Lecteur audio intégré

pluie.gifLe printemps arrive, les réseaux sociaux sont formels, quatre photos d'hirondelle sur Instagram et une références dans Game of Thrones, aucun doute, le printemps est là. Du coup, je n'ai pas pris mon parapluie, eh bien, je me suis retrouvé sous la cataracte du Niagara, trempée comme une soupe, oui, mais... gratinée, et à l'oignon bien sec. Pourtant, j'aurai du me méfier, la veille, le "Courrier Alsanews International" m'avait contacté en tant qu'expert planétaire en climat du soleil. Il voulait faire un article parce que tous les experts s’accordaient à dire qu'il allait faire beau. Je leur ai dit que s'était impossible, que tous les experts ne s’accordent jamais, c’est même notre prérogative d'expert, justement! Nous nous accordons pour ne jamais être d'accord, par principe mais aussi pour de vils raisons commerciales. A la limite, s'il m'avait dit, tous les experts s’accordent à dire, sauf ce con d'Eustache, j'aurais pu les croire, mais là, non. C’est une leçon de vie importante que nous apprend cette anecdote, parfois, il faut ne pas croire les experts et que certaines choses qui nous semblent évidentes méritent pourtant d’être contredites. Certaines personnes, dont Ranulphe, mon prof en dictons Berbères, adorent la pluie. Elles lui trouvent un côté poétique, voire mélancolique, un peu comme dans les mauvais (il le sont tous) films de Lars von Trier, quand on voit un homme qui fume un cigarillo devant une fenêtre où perle la pluie, avec un regard vide et mystérieux. Moi, la pluie, comme un gamin de 10 ans, je trouve ça nul, on ne peut rien faire. La pluie, ça mouille, ça inonde mon jardin, ça souille mes pompes, ça rend n’importe quel paysage affreux, n'importe quelle fille laide, ça nettoie même pas correctement ma Fuego rose, la pluie, ça laisse des traces, ça fait puer les chiens, ça brouille la réception de mon satellite, ça fait du bruit sur vitres et ça m'empêche d'apprécier la voix de Kurt Wagner, ce gars-là pourrait chanter le bottin en Albanais qu'il réussirait à m'émouvoir. L'intro de "The Daily Growl", toute en subtilité un piano, une guitare, une note de triangle et... si tu n'as pas lancé le mp3 du haut de la page, c'est que tu l'as mérite cette pluie et...voilà, c'est mieux ... arrive Kurt le baryton, de la mélancolie collée aux cordes vocales, des textes minimalisme et hypnotique. Petite précaution, ami dépressif, avant d'écouter, ce conseil est important, vide la boîte à pharmacie dans les toilettes! Bref, la pluie, ça gâche mon plaisir. Il faut être anglais, être habitué à vivre en permanence sous le déluge, pour apprécier. Quand tu as le choix entre la pluie, un agneau bouilli à la menthe, de la gelée verte, un parapluie, un imperméable ou le soleil, une souris d'agneau confite au thym, des fraises au vin, un parasol, un maillot de bain, une terrasse, un barbecue, des grillons, un Meursault bien frais… Tu fais quoi? Des claquettes dans une flaque en chantant "I'm singing in the rain" ou tu plonges dans ta piscine? Même si un dicton Berbère dit : "en mai, mouille comme il te plaît", rendez-moi mon soleil, je n'en ai rien à foutre du réchauffement de la planète, des paysans, des arc-en-ciel pourris, des nappes phréatiques, de la mélancolie, je veux qu'on me rende mon soleil, et mon Meursault bien frais…

Meursault Limozin 2009 Domaine Henri Germaingermain2.jpg

De belles notes de tilleul, de citron confit et d'amande, très gourmandes, des nuances beurrées et un boisé grillé. En bouche, de l'ampleur, de la rondeur, des notes de miel d'acacia. Un élevage pas complètement fondu et une finale, minérale et longue. Très bien