624.jpgLa Savoie, ça fleure bon les vacances d'hiver, se faire tirer les fesses en haut d'une montagne pour avoir le plaisir de la dévaler sur deux tranches de bois contrecollé, dans le froid, l'humidité et le danger, c'est vraiment pas ma tasse de vin. Je tiens trop à mes os. J'ai depuis belle lurette, abandonné l'idée d'y prendre la moindre esquisse de plaisir, je préfère me poser au bistrot le plus proche, avec style, le cul bien vissé sur une chaise et un verre de vin de Savoie à la main, en regardant les aventuriers des pistes damées se viander la couenne le sourire aux lèvres et la fracture ouverte. Le hic de cette histoire, c'est que le verre que j'ai dans la main contient un abominable breuvage qui électrise mon palais, enflamme mon œsophage, ressuscite mon ulcère et tirebouchonne mes intestins. J'en ai même peur d'aller pisser. En Savoie, boire local relève du sacerdoce. C'est certains, la Roussette et l'Apremont sont éventuellement apte à accompagner une mauvaise raclette, mais rien de plus. Et puis, patatras une Mondeuse vient faire mentir l'adage des alpages, mes belles certitudes sur le vin de Savoie s'envolent et le vin de Savoie retrouve ses lettres de noblesse.

Mondeuse "La Deuse" 2010 Gilles BerliozLa_Deuse.jpg

La Deuze est un vin comme on en voit plus. 10° de buvabilité! Un nez de confiture de cerise et de fraise, de violette, de poivre et de bois fumé. La bouche est fine, juteuse, elle balance entre le fruit et l'acidité marquée avec une matière aérienne. La finale, un brin courte, est un peu rustique. Un vin de Savoie qui déroute par son côté très léger. Bien+