soufrandiere.JPG450 km et quelques minutes (à peine plus) plus tard, on est au porte du Beaujolais, à la Soufrandière, devant le bunker des Bret Brother's. Le Blockhaus et le Domaine s'est agrandit avec l'arrivé du troisième Brother, les grands travaux de la Soufrandière sont achevés et les 3 frères possèdent aujourd'hui, plus de place pour leurs nombreuses cuvées. Le millésime 2012 a été difficile, beaucoup de travail dans les vignes, mildiou, beaucoup de pluie qui a lessivé la terre et nécessité de repasser souvent les traitements. Gros effeuillage, épuisant mais payant au final. Comme il est pile, l'heure de l'apéro, on passe à la dégustation, parmi les fûts de chêne, en commençant par une sélection de 2012, sous la houlette d'Elodie, maîtrisant parfaitement le domaine et ses vins.

Mâcon Chardonnay 2012

Un beau Chardonnay, issu du village de Chardonnay, simple et équilibré avec une finale citronnée.

Mâcon Chardonnay La Roche

Une nouvelle cuvée, élevée en demi-muids, marquée par l'élevage, de beaux agrumes, une fine minéralité, une bouche ample et droite et une belle finale épicée.

Saint Véran La Côte Rôtie

Une parcelle située à Davayé près de la roche de Vergisson. Un nez très floral, sur l'abricot, l'amande et les fleurs blanches. La bouche est généreuse, riche et tendue jusqu'à la finale.

Pouilly Loché les Mûres

Un nez fin, sur les agrumes, la poire et l'abricot, une bouche mentholée et ronde et une longue finale intense.

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Terre de Fuissé

Très floral, rond et doté d'une belle acidité terminale.

Pouilly Fuissé En Carementrant 2011

Avec cette parcelle de vieilles vignes située sous la roche de Vergisson, on entre en carême. Si le nez est fin et élégant, très minéral, sur des notes d'amande et de poire, la bouche est beurrée, puissante, ronde, équilibrée et d'une longueur incroyable.

Pouilly Vinzelles Les Quarts 2011

Un nez discret, sur la fleur blanche, une pointe d'agrumes et des épices. C'est en bouche que la magie opère, c'est rond, gras, texturé, magnifiquement équilibré. Un vin précis, encore trop jeune, mais au potentiel indiscutable. Superbe

Pouilly Vinzelles Les Quarts Cuvée Millerandée 2011

Toujours les Quarts, mais sur de vieilles vignes qui ont une tendance au millerandage (des raisins avec des grains très petits, en grand nombre, et dépourvus de pépins). Un nez exceptionnel, sur l'orange sanguine, la truffe, la quinine et la banane. Une bouche dense, encore un peu élevé, opulente, longue et qui possède une force rare dans la mâconnais.

Pouilly Vinzelles Cuvée X-Taste 2009

Une VT de 13°, avec 110g de SR, issue des coteaux des Quarts. Nez de tilleul, de fruits secs, d'épices, de figue et de pâte de coing. La bouche est vive, fraiche, gourmande, le sucre n'est pas lourd, l'ensemble est équilibré et la finale épicée.

Beaujolais-Leynes "Bien-Venu" In X-Tremis 2011

Beau nez de violette, de girofle, de fruits noirs et rouges et de poivre. La bouche est fraiche, belle matière, fine minéralité et longue finale florale.

Un retour concluant, très plaisant chez des vignerons convaincus et convaincant. Le millésime de tous les dangers, 2012, a été réussi grâce à des choix audacieux et à un grand travail dans les vignes et toujours avec ce respect de la vigne et de la terre Mâconnaise.

Francois_Bertheau.jpgRemontée, plein nord, repas gastronomique BigMac pour gagner du temps, passage dans les vignes des Amoureuses et du Musigny, notre ancien a des palpitations, arrivé chez François Bertheau, pile à l'heure. Une chaleur de plomb à l'extérieur, une fraicheur réjouissante dans la cave. Ce domaine familial a été repris, en 2004, par François Bertheau, un vigneron au look plutôt atypique et inattendu dans un village comme Chambolle. Il est la cinquième génération à exploiter ce vignoble de 6,22 ha. Peu de vin à vendre surtout pour les très recherché "Amoureuses" et "Bonnes-Mares". Malgré son look, François Bertheau fait confiance aux méthodes ancestrales, le style est traditionnel et reflète parfaitement les magnifiques terroirs de Chambolle. Gros clients, les anglo-saxons ne s’y sont pas trompés, d'ailleurs, le célèbre importateur américain Kermit Lynch achète ici depuis des lustres et des lampadaires.

Chambolle-Musigny 2011

Beaucoup de finesse, des notes de cerise, de mûre, c'est rond, élégant, un brin rustique, un bon Chambolle.

Chambolle-Musigny 1er cru 2011

Un assemblage de vignes situées dans les 1ers crus Baudes, Noirots, Groseille et Gruenchers. Un nez séduisant, jus de fruit, fruits rouges, groseille, cannelle, ronce. Une bouche franche, subtile, fraiche et agréable.

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Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2011

Nez intense, expressif, sur des notes griotte, framboise et un léger boisé. La bouche est dense et souple, beaux tannins et superbe finale soutenue.

Chambolle-Musigny 1er cru Amoureuses 2011

Un nez discret, sur les fruits rouges, les épices, la cannelle. Une bonne superbe, élégante, intense, fine, des tannins soyeux, une magnifique texture et une finale admirable. Remarquable

Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2008

Un nez expressif et raffiné, fruits rouge, groseille, cerise noire, léger bois, ronce et cannelle. Une bouche fine, affable, des tannins gourmands, beaucoup de race et une longue finale.

IMG_0174.JPGOn repart vers le sud, direction Meursault pour chercher notre commande chez Jean-François Germain. Petit apéritif sur une terrasse de Beaune, notre JLK, toujours amateur de sensation forte, commande un crémant de Bourgogne, le Golden Boy et moi restons au Meursault. Un peu évolué, vieux mais agréable, un peu comme JLK. Diner à l'Oiseau des Vignes avec un superbe Raveneau pour accompagner l'entrée et un non moins magnifique Auxey-Duresses de JF Coche-Dury pour escorter un extraordinaire quasi de veau et ses Ris épicés. Un repas sympathique, même s'il est difficile de passer inaperçu avec Régis le Golden Boy. Depuis qu'il a fait fortune en revendant ses mauvais Bordeaux à des bridés pas bridés du gousset, le grand entrepreneur visionnaire s'est un tantinet prit le choux. FatalRegis.jpgFier de sa réussite, le gazier ne s'habille plus qu'en zibeline et en peau de lapin myxomatosé, il porte une flopée de colliers en or, un point Américain sertit de diamant et un béret en poil de pouffe qu'il a tondu personnellement. Son meilleur ami est un caniche vert, le soir, il porte un marcel rose, il se charge aux médicaments anti-cholestérol, à la coke, au fromage de tête et au vinaigre d’échalotes, il lit "vulgaire et pets", et ne se déplace qu'en moto neige, même en juillet, bref, entre le superflu et l'œuvre de Dieu, il a préféré les gros nichons. Au resto, il dégoupillait de fausses grenades en or pour faire rire les louffiats et se moquait des tronches de tanche qui se jetaient par les fenêtres. Bref, devant un visionnaire de cet acabit, je m’incline et j’applaudis des deux mains, il est de bon ton d’encenser l’engin et de lui dire de ne pas changer de braquet!

Chablis Vaillons 1er cru 2010 Domaine Raveneau

Un premier nez calcaire, des arômes tout en finesse, tilleul, fleurs blanches, poire, vanille et curry. La bouche est impressionnante, sphérique, intense, charmante, une matière dense et aérienne, une très longue finale sur des notes de pierre à fusil et de menthe. Magnifique

Auxey-Duresses 2010 Jean-François Coche-Dury

Premier nez, du fruit, beaucoup de fruit, cerise, framboise, fraise écrasée, prune, puis le fond, une touche de bois, de la mélisse, du noyau, de la truffe et un soupçon de menthol. En bouche, la texture est impressionnante, les tannins veloutés, l'équilibre parfait, entre fraicheur et richesse. C'est bon, c'est long et c'est gourmand. Que dire de plus? Petite appellation, grand vigneron, grand vin.

jobard-remi.jpgUne nuit de sommeil pour récupérer de nos agapes, un petit déjeuner au soleil de Beaune. 10h00 pétante, rendez-vous avec le bon Jobard, Remi de son prénom, qu'on avait manqué de peu l'année dernière. Avec Rémi Jobard, on sait que l'on va tutoyer les sommets du Chardonnay. Chez les Jobard, l’histoire du domaine se perd dans les méandres du temps, on fait du vin depuis toujours, ancré dans le cœur bourguignon. La propriété exploite 9 ha, en bio depuis 2005, certifiée en 2008, Ecocert en 2011. La quarantaine puissante, un bon sens terrien, pas de faux fuyant dans les réponses, une personnalité! Des fûts Autrichiens " C’est le hasard d'une rencontre, j'ai essayé, ça ne marquait pas les vins, ça ne faisait que les encadrer. C’est exactement ce que je voulais". La marque, Stockinger est proposée par le tonnelier Thomas Teibert, des fûts qui offrent, d'après Rémi Jobard, un avantage considérable, ils mettent en valeur les arômes naturels du Chardonnay sans maquiller le vin. Des vins d’une intensité incroyable, et d’une expression de terroir rare. Remi Jobard se lance aussi dans l'élevage en foudre, pour souligner le terroir et faire des vins le plus fin possible. Un passeur de terroirs.

Meursault "Sous la Velle" 2010

Le nez est discret, fin, sur les agrumes, la poire, l'acacia et aubépine. La bouche est grasse, fraiche, intense avec de beaux amers en finale.

Meursault Narvaux 2011

Un nez tendu, frais, minéral, agrumes, poire et fleurs blanches. La bouche est ample, pleine, beau fruit, fine minéralité et longue finale.

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Meursault Genévrière 2011

Un nez très floral, aubépine, acacia, tilleul et poire. Le chardonnay dans toute sa grâce. Le vin enveloppe le palais, le rafraîchit, c'est ciselé, fortifiant et d'une grande persistance.

Meursault Narvaux 2009 élevé en foudre

Un nez charmant, toujours ces notes d'agrume et de poire, de fleurs blanches, de tilleul, d'épices. En bouche, on est déchiré entre la rondeur gourmande, une texture veloutée et lumineuse et une franche acidité, une fraicheur éclatante qui laisse le vin s'évader dans des longueurs impressionnantes.

Meursault 1er cru Poruzot 2008

Un nez expressif, profond, fruité, poire, abricot, fruits secs, tilleul, herbes fraiches. Une bouche fine, racée, avec une allonge gigantesque.

Monthélie "Les Vignes Rondes" 2010

Un nez de framboise, de griotte et d'épices. Une bouche vive, grosse matière bien équilibrée et longue finale très fraiche.

bousse-dor.jpgRepas rapide, pas de McDo, cette fois, mais des rognons à "Ma Cuisine" à Beaune. Des rognons accompagnés d'un Chambolle 2008 d'Arnoux-Lachaux, un peu trop jeune, fougueux et puissant pour nous contenter. On se dirige vers Volnay pour une visite au Domaine de la Pousse d'Or. Ce célèbre domaine de Volnay, dont l’emblème est la belle demeure qui orne le flanc du village au-dessus du Clos d’Audignac, revendique une histoire séculaire, remontant aux Ducs de Bourgogne. Après avoir été marqué par la personnalité de Gérard Potel qui a officié de 1964 à sa mort, en 1997, le domaine a été repris par l’industriel Patrick Landanger, passé de l’équipement chirurgical à la vigne, avec une certaine ténacité et des méthodes d'ingénieur adapté à la vigne et aux vins. Le domaine compte aujourd’hui 18 hectares et produit 90.000 bouteilles, principalement en 1ers Crus et en Grands Crus, sur les villages de Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Corton, Pommard, Volnay, Puligny-Montrachet et Santenay. La Pousse d’Or affiche une gamme qui fait rêver, Clos de la Roche, Bonnes Mares, Amoureuses, Clos du Roi et Bressandes, des 1ers Crus à Volnay dont trois monopoles, Clos de la Bousse d’Or, Clos des 60 ouvrées et Clos d’Audignac. Patrick Landanger a investi massivement à la vigne, à la cuverie et à la cave pour moderniser le domaine, tout en poursuivant l’ambition de produire des vins de terroirs. Si le domaine ne pratique pas officiellement la culture bio, il tente d’en respecter les principes. Accueil sympathique de Marleen, belge, mais imprégné de l'histoire du Domaine. Visite des installations et descente à la cave où d'étonnante carafe trône sur chaque fût. Il s'agit d'ouilleur, une création de Patrick Landanger, pour faciliter l'ouillage mais qui réfléchissent magnifiquement la lumière de la cave. poussedor1.jpg Dégustation des 2012 sur fût en fonction des malo en cours sur certains fûts.

Volnay en Cailleret

Belle entrée en matière, beau fruit épicé, matière fine et légère, belle finale, ça commence bien.

Volnay Clos de la Bousse d'Or

Un jus de framboise, on en mangerait, des épices, un peu de bois, une belle matière en bouche, une petite gourmandise qui finit long. Flatteur

Volnay Clos des 60 Ouvrées

Plus froid mais aussi plus profond, se livre doucement, framboise, mûre, bois, épices. Bouche ample, beaucoup de force et de race et très belle persistance. Pour le futur

Pommard Jarolière

Un nez un peu plus sauvage, légère réduction, groseille, prune et cannelle. Beaucoup de fraicheur en bouche, de beaux tannins fins et un finale réglissée.

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Corton Clos du Roy

Que ça se goute bien! Réglisse, fruits noirs, cannelle. La bouche est concentrée, puissante, sphérique avec une acidité tranchante. Gros potentiel.

Chambolle Village

Très beau fuit, fraise écrasée, framboise, épices. Bouche soyeuse et une finale gourmande. Un petit village sympathique.

Chambolle Groseille

Joli nez fruité, agréable, des tannins fins et soyeux et une finale un peu sévère.

Chambolle Feusselottes

Un peu ingrat au nez, réduit, épices et fleurs. Une bouche stricte, un peu raide qui ternit la finale.

Chambolle Les Amoureuses

Nez de groseille, de mûre, de fleurs capiteuses et d'épices douces. La bouche est une caresse, des tannins remarquablement fins, c'est profond, racé et très long. Celui-là, je ne le crache pas! Superbe

Morey St Denis Clos de la Roche

Un nez déjà complexe et racé, framboise, fraise, mûre, épices, violette, pivoine. En bouche, c'est précis, minéral, les tannins sont serrés et doux et la finale est gigantesque. Racé.

Des vins très précis, avec une extraction moins poussée que je ne l'imaginais, de belle expression de terroir, une gamme et un accueil remarquable, un livre sur le domaine en prime, que demander de plus? Une visite chez Christian Sérafin? Aussitôt dit, aussitôt fait, enfin, après les quelques kilomètres qui séparent Volnay de Gevrey. La commande est prête, les chopines aussi, Christian Sérafin termine un petit travail à la cave, puis devise tranquillement avec notre Golden Boy sur les cinquante derniers millésimes de la Bourgogne. Saturé, j'ai laissé mon carnet de note dans la voiture, je profite donc des premières chopines pour me détendre et apprécier le trio gagnant de Charmes, 2010 racé et équilibré, 2003 confit et gourmand et 1995 dans sa plénitude. Retour sur l'Alsace, entre chiens et loups, l'ancien me fait la conversation pendant que le golden-boy, épuisé comme sa carte gold qui a changé l'or en vin, pique un roupillon après s'être piqué la ruche. La beauté de la Bourgogne, c'est qu'il y a tout à déguster et pas grand-chose à acheter… A Bordeaux, c’est le contraire! serafin.jpg