Le bar s'appelait "Chez Swann", il faisait nuit, j'entre et je dis au barman :Madeleine-mod.jpg
- Fait pèter une bouteille de bourgogne et deux madeleines, et vite, où tu tâteras de Damoclès, ma fidèle épée.
- Il me reste plus que des madeleines de Proust, répondit le Barman apeuré.
- Qu’est-ce qu'elles ont de spéciales? Rétorquai-je
- C’est comme des madeleines normales, sauf qu’en plus elles te font revivre des souvenirs de dégustation.
- Super, j’en prends une douzaine, mais tu me fais un prix de gros.
Je mange une Madeleine et je dis au loufiat.
- Halte-là, manant, c’est quoi cette arnaque ? J’ai revécu le souvenir d'une dégustation d'un gris de Toul que je n'ai jamais bu.
- J'avais oublié, tu revis des souvenirs, mais pas les tiens, sinon ça sert un peu à rien, c'est le principe.
- Oui, ok, mais celui-là est vraiment baroque!
- Ah bah oui, c’est les souvenirs d'un certains JDa, il aime le gris de Toul, les dragons, les fanfreluches et le Menuet, tout le monde trouve ça super biscornu, mais ça fait rigoler les clients.
Je n'ai pas essayé d'autres madeleines de Proust, parce que je me suis réveillé en me disant que ma madeleine à moi, s'était plutôt un Bourgogne de Claude Dugat, un génie comme Proust, un grand vigneron mais surtout un homme de bien, d'une humilité non feinte, capable de te faire faire le grand huit de la dégustation et de s'excuser de n'avoir rien à te vendre. Allez garçon, fait péter un Bourgogne générique de Monsieur Claude.

Bourgogne 2010 Claude DugatDugat_Bourgogne.JPG

Agréable nez de cerise noire, de violette, de framboise, de résine et d'épices. La bouche est une friandise, très fruits rouges acidulés, un bonbon enveloppé de tannins éthérés et tendu par une belle acidité qui sert de boîte à cette gourmandise qui s’étirent en longueur. Grand plaisir pour le simple bourgogne d'un homme simple et génial. Excellent