Un accident tristement banal, à l'époque, les chutes mortelles de cheval sont fréquentes. De nombreux cochons déambulent dans les rues où ils jouent le rôle d'éboueurs. Mais il a fallu que l'un d'entre eux croise la route d'un Roi pour que l'on interdise la divagation des cochons dans Paris. Cochon.jpgSeuls les porcs de l'abbaye Saint-Antoine purent échapper à cette mesure à condition de porter une clochette. A cette époque, on faisait pas trop dans le pathos, le Père, ne fait pas une ni deux, même pas trois et fonce au Château chercher son second fils, Louis et lui tint un peu près ce langage. "Yo fiston, sors toi un doigt, ton con de frère s'est fait buter par un cochon, tu devais finir comme un con, au pied du podium, te voila Roi, on fonce à Reins, te faire sacrer et boire une chtite coupe de mousseux". T'imagine le gamin, 11 ans et Roi de France. Mieux que son frangin et Sarkoléon. Le chérubin, futur Louis VII, c'est mieux que Pie VII, aura pour descendant Philippe Auguste et dans la même lignée, des cadors comme Henri IV, Louis XIV et bien sûr Louis XVI. La face du Monde a été changée par un putain de porcinet. Si ce goret était resté sagement à sa place, pas de culbute pour le Philippe, pas de Louis XVI et pas de révolution, par de démocratie à la con, pas de Giscard, pas de Sarko, une bonne Royauté et basta! Comme nos amis le rosbif. Alors moi, quand je baffre du sauciflard, quand je commande un jambon beurre ou quand je m'emplâtre un pot de rillettes, je venge ce Prince déchu dont la cervelle s’est répandu au milieu d'une bande de vilains pourceaux, dans l’indifférence presque générale. Et avec ça, je vous sers quoi? Les vins des Rois, évidemment. Champagne et Gevrey-Chambertin, ça s'impose. Champagne pour tout le monde et Gevrey pour les autres, y a encore des rillettes?

Champagne Brut Blanc de blanc Cuvée Perle Lilbert & Fils

Robe claire, bulles fines. Peu dosée. Nez de citron, d'amande, de fruits secs, de brioche. La bouche est fine, légère, vive, d'une belle fraicheur et à la finale persistante. 14.83 Très bien

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Champagne Blanc de blanc Cuvée Initiale Jacques Selosse

Robe dorée, bulles denses. La Selosse touch, nez puissant, pêche, citron, épices, levure, iode. Peu dosée (5g/l), la bouche est vineuse, robuste, le boisé est perceptible et la finale est longue, sur les amandes. 15.67 Très bien

Champagne Blanc de blanc Avize Grand Cru 2000 Jacquessonchampagne-jacquesson-avize.jpg

Robe dorée, bulles fines. Nez vif, plaisant, de pomme verte, de miel de fleurs, de noisette, de craie et une touche de citron. La bouche est d'une grande distinction, tendue, fraiche, dépouillé de tous les artifices pour ne garder que le meilleur. Superbe longueur. Grand Champagne. 17.17 Excellent

Champagne Rosée de Saignée Larmandier-Bernier

100% Pinot noir (Vertus). Robe framboise. Bulles fines. Nez de de fruits rouges, épices, larmandier.jpegronce, eau de rose. La bouche est tannique, onctueuse, le Pinot noir s’exprime parfaitement, c'est plaisant, distingué et la persistance est importante. Un Rosé de table. 14.00 Très bien

Ce rosé est obtenus grâce à une technique rarement utilisée en champagne, les pinots sont égrappés et macèrent environ 2 jours, puis la saignée est effectuée. Viennent alors la fermentation alcoolique naturelle encuve, la fermentation Malo lactique, puis l'élevage sur lies pendant l'hiver. Le tirage a lieu en mai. Après vieillissement en cave, le dégorgement est réalisé 3 à 6 mois minimum avant commercialisation avec un dosage discret (3 g de sucre).

Champagne Vertus rouge 2005 Larmandier-Bernier

100% Pinot noir. Robe rubis foncé. Nez expressif de framboise, cerise, ronce, menthol. La bouche est ample, puissante, marquée par le millésime, les tannins sont fins, pas complètement prêts mais sans aspérité et la finale fraiche et longue. Une belle transition vers la Bourgogne. 15.75 Très bien

Jacquesson a (encore) dominé de la tête et des épaules, y a pas à tortiller, c'est un grand. Selosse a interpellé par ses arômes puissants, levurés alors que Lilbert était plus sur la finesse. Le Rosée de saignée de Larmandier-Bernier est superbe vin de table, a associer à un plat. Après la belle transition du Vertus rouge, on attaque la Bourgogne par un jalon, une barre minimale. Un Bourgogne générique. Premièrement parce que j'aime les vins de Claude Dugat et secundo, s'il est capable de faire un bon vin "hors grand terroir", d'autres devrait être capable de faire aussi bien sur les magnifiques terroirs de Gevrey. Reste à le vérifier…

Bourgogne 2007 Claude Dugat

Nez de cerise burlat, de framboise, de ronce, de violette avec une touche de tabac. La bouche est élégante, fruitée, soyeuse, tout en finesse, gourmande, longue, on y revient. 15.33 Très bien

Gevrey Chambertin 2007 Domaine La Ramée

Nez retenu, assez précis, de fruits noirs, champignon, réglisse. La bouche est ample, puissante, un brin austère mais sans rugosité et la finale assez longue. 14.50 Très bien

Gevrey Chambertin 1996 Jacques Kohut

Pas le Coït, le Cohut. Nez assez vague de fruits rouges, cacao, cuir. C'est en bouche que ça se gâte, acide, très acide, maigre, dissocié. Je cite jacques Cohut qui parle des guides : "je ne leur donnerais mais pas un échantillon de mes vins, si c'est pour me retrouver à la page 5 d'un guide avec pour référence un récit de conneries!!! Tout le monde peut faire de la merde, mais du vin? Parfois vaut mieux se taire. Ça se fera, ou pas… 12.83 Bien

Gevrey Chambertin Les cazetiers 1er cru 1995 Bruno ClairCazetiers_Clair.jpg

Ouille, ça se gâte encore même si le premier nez laisse planer le doute. Floral, framboise c'est classique, balsamique, aigre, ça l'est moins. L'attaque est fuyante, la bouche est fluette, mince, les tannins secs et la finale courte. Indigne d'un Cazetiers. 12.67 Bien

Gevrey Chambertin 2002 Sylvie Esmonin

Des arômes bien définis, beau nez de framboise, griotte, rose, réglisse, noyer. La bouche est fruitée, GevreyEsmonin.jpgpure, la matière belle, les tannins ronds, plaisants, l'élevage encore perceptible et la persistance est grande. Un beau Gevrey dans un beau millésime. 15.92 Excellent

Gevrey –Chambertin 1er "Lavaux St Jacques" 2005 Domaine Mortet

Couleur rubis sombre. Nez très mûr, légère réduction, sur des arômes de fruits rouges et noirs, de ronce, de fumée, de cacao et d'épices orientales. LavauxMortet.jpgLa bouche est profonde, dense, concentrée, ferme, serrée avec une texture veloutée, sensuelle, les tannins sont puissants et soyeux. L'austérité cistercienne des grands Bourgogne associée à la race d'un grand terroir. La finale est superbe. Un vin qu'il est urgent d'attendre encore. 18.00 Grand vin

Chambertin Grand cru 2001 Domaine Trapet

Bouchonné

Chambolle Musigny "les Charmes" 1er cru 2000 Gérard Mugneret

Le premier nez est boudeur, retenu, il s'ouvrira doucement sur des notes de fraise écrasée, de framboise, bois de rose, épices et bois noble. La bouche est élégante, fine, les tannins sont souples, l'ensemble possède un bel équilibre et une excellente longueur. 16.00 Excellent

Chambertin Clos de Bèze Grand cru 2000 Robert GroffierBezeGroffier.jpg

Deuxième rencontre avec le Clos de Bèze du magicien Groffier. Le 99 m'avait littéralement électrisé, envoûté. Le 2000 est moins étincelant, plus velouté, plus sensuel. Un magnifique bouquet de cassis, griotte, framboise, bois de rose, violette, gentiane, épices orientales… Pas un monstre en bouche, plutôt une boule de soie, un raffinement suprême, une évidence qui allie parfaitement l'austérité du terroir et le charme du vigneron. Une bénédiction qui ne faiblit jamais jusqu'à la magnifique et interminable finale. Un grand millésime, un grand terroir, un grand vigneron... Un grand vin. 19.17 Grand vin

J'ai placé la barre très haut avec le générique de Dugat, ça déménage pour un régional de l'étape, derrière ça a ramé pour La ramée qui a surnagé, Kohut a bu la tasse et le "Cazetiers" de Bruno Clair a sombré corps et âme. Heureusement qu'il y a des femmes pour relever le niveau. Sylvie Esmonin est ingénieur agronome et possède un sens de la mesure dans ses vinifications, combiné à l’utilisation des fameux fûts de Dominique Laurent. Des Gevrey très classiques, souples, racés et fruités. Avec le regretté Denis Mortet, on gravit quelques marches d'un coup. C'est profond, Cistercien dans sa nature et racé dans son expression. Le Chambertin, roi de la soirée, est légèrement bouchonné, suffisamment pour nous gâcher le plaisir. On se rabat sur un Chambolle-Musigny de Gérard Mugneret. Une retraite plutôt réussie, très Chambolle, beau fruit qui se livre doucement, élégance, finesse, classique et tellement bon. Pour ne pas se quitter sans un grand cru de Bourgogne, j'ai sacrifié un Clos de Bèze de Robert Groffier. 2000 doit être prêt à boire? Carafage d'une courte demi-heure et un monstre d'élégance se réveille doucement. Arômes d'une immense pureté, fruit croquant, texture sublime, équilibre majestueux, longueur exceptionnelle, une caresse de Pinot noir. Robert Groffier est un génie. Le Chambertin devait être le Roi de la Soirée, un cochon de bouchon a eu sa peau et Robert le paysan est devenu Roi et si ça c'est pas de la Bèze

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