S_Salon2.jpgOui, allô quoi, c'est quoi ce salon, ce S de Salon? Il parait même que c'est une légende, un grand vin avec des bulles, un champagne unique, d'un seul terroir, d'un seul cru, le Mesnil-sur-Oger, le Jardin de Salon, d'un seul cépage, le chardonnay, d'une seule année, sans aucun assemblage. C'est la création d’un homme, amoureux du champagne et entièrement séduit par le terroir du Mesnil, Aimé Salon, personnalité singulière, qui sut inventer le champagne de ses désirs, un grand blanc façonné pour son plaisir personnel et qu'il partage avec les amoureux du vin.Mais pourquoi est-on passé à côté de cette bouteille? Où est la couille? La bouteille, l'accord, le service ou les dégustateurs? Qui n'était pas à la hauteur? Mais c'est quoi un grand vin? Une complexité aromatique exceptionnelle, une matière en bouche digne des plus belles étoffes, de la longueur, un mélange de persistance d'arômes et de rémanence des saveurs, un souvenir entêtant. On peut aussi parler de potentiel, de capacité à vieillir harmonieusement, le temps comme juge aussi impartial qu'intraitable, le fait d'être en résonance avec son terroir, l'harmonie, l'évidence, comme une injonction du ciel devant laquelle on s’incline. Oui, mais des fois, ça ne le fait pas, un vent d'ange passe, la réalité dépasse la miction et ça se termine généralement en lancer d'ineptie. On est plus con à plusieurs, c'est une certitude. Bref, c'est parti en live. Qui a commencé à délirer, qui a dérapé le premier? Très vite, on a dit n'importe quoi avec même pas l'excuse d'être aviné, on commençait à peine, notre cerveau n'était pas encore imbibé, on a été con, très con, il y a plusieurs façons d'être con, mais le vrai con choisit toujours la pire. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à délatter, mais, à l'instar du cygne allemand, j'ai un goût prononcé pour la dénonciation et le mensonge. Le mauvais coup est souvent étranger, c'est donc notre Johnny English qui a mis le feu aux poutres, bien soutenu par Didier, pendant que Schulmeister, Chockwine et moi-même, nous tentions de ramener un peu de calme et de raison gardée. Mais celui qui a mis ses grands pieds sur le beau salon tout blanc, celui qui a souillé la vachette immaculée, c'est notre président JLK, le vieil Ermite n'y est pas allé avec le dos de la rombière, c'est lui qui a allumé l’étincelle qui a fait déborder le vase, il est parti baïonnette au caleçon en dénigrant outrageusement le beau Salon du rage qui enrageait comme une vachette devant une muleta. Je l'ai toujours dit: le pire con, c'est le vieux con. On ne peut rien contre l'expérience. Bref, on n'a pas été à la hauteur, mais, non mais allô quoi! C'est quoi ce salon qui se laisse saloper?

Apéro : Rillettes de maquereau, filet mignon fumé, gaspacho aux deux radis et aux œufs de saumon, gaspacho d’asperges cru/cuit


Riesling Fréderic Emile 1996 Domaine Trimbach

Un nez terpénique, expressif et très minéral, sur les fruits jaunes, un peu de cire et d'agrumes, de la pierre à fusil et des fleurs blanches. La bouche est très légèrement évoluée, fine, saline, fraiche et d'une persistance citronnée. 16.00 Excellent

Riesling Cuvée Henriette 1988 Mochel

Le nez est modéré, évolué, un brin végétal, sur la mirabelle, le miel, le coing, le café au lait et l'acacia. La bouche possède une grande vivacité, une matière fine et une acidité mordante. Belle finale. 16.13 Excellent

Savennières Clos de la Coulée de Serrant 1964 Nicolas Joly

Le nez est subtil, élégant, pas très expressif et empyreumatique, sur de belles notes de pain grillé, de miel, de champignon, d'herbe fraiche et de coing. L'attaque est tranchante, la matière fine, c'est tendu avec de beaux amers en final. 15.50 Très bien

Anjou Les Fouchardes 2001 Domaine de la SansonnièreAngeli_Fouchardes.JPG

Une robe caramel, mais un nez à peine évolué, champignon, miel, fruits jaunes, menthol et gingembre forment un nez très plaisant. La matière est belle, tendu par une jolie acidité, c'est puissant jusqu'à la longue finale. 16.88 Excellent

Deux beaux Riesling pour débuter, un Trimbach moins tranchant qu'à l'accoutumé et une Henriette encore fringante. Pour les deux autres, on a bien ramé, on a l'habitude avec la Coulée, comme le dit si bien Verlaine et DW Fishmen, quand tu ne reconnais rien, c'est une Coulée. Elle aussi était bien fringante malgré ses 49 ans bien tassés. Le genre de bouteille qui a inspiré Curnonsky, le prince des gastronomes, qui en fit l’un des plus grands vins blancs de France. Mais le Prince ne connaissait surement pas Mark Angeli, autre terroiriste du Bio. Celui-là ne finit pas de nous surprendre, en rouge comme en blanc, qu'il soit dans la Lune, à Fouchardes ou à Blanderies, ces vins sont riche original, minéral et audacieux, à l'image du vigneron. Dix à tâter du terrain, à innover, contre les autres qui le prenaient pour un fou. Un fou, oui, mais génial, qui, depuis 2006, a décidé de renoncer aux procédures d’agrément, considérant qu’il s’agissait là d’une vraie mascarade. Un fou qui va au bout de ses convictions, avec courage et humour.

Cous d’oie farcis et asperges d’Alsace sauce foie gras


Champagne Initiale Jacques Selosse

Une cuvée 100% chardonnay issue d’Avize, Cramant et Oger. Dégorgement 2011. Un nez de miel, de craie, de pomme verte et de brioche à la vanille avec un peu de cassonade. Petite oxydation en bouche, une matière moyenne, une pointe de minéralité, un milieu de bouche un peu creux et une finale qui manque d'harmonie. Pas vraiment convaincu. 15.31 Très bien

Champagne Ambonnay 2002 Gonet-Medeville

Beau nez, belle bulle et belle texture beurrée, arôme toasté, légèrement boisé, un peu d'oxydation et des notes de poires et de spéculos. La bouche est douce, finement tendu et d'une grande longueur. 15.38 Très bien

Champagne S de Salon 1996S-de-salon-1996.jpg

Une robe pâle, très jeune, un nez d'amande, d'agrumes, de biscuit, de menthe, de champignon frais et de paille. La bouche est vineuse, la matière est dense, encore un peu sur l'élevage, l'ensemble est long, mais on ne retrouve pas l'équilibre et l'harmonie de la dernière bouteille dégustée. 16.25 Excellent

Revenons sur cette histoire de salon salopé. Après 2 riesling et deux Chenins, voilà t'y pas que le Rage nous la fait à l'envers, il nous sert de la bulle! Je ne suis pas du genre conventionnel, la règle, c'est qu'il n'y a pas de règle, mais il ne s'agit pas de faire d'importe quoi, sous le fallacieux prétexte qu'on n'a pas affaire à n'importe qui! Le Selosse, depuis un certain Blitz Champenois, me parait beaucoup moins avenant, un peu comme un vigneron qui ne dirait pas bonjour et qui essaierait de te vendre un chambre à coucher en plus de son vin. L'Ambonnay est superbe, vineux et doux à la fois alors que le Salon est moins équilibré, presque trop jeune malgré ses 17 ans. Alors, à qui la faute? Service, volée, balle de match, le vin ou les dégustateurs pas concentrée sur leur sujet d'examen. Le prof aurait-il raté sa démonstration? Peu m’en chaut comme on dit en Champagne. Peu m’en chaut est une expression cromagnonesque, inventé par Urhhhh le roux et qui voulait dire "je m’en soucie comme je me soucie peu des pingouins". En ces temps-là, Urhhhh gravait ce message sur des plaques de marbre, qu’ils faisaient ensuite hippotracter jusqu’à leur destinataire. Urhhhh le roux était un peu paresseux et il avait recours à l’abréviation, il gravait donc, "Peu pingouin" ou "LoL" quand il était bourré. C'est Champollion qui décréta que il ne s’agissait pas d’un pingouin mais d’un manchot, mais soucieux de ne pas se brouiller avec la famille nombreuse de Urhhhh le roux, reconnaissable à la couleur rousse de leur tignasse et la férocité de leurs humeurs, il s'arrangea pour que l’expression "peu manchot" devienne "peu m’en chaut" et inventa une explication alambiqué à propos d’un supposé verbe chaloir. Mais comme me le fait remarquer avec élégance, l'Ermite de St jean, aujourd'hui, on ne dit plus "peu m’en chaut" mais "j'm’en bats les couilles sur le salon tout blanc".

Carpaccio de dorade royale au concombre et gingembre rose


Cuvée du Paradis Ambré 2010 Dom Viret

Un assemblage de Muscat petit grain, Bourboulenc, Clairette rose, Roussanne et Grenache blanc, en Cosmoculture et vinifié en amphore avant mise en bouteille sans filtration et sans soufre. Certes, c'est original, baroque, étrange, naturel, mais ça sent les pieds, la croûte de fromage et un petit fruit qui se cache derrière les épices. La bouche est ample, presque tannique, mais pas d'une grande harmonie. Bizarre, vous avez dit bizarre! 13.79 Bien

Meursault Poruzot 2008 Jobard-Morey

Le nez s'exprime sur des notes d'agrumes, de beurré-grillé, de tilleul, d'amande, de poire et de menthe. La bouche est dense, c'est ample, équilibré par une fine acidité et avec une très longue finale. J'ai beaucoup aimé. 16.38 Excellent

Meursault Clos des Perrières 2008 Domaine Grivault

Un nez subtil et fin avec des notes lactées de caramel mou, d'humus, de menthe et de fruit jaunes. La bouche est moins subtile, un peu oxydée, grasse mais sans relief avec une finale moyenne. Moins convaincu. 16.06 Excellent

Filet de Saint pierre sauce grand-mère


Meursault Perrières 2009 Domaine GermainGermain-meursault-perrieres.jpg

Un nez délicat, tout en subtilité, tilleul, chèvrefeuille, agrumes, poire, épices, anis et amande. Une bouche ciselée, encore dans l'élevage, mais il se dégage beaucoup de droiture, une matière somptueuse, une fine minéralité iodée et une longue finale sur la fleur de tilleul. Du travail d'orfèvre.. Une future très grande. 18.19 Grand vin

Batard-Montrachet 2000 Domaine Leflaive

Nez intense, puissant, grillé, toasté, avec des arômes de fleurs blanches, d'ananas, de poire mûre, de tilleul, de menthe et de raisins secs. La bouche est dense, énorme matière ciselée, c'est complexe, riche, construit sur une belle acidité. L'ensemble possède vigueur et droiture, la finesse viendra au vieillissement mais la race est déjà là. 18.88 Grand vin

Batard_Montrachet.jpgRetour à la case vin tranquille en passant par un rosé. Décidemment, le Rage et le Malouin ont décidé de prendre des risques et de nous bouleversifier les habitudes. Un rosé, c'est pas courant, un rosé d'amphore, encore moins, un rosé de Cosmoculture, c'est une première. Chez les Viret, on est barré. Folklorique ou énerg'éthique? On ne va pas les juger sur ce rosé, pas vraiment avenant, sans grand défaut, mais assez peu gourmand, un rosé, c'est fruité ou ça n'est pas. Dolia rouge m'avait enchanté, le rosé pas vraiment. La suite sera réjouissante. La Bourgogne, le Chardonnay, on est en pays de connaissance. Meursault Poruzot pour se rappeler nos péripéties Meurisaltiennes avec la grande famille de Jobard. Le clos des Perrières 2008 n'est certainement pas le meilleur, loin s'en faut. Par contre le Perrière, tout court, de Jean-François Germain, est un grand Perrière, de ceux qui font que ce Climat est le plus courtisé de Meursault. Un grand vin qui réunit la puissance et la tension, deux qualités essentielles qui signent les plus grands vins blancs issus du chardonnay. Ce Perrière est le contre-pied du l'excellent Batard du Domaine Leflaive. Autant le Batard s'exprime sur la puissance, le grillé, la vinosité, autant le Perrière est dynamique, énergique, arc-bouté sur son acidité presque dérangeante et sa minéralité prégnante. Deux vins sans compromis, mais qui contribuent à porter le Chardonnay au sommet des vins blancs.

Rognon de veau flambé et piment d’Espelette


Nuits St Georges Clos de la Maréchale 2001 Domaine FaiveleyNSG 1C CLOS MARECHALE 2

Nez empyreumatique, groseille, mûre, cerise et fleurs sèches. La bouche est robuste, les tannins fermes, une pointe de fraicheur et une finale moyenne avec une petite pointe d’amertume. 15.31 Très bien

Gevrey-Chambertin Aux Champeaux 2002 Domaine Mortet

Nez élégant, de groseille, de mélisse, de fleurs, de caramel, de musc et de tabac. La bouche est fraiche, fine, séveuse avec une petite sucrosité en finale. 16.25 Excellent

Chambolle-Musigny Aux Beaux Bruns 2002 Domaine MortetMortet_Beaux_Bruns.jpg

Nez de café, de violette, de fruits noirs, de cannelle et de sous-bois. En bouche, la matière est moyenne, les tannins sont plus durs que le précédent, petite minéralité et finale moins plaisante. 15.71 Très bien

Latricière-Chambertin 2003 Domaine Faiveley

Nez de cerise noire, de sève, mélisse, fruits noirs et de nougat. La bouche est ample avec des tannins un peu secs et asséchant. Finale moyenne pour un grand cru décevant. 14.71 Très bien

Chambertin Clos de Bèze 2001 Prieuré-Roch

Déjà au nez, le vin dégage beaucoup de subtilité et de finesse, on croque la griotte, on fume le tabac, on ramasse la prune, la mûre et la violette. La bouche est délicieuse, les tannins sont soyeux, suave et la longueur magnifique. Fin, délicat, sensuel, envoutant. 17.21 Excellent

clos_de_beze.jpgOn débute les rouges par une interro surprise, Le prof Rage revient sur la soirée St Georges avec un Clos de la Maréchale, diversement apprécié, moi, j'ai aimé, et deux Mortet pour le prix d'un! Un Gevrey tout en douceur et un Chambolle un peu plus viril, c'est le monde à l'envers. Résultat de l'interro, les Soiffards aiment la douceur mais n'ont que très peu de mémoire. Le Latricière a du mal à s'imposer après les 1er cru, preuve qu'il lui manque la dimension de grand cru, l'étiquette ne suffit pas toujours. En tout cas, ce n'est pas le problème du Chambertin Clos de Bèze de Prieuré-Roch. Peut-être un peu plus austère qu'à l'habitude, et oui, il y a des habitudes qu'on aime conserver, mais toujours aussi bien vinifié, la finesse en supplément de la classe des grands Chambertin. Le genre de vin qui s'écluse sans fatigue, qui permet d'étudier l'influence du Clos de Bèze sur le comportement de groupe, ce comportement est édifiant, celui du groupe pas celui du Bèze.

Côte de veau en croute de blette et gratin de côte de blette


Languedoc Grange des Pères 2001

Ça débute par un nez expressif et complexe, fruits rouges et noirs, pruneau, thym, groseille à maquereau, mine de crayon et résine de vanille. La bouche prolonge le plaisir, un peu de bois, mais du bois noble et fondu, c'est droit, les tannins sont cotonneux, la matière forte et sensuelle, c'est large et long et le finale rappelle toutes les notes du plaisir initial. On en finit plus de redécouvrir ce grand vigneron. 18.14 Grand vin

Saint Julien Château Talbot 2006

Cabernet-franc, Cabernet-sauvignon, Merlot. Nez très classique, cèdre café, fruits noirs, cassis, un peu de volatile et des notes poivrées. La bouche est ample, ronde, les tannins sont intégrés et la longue finale sur les fruits noirs est superbe. 16.29 Excellent

Bandol Château Vannières 1988Vanniere.gif

Superbe nez de confiture de mûre, de tabac, chocolat, de truffe, de bois noble et d'épices douces. La bouche est agréable, ronde, un peu austère sur les tannins mais poivrée en finale. 16.14 Excellent

Pauillac Château Lynch Bages 2001

Nez puissant, sur les fruits noirs, le réglisse, le cuir, le café et le cèdre. La bouche est monolithique, concentrée, pas désagréable, les tannins sont souples, pas du tout asséchant, mais l'ensemble est très viril et manque de cruellement de finesse et d'élégance malgré la très longue persistance. Je ne suis pas bien sûr que la patience suffise! 17.07 Excellent

Lynch_Bages.jpgJe le dis et je le redis, Laurent Vaillé, au Domaine de la Grange des Pères à Aniane, donne au Languedoc son vin le plus remarquable, à contrecourant de l’idée que beaucoup se font des vins de la région. La Grange, c'est la noblesse d'un vin de pays, le travail d'un vigneron, parti de rien, avec l'ambition modeste de faire du bon, en bio, en se moquant des certifications, en empruntant des chemins de traverses, comme intégrer du cabernet-sauvignon dans l’assemblage de son rouge. Un vigneron modeste, contrastant avec sa popularité grandissante. Un phénomène Languedocien. Cette Grange va surclasser un très bon Talbot, un excellent Vannières et un Lynch Bages 2001, viril et concentré.

Côte-Rôtie La Mouline 1996 Guigal & Filsguigal-la-mouline.jpg

Là, pas de doute, on entre en pays de complexité. Le verre exhale des notes de violette, de prune, des épices, un peu jus de viande et des figues fraiches. Une bouche haute couture, de la soie, beaucoup de distinction, de velouté sur bois noble, un petit côté aristo qui se la pète, c'est pur et très long. 18.14 Grand vin

Côte-Rôtie Côte Brune 1997 Jean Paul Jamet

Là aussi, le message des papilles est très clair, c'est du très lourd. Nez d'olive noire, de thym, de lard fumé, de myrtille, de cassis, de pruneau, de zan, de violette, d'ambre et de menthe. La bouche vibre de toute part, un jus de caillou, attaque impressionnante de fraicheur, matière forte et suave, tannins de taffetas, acidité désaltérante, rémanence des arômes du nez, retro de magicien, longueur ahurissante. Pas une seconde de perdue, magnifique bouteille qui respire son terroir, mon coup de cœur. 18.29 Grand vin

Châteauneuf du Pape Rayas 2003 Emmanuel Reynaudrayas_cdp.jpg

Le vin caméléon qui s'évertue à n'être jamais deux fois le même. Nez de myrtille, de petit fruit rouges, de miel, de gentiane, de rafle, de menthe et de venaison. La bouche est minérale, ronde, ample, sur la figue et le pruneau, les tannins sont mûrs et parfaitement intégrés. L'acidité est un peu faible mais pas la longueur qui allonge la finale. 18.86 Grand vin

La_Mouline.jpgBouquet final, apothéose, du latin apotheosis, issu du grec ancien ἀποθέωσις, mettre au rang des dieux. Voilà bien trois vins qui méritent d'être déifié. La Mouline c'est de la haute couture, concocté, dans son château, par le Seigneur d'Ampuis, Guigal et ses fils. Mais le Seigneur a des prétendants, Rostaing, que l'on boit trop peu souvent, et Jean-Paul Jamet, qui depuis son nid d'aigle du Vallin, sur la côte brune, rêve de détrôner le maître de chai. Sa définition de la Côte Brune est une petite merveille d'élégance, de complexité et de respect d'un grand terroir. Un vigneron de caractère, qui a forgé ses certitudes au fil du temps passé sur les terrasses abruptes et rudes de la Côte-Rôtie, où son instinct lui a indiqué le cap à suivre. Il ne se réclame d’aucune tradition, d’aucune filière, sa philosophie, c'est l’assemblage, 25 parcelles sur 15 lieu-dit différents, avec chacun sa subtilité de terroir et ses qualités propres. Une exception à cette règle, cette Côte-Brune qui ne provient que d’une seule parcelle sur la délimitation cadastrale Côte Brune, dont il connaît la qualité, la régularité et l’équilibre, millésime après millésime. Emmanuel Reynaud, Rayas, là aussi, on a tout dit, tout écrit, mais il faut le boire pour le croire! La perfection faite Châteauneuf, un vigneron malin comme Crésus, qui gère ses allocations à la limite de la torture mentale.

Soupe de rhubarbe aux fraises, gâteau au chocolat.


Sauternes Château Gilette 1988

Nez de crème brulée, d'écorce d'agrumes, de mandarine, de raisins secs et de caramel. La bouche est fraiche, beau botrytis floral, liqueur très digeste et longue finale. Un beau Gilette. 17.79 Excellent

Sauternes Château Suduiraut 1961Suduiraut.jpg

Belle robe ambrée, le nez s'exprime sur des notes de miel de fleur, d'ambre, de mandarine et d'orange amère. La bouche est fine, un peu fluet, le botrytis est moins marqué que dans la précédente, le sucre est fondu et la finale termine sur de beaux amers. Les vins bien nés ne meurent jamais!18.38 Grand vin

chateau-gilette.jpgRetour sur les Gonet-Medeville, ils font un excellent Champagne, mais ils sont aussi les heureux propriétaires de Château Gilette, l'antiquaire de Sauternes, jamais rasoir. Les vieux Sauternes traversent le temps en se bonifiant. Le Gilette 88 est encore un ado alors que le Suduiraut a encore de belles années devant lui. Si c'est un Sauternes, plus c'est vieux, meilleur c'est, si c'est un con, plus c'est vieux et plus c'est con… Surtout en groupe! S’intégrer dans un groupe plus ou moins structurés est un processus naturel chez l’être humain. Chez les animaux, beaucoup d'activités comme la recherche de la nourriture, la lutte contre les ennemis, la reproduction sont facilitées par la vie en groupe. Cependant, lorsque le milieu devient surpeuplé, la tendance s'inverse et l'effet devient néfaste. On parle alors de l'effet de masse. Cette réaction se manifeste par la baisse de la fécondité, le cannibalisme et le non-respect des traditions, comme de ne pas salir le beau salon tout blanc. C'est donc un effet de masse qui nous a rendu à la masse en traitant ce pauvre salon comme un crémant Luxembourgeois… Faut dire qu'il l'avait bien cherché, quand on pète plus haut que son cru, on finit par se tâcher … Sauf si on est un déjà une Tâche…

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