Après les deux "Réserve des Célestins" d'Henri Bonneau lors de la dernière soirée, JeanLuke nous a gratifiés d'un superbe Grenache lors du débrief. Une Grenache que nous avons d'abord prit pour un beau Barolo, de la sève de Pinot noir, de la fraicheur, loin de la lourdeur prétendue des caricatures Australiennes. La Belle Christine's Wineyard de Rusden ne manque ni d'atours ni d'atouts, preuve par trois de la pertinence du dicton: "Pas de grand vin sans Grenache". Originaire d'Espagne, le grenache noir s'est répandu en Méditerranée occidentale au Moyen-Âge, grâce au rayonnement du Royaume d'Aragon. Au fil du temps, il a franchi les Pyrénées et gagné le Roussillon, puis s'est étendu rapidement dans le Languedoc, a gagné les îles méditerranéennes sous des noms parfois différents (Cannonau), et enfin le Maghreb, avec l'émigration européenne du XIXe siècle. Au XXe siècle, il devient populaire dans les vignobles du Nouveau Monde, notamment en Australie et Californie. grenache.JPGToutefois, à partir des années 80, il tend à décliner, victime d’une mauvaise réputation de cépage rustique, mais également de l'ascension de variétés réputées plus nobles et surtout plus à la mode et commodes à cultiver. Mais depuis le renouveau des vins du Rhône dans les années 90 grâce à des vignerons comme Henri Bonneau ou Emmanuel Reynaud, il a changé de statut.

C’est un cépage Méditerranéen ou adapté aux régions où l’on retrouve les mêmes caractéristiques: Afrique du Sud, Californie (région de Chaparral), Chili (sud de Santiago), Australie (zone de Perth). Cette restriction de son aire d’acclimatation est sans doute un début de réponse à son manque de reconnaissance. Comment le décrire? Certains l’ont comparé au Merlot, d’autres au pinot noir, soulignant par là même la difficulté à identifier avec clarté ce cépage. Songerait-on à comparer le pinot noir à autre chose que lui-même ? Ainsi, le jour où l’on mettra le grenache en parallèle avec lui-même, la partie sera gagnée …