atelier-d-ecriture_article_high2.jpgEn premier lieu, mon petit JLK, et en deux mots, il te faut des mots! Un écrivain est un homme qui utilise plus de mots que nécessaire pour raconter plus qu'il ne sait. Il y a des mots bleus, des mots droits, des premiers et des derniers, des grands, des célèbres, de Cambronne ou d'esprit, des durs et des mollusques, des mots clé ou d'amour, des petits qui sont des demi-mots, voire des motards ou des moteurs. Bref, il te faut beaucoup de mots pour jouer avec les mots puisque les mots sont faits pour ça. Les mots sont des sacs qui prennent la forme de ce qu'on met dedans. Des mots, des mots, des mots, comme disait mon ami William Shakespeare, pas plus tard qu'hier, quelle biture il a pris! Après, il te fait une idée, Ça n’a l'air de rien comme ça, mais mine de sel, c'est important, même une toute petite. C'est même indispensable. Si vraiment tu manques d'inspiration comme moi, tu peux écrire une histoire d’amour contrariée entre un ninja roux et un panda homosexuel, c'est un classique qui marche assez bien. Après, il te faut des rebondissements. C'est pour le rythme, sinon tu prends le risque d'être aussi chiant que l'Assommoir d'Emile "Gorgon" Zola. Il te faudra aussi quelques personnages: un héros jeune et souriant, beau et riche, mais avec des fêlures, dont tous les personnages féminins tomberont sauvagement amoureux, surtout le Ninja. L'ami du héros doit être gros, roux, mais très drôle, avec des fêlures, il te faudra aussi des pandas espiègles et des boukistanais atrabilaire pour faire les méchants, mais avec des fêlures. Ensuite, il te faut des adjectifs. Beaucoup, très beaucoup. Ce qui fait un écrivain, c’est son style, et ce qui fait son style, ce sont ses adjectifs. Je t’ai fait une liste d’adjectifs, mais tu peux aussi en prendre d’autres: Iconoclaste, amphigourique, dithyrambique, idoine, péremptoire, alambiqué, pestilentiel, superfétatoire, astringent, scrofuleux, cacochyme, roux, tu peux même en inventer, comme : atchoumesque, lusophobe, ou murmuzlignuk. Ensuite, il faut passer à l'écriture. Je ne te cache pas que c'est la phase la plus chiante dans le processus d’écriture. Après avoir écrit, il faut relire, c’est la phase du processus d’écriture que j'évite de faire. Trop souvent, c'est à ce moment-là que je me dis que j'aurais mieux fait de faire autre chose, comme regarder "Secret Story", "Confession Intime" ou même ne rien faire, ce qui est un peu la même chose. A chaque fois que je relis, panda, roux, Boukistan ou péremptoire, j'ai un gloussement nerveux et je me dis qui a écrit une merde pareille? Le problème, c'est que c'est moi! La dernière phase du processus d'écriture, c'est de faire lire à d'autres, et c'est là que les emmerdes commencent. Pour éviter que ça ne s'ébruite, et pour rester un écrivain maudit et méconnu, tu dois retrouver tes lecteurs et les tuer dans leur sommeil avant qu’ils ne puissent te dire ce qu’ils pensaient de tes étrons de mots. Après, tu jettes ton manuscrit au feu et tu recommences. Des mots, une idée, des personnages… tu as surement saisi le processus… J’espère que ça t’a bien aidé mon petit Ermite âge, la semaine prochaine, nous apprendrons à faire des châteaux de sables en Espagne ou du macramé à base de nouille fraiche... Une dernière idée, finis ton texte avec le compte rendu d'une ou deux bouteilles dégustées récemment, il est bien possible qu'un ou deux lecteurs soient venus pour ça… Au moins, il ne repartira pas bredouille…

Chignin Bergeron "Le Grand Rebossan" 2011 André et Michel QuenardQuenard_ChigBerg_rebossan_11_web.jpg

Deuxième rencontre avec ce Chignin qui fleure bon le miel de fleurs, les raisins secs, les fruits blancs et jaunes, mais aussi quelques notes exotiques, de mangue et d'épices. En bouche, c'est large et long, grosse matière finement boisée, belle acidité citronnée qui tend le vin et apporte beaucoup de fraicheur à la finale. Je confirme ma première impression, c'est très beau et très bon, voire excellent.

Condrieu 2008 Matilde et Yves Gangloffgangloff

Superbe nez sur des notes exotiques (presque Alsaciennes), mangue, ananas, miel, amande amère, violette, abricot et une forte minéralité. La bouche est dense, grasse, sans lourdeur, précise, là aussi, la minéralité transparait, on navigue entre gras et finesse, l'équilibre est magistral et la longue finale, légèrement fumée, tendue termine que de beaux amers pour finir de nous ravir. Qui a dit que le Condrieu ne vieillissait pas bien! Excellent