No spaghetti for the old men
Grumé et recraché Par Psykopat le jeudi, 7 octobre 2010,
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Je ne sais pas pour vous mais moi j’adore les mardis, je trouve que c’est le jour le plus cool de la semaine. Depuis environ deux fois, c'est le jour du resto privé. C'est pas comme un restaurant normal, le genre qui est trop cher, trop long, pas trop bon, c'est le cousin par alliance de la nièce du chien de la voisine qui te l'a recommandé, que même qu'il a eu du rab de croquette. Traditionnel, exotique, poissons, viandes, savoyard, alsacien, cuisine du sud-ouest, cuisine provençale, campagnard, plateau de fruits de mer, couscous, indien, pizzeria, Kebbab, toujours la même histoire. L'accueil en tirage de tronche, la table au fond et à côté des chiottes qui pue la merguez avariée, la même lenteur dans le service, le même serveur à moitié folle qui vous récite le menu comme s'il était à la scala de Milan et qui vous dévisage comme si vous veniez de lui pisser sur la jambe. Je passe sur l'addition stratosphérique et même pas un merci en sortant, t'as juste envie de leur demander pourquoi ils ont oublié de te cracher à la gueule! Même au MacDo, la qualité baisse, comme dit mon pote Ranulphe, c'est la cerise sur le MacDo.
En fait, le resto privé, c'est comme un resto, mais privé et dans une rue privée. C'est un copain tout proche, chez qui tu t'invites sous le prétexte fallacieux qu'il doit se sentir seul vu que sa blonde l'a abandonné une semaine entière. Pas de mini chemin de table de resto lounge à la mord moi le dard, mais des verres à vin immenses qui font que même ton fond de verre contient l’équivalent de 50cl de nectar. Une soirée à parler voiture, maison, fiscalité, spaghetti bolognaise, Neil Young et un petit peu de vin entre deux bouchées. Alain, puisque c'est de lui qu'on cause, a préparé un petit repas qui pourrait facilement nourrir la moitié du Yémen, un petit apéro, un petit foie gras, un petit Osso-bucco royal, un petit plateau de fromage et une petite glace pour faire glisser le tous dans nos gosiers ébahis. JeanLuke la main froide nous accompagne et a même amené sa célèbre Bolognaise, notre Tommy Lee Jones à nous, notre Old men a oublié les Spaghetti, mais les tagliatelles, c'est bien quand même surtout quand c'est bien arrosé .
St Joseph "Lieu dit St Joseph" 2005 Guigal
95% Marsanne et 5% Roussane
Ce lieu dit "Saint Joseph" est issu de l'ancien Domaine Grippat, c’est ce coteau qui lors de la création des A.O.C. donna son nom à l’Appellation Saint-Joseph. Belle robe épaisse, jaune foncé. Nez complexe et très floral, acacias, pêche, mirabelle, abricot, miel, amande et noisette. La bouche est, à la fois puissante et d'une grande finesse, une matière grasse, capiteuse et fruitée, une acidité perçante qui porte une longue finale. Un très grand St Joseph. Très bien+
Jasnières Calligramme 2008 Domaine de Bellivière
100% Chenin - vignes âgées de plus de 50 ans
Très beau nez de pêche, de pamplemousse, d'eau de rose, de fleurs blanches et d'épices douces. L'attaque est intense, avec un très léger sucre résiduel et une acidité équilibrante. La matière est dense et délicate. Superbe finale minérale. Très beau vin qui allie énergie et douceur. Très bien
L'appellation Jasnières est la plus petite des 3 de la vallée du Loir. C'est une bande de 5km de long sur 300m de large, sur des coteaux exposés plein sud. Le chenin donne ici des vins blancs secs qui demandent un peu de temps pour s'épanouir et qui présentent certaines similitudes avec les Vouvray.
Riesling Brand 2003 Zind-Humbrecht
Le nez est très pur, minéral, sur des notes limpides de citron, de pamplemousse, de fruits secs, d'épices et de miel. La bouche est riche, dense, verticale, avec une superbe acidité agréable. Très peu de sucre, étonnant pour un Zind-Humbrecht et encore plus étonnant pour un 2003, pas de surmaturité mais une grande fraicheur et un équilibre quasi parfait. Persistance incroyable. Une "pisse d'ange". Excellent
Saint Estèphe Cos d'Estournel 1987
Nez bizarroïde à l'ouverture, arômes végétaux, choux, poivron, feuilles mortes, champignons et un peu de menthe pour faire bonne figure. La bouche est du même niveau, fluette avec des tannins sauvages et grossiers, courte et pas vraiment agréable. Même si l'aération et le temps lui a fait un peu de bien, cela reste une bouteille médiocre, loin du niveau réel de Cos. Bof
Vin de Pays du Vaucluse Merlot 1998 Domaine des Tours
Un grand, que dis-je, un très grand vin de pays qui coûte à peine plus de 10€. Un nez qui s'ouvre immédiatement sur de magnifiques arômes de fruits noirs, de figue, de chocolat, de réglisse, d'épices et une pointe racinaire, végétale qui là, apporte un plus. La bouche est séveuse, riche, ample, gourmande et sensuelle, des tannins polissés, une pointe d'acidité qui apporte de la fraicheur et une grande persistance sur le tabac blond. Un merlot très Rhodanien avec la Reynaud touch. Excellent
Sicilia IGT Rosso del Soprano 2007 Azienda Palari
Un assemblage de cépages variés tels que le nerello, le mascalese, le nocera, le hotte ou encore la galatena. Nez très floral avec des notes de fruits rouges, fraise à la menthe, de radis, de ronce, de rose et de poivre. Un nez très original, une bouche baroque, surprenante, ronde, charpentée, légèrement sucrée et à la belle finale fruitée. Un vin déstabilisant, qui bouscule nos acquis vineux. Bien
Longtemps dévolu au marsala et, comme l'Algérie, au "gros vin de degré" pour le coupage, la Sicile a vu s'installer des pionniers, comme le domaine Palari, face au détroit de Messine, la propriété met un point d’honneur à cultiver les cépages locaux en faveur de l’une des plus vieilles appellations de la région, Faro DOC.
Cornas Les Chaillots 2005 Thierry Allemand
Belle robe rubis pourpre. Nez ensorceleur, légèrement animal, de cassis, confiture de myrtille, framboise, olive noire, réglisse, violette, graphite, encre, toujours chez Thierry Allemand, cette minéralité presque palpable. La bouche est corsée et charmeuse, la puissance du millésime mise au service du vin, c'est rond, savoureux, les tannins sont bien intégrés et la longueur est au rendez-vous. Un vin signé T.Allemand qui est un superbe compagnon de tablée. Excellent
Hermitage 2005 Domaine du Colombier
Le vin s'ouvre sur un nez séduisant, élégant de cassis, de violette, de poivre, de jus de viande sur un fond légèrement fumé. La bouche est dense, mûre, puissante, les tannins sont fermes, sans amertume, plaisants avec une acidité qui équilibre le vin et rafraichit la longue finale. Très bien
Côte-Rôtie Vieilles Vignes en Coteau 2005 Jean-Michel Stephan
Grand nez floral de violette, de cassis, mûre, framboise, épices, vanille, fruits secs. La bouche est superbe, croquante, hyper fruitée, très mûre, ciselée sur des tannins puissants et ronds avec un soyeux gourmand. Une remarquable finale élancée et fraiche, permet de finir en apothéose. Excellent
J'avais goûté cette bouteille il y a plus d'un an alors qu'il était dans une phase plus dure, plus asséchant, beaucoup moins plaisante. Je suis surpris de la rapide et magnifique évolution de cette superbe Côte-Rôtie issue de vigne de Sérine datant de la fin du 19eme siècle, une vinification simpliste, un élevage quasi invisible et pas de SO2 permette à ce magnifique terroir tout au sud du cru de s'exprimer par lui-même. Un vigneron peu bruyant que Parker n’hésite pas à qualifier de "mystique".
"La plus belle note Parker sur cette cuvée depuis sa création, et visiblement un vin à ne pas ouvrir avant plusieurs longues années". Ça c'est le commentaire sur le site www.coste-du-rhone.com, visiblement JFCC ne connais pas Alain. Même un 98 Bob l'éponge ne l'arrête pas dans sa frénésie de dégoupillage intempestif. Je ne suis pas un inconditionnel du Château d'Ampuis, mais là faut bien le reconnaitre Ouahhhh! C'est du lourd, du très lourd…
Côte-Rôtie Château d'Ampuis 2005 Guigal
95 % Syrah et 5 % Viognier
Superbe robe noire, limpide. Nez explosif, complexe, racé sur des notes de cassis, myrtille, violette, poivre, cannelle avec une fine touche de bois noble. Comme le nez, la bouche est explosive, une bombasse fruitée aux atouts bien en évidence. C'est puissant, velouté et parfaitement structuré, les tannins sont solides et intégrés dans ce nectar. Très longue finale sur le pruneau avec une magnifique pointe minérale. Grand vin
On a commencé avec Guigal et on termine sur le même vigneron, la boucle est bouclée, comme on dit chez les frisés pour faire taire les lardons Allemands. Comme vous venez de la constater, au resto privé, il y a une extraordinaire carte des vins, le menu est pas mal, lisible et tout, tu peux même faire des commentaires débiles du genre, "tiens, la salade au chèvre chaud, longtemps j'ai cru qu'on faisait chauffer des chèvres, mais c’est idiot, ça s’appellerait salade de chèvre chaude". Il était tard, le vieux grincheux de la table 7 voudrait l'addition, à la 11, ils voudraient savoir si sur la pizza, ils pourraient avoir des poivrons à la place des cafards, le type de la 8 râle parce qu'il a un rendez-vous important et qu'il est un peu pressé, c’est tout de même un monde, les gens de la 5 se retrouvent un boudin purée alors qu’ils avaient commandé une poularde demi-deuil. Le serveur est débordé, au bout d’un moment il en a marre, il décide de tout plaquer pour remonter le Yang-Tsé-Kiang en kayak, il en a marre de ramer et il préfère le scrabble.
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