L’enfant va vous apporter joie et satisfaction, au moins au début, il prononcera ses premiers mots, areu et moma, fera des phrases toujours plus construites jusqu’au jour où il vous dira "zyva, keum, lâche moi, t’es trop relou tchulé". Le canard ne parlera jamais et c'est pas plus mal, pas de conflit mais éventuellement un confit s'il vous manque de respect. Avec les enfants, pas de confit, mais des conflits de génération, les gros problèmes commenceront vers environ l'adolescence. generation-y.jpgLe sujet mâle se mettra à aller très souvent sur Youporn pour faire des exposés, la jeune femelle se maquillera comme une Benz volés pour aller à la boum de Yann Niverserre et c'est là que le conflit de génération éclatera. Mais de quelle génération parle-t-on? Il existe une méthode infaillible pour déterminer sa génération, l’année de naissance. Si tu es orphelin, que tous tes papiers d’identité ont brûlé et que tu ignores donc ton année de naissance exacte, tu es probablement de la génération perdue. Si tu es né avant 1950, je suis désolé, je vais essayer d'écrire plus gros. C'est la génération des "Moi, mon ti-gars, quand j'ai commencé à travailler à 6 ans, j'étais payé avec une orange, j'ai connu l'arrivé de l'automobile, de l'électricité et du téléphone…" Après, il y a eu les baby-boomers, après avoir contesté toute autorité et loi morale, elle a créé une société selon ses valeurs propres où elle a pris sa place, toute la place. C'est la génération consumériste, le désir de l'éternelle jeunesse, un peu dépressive, très cynique, qui refuse de grandir et ça devient ridicule, à plus de 50 ans, plus personne ne connaît les dessins animés dont tu chantes le générique. Puis il y a la génération de l' hyperconsommation, celle à qui on a fait croire que tout était possible et qui a connu la grande illusion d'arriver sur le marché du travail alors qu'il n'y avait plus de place. Elle est sarcastique, elle essaie tous les nouveaux gadgets, elle tisse sur la toile. generation-y2.jpgElle profite de tout ce qu'elle peut tout de suite par crainte que la chance ne repasse pas. La génération suivante, celle des prénoms à usage unique, celle de Friends, elle aime Chandler, la blague sympathique, les bons sentiments, la cool attitude, le faussement décoiffé, la cravate pas vraiment mise, le semblant de barbe, petits clones sous i-pode distribuant de la musique anglaise branchée avant de se mettre au garde-à-vous promotionnel, la igénération, elle a toujours vécu avec la technologie et sait s'en servir très habilement. Génération d'enfants-rois, elle est matérialiste. Avant, on buvait de la bière tiède, on fumait des Camel en essayant de se farcir un semblant de grognasse, on était hypocrite, moche, pervers, on adorait la violence gratuite et on était même assez souvent racistes… La nouvelle génération est gentille, elle ne fume pas, ne boit pas, ne baise pas, aime sa famille, pense solidarité et tolérance… Une belle bande de loosers…

Il existe un autre moyen, relativement simple pour savoir de quelle génération tu dépends. Tu réponds simplement à la question: qui est l'interprète de "My Génération"?, si tu réponds "qui" en anglais, c'est que tu ne sais pas, si tu penses que c'est Tino Rossi, tu es de la vieille génération, si tu réponds Matthew Perry, tu es de la génération "Friends", si tu réponds "Mario Bross", tu es de la Igénération, si tu penses que c'est Horacio Caine, tu es certainement roux et stupide.

Muscat Goldert 1991 Zind-Humbrecht

Superbe nez, explosif, sur le citron vert, le pamplemousse, la verveine, le bourgeon de cassis et une touche de craie. L'attaque est nette, franche, la matière est belle, l'harmonie est parfaite et la persistance, normale, est surtout marquée par une belle fraicheur. Impressionnant de plaisir. Excellent (Note du groupe 15.90 Très bien)

Muscat Goldert 2004 Zind-HumbrechtZindGoldert.jpg

Le nez est d'abord atone, il lui faudra un peu de temps pour se réveiller, légère notes d'agrumes, gingembre, poire, paille, brioche et herbe caractérise le bouquet. La bouche est plus dense que la précédente, moins vive, plus austère, une élégance retenue comme la longueur. Très bien (Note du groupe 13.90 Très bien)

Pouilly-Fuissé Silex 1992 Domaine Dagueneau

La robe est évoluée, ambrée. Le nez est déviant, pomme verte, champignons, caramel, sous-bois et une touche de vernis/solvant. Comme le nez, la bouche est évoluée, peu aimable, oxydée et courte. Malheureusement passé. Bof (Note du groupe 12.50 Bien)

VDT Maudit 1990 Domaine Dagueneau

Belle robe vieil or. Premier nez un peu sur le solvant et la pomme, l'aération va lui faire beaucoup de bien, des notes d'amande, de miel et de poire très mûre vont se faire de plus en plus présentent. En bouche, le sucre est presque totalement fondu, la matière est belle, c'est gras et souple avec une grande longueur. Une cuvée rare et atypique, la commission d'agrément a déclassé cette cuvée en vin de table. Didier Dagueneau l'a alors mise en bouteilles de 50 cl hautes et fines et l'a baptisée "cuvée du Maudit". Si les sots qui l’ont déclassé, goûtaient ce vin aujourd'hui, ils en éprouveraient probablement pas mal de honte. Un vin gentiment anar. Très bien (Note du groupe 14.10 Très bien)

En liminaire, je précise, que contrairement à l'habitude, j'ai maintenu mon impression première et j'ai mis la note du groupe à la suite. Dans l'ensemble, je suis assez souvent en décalage avec la note moyenne.

Dans la mesure assez précise où on n'est pas venu là pour poser du lino ni pour se beurrer les vermicelles, on démarre rapidement et superbement par deux Muscat qui vont s'avérer avoir une gros point commun, outre le cépage, le Domaine. Olivier et Léonard Humbrecht en personne sur le premier et Olivier en solo sur le deuxième. Olivier Humbrecht, le géant vert, 1.94m et, chaque année, une quarantaine de cuvées issues de cépages et surtout de terroirs variés, le tout en biodynamie depuis 1998... Avec cette incroyable palette, Olivier Humbrecht a quelque chose d’un peintre qui sait expliquer son œuvre et son travail avec une précision quasi-mathématique. Même si, pour lui, l’inexplicable est une réalité qu’induit la biodynamie… Un incroyable Muscat hyper fruité, profond, rafraichissant, dans le premier verre, le plus vieux (1991), une jeunesse insolente qui tranche avec la rigueur, l'austérité du second (2004). La seconde série est consacrée à un autre géant de la viticulture, dagueneau.jpgDidier Dagueneau, trop vite rappelé au paradis des vignerons, un iconoclaste, adepte des sports extrêmes, cheveux longs mais jamais à court d’idées, le génie de la butte de Saint-Andelain restera immortel dans le monde entier pour ses mythiques sauvignons. Le Silex 1992 est malheureusement passé du côté obscur de la force, oxydé, la cuvée Le Maudit 1990 doit donner des sueurs froides à la commission d'abrutis qui a refusé l'agrément à cette cuvée. L'étiquette représente un homme barbu et chevelu ressemblant étrangement à Didier Dagueneau, faisant un bras d'honneur, pour sûr que certains on prit ce geste pour eux. Maudit soit les idiots. En 1992, année pourrie, Le géant de Loire a fait encore pire. Après avoir trié drastiquement les raisins pour faire ses cuvées habituelles, Didier a renvoyé tous ses vendangeurs dans la vigne pour ramasser le pourri gris. La ramasse de la vendange s'est fait en ambulance de la guerre de 40 toutes sirènes hurlantes, et la vinification avec des masques à gaz dans une fumée incroyable. Cette cuvée a été présentée à l'agrément et a été acceptée en Pouilly Fumé AOC, nouvelle preuve de l'idiotie de ces agréments, Didier l'a mise en bouteilles légères, les moins chères du marché, il l'a baptisée "Quintessence de mes roustons" et ne l'a jamais vendue. Il la donnait à ses visiteurs avec une pièce de 1 franc en disant "ce n'est surement le meilleur vin cette année, mais c'est certainement le moins cher". Un autre pied de nez à ces commissions fantoches qui ont refusée certaines de ses cuvées haute couture pour accepter ce vin issu de la pourriture grise.

Riesling Rangen de Thann 2006 Domaine SchaetzelSchaetzelRangen.jpg

Robe très ambrée. Nez de miel, de pain d'épices, de buis, de fougère et de nougat. La bouche comme la matière est assez moyenne, peu plaisante, un peu minérale, l'acidité est faible, la finale est sapide et un peu courte. Un jeune déjà vieille. Bien (Note du groupe 14.70 Très bien)

Riesling Réserve Personnelle 1969 Hugel & Fils

Robe jaune paille. Magnifique nez, très expressif, intense, sur le citron confit, l'ananas, la fleur séchée, la quinine, le sous-bois, le gingembre et quelques fines notes pétrolées. La bouche est fraiche, tendue, harmonieuse, la matière tapisse le palais, l'acidité étire la longue et superbe finale. Une vieille dame au potentiel intact. Excellent (Note du groupe 16.80 Excellent)

Chablis Mont du Milieu 2001 La ChablisienneChablisienneMilieu.jpg

Beau nez d'agrumes, de fleurs blanches, d'amande, de champignon et de jasmin. En bouche, c'est franc, étoffé, l'élevage est modéré, la matière est belle et la persistance est longue, fraiche et réglissée. Bien (Note du groupe 14.55 Très bien)

Corton Charlemagne 2007 Domaine Nudan

Le nez est très expressif, très pamplemousse avec des notes de citronnelle, d'amande, de chèvrefeuille, d'épices et de menthe. MassonCorton.jpgLa bouche est dense, très aromatique, l'élevage est discret et la tension allonge la belle finale. Très bien (Note du groupe 15.80 Très bien)

Nouvelle quadrature du blanc, un Rangen de Thann, un jeune déjà vieux Riesling qui est loin de nous faire oublier les Rangen d'Olivier Humbrecht. Tout le contraire de la suivante, une vieille dame de chez Hugel, encore très pimpante, élégante, racée et raffinée. Commencées le 13 Octobre seulement, les vendanges 1969 se sont poursuivies sous un soleil éclatant d’arrière-saison éminemment favorable à une bonne maturation des raisins et annonciateur d’un millésime de très grande qualité. Un miracle d’arrière-saison, qui a produit des vins d’une ampleur, d’une élégance et d’une harmonie dont le palais aimera à se souvenir encore longtemps. On termine le blanc par deux Bourgognes très classiques, un Corton du Domaine Nudan, une petite exploitation familiale sur la commune de Ladoix-Serrigny, régulièrement récompensées et un Chablis du Domaine de la Chablisienne, jamais décoiffant, mais toujours régulier. La Chablisienne est un véritable mastodonte, environ 300 coopérateurs cultivent près de 1.200 hectares qui produisent entre 6 et 6,5 millions de bouteilles. Elle est souvent présentée comme une des meilleures coopératives de France. J’aime assez l’idée selon laquelle les hommes peuvent réaliser de grandes choses quand ils s’unissent et coopèrent, j’éprouvais donc une certaine sympathie à l’égard des coopératives jusqu'à ce que même les banques revendiquent la coopération. La banque coopérative, tous banquiers, même la pub en a honte. Je n'en veux pas spécialement aux noisettes de l'Ecureuil, mais me faire baiser par moi-même, c'est une branlette bancaire!

Gevrey 1949 Domaine Paunelle

Nez évolué, de fauve, de girofle, de viandox, de goudron, de suie et de tabac. La bouche est passée, vaporeuse, les tannins se sont évanouis depuis bien longtemps, il ne lui reste plus grand-chose à offrir. Boire des momies n'est pas ma tasse de vin, quand le fruit s'est fait la malle et a laissé la place à des odeurs de de suie ou de phéromones de bouc, c'est un vin à servir à un enterrement, pas d'acharne¬ment thérapeutique! Bof (Note du groupe 14.20 Très bien)

Corton 1978 Pierre-Yves Masson

Nez de framboise, d'épices, d'humus, de fleur fanée, de truffe et de réglisse. La matière n'est pas énorme mais la bouche est puissante et astringente, les tannins sont acérés et la finale moyenne. Bien (Note du groupe 14.20 Très bien)

Margaux Bel Air Marquis d'Aligre 1996BAMA.jpg

Un nez tout en dentelle, de poivron, de cerise noire, de groseille, d'herbe aromatique, de chocolat noir avec une touche de fumée. La bouche est subtile, très fine, élégante, un brin évoluée, les tannins sont fins et soyeux et une fine acidité nous conduit vers une belle et fraiche finale. Un margaux très féminin, aux accents bourguignons. Très bien (Note du groupe 15.38 Très bien)

St Emilion 1994 Troplong-MondottroplongMondot.jpg

Le nez est causant, sur la cerise noire, la myrtille, le cassis, la cannelle, le bois fumé et les œillets. La bouche est dense, une masse monolithique qui cache les qualités de cette bouteille aux tannins durs mais à la longue finale. Bien (Note du groupe 13.75 Bien)

St Emilion 1982 Château Soutard

Un nez retenue qui s'ouvrira sur des notes de cassis, de caramel, de laurier, de sous-bois et de bois brûlé. La bouche est solide, puissante, tannique, les tannins sont poussiéreux et la finale est longue et ferme. Bien (Note du groupe 14.71 Très bien)

Pauillac 1990 Grand Puy LacosteGrandPuyLacoste.jpg

Un nez à maturité, très droit, qui mêle poivron, cassis, cerise, cèdre, tabac, graphite, cèpe et réglisse. La bouche est charnue, harmonieuse, les tannins sont soyeux et la finale, légèrement amère, est fraiche et très longue. Excellent (Note du groupe 16.50 Excellent)

On passe rapidement sur les deux Bourgognes qui ouvrent la série des rouges. Je ne voudrais pas chier dans le béret du berger, mais j'ai la désagréable sensation que nos amis Bordeauphages nous ont tendu un piège grossier, preuve supplémentaire de l’existence d’un périlleux et sinueux complot mondial ourdit par Bob l'éponge en personne. Avec ces deux Bourgognes, c'est sûr, y a pas de quoi vermifuger un abribus, aucune chance que ça imprègne mon cerveau. Ça va rester dans les annales, pas plus loin. Le premier est mort depuis un certain temps et le deuxième possède la distinction d'un proxénète Moldave. Comme je l'ai déjà dit et écrit très souvent, boire des vioqueries à pedigree n'est pas ma tasse de vin, quand le fruit a disparu et a laissé place à des arômes, ou plutôt de désagréables odeurs de suie, de barbe de bouc, de pied de satyre ou de phéromones de skons, je passe mon tour. Il ne reste que la pourriture pas noble d'un vin devenu néant. VieuxVins.jpgComme nous, le vin a sa jeunesse, sa maturité et son déclin. Les vins, j'aime les boire mûrs, dans la force de l'âge. Je ne suis ni pédophile ni gérontophile. Ce que les vins gagnent en devenant des reliques ne remplace pas ce qu'ils ont perdu. Même si je ne déteste pas la fraîcheur un peu acide de certains crus "en devenir", ce qui me plaît vraiment c'est la force et la complexité des arômes, la rondeur, l’équilibre du vin à maturité.

Place au complot, j'oserai dire qu'heureusement qu'il y a les Bordeaux! Je n'arrive même pas à croire ce que j'écris! BAMA (Bel Air Marquis d'Aligre), j'ai toujours aimé, normal, pour beaucoup, il a un petit côté Bourguignon. Troplong-Mondot est peu causant et monolithique, Soutard est tannique. Il nous restera toujours les Pauillac, en particulier les 90, pour se refaire la cerise. Nos conspirateurs Bordeauphages ont la banane, ils fomentent une entourloupette qui va leur péter à la tête. Ils se mettent d'accord pour noter 20/20, les 4 Bordeaux. Une note superfétatoire, puisque, au vu de mon récent enregistrement à la commission déontologique professionnelle des statisticiens buveurs d'étiquettes, je suis dans l'obligation d'annuler les notes dépassant de 0.0017 pts de moyenne linéaire algorithmique définit librement et démocratiquement par moi-même en personne. Le vieux sage de St jean, l'Ermite errant, a tenté son coup de Jarnac, lui qui a tous connu, il aurait même soufflé dans le trompette de Luis Armstrong et serré la main de d'Elton John, à moins que ce ne soit le contraire... JLK vient de sortir ses mémoires, un hommage à son mentor politique DSK, une double page qui s'intitule "C’est à la culotte de ses filles qu’on juge un pays", une prose qui se termine par un émouvant "Veuillez abréger, Mademoiselle, mes érections distinguées…"

Châteauneuf du Pape 2001 Château de Beaucastelbeaucastel.JPG

Magnifique nez de mûre, de violette, de thym, de groseille à maquereau, de café et de caramel. La bouche est déstabilisante, la matière est belle, étoffée, l'acidité est bien présente, les tannins sont souples, la longueur est respectable, mais l'ensemble manque de caractère, d'harmonie et de franchise. Bien+ (Note du groupe 15.72 Très bien)

Châteauneuf du Pape 1989 La GardineLa_Gardine.jpg

Premier nez sauvage, puis des notes de fruit noir, d'épice, d'herbe aromatique, de cerise à l'eau de vie et de cuir. La bouche est étoffée, ronde, séduisante, l'acidité n'est pas très élevée mais l'ensemble respire la plénitude. Belle finale épicée pour un Châteauneuf à maturité. Très bien (Note du groupe 16.00 Excellent)

On termine la viande par deux Châteauneuf, un Beaucastel qui, bien que très bien fait, ne me procure que peu de plaisir, depuis quelques années, je fais un rejet de Beaucastel. La Gardine est à maturité, respire la plénitude. Quand je disais, on termine la viande, je devrais dire, il termine la viande. Il, c'est qui? Notre tonton bâfreurs, notre tonton glouton, l'orgue de barbarie, une orgie de barbare. La dernière fois que j'ai vu une côte de bœuf subir de tels outrages, s'était dans un zoo et il y avait, au moins, une douzaine de loups affamés autour. Avec JeanDa, mon coach affectif, cracheur de furoncle en freelance, c'est le nettoyage par le bide, avec lui, l'abus fait le moine, il en prend et il en lèche.evolution-espece-.jpg En face de lui, j'avais l'impression d'assister une rediffusion de Shrek dans la grande bouffe. 1 mètre 58 au garrot, 120kg, un gabarit acceptable en l’an 430 mais aujourd’hui c’est plus du tout la norme, mon canard laqué. Devant lui, j'ai l'impression d'être Toulouse Lautrec dans un concours d’haltérophilie. J'en ai rêvé la nuit, c'était même un cauchemar, j’avais conservé sa trogne dans mon bac à légumes, j’ai retiré la pomme qui était dans sa bouche, le persil qui s’était niché dans sa truffe et j'ai lavé ses belles boucles toutes imprégnés de l’odeur d’oignons confits, j’ai dégainé mon couteau de Rambo, je l’ai découpé façon mortadelle et je l'ai bouffé. C'est à cet instant que je me suis réveillé en sueur, hagard, hébété, avec l'impression d'être dans la tête d'un shampouineur en analyse.

Montlouis La Vallée aux Prêtres 2008 Domaine Laurent Chatenay

Nez d'abricot, d'ananas, de mangue, de verveine, d'anis et de menthe. La bouche est acidulée, fine et fraiche, c'est expressif, le sucre résiduel est raisonnable, même si la finale manque d'allonge, c'est un vin très agréable. Très bien (Note du groupe 15.11 Très bien)

St Croix de Mont 2001 Château la RameSTCroixLaRame.jpg

Premier nez un peu acétique, solvant, puis de beaux arômes de fruits exotiques, d'abricot, de miel, de figue, de zeste d’orange et d'ananas se mettent en place. La bouche est bien structurée, la matière est dense, l'acidité est équilibrante, l'ensemble est harmonieux et la finale est longue et aromatique. Très bien (Note du groupe 16.44 Excellent)

Languedoc Caprice de l'Engarran 2008

Un vin issu de Grenache surmûri, au nez confit, puissant, de pivoine, de fruit noir, de café, d'olive noire et de lard fumé. La bouche possède beaucoup de douceur associée à une minéralité originale et surprenante. Belle longueur pour cette curiosité languedocienne. Très bien (Note du groupe 13.75 Bien)

Quelle est le bon moment pour ouvrir nos belles bouteilles? Voilà une question qu'elle est bonne. Je veux que le vin de ma messe soit bon, mais je ne veux pas faire la grimace au Seigneur quand je communie. Comme le disait si justement le grand philosophe Michel Colucci, la bonne mesure, c'est quand les pieds touchent par terre. Après c'est trop tard. J’ai pris conscience que j’avançais en âge en ouvrant mes grands vins de plus en plus tôt. Mais, plus que quand? La bonne question, c'est avec qui? vieux-millesimes.jpgBoire, avec ses amis, un vin trop jeune est surement plus intéressant que d'attendre qu'il ne soit plus en état de boire des vins trop vieux. Pour finir, Je constate que je vous avais promis la recette du confit de génération et que j'ai passablement digressé, normal, le canard est toujours assez gras. Le confit de génération se prépare de façon tout à fait analogue au confit de connard. Il suffit simplement d'adapter les quantités. Il vous faudra au moins 2 générations incultes, une jeune idiote décervelée et un vieux con coriace feront très bien l'affaire, un peu de conformisme et un brin de tradition pour pimenter l'affaire. Après avoir découpé les consciences des générations incultes, les passer au gros conformisme. Les laisser macérer pendant 24 heures au frais devant un concert de Justin Bieber, voire plus belle la vie si vous aimer le vide. Pendant ce temps, couper ou hacher tout l'esprit de révolte des générations et faire fondre à feu très doux. Passer au tamis de TF1, presser fort avec le dos de la louche, pour en extraire le peu d'ambition restant, assaisonner avec Pascal le grand frère. Garder au frais jusqu'au moment d'endormir les confits. Le lendemain, les confits ont bien macérés et la révolte est figée. Sortir les confits du conformisme en les blanchissant dans un jus de xénophobie. Plonger les cervelles dans le nationalisme fondu et laisser reposer deux heures. Vérifier la cuisson en plantant une abomination dans la conscience. Les dents doivent pénétrer sans résistance. Débarrasser dans une terrine. Réserver au frais. Au moment de les consommer, sortir les cervelles et les mettre dans une poêle, coté peau et assoupir à feu moyen, une fois anesthésiées, servir avec un petit match de foot cuit au four et un morceau de Secret Story, l'ile de la tentation peut aussi faire l'affaire, y a plus qu'à dresser.

"Le bon vin est à l'image de l'homme. Il est turbulent dans sa jeunesse, fort et viril dans son âge mûr et quand il est très vieux, quand il n'est plus que l'ombre de lui-même, il lui reste encore le parfum attardé de ses anciennes qualités." James de Coquet



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