cochon3.jpgLe cochon n'est qu'un jambon sur patte, ça n’a l’air de rien, comme ça, le jambon, mais dit toi bien que plus ou moins à la même époque, à deux trois millénaires près, une famille de gens ont décidé de leur plein gré, de se mettre à élever des animaux. Au début, ils ont un peu tout essayé. Les chèvres et les aurochs, l'impala et le mouflon, la praire, l'okapi de gendarme, les outardes, le panda roux. Un jour, le jeune Gen, revient avec un petit marcassin trop mignon. C’est son truc, les animaux. La semaine passée, il avait ramené une fouine, mais elle n'arrêtait de fouiner partout et sa mère n'a pas supporté. Après quelques semaine, le père de Gen, le vieux Gen, en eu marre que le cochon lui ravage ses truffières, et il trucida le cochon et inventa, par là même, puisque tout était bon dans le cochon de Gen, le genbon qui devint le jambon par la faute d'un copiste analphabète. La famille Gen vit tout de suite qu'elle tenait là un magnifique business plan, et inonda le marché nord-africain. Manque de bol, quelques semaines plus tard, un de ses voisins, un beatnik illuminé, inventa la religion et c’en était fini de ces cochonneries, ils finirent malheureux et ruinés. Tout cela dit, et même écrit, le cochon de lait qui rôti tranquillement dans le four à bois, il est si mignon, il a les yeux vifs et coquins, presque espiègles, mais aucun doute, je vais le crever, le manger, je hais les cochons, mais je ne rechigne pas devant une belles tranches de couenne bien grillé, en dégustant celle-ci, je repense à Peggy ça aide!

Champagne Jacquesson 2002jacquesson-2002.jpg

Superbe nez d'agrume, de brioche, de biscuit, de poire williams et de mirabelle. La bulle est fine, la bouche est aérienne, très précise, vive, le dosage est imperceptible et la finale finit long sur des notes de pamplemousse. 16.35 Excellent

Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1999

Le nez est un peu fermé, puis s'ouvre sur des notes lactées, beurrées, boulangères, de poire, de champignon, de biscuit, d'amande et de fleurs blanches. En bouche, c'est puissant, très pinot noir, une bulle dense, une grosse matière, un petit manque de tension et des amers en finale. 16.15 Excellent

Champagne S de Salon 99S-de-salon-1996.jpg

Un nez résolument sur la finesse, l'élégance, des fleurs blanches, des notes mentholées, de la poire, de la mirabelle et des herbes fraiches. La bouche est vineuse avec une bulle très fine, une belle tension, des notes de craie, un brin d'austérité, et, comme le précédent, de beaux amers en finale. Un Champagne de 15 ans, encore sur la réserve. 16.00 Excellent

Champagne La Côte Faron Selosse

Le nez est une bénédiction, quelques notes oxydatives, de pomme au four,jacques-selosse-la-cote-faron-03.jpgpuis de beaux arômes d'amande, de nougatine, de pâtisserie, de curry et de citron confit. Une bouche magnifique, des bulles fines et denses, une belle matière, une grande ligne acide qui étire la belle finale mentholée. Un Champagne un peu borderline, magnifique pour certains, bizarre pour d'autres, grand vin pour moi. 16.85 Excellent

Une première série de Champagne pour faire les présentations, serrer quelques louches, se claquer quelques bises sur le groin, voire plus si copain comme cochon. Autour de la table, Eric, le sage ou le boucher, c'est selon, qui n'hésitera pas à tailler dans le jambon l'heure venue. Schulmeister affute ses pattes de canard, Rage mate le premier magnum comme un loup regarderait un cochon de lait, le Doc, révise ses cours d'autopsie pour la découpe du goret, Didier, qui ne fait jamais un travail de cochon, mais de la brouette cochonne, discute avec son double, pakeudlapom.jpgDidier le caviste qui rit quand il crache, Thierry, en guest-star, est prêt à faire un tour de cochon à l'Ermite qui essaie de me dire qu'il y a une nympho qui lui a mis l’anus à l’orteil, ou quelques choses d'approchant, je n'ai pas tout compris, vu qu'il n'a pas dessoûlé depuis une semaine et qu'il postillonne comme un cochon. Gégé se demande si c‘est du lard ou du cochon, alors que John préfère Kévin Bacon, Jeanda se réjouis de manger comme un cochon, l'Australopat a toujours un caractère de cochon et ne veux pas passer à la caisse, Il y a aussi Bibi le Psykopat, bien disposé à écrire tout ce qu'il entend, même comme un cochon. Reste notre hôte, Chockwine, qui a déjà sorti sa queue de cochon pour ouvrir quelques quilles même s'il se dit qu'il allait servir de la confiture à des cochons. Dehors, il fait un temps de cochon, mais, cochon qui s'en dédit, on est tous disposé à passer une grande soirée de cochon. Jacquesson 2002 place la barre très haute, Avec la cuvée Winston Churchill, ça doit être un problème de langue et de vinosité, personnellement, j'aime beaucoup, mais je suis le seul, avec John, qui a un profond respect pour Winston. Avec S de salon, comme la dernière fois, ce n'est pas l'approbation générale, sur la retenue? Trop jeune? Pourtant ça chie la classe… Avec Selosse, c'est tout le contraire, unanimité complète pour ce nez original et cette bouche border line. Toutes ces bulles sur quelques assiettes de "Pata Negra", le cochon, quand c'est bon comme ça, fait la preuve que la patrie d'un cochon se trouve partout où il y a du gland. La chenille devient papillon, le cochon devient saucisson, c'est une grande loi de la nature.

Meursault Charmes 2006 Henri Germain

Un nez de noisettes grillés, de citron confit, de tilleul, de fleurs blanches et aussi une touche de fromage pas très agréable. En bouche, c'est fumé, fin, tout en harmonie, avec de belles notes minérales en finale. 17.10 Excellent

Meursault Meix-Chavaux 2006 Domaine Roulotroulot-meursault-les-meix-chavaux.jpg

Un nez très fin, très précis, pas très développé, un peu retenu, sur des arômes de citron confit, de fumée, de fleurs blanches et de verveine. La bouche est beurrée, intense arômatiquement, ample avec une belle ligne acide, une grande trame minérale et une finale sur de beaux amers. 16.40 Excellent

Meursault Les Perrières 2007 Henri Germain

Magnifique bouquet de pamplemousse, d'écorce d'orange, de citron, de gingembre, de bois de réglisse, d'anis et un soupçon de fleur de tilleul. En bouche, c'est à la fois ample, puissant, mais aussi très fin, très minéral et d'une grande élégance. Une texture magnifique, portée par une belle acidité, il en résulte un grand plaisir de dégustation, notamment grâce à une jolie finale marquée par de fins amers qui donnent une jolie rémanence terminale. 17.85 Excellent

Meursault Clos des Ambres 07 Arnaud Enteente_clos_des_ambres.jpeg

Un nez qui exhale de fins arômes de pâte d'amande, de mandarine, de zeste de citron, de fruit jaune, de tilleul, de fenouil et de la noisette grillée. L'attaque est vive, très vive, c'est tendu comme un arc de compétition, une tension extrême qui laissera doucement la place à un fruit bien mûr, une matière cristalline, pure, droite, de belles notes épicées, un élevage transparent, une pointe saline et une finale… épurée, séveuse, gourmande, magnifiquement longue. Superbe! 17.85 Excellent

Puligny-Montrachet Sous le Puits 2011 Leroy

Beau nez, très original, sur le caramel, la pomme au four, la poire, la mangue, le curry et la gentiane. En bouche, la minéralité est saisissante, pierre sèche et silex apporte une grande profondeur à une matière ample et fruitée. L'acidité est parfaitement intégrée et participe à la longueur remarquable de pureté. 16.30 Excellent

Puligny-Montrachet Les Pucelles 2007 Domaine LeflaiveLeflPucel.JPG

Un nez sur l'oxydatif, pomme verte, anis, poire williams, réglisse et des notes herbacées dérangeantes. Comme pour le nez, la bouche porte les traces d'une forte évolution, un équilibre sur l'alcool, une grande puissance aromatique, une matière forte mais un manque certains d'élégance et de pureté. 15.35 Très bien

Jusque-là, j'étais resté courtois et plutôt sage pour un vieux cochon grincheux, mais avec cette série, les gouttes de Meursault vont mettre le feu aux poutres. Je suis généralement toujours d'accord avec ceux qui ont le même avis que moi, je défends toujours les avis que je partage, je suis démocrate tendance Hitlérienne. Je suis la règle, plutôt, la loi Godwin à moi seul, une loi (pseudo-locution latine reductio ad Hitlerum) énoncé par Mike Godwin et qui veut que "Plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1." cochon5.jpgDans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin, cad, qu'il vient de faire référence à un fait en lien avec l'holocauste ou le nazisme alors que le sujet de départ ne s'y prêtait pas vraiment. Quel rapport entre Meursault, Puligny et Hitler? Bonne question qui mérite une réponse en six étapes. Même si le premier Meursault pourrait être un Coche-Dury, une référence à Meursault, il n'est pas dans les habitudes de JF Germain de boiser et de noisetter ses vins de la sorte, donc, ce n'est pas un grand Germain, deuxièmement, ce n'est pas parce que le Meix-Chavaux ne pétarade pas la noisette que ce n'est pas un grand Meursault, la finesse et l'élégance sont des armes de séduction massive qu'il est parfois difficile à évaluer. Troisièmement, la preuve que j'ai raison, quand JF Germain joue le registre des Perrière et de la finesse, c'est grand. En quatre, le Clos des Ambres est une pure merveille, Arnaud Ente est un orfèvre qui cisèle ses vins, que certes, ses vins ne sont pas donnés, mais moins cher qu'un vins "Leroy négoce", bon, même très bon, mais pas inoubliable et au moins trois fois plus cher. Et que dire du dernier? Que dire de la Pucelle? Donner 17,5 à ce vin, c'est un peu comme prétendre que Karl Lagerfeld est un moine tibétain, qu'il y a plus d'humanité dans un missile nucléaire que dans une cure thermale, que Sœur Emmanuelle avait une passion pour les combats de rue et qu'elle a créé le Fight Club, qu'Hitler adorait jouer à la Wii avec ses amis les lapins crétins!!!! Faut être raisonnable, faut avoir le cervelet myxomatosé et une tête de bison nourri aux hormones de croissance pour noter de la sorte, j'étais à deux doigts d'enfourner Jeanda avec le cochon de lait qui lui ressemblait comme deux gouttes de Meursault. Pour un peu, je le fumais comme un Jabugo, je crois même qu'il a compris qu’il allait y passer, et je suis sûr qu'il y a même des chances pour qu'un Soiffard ou deux me remercient. Heureusement, j'ai évolué… au niveau de ma sensibilité en tous cas, je ne tue plus que des animaux, pour le reste, je frise la perfection…mais, y a pas de quoi en faire un cake aux lardons…si?

Vin de France Le jardin 2010 Domaine MilanMilan_Le_jardin.jpg

Une cuvée confidentielle, le premier millésime d'une cuvée composée exclusivement de Merlot. Le jardin d'Henri Milan est parfois appelé le Petrus Provençal du fait de son cépage et de son terroir de marnes bleus. Le nez est nature, sur la fraise, la framboise, le bâton de cannelle, les épices, les fleurs séchées, le chocolat et le laurier. La bouche est élégante, racée, racinaire, très florale, les tannins sont fins et soyeux, la matière riche et onctueuse avec une longue finale sur la gentiane. Un très beau vin qui ne fait malheureusement pas l'unanimité. 15.15 Très bien

Côtes de Francs Cuvée Barthélemy 2005 Château Le Puy

Un premier nez revêche, réduit, foxé avec un peu de volatile. Après une bonne aération, des notes de cassis, de framboise, de réglisse, de violette et de graphite. En bouche, c'est fin et racé, minéral, les tannins possèdent un beau grain, la matière est concentrée, sans lourdeur, avec une belle ligne acide, de belles notes de café et de menthe sur la finale. Certains sont perplexes, c'est loin du classicisme bordelais, mais personnellement, j'aime ce type de Bordeaux. 15.00 Très bien

Pessac Léognan Château Pape Clément 2002pape_clement.jpg

Beau nez puissant et chocolaté, avec des accents de cassis, de mûre et de fumé de cigare. La bouche possède une belle minéralité, graphite, c'est puissant, moderne, ample, un rien boisée, sans excès, un bois noble et fondu, les tannins sont encore robustes mais souples. La persistance est plus qu'intéressante. 16.00 Excellent

Pessac Léognan Château Haut Brion 2002

Un nez sur la réserve, fin et élégant, avec des notes de cassis, de prune, de sous-bois, de terre humide et de rose fanée. La bouche est minérale, tendue, la matière est fine, limite mince, les tannins encore durs, cette fameuse trame un peu coriace propre au millésime qui devra encore se patiner pour apporter le plaisir qu'un Haut-Brion se doit de donner. 16.85 Excellent

Buvez_Eliminez.jpgOn arrive à la fin des blancs, on attaque les rouquines. Mon voisin, le Cénobite de St jean, L'Ermite de ses dames, après cette Pucelle un peu tapée, aspire à devenir aussi intelligent que n'importe qui d'entre nous. Il part dans une description vineuse qui ferait passer un film de Besson pour du Ingmar Bergman, mais avec des Taxis. Mince, il a dû choper un truc pas net à base de grenache frelatée, ou alors c'est la fumée blanche d'un Castel Papal de contrebande qui l'aurait estourbi. Il a passé 10 ans de soiffard à se construire une réputation, il a supporté toutes mes injustices, et crac, en une soirée, en quelques minutes, toute une renommée de grand dégustateur, si patiemment construite, part au crachoir. "Cracheur de fistules en freelance" que je lui assène. Le coup est brutal, violent, il me regarde, il cherche ses mots, malheureusement, ses mots remontent difficilement son cortex aviné, niveau dégustation, il n'a jamais cassé trois pattes à un panard, encore moins à un canard, et uniquement parce qu'il n'a jamais rencontré de canard, sinon les magrets auraient volés bas. Il est resté là, en suspens, la bouche ouverte comme les portes d'un bordel un jour de paie, l'image du néant dans toute sa barbarie. C'est sûr, il n'a pas étudié la mécanique des fluides, l'excès de Languedoc, issu de terroir improbable connu de lui seul, lui a légèrement cramé les neurones, sans compter que la station couchée et prolongée pour mater du porno chic n'a certainement rien arrangé, neurologiquement parlant. Dans cette position, avec sa coupe de calamar farci à la roumaine, il passe un peu près aussi inaperçu qu'une pute Moldave dans un Brunch de la Marquise qui Pompe Adour. On dirait qu'il a reçu le contenu d'une fosse septique sur la trompette, il est plus décati qu'une courge trop cuite, il a une tête à flaque, les yeux d'un pourceau amoureux et le sourire du type qui vient d'être guéri d'une Blénno. Il cherche ses mots, et, après ce long silence, un pitoyable "rigolo plein de poils" sort laborieusement et pâteusement. A ce stade, il a minimum 3g dans chaque narine, demain, avec sa gueule de bois, il pourra ouvrir une menuiserie. Il a fallu appeler les pompiers et faire intervenir le Doc pour calmer Didier le caviste, parti très loin, dans un fou rire incontrôlable, il était secoué de convulsions, les larmes aux yeux, il chialait en grimaçant, on aurait dit un bossu qui a avalé une hyène clitoridienne. Il a fallu un bon ¼ d'heure et qu'on serve le Chambertin pour le calmer. L'Ermite n'avait toujours pas compris pourquoi il riait, le doc lui a fait un cours de pathologie, mais toujours pas d'illumination dans l'œil torve du cénobite. Rien, le vide absolu, abyssal, l'infiniment petit dans toute sa grandeur. "C'est un peu comme si tu avais un deuxième trou du cul" lâcha-t-il, gêné et en désespoir de cause. Là, le visage du Jeanluk s'illumina, il venait de comprendre. Maintenant, il faut que je fasse gaffe, il est plus rancunier qu'une vieille mule afghane, même si nous avons gardé quelques cochonnes ensemble, il a quand même un caractère de cochon, on ne change pas les rayures du zèbre, "Cracheur de fistule en freelance", c'est peut-être la goutte d’eau qui va mettre le feu aux poudres, il va surement vouloir me remercier gentiment à coup de Nike Air dans les côtes flottantes. Concernant les vins, là aussi, il y aurait à dire, pour être polis, je dirais qu'il y a toujours une prime à l'étiquette, que deux beaux vins, certes pas prêts et un rien spécial méritaient autant que les deux stars Bordelaises.

Vougeot 1er cru Clos de la Perrière 2007 Domaine Bertagna

Un nez qui pinote gentiment, groseille, cerise, framboise, réglisse et poivre blanc avec des notes surprenantes de Maggi. La bouche est plus moderne, concentrée, solaire, les tannins sont denses mais agréables, l'équilibre est sur l'alcool et la finale est longue et sapide. 16.30 Excellent

Chambertin Clos de Bèze 2007 Robert Groffier

Un premier nez, un peu pot-au-feu, terrien, puis des notes de fraise et de framboise, de cerise kirschée, de pivoine, de ronce et de bois de rose. En bouche, une légère perception de sucre, c'est dense, sèveux, des tannins très légèrement rugueux, mais il y a de la noblesse, de la profondeur, de la rondeur et une très longue finale truffée. 17.10 Excellent

Chambertin Clos de Bèze 2007 Domaine RousseauRousseau_chambertin-clos-de-beze.jpg

Une robe à la Rousseau, légère et un peu trouble. Un nez d'une admirable pureté, des arômes nets et détachés, de framboise, de groseille, de prunelle, de rose et de tabac avec une pointe de rafle. En bouche, c'est la noblesse d'un grand terroir associé à la plénitude d'un grand vigneron. Il y a de la sève, de l'énergie, des tannins texturés et souples malgré leurs jeunesses, un volume tout en rondeur, une acidité équilibrante, une lente montée en puissance qui accompagne la finale réglissée. J'ai du mal à lâcher mon verre, à quitter ce monstre de finesse. 18.20 Grand vin

Barbaresco Rabaja Riserva DOCG 2004 Giuseppe Cortese

Un nez qui explose du verre, sur la mûre, le cassis, la lavande, la rose fanée et pain d'épices. La bouche est indéchiffrable, à la fois dense, puissante, moderne, riche, mais possède aussi un caractère minéral fort, mine de crayon, une sensualité, un grain de tannin, fin et affable, une harmonie et une belle acidité ainsi qu'une longue persistance sur la truffe et la menthe. Très jeune mais un beau potentiel. 15.45 Très bien (!!! Mérite bien plus)

Barbaresco 1998 Angelo GajaGaja_Barbaresco.JPG

Une robe légèrement évoluée, un nez subtil, sanguin, sur le chocolat, la viande grillée, les airelles, le café, le cuir, la boite à cigare et la truffe. En bouche, c'est du velours, c'est riche, opulent, légèrement boisé, mais aucune lourdeur, aucune raideur, un vin à la fois charnel et profond, sensuel et ascète, magnifique de force et de finesse avec une longue finale sur la truffe et le graphite. 17.00 Excellent

jda.JPGPour mettre tout le monde d'accord, il y a plusieurs techniques. Se mettre à plusieurs autour d'un plan de travail pour autopsier un cochon de lait, Docteur Mamour donne un cours de côtelette, voilà du filet mon mignon, une palette de travers, il s'échine sur le jarret et tâte de la poitrine avant d'être fumé. Bref, en moins de temps qu'il n'en faut à Jeanda pour dire une connerie, il a dépecé un petit goret qui ne lui avait rien fait, c'est dire la cruauté de ce type qui ressemble au mentaliste mais qui résonne comme Hitler en personne (Ça c'est pour l'Ermite qui n'a toujours pas compris la loi Godwin). Il y a une deuxième technique pour mettre tout le monde d’accord, servir du Bourgogne! La côte de nuits sur des côtes de porc, du Groffier avec des pieds, chambertin.JPGc'est l'extase absolue, un vin élégant, précis et subtil, du Rousseau sur du jambonneau, c'est un subtil mélange d’élégance, de noblesse et de rusticité paysanne. Deux Chambertin dans la même soirée, et ce n'est pas que de la Bèze…Epoustouflant, quatre Chambertin en 10 jours, la vie est belle, et même, La vita è bella avec les deux belles Italiennes. Une Rabaja Riserva au gros potentiel et un magnifique Barbaresco 98 d'Angelo Gaja qui clôt cette belle série qui aura fait la preuve que dans le cochon, tout est bon, j’en avais la larmichette à l’œil pendant que j’entendais Jeanda couiner de plaisir, comme un cochon de lait qui aurait rencontré la Bèze de Chambertin.



Côte Rôtie 1995 Jean Paul Jamet

Dès les premières émanations florales et minérales, on perçoit la roche d'Ampuis, le caractère sanguin et fougueux affirmé des Syrah Rhodaniennes. Fruits noirs, gelée de framboise, viande séchée, lard fumé, cuir, menthol, mine de crayon, café, épices, violette et tapenade. Une grande complexité, une symphonie de senteurs captivantes. En bouche, le vin déroule sa partition minérale, un jus de pierre qui enveloppe une matière juteuse aux tannins rigoureux, un beau fruité sur la prune, une acidité appuyée qui tonifie la très longue persistance sur le poivre, la figue et la gentiane. J'adore! 17.35 Excellent

Côte Rôtie Côte Brune 1995 Jean Paul Jametjamet_CB.jpg

La même, en mieux! C'est possible? Vous m'en mettrez une! Un jus de pierre encore plus profond, plus subtil. Toujours ses notes lardées, fumées, de la myrtille, de la fraise, des airelles, du cassis, de la figue pour le panier de fruit, du poivre, du laurier pour relever l'ensemble, de la violette pour le bouquet, une touche de cuir, de cacao, de ronce, d'encre et un peu de tout ce qui fait une grande Syrah. Ce n'est pas complexe, c'est la complexité. En bouche, c'est abyssal, une incommensurable profondeur, une expression gustative qui n'en finit jamais (jamet!). On nage dans un gouffre de plaisir, on sent la caillasse à fleur de peau, les tannins sont aériens, c'est du taffetas qui enveloppe de la soie, on ne sent plus la matière, on la perçoit, on la devine, on l'espère et elle nous revient comme la vague irrésolu. Une merveille de construction qui finit en queue de paon. À la fois une pyramide, un jardin suspendu, un temple, une statue, un Mausolée, un Colosse et le phare d'Ampuis à la fois. Orgasmique… 18.90 Grand vin

Paso Robles L'Aventure Côte-à-Côte Estate 2004

Malheureusement bouchonnée

Châteauneuf du Pape Hommage à Jacques Perrin 2000 Beaucastel

Mine de crayon, c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est la troisième HJP 2000 que le Chockwine nous offre pour un plaisir triple. Comme les deux fois précédentes, c'est Kolossal (piqué à Jda), envoûtante de minéralité, qui rivalise avec les deux Côte-rôtie. Un nez de cerise kirschée, de prune, de ronce, de cuir, de sous-bois, avec quelques notes viandés et iodés. En bouche, c'est très original, un peu guignolet kirsch, racinaire, c'est pur, droit, éclatant de vitalité, une bouche racée, puissante et sensuelle. La matière et les tannins sont serrés, encore juvénile, l'équilibre des forces et la longueur sont un hommage à Châteauneuf. On reste muet devant tant de plaisir. Le silence est parfois un hommage que la parole rend à l'esprit. 18.20 Grand vin

McLaren Vale Astralis Shiraz 1996 Clarendon Hills astralis.jpg

18 ans et encore un bébé, un fruit énorme, lacté, crème de cassis, mûre, eucalyptus, cannelle, pruneau, raisins secs, épices douces, violette, réglisse et capuccino. En bouche, ça éclate, comme des billes de myrtilles, c'est mûr, les tannins sont énormes, solides, serrés mais souples et séduisant, l'élevage est presque digéré, la matière est pure et la longueur éblouissante. On n'est pas très loin des plus belles Rhodaniennes. Le dernier Slow d'une Astrale Australienne. 17.28 Excellent

South Australia Penfolds Grange 1998penfoldsgrange.jpg

Un blend de 97 % de Shiraz et 3 % de Cabernet Sauvignon. Un nez intense de cassis, de prune, de chocolat, de caramel, de feuille morte, de fleurs capiteuses, d'épices et de café. La bouche est démesurée, concentrée, lactée, un peu lait de coco avec un léger sucre, une puissance qui enveloppe le palais, un équilibre sur l'alcool et une remarquable finale épicée. Un vin impressionnant mais moins magique que les précédents. 16.50 Excellent

Barossa Valley Sandscrub 2001 Rusden

Wouahhh!!! Ça envoie des watts. C'est rock n' roll, la première cuvée Sandscrub de Denis et Christian Canute. C'est explosif, crème de cassis, myrtilles, airelles, violette, fumée, café, caramel, cerise kirschée, épices, thé vert et olives noires. La bouche est glycérinée, puissante, onctueuse, élastique, les tannins sont d'une grande souplesse malgré leur densité, la matière est ample, riche, même opulente, portée par une énorme acidité vibrante qui fait frissonner la finale interminable. Symphonique. 18.00 Grand vin

cochon2.jpgQue servir après deux Chambertins de folie? Seul un autre grand terroir peut rivaliser, un vin qui tire sa nature de l'extrême verticalité des coteaux de son appellation, parfois inclinés à plus de 60 degrés. En Côte-Rôtie, il y a deux terroirs bien distincts, la Côte Brune, au nord et ses micaschistes riches en fer, et la Côte Blonde au sud, composé de gneiss et de sables argileux appelés "arzels". Les vins de la Côte Brune sont réputés pour être plus dur, plus sauvage dans leur jeunesse, plus profond avec l'âge, pour vieillir beaucoup mieux que ceux de la Côte Blonde. La Côte-rôtie 95 de base est déjà d'un niveau extraordinaire, c'est, comme le veut la tradition, un assemblage des deux terroirs et de parcelles différentes. La Côte Brune de la même année va mettre tout le monde d'accord. Un vin qui n'est que finesse et élégance, charme à l’état pur, sculpture du temps et du savoir, époustouflant de rendu de terroir, un jus de pierre qui n'oublie pas d'être fruité. C'est ici que s’achève toute chose et se réalise un génie complet. Même Didier le Haut-Rhinois a arrêtée de rire pour se recueillir, et claquer un 20/20, une première pour lui (c'est marqué sur sa feuille). Face à la perfection, il n'y a pas de note possible, seulement l'émotion de goûter l'essence, le jus d'un grand terroir. Le vin suivant, surement par peur d'être ridicule, est bouchonnée et on lui pardonnera volontier. Pour suivre, une trilogie Australienne, Astralis 96 et Penfolds 98, deux légendes Australiennes, Penfolds est très légèrement décevant, j'attendais peut être plus de finesse, Astralis est bien meilleur que le premier (2001) que j'avais gouté. Pour Sandscrub, c'est simple, "putain de bombasse", excuser mon langage de charretier-charcutier, ce n'est pas de la confiture au cochon, mais une liqueur de cet acabit, c'est monstrueux, deux jours après, j'ai encore le petit goût de cassis et d'airelle en bouche et ce même après 2 lavages complet signal+ et un saucisson en peau de panda roux, j'en ai encore les papilles retournées.

Château Chalon 1964 Domaine Baudry

Avec les grands Chalon, on touche à l'immortalité! 50 années de Chalon nous contemplent. De la noix, des épices de curry, de la pomme au four, de la morille, du caramel et du suc de réglisse blanche. Une bouche, évidement oxydative, mais surtout vive, étoffé, épicée, enveloppante, portée par une acidité redoutable qui équilibre la forte matière et allonge la finale éternelle. Avec de tel vin, on pleure d'être mortel et on vit comme un immortel. 17.57 Excellent

Barsac Château Nairac 2001chateau_nairac_1_.jpg

Superbe nez de crème brulée, de mangue, d'encaustique, d'ananas et de mandarine. Une bouche qui a deux vies, une première, onctueuse, sucrée, liquoreuse, sensuelle, puis une deuxième, épicée, fraiche avec de beaux amers en retour. Un très beau Sauternes, évolué comme un vin d'une vingtaine d'années, peut-être trop évolué, mais très plaisant quand même. 16.86 Excellent

Porto Quinta Dos Canais 2007 Cockburn'sCanais_07_Cockburn_s.jpg

Un nez très original, qui rappelle les grands Pauillac, sur le pruneau cuit, le tabac, les raisins secs, le balsamique, le tabac, le chocolat et des notes étranges de basilic frais. La bouche nous transporte en Hermitage, forte minéralité, un grain qui roule sous le palais, des notes de réglisse, de mine de crayon, d'orange sanguine, beaucoup de souplesse, un bel équilibre et une longue finale sur les herbes sauvages. 17.00 Excellent

cochon4.jpgPour ce qui concerne le fromage, j'ai des ordres, et je suis quelqu'un qui suit les ordres, un peu comme un militaire traquant une bouteille de Ricard dans un bal musette. Le JeanDa, il a écrit en rouge et encadré: "magnifique Gorgonzola qui mérite un paragraphe sur le compte rendu". Je pourrai m'exécuter, et ce n'est pas facile de s'exécuter quand on n'a pas militaire et qu'on n'a pas de tendance suicidaire, Je pourrai m'exécuter en vous disant que ce fromage a été inventé par Gorgon Zola, le frère d'Emile, mais ce n'est pas très important. Certes, ce Gorgonzola n'avait pas un seul gramme qui ne soit pas potentiellement capable de boucher n'importe quelle artères, mais ce qui est important, c'est de savoir pourquoi un type, qui a quand même un peu du mal à rentrer dans les jeans d'Arielle Dombasle, qui a une absence de volonté chronique depuis qu'il s'est fait capter en train de saucer les urines d'une diabétique Ukrainienne, me demande de commenter un fromage alors qu'il est en train de boire des merveilles. Je l’ai suppliée de passer à autre chose, mais il m'a promis l'enfer si je ne m'exécutais pas. J’ai essayé de feinter en lui promettant de râper son faciès sur une meule de parmesan, de lui masser le torse avec du Maroilles. Il a pris ça comme une marque d'affection, comment lui faire comprendre que le tartinnage de nouille au fromage, aussi tendre soit-il, n’a pas forcément sa place dans un coït. Outre le bleu d'Italie, il y avait aussi un grand conté pour accompagner un cinquantenaire, pas notre hôte, qui aura aussi 50 printemps et autant d'hivers bientôt, mais un Château Chalon du même millésime, puis un Barsac et un excellent Porto pour clore cette magnifique soirée. Pour te donner un vague aperçu approximatif du personnage en fin de soirée, notre néo-presque-cinquantenaire avait la façade radieuse de l'ogre qui vient de découvrir un pot de beurre avant de se farcir le petit Poucet, un nez légèrement rouge, des yeux vitreux, 28 dents éclatantes, deux carriées, deux manquantes, un collier de dents de cochon de lait autour du cou et la bise généreuse. Ben mon cochon, comme on est farcit comme des cochons de lait, il ne nous reste plus qu'à ranger les jambons dans le torchon et s'endormir gentiment en terminant une boite de Knaki-balls périmées… Promis, à l'année prochaine, cochon qui s'en dédit…

"Le chien lève vers vous des yeux implorants, le chat vous regarde de haut. Mais parlez-moi du cochon! Le cochon, lui, vous regarde droit dans les yeux, d'égal à égal." Winston Churchill


tab_04-14.jpg

graph_04-14.jpg