La production planétaire de vin est passée à près de 300 millions d'hectolitres. Autrement dit, l'humanité consomme près de 40 milliards de bouteilles de 75cl… Ça fait rêver… Avec 870.000 hectares dédiés à Bacchus, la France possède 11% du vignoble mondial et caracole en tête du peloton des pays producteurs et exportateurs de vin, devant l'Italie et l'Espagne. La filière viticole, rapporte à l'État 3,3 milliards d'euros en impôts indirects. C'est ce qui s'appelle une industrie puissante, florissante. Que nemi inculte béotien, y a pas de quoi trinquer au Beaujolpif, la réalité est malheureusement plus dure. Après des années fastes, les vignerons Français affrontent une crise d'austérité et se font plumer par leurs concurrents.prozac.jpg La consommation ne cesse de diminuer, et ils doivent faire face à l'irruption de nouveaux pays producteurs comme l'Argentine, le Chili, l'Afrique du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et même l'Inde. Ils en arrivent à fabriquer des nectars faciles à boire, sucrés et au goût vanillé pour plaire à Bob le gourou. Mais à trop vouloir produire des breuvages "techniques", à vouloir séduire le jeune, la ménagère, l'Américain, l'oligarque, le technocrate, le ploutocrate et le Pékin moyen, le vin français rogne ses principes, son histoire et, in fine, perdra son âme et sa valeur ajoutée. Les artistes disparaitront et il restera les faiseurs de fric. Et la menace n'est pas seulement extérieure, chez nous, les pouvoirs publics et les firmes pharmaceutiques rivalisent de mauvaise foi pour dénigrer le vin. Officiellement, il s’agit de lutter contre l’alcoolisme, mais le résultat, voir le but, c’est l’explosion des ventes d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, dont notre pays est devenu le premier client européen. Au cours des dix dernières années, on a assisté à un déchaînement de violence ahurissant, brutal contre le vin, ceux qui le produisent, ceux qui le vendent et surtout, ceux qui le boivent, un dénigrement que l’on n’a vu ni en Espagne, ni en Italie, nos deux voisins producteurs, ni dans aucun autre pays du monde. En France, depuis 40 ans, la consommation de vin a baissée de 50% et, au cours de la même période, les ventes de tranquillisants ont bondi de zéro à plus de 60 millions de boîtes par an. C’est un fait, la France a tourné le dos à son vin, le plus subtil, le plus civilisé des anxiolytiques, celui que le monde entier nous envie, pour gorger son peuple d’antidépresseurs. Avec quel succès ! Plus ils en ingurgitent, plus les Français sombrent dans la morosité et le pessimisme et finissent par voter pour une bande de rapetou, qui, depuis dix ans, dénigrent le vin, mais ne font rien pour lutter contre les autres dépendances et dénoncer la pire d’entre elles, l’addiction aux tranquillisants. Ce petit monde y trouve son compte, les labos s’enrichissent sur le dos des malades, quand ils ne les tuent pas, tandis que nos petits chefs s’offrent la paix sociale en plaçant les citoyens sous tutelle chimique subventionnée et cela, avec notre argent. Les antidépresseurs, Ben Ali et Moubarak auraient dû y penser plus tôt. "Le vin réjouit le cœur de l’homme et la joie est mère de toutes vertus" écrivait Goethe, mais il ne disait rien sur les Lexomil, Prozac et autre Temesta, nouvelles mamelles du peuple de France. En pays de cocagne, il y a comme "un malaise qui tue", nous vivons dans une société qui élabore plus d'interdits que de façons de "bien vivre ensemble", on nous rabâche que le vin tue lentement, eh bien, justement, comme disait Courteline, on n’est pas pressés.

Champagne Mumm Cordon rouge

Mumm_Logo.jpgDes notes de poire, de citron, de fleurs blanches et une touche de pain grillé pour le nez. Une bouche légère, fraiche, un peu vineuse, des bulles assez fines et une langueur moyenne pour un champagne moyen, assez standard, lambda. 13.71 Bien

Moselle Pinot gris Pÿlae 2007 Château de Vaux

Un nez assez simple, sur la pêche, les amandes et l'herbe fraiche. Une bouche séveuse, un brin végétale avec un peu de sucre en finale et une longueur moyenne. 13.57 Bien

Alsace Tokay Pinot Gris 1989 Domaine Vorburger

Un premier nez un peu croûte de fromage, puis avec l'aération, des notes de fruits blancs, de pamplemousse confit, d'épice, de miel et de sous-bois. La bouche est fine, légère, relativement fraiche avec une belle finale. 13.64 Bien

Il est des jours comme des pompes trop petites et s’en est un. D’où mon introduction plutôt sérieuse et pas vraiment sérieuse, on se comprend? Ça s'explique, je suis d'humeur massacrante, première complication, les vacances sont terminées, je reprends la route du taf, deuxième complication chez ma boulangère aux miches avantageuses. J’ai commandé 2 croissants au beurre et une demi-baguette et j’ai eu à la place un demi-chinois et une crème hémorroïdaire. "Que vais-je faire d’un demi-chinois?" Ai-je interrogé la miche. "Vous n’avez qu’à lui passer de la crème hémorroïdaire" me répond l'autre miche. Je voudrai bien, mais il n’a pas de fesse le demi-chinois, pourtant, il est plutôt sympa, il s’appelle Lee Koreu, il est menuisier-empâleur et s’est fait débiter les jambes lors d’une rencontre malencontreuse avec une scie circulaire. Et pourquoi cette ellipse aussi inutile que débridée? Parce que je n'ai pas grand-chose à dire sur les trois premier vins, le champagne est un champagne, le Pinot gris de Moselle est Mosellan, tout est dit, et l'Alsacien est Alsacien, c'est-à-dire meilleur, un peu légionnaire en campagne au début. Je profite de ce coup de mou pour vous présenter les intervenants de cette innovante et improvisée soirée barbecue de juillet. Il y a Thierry et Didier, les gentils organisateurs, Alain le ricain, Jeanluk parfumé au Bordeaux comme d'hab, Gérard, qui se réjouit d'avance, John, calme comme une baleine à bosse, JeanDa qui affute ses armes de mastication massive et bibi pour relater avec justesses et précisions, enfin, si mes souvenirs ressurgissent de la brume vineuse qui a fondu sur mon dimanche comme une nuée de fondus au fromage sur Lausanne. Accessoirement, nos moitiés nous on suivit, mais on s'est bien gardé de le garder dans la même pièce, les bonnes carafes ont auraient surement soufferts.

Bourgogne Pouilly Fuissé "Trie de hauts de vignes" 2002 JM Guffens

PouillyHautdevigne.jpgLe nez est d'une grande finesse, un bouquet de citron, de paille, de miel, de fleurs blanches, de beurre frais et de noisette. On retrouve une grande finesse en bouche, c'est tendu, aérien, précis, la matière est belle avec une remarquable acidité, bien intégrée, qui porte la longue finale mentholée. De la race des grands Puligny. Mon coup de cœur. 16.00 Excellent

Bourgogne Batard Montrachet 2006 Morey-Coffinet

Un nez puissant, moins distingué que le vin précédent, sur la fleur blanche, la poire et les amandes. La bouche est énorme, un brin alcooleuse, moins précise que le Guffens, un peu farouche, pas complètement en place et surtout, elle manque d'acidité, de fraicheur pour relever la finale. 15.86 Très bien

Rhône Châteauneuf du Pape Blanc 2003 Château Rayas

rayas_cdp.jpgLe nez nous emmène sur des accents de pomme, de poire, d'anis, d'acacia et de miel. La bouche possède beaucoup de fraicheur et de rondeur. La matière est généreuse, aérienne, l'élevage est fondu, l'écueil de la lourdeur du millésime a été évité et la finale est puissante et aromatique. 16.29 Excellent

Après une petite soupe revigorante, mes souvenirs émergent doucement, j'ai un peu plus de souvenir sur le superbe Pouilly-Fuissé du Johnny de Macon (c'est un fan de notre Jojo à nous). C'est même mon blanc préféré de la soirée, justesse, droiture, tension, fruité et une légère évolution vers le sous-bois, tout est en place pour donner le maximum de plaisir. Pour le Batard de Morey-Coffinet, c'est encore un peu tôt, certes, c'est plus costaud, plus dense, certes, mais c'est aussi un peu pataud et ça manque un peu de race et d'élégance, eu égard au pédigrée. emmanuelreynaud.jpgCette soirée aura un fil rouge à la patte. Un fil nommé Rayas, ou plutôt Emmanuel Reynaud, un homme à l'image du Château Rayas, austère, méconnu, cachée au bout d’un petit vallon au milieu des vignes, et qui reste encore un des endroits les plus inaccessibles de tout le vignoble de la vallée du Rhône. Rayas blanc est impressionnant de fraicheur, d'originalité et de présence. Jeanluk a l’œil fier, la moustache altière, il connait bien Rayas, il est rusé comme un troupeau de renardeaux, certains font des soirées karaoké entre amis, d’autres partent aux States, à St Malo, au Boukistan ou pire, dans le Jura, d’autres encore se rabattent sur une fondue chinoise avec plusieurs sauces dont une avec un peu trop de piment mais sinon elle est bonne quand même, rares sont ceux qui avouent se mater un bon vieux Porno en buvant du Rayas, lui si.

Moselle Pinot noir Pÿlae 2008 Château de Vaux

Nez de framboise, de pivoine et d'épices douces. Au nez comme en bouche, ce n'est pas très complexe, mais très gourmand, bien fruité, la matière est fine, les tannins soyeux et la finale est fraiche avec une pointe de menthol. 14.71 Très bien

Bourgogne Chassagne Montrachet Morgeot 2004 Morey-Coffinet

MorgeotCoffinet.jpgUn nez puissant, racinaire, sur la cerise noire, la groseille, la ronce et des notes animales de viande grillée. La bouche est séveuse, riche, ample, les tannins sont puissants et souples. Longue persistance sur la groseille. 15.14 Très bien

Bourgogne Volnay "le Cros martin" 2006 Domaine Violot-Guillemard

Le nez est agréable, fruité, sur la framboise, la pivoine, la fraise écrasée, les épices et une touche de chocolat. La bouche est typée Volnay, douce, fine, gourmande, des tannins soyeux, en finale, on perçoit une légère amertume. 15.07 Très bien

Un petit tour en Bourgogne, enfin presque, pour redonner un peu de couleur à Alain qui a découvert l'Amérique et le Pinot noir Américain. Oui, je le répète, il a découvert l'Amérique, c'est pas Christophe, lui il a écrit les mots bleus, un mec qui est parti avec trois bateaux, il arrive avec trois bateaux alors que même Leo Di Carpaccio a pas réussi à faire le trajet sans couler, c'est pas crédible. Il y avait déjà des vikings, des Chinois et des emplumés mais comme ils avaient oublié de revendiquer, ça compte pas. En plus, il était certain d’être allé en Inde. Bon, moi je connais des gens qui se sont retrouvés au Maroc en camping-car, ok, mais des gens qui sont allés, par hasard, au States avec le routard de Bombay en poche, ça, non. S'amuser avec des œufs et débarquer en Floride en pensant être à Visakhapatnam, c’est pas crédible, ça fait un peu amateur quand même. A mon avis, l’Amérique n’a jamais été découverte, n’a même jamais existé, tout ça, c'est une mystification du gouvernement Ecossais pour nous faire avaler des Mc Do. Vous allez me dire, il a rien à dire sur les 3 pinots noirs, alors il brode, comme d'habitude. Bande d'ingrat bien gras, aucun respect, je le vois déjà le fourbe JeanDa avec la bave aux lèvres, se fouettant les pistaches à l’aide d’un jambon Bellota. Et bien non. Le Pinot noir Pÿlae de Moselle a plutôt été apprécié et même casé en Bourgogne par certains que je ne nommerai pas, par pur charité chrétienne, ne me remercie pas jeanluk. Avec le Morgeot, on passe un cran, c'est plus dense, plus racé surtout, alors que le Volnay est bien caractéristique de son appellation, tout en dentelle et en finesse.

Côtes du Rhône Pialade 2005 Château Rayas

pialade.jpgSuperbe nez de fruits rouges, de cerise, d'épices, de prune, de réglisse et de laurier. La bouche est du même acabit, épanouie, c'est d'une droiture remarquable, un beau fruit très mûr, des tannins souples et gourmands, un très léger sucre, une grande persistance mentholée, beaucoup de finesse, presque bourguignon dans l'esprit, un RQP bluffant une note au niveau du prix. 16.14 Excellent

Côtes du Rhône Réserve 2002 Château des tours

Superbe nez, un peu comme Pialade, mais en plus classe, cerise noire, ronce, menthe, garrigue, bois de rose et fleurs séchées forment le bouquet. La bouche est élégante, fine, épicée et légèrement sucrée, les tannins sont ronds, l'acidité équilibre parfaitement l'ensemble et participe à la très belle et très longue finale. 16.86 Excellent

Côtes du Rhône 2000 Château de Fonsalette

fonsalette.jpgToujours ce nez très Grenache, prune, pruneau, rose fanée, cerise, cuir, tabac blond et une petite touche de bois. En bouche, c'est remarquable de précision et de gourmandise, à la fraicheur initiale succède une suavité étonnante avec des notes viandées mélangées à la cerise noire. L'acidité est parfaitement fondue et la longueur est mémorable. 17.21 Excellent

Rhône Côte-Rôtie Brune et Blonde 2005 Guigal

D'abord animal, le nez s'ouvre sur des notes poivrées, de mûre, de violette et de lard fumé. En bouche, l'acidité est frappante, cela apporte beaucoup de fraicheur mais déséquilibre un peu le vin qui possède une grosse matière relativement boisée et agressive. 16.43 Excellent

Rhône Châteauneuf du Pape Pignan 2000

pignan.jpgLégère évolution de la robe, grand nez de fraise écrasée, de cerise à l'eau de vie, de laurier, de graphite, d'épices et de chocolat amer. Comme les autres vins d'Emmanuel Reynaud, on retrouve une légère trace de sucre, la matière est ample et tapisse le palais. L'acidité vient nettoyer le palais et faire place nette pour une interminable finale sur la cerise. La madeleine de Proust avec la confiture de Mémé en plus. 17.64 Excellent

Rhône Châteauneuf du Pape Rayas 2000

La synthèse, l'aboutissement d'un travail préparatoire, l'archétype d'un grand vin modeste. Pas de nez tapageur, de la finesse dans un corps de sauvage, un nez racé, proche des grandes Côtes de Nuits, terreux, finement évolué avec des notes de prune, de framboise, de thym, de laurier et de bois de rose. La bouche est d'une grande élégance mêlée à une matière ample, une marmelade d'orange sanguine et d'épices poivrées, des tannins soyeux, une équilibre parfait et une longueur redoutable. Vous vouliez de la finesse ? En voilà. Une carafe qui quittera notre table en laissant pas mal de regret. 18.92 Grand vin

Bordeaux Saint Julien Léoville Las cases 1993

LeovilleLasCases.jpgUn nez magnifique et complexe, de cassis, de terre humide, de café, de chocolat, de tabac, de goudron, de menthe et de cèdre. La bouche est moins aimable que le nez, l'acidité est pointue, prégnante, la matière est fine, les tannins sont soyeux, agréables mais l'ensemble manque d'équilibre mais pas de longueur. Pas désagréable, mais un peu lassant, comme la messe où on nous trainait le dimanche. 17,33 Excellent

On entre dans le vif du sujet, une robe brique, tommette du sud, un voyage en pays de grenache, c'est complexe, le fruit est mûr, les épices relèvent l'ensemble, la bouche est savoureuse, un régal, légèrement sucrée, pas très 2005, même si c'est son millésime, très long, quelques choses de familier, un Rayas en plus petit, en beaucoup moins cher, quelque chose d'exceptionnel, un cadeau de la vigne, beaucoup plus que 15€ de plaisir, j'en prends deux caisses, Pialade 2005… Avec le Château des Tours, on reste en Grenache, domainedestours.jpgon garde le plaisir des vins d'Emmanuel Reynaud, même dans le Vaucluse, il garde la patte sur sa grenache même s'il ajoute quelques autres cépages et pas mal de talent. Dans la région, le millésime 2002 n'a pas été formidable, loin de là, mais la valeur d'un vigneron se juge à l'aulne des petits millésimes. Et là, chapeau l'artiste, c'est grand, c'est beau et là aussi, ça ne coûte pas 2 fois le PIB de Kosovo. On reste en équilibre sur notre fil rouge avec Fonsalette, un côte du Rhône que bien des Châteauneuf envient. Un vin qui allie dentelle, finesse et puissance avec une buvabilité impressionnante. La suivante est un piège à cons, j'ose l'avouer ouvertement, j'ai tendu une grosse ficelle à notre fil rouge. Après Pialade, Château des Tours et Fonsalette, Pignan s'imposait naturellement, et j'ai, avec la complicité de Didier, placé une Syrah, un Côte-Rôtie de surcroît, en plein milieu du jeu de quilles de grenache. domainerayas.jpgEt bien? Ça n'a pas marché, trop malin le soiffard, ils ont le nez fin, le piège est éventé mais pas la bouteille de Guigal, toastée, viandée, puissante et gourmande. Pignan 2000 suit évidemment. On passe une belle marche, c'est Stairway to Heaven, toujours la Reynaud touch, avec de la race, de la consistance, une longueur incroyable et un accord parfait avec la Côte de Bœuf à la Béarnaise maison. Avec Rayas, chaque bouteille est une nouvelle aventure, aucun Rayas ne se ressemble, même avec le temps, le même millésime peut vous emmener vers des horizons différents. J'ai bu deux fois 2003 en quelques mois, deux fois, j'ai bu un magnifique vin, mais deux vins différents. En cela, Emmanuel Reynaud est un génie, un peintre du vin qui ne reproduit jamais le même tableau, qui ne tire jamais deux fois la même ficelle, même si c'est un fil rouge.

Coteau du Languedoc Terret Blanc 2002 Domaine Barral

90% Terret, 10% Viognier (merci Alain) Un exercice de style, très peu de souffre, pas de filtrage, une robe orangée, trouble et troublante, des arômes de pomme, d'orange amère, de fleurs capiteuses, de miel et de nougat. La bouche est un peu oxydée, sur la pomme, un peu svelte, tendue par l'acidité et pas très longue. A surfer avec le sans souffre, on souffre avec le temps. 15.50 Très bien

Loire VDT (Saumur) Genèse Les Jardins Esméraldins 2002 Xavier Caillard

esmeraldins.jpgLe nez mettra quelques minutes pour se révéler et livrer de fin arômes de chenin, acacia, coing, tilleul, citronnelle, amande et pâte de fruit avec une agréable pointe oxydative. La bouche est vive, légèrement perlante, droite, l'acidité tend le vin comme un arc mais la belle matière fruités équilibre l'ensemble. L'ensemble est rond, avec une pointe minérale iodée et une belle persistance. 14.67 Très bien

Italie Frioul Breg Anfora 2005 Josko Gravner

AmphoraGravner.JPG38% sauvignon blanc, 26% chardonnay, 28% pinot grigio, 8% riesling
Un style unique. Un univers à part qui explore des chemins nouveaux et insolites. Une robe jaune orangé, des arômes de liquoreux explose du verre, mandarine, abricots, orange amère, fruits secs, aubépine, pamplemousse et quelques notes iodées. En bouche, c'est sec, ultra sec, minéral, une texture de vin rouge, on croit discerner des tannins, c'est riche, complètement atypique, porté par une belle acidité qui accompagne une très longue finale safranée. 16.90 Excellent

Jura Château Chalon 1998 Jean Macle

macle-chateau-chalon.jpgRobe claire. Le nez est d'une grande complexité, la noix, bien sûr, mais aussi des notes citronnées, de pain d'épices, de fumée et de fruits secs. La bouche est avenante, cristalline, très ample avec une fine acidité, une texture magnifique et une longueur énormissime. Encore très jeune. 16.83 Excellent

Gravner2.jpgOn a prévu une petite surprise Bruxelloise, le plat n'a rien de Belge mais j'ai découvert cette merveille au "Café des Spores" à Bruxelles, c'est d'une simplicité évangélique, prenez 2 ou 3 grenailles de Noirmoutier ou d'ailleurs, un St Marcelin sur le dessus, quelques minutes au four pour faire fondre le fromage et vous ajoutez, avant de servir, deux cuillères de morilles avec une petite réduction au vin jaune et quelques échalotes et le tour est dans la poche. Ça va vous défoncer les neurones et les papilles. C'est pas le plat le plus diététique que je connaisse, vous allez déguster le lendemain, mais quand on aime, on compte ses kilos. Pour accompagner cette merveille, quatre vins nature et légèrement oxydatif pour relever les morilles. Un assez vieux Barral, période non filtrage et très peu de souffre (voir pas), un vin de table de Saumur de Xavier Caillard, que j'apprécie particulièrement ce qui n'a pas été le cas de tous. Un Château Chalon de Jean Macle, le roi du jaune, qu'il est inutile de présenter contrairement à Josko Gravner. Gravner1.jpgPour pas mal de spécialistes du vin transalpin, Josko Gravner est le plus grand faiseur de vins blancs de toute l'Italie. Dans un style unique, ses 35.000 bouteilles produites chaque année se situent dans un univers à part. De très longs élevages, pour partie en amphores sont quasi sans égal. L'approche très particulière, iconoclaste de Gravner vient bousculer les habitudes du monde du vin et l'orthodoxie de la vinification. Les vignes se situent autour du village d'Oslavia, entre 200 et 300 mètres d'altitude, pour partie en Slovénie, dont la frontière n'est distante que de deux kilomètres des bâtiments du domaine. Les vins fermentent spontanément sur leurs levures indigènes dans 44 larges amphores en Terracotta d'environ 20 hectolitres chacune, fabriquées sur mesure et enterrées dans le sol. Protégées par un revêtement extérieur en cire naturelle d'abeille, ces amphores proviennent de Géorgie, pays où la culture de la vigne a sans doute débuté à l'âge de Bronze il y a plus de 5.000 ans. Une des amphores est originaire d'Anatolie, et a sans doute plus de 300 ans. Cinq pigeages par jours sont pratiqués pendant la fermentation, puis les amphores sont scellées avec un couvercle de marbre et du mastic. Les jus macèrent dans ces amphores au contact de peaux, à la manière d'une vinification en rouge, pendant 7 à 8 mois sans aucun contrôle de températures. Les vins sont ensuite transférés dans de larges foudres en bois de Slavonie, d'environ 60 à 70 hectolitres chacun, où ils se reposent pendant deux ou trois années avec un minimum d'intervention. La mise en bouteille intervient en période de lune décroissante, sans filtration ni collage. Une dose très faible de So² avant la mise est le seul adjuvant employé. Encore une année supplémentaire de vieillissement en bouteille avant commercialisation. Gravner3.jpgLes vins sont déconcertants au premier abord en raison de leurs robes orange, aux reflets ambrés, qui laisseraient croire à tort à une oxydation. C'est uniquement la macération au contact des peaux, extrayant des pigments et des matières colorantes, qui leur donnent ces couleurs particulières. Une intense fraîcheur minérale, qui transcende les cépages. La philosophie particulière, non-interventionniste, que s'est forgée Josko Gravner provient de sa recherche constante de vins proches idiosyncratiques, dans lesquels les hommes ne doivent qu'accompagner des processus naturels. La lectures de textes de l'époque romaine, plusieurs voyages en Géorgie l'ont convaincu de la pertinence de cette quête des origines du vin. Il a d'ailleurs planté un peu de Saperavi, cépage autochtone de ce pays, dans ses terres du Frioul….Quel chemin parcouru lorsque l'on sait qu'il y a 15 ans, Gravner fût dans le Frioul un des précurseurs de l'usage des barriques neuves, des cuves inox et du contrôle des températures….

Australie Mc Laren Vale The Velvet Glove 2006 Mollydooker

Velvet_Glove.jpgAttention, arme de destructions massive, une robe d'encre, une épaisseur dans le verre, de puissants arômes de mûre sauvage, de myrtille, de cassis, de prune, de chocolat au lait, d'amande, de moka et de chêne. La bouche est crémeuse, lactée, démesurée, concentrée, chaleureuse (17,5°), aussi large que longue, épicée, un peu sucrée avec des tannins de la taille du pays continent. L'acidité est présente mais peine à équilibrer le vin. La persistance est simplement interminable. Indestructible, à carafer 3 jours avant 17.50 Excellent

Australie Mc Laren Vale Shiraz Réserve 2002 Noon

noon-reserve-shiraz.jpgAttention, arme de séduction massive. Même robe, très foncée, le nez est plus civilisé que le précédent, avec des belles notes de mûre, de myrtille, de cerise noire, d'eucalyptus, de menthe et de chocolat noir. La bouche est ample, tendue, précise, avec des notes de caramel, les tannins sont denses, puissant mais néanmoins séduisants. La ligne acide est présente et participe à la finale également interminable. 18.75 Grand vin

Alsace Gewurztraminer Kaefferkopf -Cuvée Jean Baptiste 1991 Adam

Le nez est un peu exotique, sur des notes de litchi, d'ananas, de pêche, de rose, de champignon, de fruits secs et d'amande. La bouche est fine avec néanmoins un beau volume et des beaux amers sur une belle finale. 15.60 Très bien

Bordeaux Sauternes Château Yquem 1984

yquem.jpgLe nez est intense, aromatique, explosif même, agrumes, pâte de coing, ananas, crème caramel, cannelle, fruits secs et une pointe mentholée qui apporte beaucoup de fraicheur. La bouche est ample, ronde, gourmande, la liqueur est impressionnante de finesse et de complexité mais la bouche est légère, cristalline. La finale est étonnante, interminable, mais aussi intense et sensuelle. Je suis toujours ébahi devant la capacité d'Yquem à traverser le temps, une véritable capsule temporelle. 19.30 Grand vin

Deux grandes Australiennes pour une reprise des rouges. Un Velvet Glove monstrueux de puissance, pas vraiment gant de velours, plutôt grosse baffe dans ta gueule, 17,5° de muscle bien saillant. Le Noon est irrésistible, la grande classe, la même note de Bob l'éponge (99) pour les deux,92996d.jpg mais, pour moi, une classe d'écart en faveur du Noon. On ajoute à la douloureuse, un Pinot Gris et un Sauternes pour que la nuit soit plus douce. Encore un Yquem, ça devient lassant… Je plaisante. Si vous êtes attentif, et je suis sûr que vous l'êtes, vous avez noté que je n'ai pas encore parlé du Léoville las Cases amené par le Jeanluk. Il y a une raison, et même une bonne raison. Sur ma fiche, peu de note, "beau nez mais la bouche est en retrait", mais en gras, rouge surligné deux fois, il y a cette phrase : "ne pas oublier d'avoiner le vieux sage". Et pourquoi? Me direz-vous. Parce que c'est mon bon plaisir et surtout pour cette phrase définitive. "Tu sais petit pédé…", oui il commence toute ses phrases par me traiter de pédé, "… dans la vie y’a ceux qui saucent et ceux qui sucent et dis-toi bien que le jour où tu me serviras une belle Australienne, j’aurais quelques mouillettes sous la blouse" Et d'ajouter "Ça vaut pas un bon Bordeaux…" Même Gégé, d'habitude assez prompt pour partir à la défense des pauvres paysans de Pauillac ou de Pomerol, en est resté ahuri par la violence de la charge. Evidemment, l'argument est irréfutable. Une Syrah Australienne, puissante, fruitée, gourmande, une friandise quoi, n'a rien à voir avec un vieux Bordeaux, même en carton-pâte… D'ailleurs Le Léoville était également très décevant, il n'avait ni la tension d'un grand Riesling, ni le botrytis d'un Yquem… Bon c'est vrai le Jeanluk, en fin de soirée, on comprend pas ce qu'il dit mais en fait c’est pas tant sa philosophie qui est absconse et amphigourique, c'est ses manières. En fin de soirée, il bave, il dégouline de sa bouche une sorte de liquide visqueux, ses yeux ne partent pas dans la même direction, l'œil droit lorgnait sur le Rayas et le gauche sur les miches de JeanDa, enfin, ce qu'il croit être des miches.LeVieux.jpg Le plus sympa, c'est son T-shirt représentant un Orang-outan forniquant avec un lévrier, avec le vieux singe qui dit "C'est qui le patron ici". Mon p'ti Jeanluk, tu me permets de t'appeler Jeanluk, il y a trois sortes d'amis. Les Relations qui se comptent sur les doigts des petits chanteurs à la gueule de bois, ceux qui peuvent faire très jolies dans les soirées mondaines et accessoirement, permettent plus de combinaisons lors des parties fines. La deuxième catégorie ce sont les amis. Ils se comptent sur les doigts de la déesse Vishnou qui pouvait faire la vaisselle en applaudissant, camarades de beuveries, de boulot, frères d'arme et autres connaissances liés par la complicité de quelques méfaits partagés. Enfin la troisième, ce sont les potes qui se comptent sur les doigts de la main d'un menuisier. La caractéristique principale d'un pote, est sa capacité à vous décevoir. La véritable déception, la déception profonde, celle qui peut te faire oublier le gout du Richebourg, ne viendra que d'un véritable pote, mais c'est aussi celle que tu pardonnes le plus vite. Grosse bise Jeanluk et sans rancune.

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