothique facilement en enfilant des vêtements aussi noirs que moches, en te maquillant comme une pute aveugle et en écoutant Marilyn Mason. Il n'y a pas de Goth Academy, en plus pour débuter dans le goth, il te faudra faire une grosse dépression et répéter sans cesse, je suis un incompris, la société me rejette, le monde n'est pas bien, je hais la guerre, Pascal Obispo et Indochine qui ne sont que des copieurs et des bouffons. Il faudra aussi changer ton prénom. Passer de Jules-Edouard à DaRKneSS ne va pas être facile pour ta mère mais elle s'y fera plus vite que ton patron à qui tu as dit que tu n'aimes que la mort, le sexe dans un cercueil, la nuit et les livres d'Amélie Nothomb.
Il te faudra aussi apprendre l'art gothique qui n'est pas une façon populaire de parler mais un fatras de croix et de tableau noir assez laid même si le lait est généralement blanc. L'avantage quand tu es goth, c'est que tu n'as pas besoin d'amis, un goth fait des trucs de goth avec des autres goths qui, comme lui, n’ont pas d’amis. Jusque là, tu as fait la moitié du chemin de croix. Devenir gothique est plutôt facile, le côté pervers est plus difficile à improviser, il te faut des prédispositions naturelles ou être Tiger Woods, le spécialiste mondial des trous, ou Truman Capote, être né du côté d'Emmental ou en Normandie, si le trou est vraiment ton truc. Il faut être capable de dire en société : "98 % des andouilles moutardes s’accordent à dire que leur plus grand fantasme reste de se faire saucer à mort". L'option de dévoiler pendant la cérémonie de ton mariage, que tu t'es fait gang banger par des moines Irlandais au large d'Ibiza et que tu t'es fait raser les poils pubiens par une vampire vierge, un soir de pleine lune, peut être payante. Si tu ajoutes que, le soir de tes 16 ans, tu as pissé et sniffé de l'héroïne sur la tombe du grand père avec un pote toxico qui arrachait des têtes de pigeons avec les dents, le même fameux soir ou tu as emplafonné la Benz de ton vieux, tellement déchiré que tu as mis ça sur le dos du fils du voisin portugais, tu vas faire un tabac. Pour finir en beauté, tu peux même avouer que le père de ta future femme est un Suisse-Allemand pédophile que tu as rencontré à une touze à Bangkok, là franchement, tu auras gagné tes galons de gothique pervers. Bon, le mauvais côté de la chose, c'est que ta mère va partir en cure de sommeil pendant 10 ans, que ton père va se fouetter les pistaches avec ses boules de pétanques, se foutre un litron d’essence dans le gosier et m’immoler comme un moine tibétain. Pour les achever, tu peux même te permettre de reconnaitre ton amour inconsidéré pour la poésie Boukistanaise et leur jambon de pays, que tu es un fan du film érotique de M6, que tu es fin fou de scène ou deux actrices françaises jouant très mal deux lesbiennes se caressent la tirelire dans un décor de roman-photo. Mais admettre que ton film préféré est "Le Chaud lapin" avec Bernard Menez est dangereux. Là tu risque de n'être plus crédible. Quelle idée saugrenue, tous le monde sait que Nanard Menez, cet immense songwriter, auteur de "Jolie poupée", est bien meilleur dans "la frisée aux lardons". Non vraiment on ne peut pas tout dire non plus! Une autre solution, venir chez Dominique, à Gottenhouse, le pays des gothiques qui s'appellent Dominique, là, pas de sang de chauve-souris, y a bien des boissons rouges, mais c'est plutôt du Haut-Brion, les dents ne vous poussent pas, c'est plutôt du côté des cheveux, et le lendemain, que ça se passe, et, même si on est soumis à la question, pas de torture dans Latour.
Champagne Cristal de Roederer 1999
Belle robe, bulles fines. Servit très frais, il lui faudra quelques minutes de réchauffement pour se révéler. Nez pur, droit, subtil, aromatique sur des notes de framboise, de pomme, de rose, de lychee, de pâte d'amande, de champignon. L'attaque est franche, la bouche est fine, agréable, tendue par des saveurs citronnées vers une finale fraiche et sapide. Un champagne rare et sensuel. 16.75 Excellent
Alsace Schoenenbourg 1997 Marcel Deiss
Grand nez explosif, expressif, bouqueté. Pamplemousse, citron confit, épices, pétrole, pierre à fusil se mêlent pour notre plus grand plaisir. La bouche est franche, la matière est belle avec un sucre important mais tempérée par une remarquable acidité qui participe à la superbe et longue finale ainsi qu'à l'équilibre général de ce très beau vin. 16.06 Excellent
Rioja Tamdoria Reserva 1997 Lopez di Heredia
90%, Viura et 10% Malvasía
Superbe nez très aromatique, d'orange amère, de bonbon citronné, d'herbe fraiche (tilleul) avec une fine minéralité et un rancio marqué. Attaque nette, matière fine et élégante, rancio agréable toujours présent en bouche et belle finale sur les fruits secs. Entre un ORO de Marlène Soria et un Clos de Mr Noly. 16.25 Excellent
Arbois Clos de la Tour de Curon 2007 Domaine Tissot
100% Chardonnay Beau nez subtil et épicé qui mettra quelques minutes à s'installer puis qui va "Cortonner". Fleurs blanches, citron, abricot, buis, chèvrefeuille, silex et quelques notes d'élevage persistante: pain grillé et bois fumé. La bouche est caractérisée par une grande et belle ligne acide, une matière concentrée, une grande personnalité, une finale puissante et élancée. Un vin qui impose la patience et laisse entrevoir un énorme potentiel qui le rapproche de l’esprit des grands Corton Charlemagne. 15.50 Très bien
Pinot blanc Nuits St Georges les Terres Blanches 2005 Domaine Rion
Premier nez qui renarde violement, c'est intense, bouqueté, boisé et un peu végétal, pomme, acacia, miel, nougat et fleurs séchées dominent. La bouche est serrée, la matière est encore marquée par l'élevage qui masque la finale. 14.50 Très bien
Chez Dominique le gothique, ont ne parle pas pour ne rien dire, et on ne tourne pas autour du pot, ça démarre cash, un magnifique Champagne Cristal de Roederer, peut être servit frais, mais nos mains en prière sur nos calices ont vite fait de réchauffer l'atmosphère et, par la même occasion, le divin nectar. Comme le dit JeanDa le sage à presque toutes les soirées, "quand ça commence comme ça, la soirée s'annonce bien", Thierry aurait rajouté que la soirée s'annonce aussi bonne qu'une levrette à la sauce moutarde mais il ne l'a pas dit, puisqu'il n'est pas là, comme John et Didier, retenus par d'autres affaires, même si on se demande bien quelles affaires peuvent bien être plus importantes que de boire de célestes breuvages. Le travail ou la religion? Je ne crois plus, ni en dieu, ni en Bills Gates, pour les mêmes raisons, plus ou moins un problème de mises à jour problématiques. Ils sont avantageusement remplacés par Hubert le chasseur de virus, Tina, sa charmante épouse à qui il a oublié d'installer un antivirus et Colette, la non moins charmante épouse du Gothique. Le Schoenenbourg de Jean-Michel Deiss devient presque un classique du Soiffard, on aime. La suivante est moins coutumière, un Rioja blanc, c'est déjà pas si courant que ça, et un magnifique Rioja, encore moins. Lopez de Heredia, c’est une partie de l’histoire, une relique vivante du Rioja du XIXème siècle,
une bodega unique tant dans le travail des vignes que dans les vinifications. C’est une des seules bodegas à ne pas avoir changé son style de vins. Dans le landerneau des bodegas classique du Rioja, elle reste la plus traditionnelle avec la Rioja Alta. Quatre générations se sont succédées à la tête du domaine avec comme devise "notre passé est notre présent". Elle représente à elle seule l’élite de la production du Rioja depuis des décennies. Le Vina Tondonia est un clos de 100 ha d’un seul tenant situé sur le flanc droit du fleuve Ebro. Vina Tondonia Gran Reserva est la grande cuvée du domaine, élaborée seulement dans les grands millésimes. Le Clos de la Tour de Curon est l'un des plus beaux terroirs arboisiens, si ce n'est le plus grand, fort judicieusement défriché et replanté par Stéphane Tissot il y a quelques années maintenant. Sur le haut du coteau, du calcaire du Bajocien, exclusivement, propice à l'épanouissement du Chardonnay. Un véritable petit Montrachet. Les raisins du Clos de la Tour ont fourni leur première cuvée en 2004. 2005 et 2006 n'ont fait que confirmer le potentiel qualitatif de ce terroir et 2007, bien que très jeune, laisse entrevoir un énorme potentiel. Je dois reconnaitre que j'ai été beaucoup moins impressionné par le Pinot blanc Nuits St Georges les Terres Blanches de Patrice Rion, beaucoup trop marqué par son élevage à mon goût, le bois masquant la finesse du pinot blanc. Si on ajoute un premier nez qui renarde comme l'haleine de JeanDa au réveil, c'est pas moi qui le dit, je ne connais pas assez profondément notre danseur de menuet préféré, mais Rage, dont les nuits au côté de JeanDa se comptent sur les doigts de pied. Tiens, en parlant de Rage, je ne comprends pas qu'il puisse percevoir du bois dans un vin élevé en cuve béton, qui n'a jamais vu le bois, et ne pas sentir le bois dans un autre, alors que j'ai la désagréable impression de sucer une bûche. Il faut rechercher les causes de cette singularité dans le fait que, à la suite d'un violent orage, il s'est réfugié dans une forêt obscure, là, un arbre s'est abattu sur lui et l'a bloqué, les secours ont mis des années pour le trouver. Il a été obligé de manger l’arbre pour se sauver et qu’à force, des dents de castor lui ont poussé. Depuis, sa vie n'est que chaos et obscurité. Il dort dans un vieux foudre et il est condamné à boulotter de l’écorce, il sera même obligé d’accepter la pire des destinées, devenir fabrique d'allumette et supporter les aigreurs d'estomac, dus aux produits chimiques soufrés qu'il est obligé d'ingérer quotidiennement.
Pessac-Léognan Laville Haut Brion 2000
Sauvignon blanc, sémillon, muscadelle
En préambule, je dois avouer que je suis passé à côté de ce vin, ma note (14) est loin de la moyenne (17) et du maxi (19). Nez qui sauvignonne, pêche, bourgeon de cassis, buis, fruits exotiques avec un élevage puissant et ambitieux que j'ai qualifié de Bourguignon, pain grillé, cacao, fumée. La bouche est fine, ample, franche avec une magnifique matière et un bel équilibre. Belle finale tendue. 17.05 Excellent
Condrieu Coteau de Vernon 2007 Georges Vernay
Enorme nez d'abricot, de pêche, de fleurs blanches, d'acacias, de miel, de réglisse, de fougère. C'est puissant, légèrement et finement boisé, complexe et d'une finesse remarquable. A l'image du nez, la bouche est d'une finesse exemplaire pour le cépage, certes, c'est ample, riche, servit par une matière imposante mais l'équilibre est remarquable, comme la longue finale minérale. Grand Condrieu. 17.25 Excellent
Meursault Clos des Perrières 2001 Domaine Grivault
6 dégustateurs sur 9 ne l'ont pas noté. Note de pomme blette, de caramel, vieux slip pour Pascal. Surement un problème de bouteille.
Bienvenues-Bâtard-Montrachet 2004 Domaine Leflaive
Immédiatement et définitivement Batard pour tout le monde. Grand nez de Chardonnay, complexe et exotique. Petite réduction au départ, puis le nez se développe sur des arômes de citron, de poire, de noisette, d'amande, de torréfaction, de vanille, de truffe, de miel, d'aubépine, d'acacia. L'élevage est aussi très présent, mais la complexité et l'élégance domine. La bouche est énorme de finesse, c'est un grand plaisir, une matière ample, dense, ciselée, une tension redoutable, expression aérienne, une race indiscutable, une personnalité évidente, pureté, élégance, force, intensité, un vin de la famille des incomparables grands vins blancs de Bourgogne. 18.63 Grand vin
L'entrée en matière a été superbe, la suite sera divine. On passera sur le Meursault "Clos des Perrières" de Grivault irrémédiablement oxydé, un problème de bouteille certainement. Je suis passé à côté du Laville Haut-Brion, et dans les grandes largeurs, la magie n'a pas opéré sur moi, alors que les autres semblaient prendre beaucoup de plaisir, confirmé par les notes attribuées. Georges Vernay fut l'un des sauveurs et des plus ardents défenseurs de l'Appellation Condrieu alors en quasi disparition. Son travail a été payant pour toute une région et il est récompensé par cette cuvée magique, Coteau de Vernon conjugue la puissance aromatique du Viognier, la finesse de vinification et la justesse d'élevage. Coincé entre un Laville Haut-Brion et un Batard-Montrachet, il a parfaitement tenu son rang d'outsider, voire l'a dépassé pour se hisser au niveau des légendes.
Le dernier blanc (sec) de la soirée a mis tous le monde d'accord. Batard, pas de doute, grand Batard, Leflaive, certainement, un Batard bienvenus ou plutôt un Bienvenus-Batard-Montrachet d'Anne-Claude Leflaive. Volontariste, avec des convictions éclairées par une large culture, passionnée, avec une rigueur inflexible, Anne-Claude Leflaive a démontré, en quelques années, qu’une viticulture respectueuse de l’équilibre des sols et des rythmes de la nature, accouche de raisins à l’équilibre souverain, savoureux et sains, qui expriment avec une précision extraordinaire les caractéristiques de chaque climat. Des monuments à la gloire de la Bourgogne. Tout aussi littéraire, le poète JeanDa avoue, que telle une pucelle qui fait la culbute, il en avait mouillé son calbute.
Pessac-Léognan Clémentin 1995 Pape Clement
Cabernet franc, cabernet sauvignon, merlot, malbec, petit verdot
Nez aromatique de cerise, de poivron, d'amande et de violette. La bouche est corsée, étoffée, les tannins sont serrés, ferme avec une finale un peu courte mais plaisante. 15.29 Très bien
Pessac-Léognan Pape Clement 1995
60% cabernet sauvignon 40 % merlot
Nez intense, fruité, épicé, sur les fruits noirs, le pruneau, le café, le tabac avec des notes de truffe, de fleurs séchées et de mine de crayon. La bouche est superbe, sanguine et charpenté avec des tannins ronds, puissants mais très agréables. Un vin qui tapisse bien la bouche avec une belle finale légèrement asséchante. 17.25 Excellent
Pessac Léognan Haut Brion 1995
55 % de Cabernet-sauvignon, 25 % de Merlot, 20 % de Cabernet Franc
Après quelques notes de réduction, superbe nez, très expressif, racé, empyreumatique avec des fragrances de mûres, de cerise, de figue, de cuir, de gibier, de graphite, de café de bois noble. L'attaque est franche et fraiche, les tannins sont ronds, souples, gourmands. La finale est fraiche et interminable. Un Haut-Brion à la fois classique et avec beaucoup de personnalité. 15 ans et pas une ride. 18.75 Grand vin
VDT Les rouliers Henri Bonneau
Lot 020703 (probablement 2003. Grenache en très grande majorité, un peu de cinsault. Une rareté, un vin de table qui fait l'apologie de la finesse et de la précision aromatique dans un style très Châteauneuf (même s'il n'en vient pas). Après une légère réduction, le nez est intense, fruité, subtil sur des notes de fruits rouges, de cerise noire, de chocolat, de garrigue, d'épices, d'herbes de Provence. La bouche est fine, équilibrée, balancée par une belle acidité et avec une finale plaisante. Certes, ce n'est pas très concentré, pas très complexe et pas très long, mais on sent la présence et la patte d'un grand vigneron. 15.25 Très bien
Châteauneuf Cuvée Marie Beurrier 2003 Henri Bonneau
85% de grenache 15% autres cépages
Nez un brin retenu, racé et fruité avec des nuances de cassis et myrtille, de chocolat amer et quelques notes florales. Comme souvent chez Henri Bonneau, on trouve également un peu de rancio type VDN. En l'état, c'est assez monobloc. Beaucoup d'aération ne changera que très peu le vin. A l'image du nez, la bouche est robuste, serrée mais les tannins sont relativement souples et gourmand. La finale est superbe, d'une persistance impressionnante. Le Grenache caresse longtemps le palais. Le grenache rien que le grenache, tout le grenache. La magie n'opère pas à tous les coups, l'artiste n'est pas prêt pour le show mais c'est toujours un plaisir que de boire une bouteille du roi Henri. 16.94 Excellent
Châteauneuf Hommage à Jacques Perrin 2001 Château de Beaucastel
5.000 bts par an, 60% de mourvèdre 20% de grenache 10% syrah et 10% counoise.
Enormissime nez, intense, profond, puissant, exubérant, multidimensionnel, d'une complexité affolante et d'une précision chirurgicale. Un fruit éblouissant, cassis, mûre, cerise burlat, des notes de fleurs séchées, de menthe, de truffe, de soya, d'encre, de pin, de graphite et zan et de goudron. On reste scotché, en apnée devant le verre. La bouche est étonnante de précision, de pureté et de fraicheur avec des tannins puissants et soyeux, une longueur et une profondeur stupéfiante, un grand vin dans sa jeunesse encore, un grand vin hors norme qui réussit à marier puissance et fraîcheur. Magnifique. 18.75 Grand vin
On attaque les rouges par un grand cru et son vassal, son second. Je ne suis pas un adepte inconditionnel de Pape-Clement et encore moins de son Cardinal, pas toujours au point. La force d'un terroir et le millésime peuvent bouleverser les choses. J'aime les Bordeaux 1995, Le Clémentin devient plaisant, Pape-Clement devient excellent, y a peut être pas de quoi réunir un conclave ou dire la messe, mais c'est significatif. Haut-Brion est simplement à son niveau, c'est-à-dire parfait. Un grand vin qui ne déçoit jamais, le Pasteur de l'église Bordelaise, tel est le destin de ce seigneur des Bordeaux. Passer de la noblesse Bordelaise au roturier Rhodanien est un exercice particulier, il a autant de point commun entre Haut-Brion et les Rouliers de Bonneau qu'entre Henri le Paysan-vigneron de Châteauneuf et la Baronne de Rothschild ou entre un parapluie et une machine à coudre, un guépard et un lombric à poil laineux. Les Rouliers sont issus du domaine qui a été repris par Henri Bonneau dans le Gard il y a quelques années, rien à voir avec ses vignes en Châteauneuf. Un vin de table d'une précision remarquable, si la France était capable de ne produire que des vins de table de ce niveau, la crise de la viticulture serait vite terminée. En 2003, Henri Bonneau ne jugeait pas ses raisins de la Crau, au pied du ventoux, dans l'esprit de sa Réserve des Célestins, sur ce millésime caniculaire,
Henri Bonneau a choisi de ne faire qu'une seule cuvée, Marie Beurrier, mise en bouteille en février 2009, cette cuvée est issue des Grenaches (98 %) de la parcelle de la Crau, habituellement réservés à la cuvée des Célestins. Ce Châteauneuf aux tanins patinés et puissants mettra encore quelques années pour se révéler. Etrangement, Beaucastel est à la fois le Chateauneuf-du-Pape le plus connu en Amérique et, indéniablement, le plus atypique de l’appellation. Le fort pourcentage de mourvèdre, donne des vins que les connaisseurs considèrent comme l’antithèse des vins classiques de l’appellation. Elaboré uniquement dans les grands millésimes, la cuvée Hommage à Jacques Perrin est produite à partir de très vieilles vignes de ce même Mourvèdre, produisant de petites quantités de fruits intensément mûrs et concentrés. Un vin monumental, construit pour défier le temps. Un vin a encavé et à capitaliser pour sa retraite. Le grand moment de la soirée a été la tête de la Pythie, après avoir cru détenir la vérité suprême. Pour la première série de rouge (Clémentin et Pape-Clément) Dominique avait donné un indice, premier et son second. JeanDa, sur de lui, s'était exclamé, de sa belle voix de stentor, Léoville-Poyferré et son second. Dans un mouvement aussi gaullien que Touchdownien pour les fans de Foot US, Dominique semblait lui donner raison. Un immense sourire a éclaboussé le visage poupin du JeanDa, il nous a toisé, avec dans les yeux le retour de la revanche de la pythie, celle qui lui avait coupé l'appétit durant deux longues semaines, la juste réparation d'un éternel préjudice, le grand moment de son existence, ses jambes se sont tétanisées, son cœur bat la R19 Chamade. Tressez la couronne de laurier, battez la campagne pour prévenir la populace, venez couronner le champion, il est prêt pour la holla, la médaille d'or, l'acclamation, le stade est en fête, il fait un tour d'honneur.Tout est accompli, voilà, elle est là, LA gloire, la seule qui vaille, celle qui clôt le chapitre de façon définitive, qui remet les choses en place et passe un coup de Mr Propre sur sa réputation, injustement salie. Tout est accompli ! C’est admirable, tout de même une poésie pareille. Puis Dominique, tel Machiavel, baisse les bras et infirme la proposition. Toute la misère du monde vient de s'écrouler sur les pompes du JeanDa, des fulgurances masochistes se lisent dans ses yeux, la seule question qui vaille vraiment le coup de se poser, à l'instant, est, faut-il se suicider au Beaujolais ou pas? Il a intégré le stade anal d’un panda roux myxomatosé puis il s'est déguisé en Tortues Ninja et il est part sur le dos en se roulant un piment sur les chouquettes.
Sancerre blanc Cuvée Edmond 2004 Alphonse Mellot (en verre noir)
Nez puisant et boisé avec des petites notes de buis et de citron en arrière plan. En bouche, c'est beaucoup mieux, précis avec une fine minéralité, iodé, grasse, une matière souple et agréable et une belle longueur. 15.33 Très bien
Bonnes Mares 2001 Domaine Bart
Du pinot noir plein les narines. Un nez ensorcelant de griotte, de framboise, d'épice, de réglisse et de ronce. Comme le nez, la bouche est d'une grande élégance, fine, construite sur la finesse et la race avec des tannins léger et soyeux. C'est gourmand et croquant avec une grande persistance et une magnifique retro fruitée. Quelle belle bouteille. Un must. 17.63 Excellent
Bonnes Mares 2001 Georges Roumier
Une Bonnes Mares plus terreuse, plus puissante, cerise noire, cassis, réglisse, café, caramel au lait, violette, menthol, rose fanée et quelques épices. La bouche est sensuelle et puissante, avec des tannins ronds, soyeux et gourmands, un boisé discret et bien intégré, une friandise ancrée dans son terroir, robuste, élégante, d'une buvabilité extrême et d'une admirable persistance. 18.56 Grand vin
Clos de Vougeot Château de la Tour 1985
Beaux nez de cerise noire, de groseille, de framboise, de réglisse, de cuir, de goudron et de menthol. La bouche est puissante, goudronnée et mentholée avec des tannins fermes et ronds, c'est d'une belle finesse, précis, avec une acidité qui porte une finale très minérale. 17.44 Excellent
Pauillac Château La Tour 1975
Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet franc et petit Verdot
Robe à peine évoluée. Un nez qui irradie la classe, la race des grands seigneurs, d'une fascinante complexité. Tout y passe, cassis, poivron, cèdre, santal, boite à épices, havane, champignon, sous-bois, truffe… Un classicisme médocain d'école. En bouche, c'est la noblesse qui vous cloue sur la chaise, une finesse de lame de Tolède, des tannins de satin, un touché de bouche majestueux, une longueur interminable et une finale en queue de Paon. Un vin qui parle au fond de l'âme, on lévite en buvant une Traviata. Quelle jeunesse insolence dans un vin de 35 ans. 19.56 Mythique et Gothique
Après l'Hommage de Beaucastel à Châteauneuf, il était difficile d'enchainer et d'envoyer un pauvre petit Bourgogne au casse-pipe, pauvre étant relatif dans le cas d'un Bonnes-Mares. Dominique a ressorti les verres gothiques, pour la grande joie de Colette, et la notre aussi. Même chaud dans un verre noir, on ne trompe pas Schulmeister of Wine, le pédigrée d'Edmond Mellot est découvert rapidement, mais il a accompli son travail, servir de faire-valoir au deux magnifiques Bonnes-Mares. Même sur le même millésime et issus d'un terroir identique, ils ne se ressemblent guère. Celui de Bart est construit sur la finesse, l'élégance et la minéralité, alors que la copie rendu par Roumier est sensuelle, sur un fruit mûr, une gourmandise.
Deux Bonnes-Mares dans leur plénitude, deux vins aboutis, deux domaines où l'utilisation du bois, soigneusement dosée en fonction des appellations et de la puissance des différents vins, est parfaitement maîtrisée pour apporter un caractère moelleux, charnu, un complément aromatique qui vient enrichir le bouquet. Le Vougeot du Château la Tour aurait pu également être pris pour le faire-valoir du suivant, mais il a su nous jouer une belle partition minérale et tertiaire. Que dire de la suivante, que le superbe Vougeot lui a servit de marchepied vers les sommets. Quand, dans un vieux vin, se marie des notes fruitées insolentes de jeunesse, des notes tertiaires pures, des notes d'élevages soignées et discrètes qui apportent un supplément d'âme, que l'attaque est franche et suave, que la finale est interminable, que le milieu de bouche captive vos sens, que ce vin fait immédiatement l'unanimité, que devient inutile toute comparaison, qu'il devient immédiatement la ou l'une des références absolue, qu'il marque votre mémoire, alors vous avez bu une légende, vous avez bu un grand Latour.
Vouvray le Mont 1985 Domaine Huet
Un premier nez un peu space, type liquide vaisselle citronné, ces notes déviantes vont s'estomper et laisser apparaitre de jolis notes de coing, de cire d'abeille, de caramel et d'épices douces. La bouche est fraiche avec une matière assez fine et une persistance agréable. 15.50 Très bien
Jurançon Quintessence du petit Masseng 2001 Domaine Cauhapé
Belle robe ambrée. Un nez très jeune, d'abricot, de citron confit, de crème caramel, de pralin et de noix de coco. La bouche est plein, la liqueur est concentrée mais le vin reste nerveux, vif, grâce à une acidité tranchante. Belle finale, longue sur le chocolat amer. 16.07 Excellent
A Gotham city, les liquoreux ont pour mission de nous faire redescendre sur terre. Des références dans leur région. Que se soit le Domaine Huet ou Henri Ramonteu au Domaine Cauhapé, le plus célèbre des Jurançons, on sait où on va, Depuis pas mal d'années, on fait des vins parfaits, à la technicité irréprochable et au plaisir indiscutable. 22 les voilà, une bouteille défectueuse, quelques bouteilles destinées à souligner la suivante, 16 de moyenne dans la notation, excellent, un beau tir groupé en début de soirée, 4 vins qui ont obtenus au moins une fois la note maxi de 20/20 (Batard, Haut-Brion, H.J.Perrin et Latour), 17 sur 21 ont obtenus au moins une fois 18, remarquable. Le vin Gothique est rouge, 7 dans les 8 premiers, plutôt un grand Bordeaux, en blanc, seul le Bienvenus-Batard a tiré son épingle du jeu, mais je pense que le Cristal a eu la lourde tâche d'essuyer les plâtres tout en étant servit un peu frais. Une soirée pour le plus grand bonheur du JeanLuk, qui s'est tenu comme une image. Sous peine de divorce, je ne peux rien contre lui, il est intouchable, de toute façon, il n'a rien de gothique le Jeanluc, le vrai Goth, c'est moi. Je suis Biactol addictif, je peux béqueter jusqu’à environ 22 doses par jour. J'ai été déclaré "presque mort cliniquement" une bonne dizaine de fois à cause de ça. Je ne dois pas approcher une Pharmacie ou un adolescent boutonneux à moins de 100 mètres. Je sais aussi cracher du sang par les yeux, j'ai même monté un bizness en freelance, on n'est que 3 dans le monde à pouvoir le faire, un sataniste à la retraite et un ophtalmo aveugle, clown à ses heures. Je n'utilise ce pouvoir qu’au poker, quand je dis All in pour qu'elle revienne et aussi pour faire rire mon fiscaliste. Enfin at last but not at least, j'arrive à me lécher les omoplates, j'ai même été doublure dos dans l’Exorciste contre les présentateurs de télé cocaïnomane, mais depuis, plus de propositions de cinéma. Il était quoi ? 1H41 pas plus, pas moins non plus d’ailleurs, la soirée était terminée, ils ne nous restaient plus qu'à rejoindre nos pénates, un Goth dans le cru en plus, certes, mais ce n'était pas douloureux, voire même très agréable. Got fer dami!


Commentaires
Bah, je sais pas vous, mais moi j'ai passé une soirée FOR - MI - DABLE !
Je me suis régalé. J'ai dis un nombre hallucinant de conneries. Je me suis ridiculisé au moins 127 fois (dont au moins deux fois en faisant rigolé tout le monde). J'ai essayé de reprendre en loucedé de la terrine de foie gras aux ris de veau, mais j'ai raté. Je me suis baffré d'épaule d'agneau en piquant dans l'assiette de Gérard ki a rien vu, vu qu'il était occupé à réviser les questions du Goth, tout Peynaud, avec son Emile sous le bras... J'ai kiffé à mort le José Maria Lopez di Heredia. Même que je savais pas que les poètes franco-cubains faisaient d'aussi grands vins ! Quelle finesse ! quelle délicatesse ! Pour un vin blanc espagnol, du grand art !
J'ai gratulé des cons - heu - congratulés mes chers amis, rempli d’émotion en me disant que si les Français ne sont pas tous des bâtards, le Bâtard, lui, si souvent Bienvenues, porte Haut (Brion) les couleurs de la France, avec pour Mission de montrer à Laville comme à la campagne la supériorité nationale sur les espingouins, vu qu’au foot, ça va être plus difficile…
Et même si, complètement Beurrier, j’avais Rouliers sous la table, le nez dans le ruisseau, ou plutôt dans le Bonnes Mares, tentant de me hisser jusqu’en haut de ce Latour, j’aurais gardé le souvenir ému d’une de ces nuits si spéciales, ces nuits de Cristal où l’on s’exclame : « Champagne ! »
Comme le disait souvent Lao-Tseu à JC Van Damme, le problème, avec les commentaires, c'est que ce sont des commentaires et généralement les commentaires se résume à :
- @LOL :
- Pernanbuquette : Super, génial
- DaRneSS : Personne ne m'aime
- Clithorine : Free VIAGRA
-
PetitPrésident : arrêtez de dire du mal des pandas, des roux, des Boukistanais et despetits PrésidentsNapoléoniens quifont du fricassument deshautesresponsabilités sinon je vous envoisla DSTmes copains qui sont plus fort que les tiens. Et acheter le dernier disque dema femmeCarlita.Mais parfois, les choses ne sont pas ce qu’elles sont, et un internaute lambda que nous n'avons pas encore identifié, avoue son goût pour les choses de la chair et ses pratiques quasi orgiaques que nous avons peine à imaginer. Après ce Cooking-Out, je suis sûr qu'il se sent comme l’intestin grêle après la vidange, comme le canard WC après la chasse. Grâce à sa prose, nous allons rejoindre le cercle très fermé des blogueurs qui comptent sur la Blogosphère, et nous allons être invité à aller déguster de fabuleux Beaujolais 2010 et pourquoi pas tester le dernier Goth ceinture à la mode. Mais c'est une nympho à prendre au conditionnel
Chers blogueurs,
je tiens à signaler que contrairement à un certain camarade soiffard visiblement chargé comme un nane, (j’ai pas dis « monté », hein…), je suis propre. Je ne me dope pas, moi, Môôsieur. Je ne mange que du bon nagneau élevé sous la mer (du lamantin, koi) et pas du vilain filet de bœuf espagnol, tout chargé d’anabolisants, comme certains soiffards dont je tairais le nom, sauf si vous insistez. Ah bon ? Quoi ? vous insistez ? Ok, ok… Je le dis haut et fort, ce Psykopat là se dope ! Aux produits espagnols comme Vega Sicilia et Jabugo mais aussi aux produits italiens. Il a tout essayé : Gaja, Conterno, Quintarelli, Sandrone… Et tous les jours ! Le jeudi : Righetti. Le mercredi : Egon Muller. Le mardi : pipe ! Beuh ? Même les coureurs de la grande boucle, gentils petits amateurs n’y survivraient pas ! Il leur reste un (tout petit) peu de sang dans leurs veines, à eux !
Pour faire bonne déconfiture tu as oublié une petite dizaine de jeunes Australiennes au épaules de camionneurs bodybuildés mais avec des bouches à te faire tomber les chaussettes de joie.