BGO.jpgUn vin mis en bière, c'est un comble, que dis-je, c'est un grenier! Le BGO, Bourgogne Grand Ordinaire a été exécuté froidement, impitoyablement, mais il n'est pas encore tout à fait froid, paix à son âme. L'INAO a réécrit le cahier des charges des appellations et a porté sur les fonds baptismaux, son rejeton, les "Coteaux Bourguignons". Je ne vais pas verser un fût de larmes sur les BGO, trop souvent un produit d'excédents, écoulé à vil prix, complété au Gamay Noir, au César ou au Tressot, avec des rendements de pissotière, et, même s’il n’était pas sorti de la cuisine de Jupiter, quelques pauvre vieux BGO avaient ma préférence. Le BGO est mort et va devenir rare. Et ce qui est rare est cher! Les derniers BGO vont devenir des Collector qui vont s'arracher comme des petits pains à Pékin, à Turin, voire dans quelques autres patelins . Il vous reste encore un peu de temps pour vous dégoter un Grand BGO de derrière les fagots, et fêter avec lui, la disparition du BGO.

BGO Rouge 2010 Domaine Prieuré Rochlogo-prieur-roch.jpg

Un Bourgogne grand ordinaire qui n'a d'ordinaire que le nom. Il est tellement peu ordinaire qu'il n'y a que 2027 bouteilles produites. Une robe framboise claire, légèrement trouble. Après quelques notes de poulailler, le nez est d'une pureté diabolique, groseille, framboise, lierre et un léger boisé forment un bouquet d'une belle fraicheur. La bouche est charmeuse, là aussi, la fraicheur l'emporte, le fruité apporte un supplément de plaisir, les tannins sont denses et agréables, c'est soyeux, la longueur n'est pas exceptionnel, mais l'indice de torchabilité est lui exponentiel, ça se descend à une vitesse impressionnante, sans se concasser les méninges sur le terroir, l'exposition ou l'élevage. La Bourgogne, même Ordinaire, est là et bien là, un rouge ordinaire, tout ce qu'il y a de plus ordinaire, ça coûte un bras, mais ça met une claque à un grand nombre de villages ou de 1er cru de Bourgogne vendus en grande surface, voire chez quelques mauvais cavistes. Très bien