croix_DRC.JPGMais, puisqu'il y a un mais, je peux aisément passer sur les innombrables guerres, catastrophes soit disant naturelles, Fukushima, Haïti, Ebola, Hitler, les tours du World Trade Center, Michel Sardou, les curés Irlandais, le sida, voire les Bordeaux boisé et Jeanda, mais il y a un truc qui m'insupporte! C'est ma tronche, ma ganache! C’est proprement insupportable de me faire à l’idée que je dois me coltiner cette tête de gland toute ma vie… Après chaque soirée avinée, je me matte dans un miroir aux alouettes, et je vois une tronche de panda roux avec des yeux de goret lubrique et des bajoues de hamster nain, c’est intolérable… Mon Dieu, Je suis désolé, mais tu aurais quand même pu prévoir une alternative. Tu aurais pu me refiler la tronche de Brad Pitt, Ryan Gosling, voire Daniel Craig, ça t'aurais pas couté plus cher, mais non, tu me refiles la courge de Mickey Rourke période boxeur et Botox mâtinée d'un chouia Depardieu période pastis et asile fiscal. Heureusement, tu aurais pu faire pire, tu as évité de me faire ressembler à JeanDa. Merci mon Dieu! Mais dans l'ensemble, quel travail bâclé. T'avais la flemme ou quoi? La prochaine fois, si c’est pour faire des conneries pareilles, te déplace pas vieux, c’est plus la peine, je ferai mieux tout seul. Non mais, tu t’es cru où? À un concours de courge? Tu m'as fait une tête d'antithèse à effet de chiasme? C'est une plaisanterie? Une blague aussi mal ficelée qu'une collégienne dans un snuff movie. En plus, tu aurais pu me faire gentil, sympa et tout le bordel, mais non, en plus tu me fais mauvais, égoïste, râleur, teigneux comme un rat de labo, toujours du fiel au bord du clavier à ne trouver aucune circonstance atténuante à personne sauf à l'Ermite âgé… Sur ce coup, faut bien reconnaitre que tu as merdé grave. Aujourd'hui, la seule question que je me pose est: est-ce que ça vaut vraiment le coup de continuer avec cette tronche de cake? Faut-il se suicider? N'est-t-il pas ? Voilà ce qui hante l'Homme depuis des millions et des milliards d'années... Que ce soit les stoïciens, Platon, Aristote, Pascal Jan, Kant, Dante, Camus, Sartre, Cioran, Nietzsche, Nabila, Moundir de Koh Lanta ou Jeanda, la réponse est généralement: pas tout de suite, même si pour Nabila, Moundir et Jeanda, on ne peut que le regretter.

vin-de-messe.jpgBon, je vais te laisser vaquer librement à tes occupations, nombreuses, je suppose. Je n'attends pas vraiment de réponse, même pas une petite catastrophe, même pas un petit miracle, comme faire disparaitre JeanDa, puisque comme me le répétait encore hier soir, après une belle murge, Rage, mon prof de théologie Ninja, "If you talk to god, you're religious. If God talks to you, you're psychotic" qu'on pourrait facilement traduire par: "si tu causes à Dieu tu es croyant, si Dieu te cause tu es un Psychopathe. Il ajoutait aussi que Jeanda était une belle enflure, mais ça tu le savais déjà. Sur ses belles paroles d'ivrogne, je te laisse vaquer à tes occupations, je m'en vais me fouetter le râble avec des orties fraîches et boire un Pichon, ça me fera le plus grand bien, en attendant, Je vais simplement éviter l’obscurantisme qui nous est aujourd’hui proposé et si la route est longue et déplaisante, je continuerai à ne pas faire grand-chose, et puis avec mes 3 Cofinoga, mon début de cirrhose, mes bourrelets, ma vue basse et ma tronche de hamster, il ne me reste plus que ça… La flemme

PS: Pour JeanDa, tu ne peux vraiment rien faire? 

Champagne Blanc de Blancs "Le Cotet" Jacques Lassaigne

Beau Champagne aux notes de noisette, de brioche, de citron vert, de fumée et de fleurs blanches. La bouche est également sur la pâtisserie, les bulles sont fines, le vin peu dosé, droit avec une belle acidité et une finale saline qui accompagne très bien les huitres. 14.90 Très bien

Champagne Rosé "Saignée de Sorbée" Vouette & Sorbéesaignee_de_sorbet.jpg

Un rosé de saignée issu de pinot noir avec macération carbonique longue et élevage en fût de chêne. Un premier nez assez engageant, tisane de pinot noir, fruit rouge, pivoine, fumé et ronce. En bouche, c'est moins plaisant, matière fine, petite acidité, longueur moyenne. 13.65 Bien

Cramant Nature 2008 Larmandier-Bernier

Un nez fermé, peu causant, de timides notes de fleurs blanches, de tilleul, de fruits blancs. La bouche est également discrète, c'est très élégant, plutôt équilibré, assez long, mais le vin ne se livrera jamais complètement. Un vin muet sur le plan aromatique, qui semble un peu plat, qui se goûte mal. Déjà vu beaucoup mieux, à revoir. "On ne se baigne jamais dans la même rivière"... 14.00 Très bien

Sancerre "Skeveldra" 2011 Sébastien Riffaultriffault_skeveldra.jpg

Une expérience étrange que ce Sancerre! Contrairement au vin précédent, au nez, c'est ouvert, et même très ouvert, même complexe, pomme mais pas que, miel, zeste d'orange, coing, anis, des herbes médicinales et un paquet d'épices. La bouche est fraiche, un peu sur l'oxydation, c'est digeste, tranchant, long, sur les épices. J'aime beaucoup, même s'il faut lui reconnaitre quelques défauts. Un vin atypique, qui se livre au fur et à mesure de la dégustation, mais qui ne met pas tout le monde d'accord, question de goût, de formatage du palais, mais aussi de curiosité… 14.13 Très bien

enferComme chaque année que Dieu fait, nous revoilà réunis dans la gargoth à Dom, je rappelle aux incultes soiffards, qu'une gargoth n'est pas une station ferroviaire Allemande, mais la cuisine à Dom, sis à Goth, qu'il ne faut pas confondre avec God, puisqu'un gode n’est pas toujours un dieu anglais, même quand John est présent. On commence les ablutions par trois Champagnes, un tranquille, un rosé et un extra-brut. J'aime beaucoup Lassaigne et sa finale saline, un peu moins le rosé, une tisane de pinot noir, et je ne reconnais pas le Nature de Larmandier, pourtant bu plusieurs fois, mais pas à son affaire ce soir. Si pour Larmandier, c'est une question de fois, pour Skeveldra, c'est une question de foi! Le doc prêche depuis quelques années, souvent dans le vide, pour sa religion du vin nature, parfois même surnaturel comme ce Sauvignon sacrifié sur l'autel du dogme. Sujet à polémique, aussi stérile qu'un bloc opératoire, le vin naturel ne devrait pourtant pas laisser indifférent, au niveau des idées comme au niveau du goût. C’est bien d’avoir des idées divergentes, ça permet de débattre, mais entendre des conneries, c’est usant. Un vin qui ne correspond pas aux caractéristiques de son AOP, n'est pas forcément mauvais, un vin est bon parce qu'il est bon! Point barre. C’est une belle connerie de mettre tous les vins naturels dans le même panier, de fustiger des vignerons qui ont fait profession de foi, et d’en tirer des généralités grossières et outrancières. C’est un peu comme les cons. Il n’existe pas une sorte de con sur lequel on pourrait généraliser, il en existe toute une diversité, avec leurs propres typicités, leur propre manière de me casser les burettes. Donc, soyons un peu plus intelligents, restons ouverts, curieux, intègres, arrêtons de suivre les céroféraires, les thuriféraires, les apôtres de l'AOP qui encense des vins qui ne ferait même pas braquer l’ecclésiaste. Ne nous laissons pas dicter notre conduite, sachons apprécier ce que ses vignerons ont à nous offrir, en ne suivant qu'une seule religion, notre propre goût.

Riesling Kastelberg 2004 Domaine Kreydenweisskeydenweii_kastelberg.jpg

Couleur presque ambré. Un nez sur le miel, le coing, les raisins secs, la mandarine, une touche minérale et fumée. La bouche est ample, tranchante, riche, marquée par un léger botrytis, un rien rustique avec une finale sur des amers. 15.00 Très bien

Riesling Kastelberg 2004 Domaine Gresser

Un nez séduisant, sur des notes de citron vert, de fleurs blanches, de pêche, d'épices, de tilleul et de pierres sèches. La bouche est élégante, construite sur une matière fine et droite, un équilibre impeccable et une grande persistance. Un très beau riesling au potentiel intact. 16.50 Excellent

Puligny-Montrachet "Les Pucelles" 1998 Domaine Leflaive

Clairement, on entre dans une autre catégorie. Grand nez, racé, puissant, sur les amandes, la pâtisserie, le pain d'épices, le tilleul, les agrumes confits, la poire bien mûre, le thé vert et une grande minéralité. La bouche est ample, étoffée et oblongue. Le terroir s’exprime et la longue finale truffée finit de me séduire. 16.85 Excellent

Condrieu "Coteau de Vernon" 2012 Domaine Georges VernayVernay_vernon.png

Quel nez, du citron vert, de la pêche, de l'abricot, de la fleurs blanches, du bonbon à la violette, de l'acacia et de l'anis. En bouche, même si le vin est très en chair, la matière grasse, le vin reste d'une grande fraicheur et d'une longueur magistrale sur les épices. Un grand Condrieu qui démontre la force de son terroir. 16.45 Excellent

Corton-Charlemagne 2005 Tollot-Beauttollotbeaut_corton.jpg

Après une petite retenue, le vin se livre sur de superbes notes d'agrumes, de tilleul, de fleurs blanches, d'aubépine, de fumé et une touche de frangipane. En bouche, après une attaque intense et fraiche, c'est l'équilibre parfait entre une matière dense, même serrée, et une tension minérale, une très longue montée en puissance qui se termine sur de magnifiques notes salines et truffées. Un grand Corton à ranger parmi les géants de Bourgogne. 17.85 Excellent

Bienvenues-Bâtard-Montrachet 2006 Domaine Leflaive

Un nez sur les épices, la poire, les agrumes, la brioche et la feuille morte. Une bouche bâtie sur la largeur, très ample, huileuse, gourmande mais avec un manque de droiture et de longueur. 16.85 Excellent

Croix_Corton.jpgAvec les deux suivants, la controverse repart de plus belle. La mystagogie, l’initiation aux mystères du vin nature, n'est pas une religion, pas une science exacte et encore moins une théorie de l'évolution. Entre deux Riesling Kastelberg, mon chœur et mon cœur ne balancent pas. Gresser, même s'il est plus classique reste mon vin de messe, mais sans imposer la génuflexion, mais pas question de sortir le goupillon purificatoire pour celui de Kreydenweiss. Les pucelles, devraient être virginales, vierges par définition, mais celles de Madame Leflaive sont plus délurées, des tétons en forme de poire et des parfums de pâtisserie qui me donne un envie irrésistible de leur croquer les pêches. Pour Madame Vernay, c'est plutôt l'abricot qui m'inspire. Je suis un fidèle du Condrieu, que tout le monde a reconnu, sauf Jeanda, des louanges pour cette finesse qui étonne et qui habille cette matière sensuelle d'une aube de chaire. On monte dans la liturgie vineuse avec un Corton-Charlemagne, sanctuaire du Chardonnay. Hosanna! Adorateur de la blanche bourgogne, sonnez crécelle, jouez violon, c'est de la chrême de Corton que voilà. Puissance et finesse conjuguées pour notre plaisir pas solitaire. Même s'il est excellent, le Bienvenu a du mal à rivaliser avec le Corton. On termine à peine les blancs que déjà, le Jeanda me les brise sévère. Dans le genre casse-couille, je ne vois que le morpion pour rivaliser. J'aurai bien opté pour une technique d’évacuation façon Houdini, voire un lâché de boules puantes, ou, en guise de diversion, un arraché de rideaux façon John le rouge. Mais je crois qu'avec ce genre d'individus, quelques coups de pelle sur la courge ou un scalp façon Cherokee serait plus efficace. J'ai pas envie d'attendre qu'il s'étouffe avec un profiterole chocolat-banane, qu'il soit dissout par Jacques Chirac ou fumé par un jamaïcain, savaté par Mimie Mathy ou sniffé par Keith Richards, je vais m'en occuper moi-même.

Languedoc "Le vin de Merde" Le vin des Philosophesvdm.jpg

Nez de fraise, de chocolat, de bois et de fruit noir. Bouche lactée, commune, une matière dense, des tannins un peu secs et une finale moyenne. Bref 11.78 Moyen

Alsace Pinot Noir Heimbourg 2009 Domaine Zind-Humbrecht

Un pinot noir, ni collé ni filtré, très aromatique, aux belles notes de groseille, de framboise, d'iris, de menthol et de fumé. La bouche est marquée par une belle acidité qui apporte beaucoup de fraicheur, une matière dense, des tannins serrés mais soyeux et une longue persistance sur des notes mentholée. 14.75 Très bien

Santa Maria Valley (USA) Bien Nacido Pinot Noir 2012 The Ojai Vineyardojai.jpg

Un pinot noir très floral, avec aussi des notes de cerise, de groseille, de cannelle et de menthe. La bouche est douce, légère sucrosité, tannins fins, élevage présent, sans excès, avec une belle finale acidulée. 13.65 Bien

Pinot Noir Block 5 2011 Felton Road

Un nez luxuriant, sur les épices, cannelle, nougat, violette, cerise, chocolat et bois fumé. En bouche, c'est du copieux! La finale est amère et ils n'ont pas oublié d'extraire beaucoup de tannins, d'y mettre beaucoup de bois, beaucoup de fruit aussi pour faire beaucoup d'argent. 14.40 Très bien

Chinon "Les Roches" 2008 Alain et Jérôme Lenoir

Grosse réduction désagréable et petite volatile au départ, il lui faudra quelques minutes pour s'assagir, puis des notes de cassis, de cerise noire, de feuille et d'épices. En bouche, c'est plus intéressant, une trame soyeuse, fine, sur la fraise des bois, un peu de cuir et du champignon. Un vin nature, un peu extravagant, décousu, mais plus intéressant que les précédents et surtout beaucoup moins cher. 14.65 Très bien

Vin de France "Ceps centenaires la Mémé " 2008 Domaine Gramenongramenon_meme.jpg

Un nez très ouvert, sur les fruits noirs, la cerise, les épices, du camphre, de la mine de crayon, une touche de balsamique et de la violette. En bouche, c'est rond, frais, intense, les tannins sont soyeux, équilibré, pas boisé, élégant, fluide, gourmand, long, persistant, minéral, avec une superbe finale sur le tabac blond et le graphite. Une belle Mémé centenaires. 16.53 Excellent

VDM.jpgEt le voilà qu'il arrive, ornée de sa belle mouche à merde. C'est l'histoire d'un restaurateur du Languedoc qui a eu l'idée, pour promouvoir les vins de sa région, de commander auprès des viticulteurs de sa région, une cuvée spéciale qu’il a appelé "Vin de Merde", par pure provocation (dixit ConseilsMarketing.com). Le résultat de cette provocation, un vin ordinaire qui a fait le buzz, des articles un peu près partout… et 5.000 bouteilles vendues en quelques jours à peine par un restaurateur qui a surtout le sens des affaires. Les miracles n'existent pas, on ne change pas la merde en vin, mais on peut en faire. Comme l'a dit Jeanda, en catéchumène converti, avec le tact qui le caractérise, "chez moi, le tranche merde, c'est mon string". Les derniers sacrements pour cette relique du vin de marketing. Je suis un adepte des vins d'Oliver Humbrecht, surtout pour ses blancs, moins pour ses rouges. Pour les deux nouveaux mondes, je suis en décalage avec les notes du groupe. Pour le premier (The Ojai), je le trouve plutôt agréable, sans fard. Le second est très démonstratif, racoleur et maquillé comme un passeport boukistanais, mais le racolage a aussi ses adeptes! Avec la suivante, la polémique renait tel le Phoenix, certes, le premier nez n'est pas très engagent. Mais après un certain temps, nécessaire, le vin se livre complètement et sa trame se distingue. Un vin déconseillé aux néophytes et aux hérétiques, un Chinon "les Roches" des frères Lenoir. Mais quand la nature célèbre son culte centenaire, la Mémé c'est la sainte vierge. On ne devient pas l'icône, le symbole du vin nature par hasard. C'est l’œuvre de toute une vie et de toute une famille, le chef d'œuvre de Philippe Laurent et Michèle Aubéry. Un vin lumineux, frais, franc et honnête, qui ne triche pas. En 99, quand Philippe Laurent est décédé, fière du parcours accompli, Michèle Aubéry a décidé de continuer l'aventure seule... Rejointe en 2007 par son fils. Pas grand-chose à ajouter, si ce n'est que quand tu vois le prix d'une pucelle, la mémé, c'est donné… Et repeindre ses volets.

Vosne-Romanée 1998 Emmanuel Rouget

Un nez assez discret, sur des parfums de cerise, de groseille, de fraise et de feuille. Une bouche légère, discrète, même fluette, peu expressive, des tannins doux et une finale peu inspirante. 15.53 Très bien

Volnay "Les taillepieds" 1999 Domaine de Montillemontille_taillepieds.jpg

De belles notes, profondes, de framboise, de groseille à maquereau, d'épices, de cannelle, d'humus et d'œillet. En bouche, c'est à la fois austère et plaisant, les tannins sont serrés, mais souples, la matière pas énorme mais présente, l'élevage est discret et la finale est acidulée et sensuelle, sur de belles notes de fruit à noyau. Un Volnay à l'austérité joyeuse.

Mazoyères-Chambertin 2005 Taupenot-Merme

Après une très légère réduction, un nez fumé, un rien végétal, sur des notes de framboise, de rafle et de cannelle. La bouche est ample, serrée, solaire, grosse matière solaire, les tannins sont concentré, copieux, l'élevage encore bien présent mais la finale est fraiche et mentholée. Un Mazoyères trapu, dans un millésime solaire mais qui ne manque pas de charme. 16.33 Excellent

Morey St Denis Clos de la Roche 2006 Louis Remyremy_clos_de_la_roche.jpg

Nez de rose, de cerise, de groseille, de graphite, de viande grillée et d'épices. En bouche, c'est la finesse qui domine, une matière fine, élégante, des tannins de taffetas, une petite austérité et une finale réglissée pour finir. Un bourgogne à l'ancienne qui ne manque pas d'élégance. 17.14 Excellent

Languedoc "La Grange des Pères" 2011 Laurent Vaillé

Un nez empyreumatique, jeune, très jeune, lacté, sur des notes de noyau de pêche, de cassis, de mûre, de caramel et de pin. La bouche est puissante, solaire, les tannins sont fermes, serrés, l'équilibre pas encore atteint et la finale robuste. Pas prêt en l'état. 16.80 Excellent (??)

Châteauneuf du Pape "Vieilles Vignes de Marcoux" 2007 Dom Marcoux marcoux-vieilles-vignes.jpg

Déjà à l'œil, ça semble bien jeune. Le nez le confirme, ce n'est pas très complexe, pas très développé, mais puissant, fruits noirs, réglisse, cacao, graphite, prune, voire alcool de prune. En bouche, l'attaque est franche, la matière est dense, forte, épicée, l'élevage pas fondu, l'équilibre sur l'alcool et la finale très longue. Une bouteille ouverte pour l'expérience, peut-être, mais pas prête. Je préfère les Châteauneuf de plus de 15 ans. 17.74 Excellent

PORTRAITOn lui reproche souvent d'être l'héritier, le neveu de l'archevêque de Vosne, le célèbre Henri Jayer, l'emblématique vigneron de Vosne-Romanée, décédé en 2006. Emmanuel Rouget tente, contre les adeptes de la modernitude, de faire perdurer la religion du Bourgogne fin, élégant et racé, même si ce Vosne 98 n'est pas très emballant. Les Taillepieds sont un hommage, pas une messe d’adieu, seulement un bel au-revoir à un homme de conviction, parfois tête de veau, qui faisait des vins qui lui ressemblaient. Un Mazoyères moderne, puissant et concentré et un Clos de la Roche, à l'ancienne, en dentelle, partagent les adeptes de la Bourgogne. Le schisme n'est pas loin. Parfois le vin, ou le palais, ne sont pas prêts pour la communion, l'eucharistie. C'est clairement le cas pour les deux suivantes. Passe pour la Grange des Pères, mais un tel Châteauneuf mérite le panthéon, si on veut bien l'attendre un peu. C'est aujourd'hui une belle bouteille, pas donnée, ce sera demain une très grande bouteille. Il faut être demeuré ou l'Ermite, voire Jeanda pour ne pas le reconnaitre. Avec l'Ermite, j'ai l'habitude, il est capable de pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire qu'il est le meilleur. Il est capable de plonger dans la luxure, de sauter sur une femme fontaine, sans mouiller son nœud papillon.

Margaux Bel Air Marquis d'Aligre 2005 bama05png.png

Premier nez réduit, un peu fermé. Après quelques minutes, le nez est racé, serré, sur des notes de terreuse, de fruit à noyau, de prune, de cerise, de mine de crayon et d'épice. La matière est dense, droite, un peu sévère, les tannins strictes, généreux mais agréable et la finale, sur des notes de fruits noirs, est longue et précise. Un vin construit pour durer, pas complétement en place, mais déjà très agréable aujourd'hui. 16.81 Excellent

Pauillac Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 2001

Un nez sur les épices, le cassis et … une sensation de boisé omniprésent, cacao, moka, chocolat, fumé, résine de vanille, tout y passe, c'est la foire à la boiserie. Une bouche assez racée, des tannins ferme, une matière dense, mais toujours ce bois qui assèche, qui me dérange et ne me laissera pas un souvenir impérissable. Chez la Comtesse, ont pas oublié d'extraire beaucoup de tannins, d'y mettre beaucoup de bois, beaucoup de fruit aussi, pour faire beaucoup d'argent (tient j'ai déjà dit ça pour un vin du nouveau monde…). 16.38 Excellent (je rappelle que c'est la note du groupe…)

Pauillac Château Latour 1999latour.jpg

Le nez est envoûtant, intense, complexe, sur des accents de cerise noire, de cassis, de cigare, de violette et de menthe avec une touche d'humus frais. En bouche, ça truffe légèrement, c'est concentré, c'est souple, profond, parfaitement équilibré avec un élevage luxueux et surtout fondu. Un Pauillac rayonnant d’équilibre. 18.89 Grand vin

bob.jpgS'il y a bien une religion qu'il ne faut pas défier, que dis-je insulter, c'est bien celle des adorateurs du Bordeaux, et même celle de la rive gauche, pas celle du Jourdain, celle de la Gironde. Chez ses intégristes, on lance l'anathème, la fatwa, comme on boise, c'est-à-dire copieusement. Trouver Pichon Comtesse 2001 boisé est un euphémisme, ce vin est charpenté comme une cabane canadienne, j'ai choppé une gueule de bois rien qu'à mettre mon nez sur le verre. Pour être sérieux, je suis conscient que les grands Bordeaux évoluent lentement, que le bois participe à un style, il est partie intégrante des arômes et des saveurs, je sais aussi que le fournisseur de merrain participe à l'aromatisation du vin, comme le bois américain des Rioja ou le bois de Slovénie pour les Barolo. Le café de Saint Estèphe, le cèdre et la boîte à cigare de Pauillac ou de Saint Julien, c'est du bois! Pas du fruit, pas du terroir! La magie de Bordeaux, c'est d'arriver à marier les trois, comme dans ce magnifique Latour, où le bois est parfaitement fondu, intégré. C'est cette alchimie, ce basculement sur des notes tertiaires, entre les notes boisées et le fruit évolué, qui fait le charme des grands Bordeaux, d'hier mais aussi de quelques-uns encore, bien trop seul dans cet univers parkérisé par bob l'éponge. Je ne dis pas que tout Bordeaux se trompe ou fait mal ou doit faire autrement, je ne milite pas non plus pour que Bordeaux arrête son style boisé neuf tant vénéré par certains, je ne remets pas en cause cette évidence, j'aimerai simplement émettre un avis divergent (mais pas tant que ça). Bordeaux n'est pas une religion, un sanctuaire impénétrable. On aurait le droit, le devoir pour certains, de critiquer les bio, les sans grade, mais pas de toucher au nobles étiquettes! 2001, ça fait plus de 10 ans de bouteille. Je pense que le bois aurait dû se fondre (Latour 99 est parfaitement fondu), ce qu'il reste chez la Comtesse, Pichon.jpgc'est le maquillage dégoulinant d'une demi-mondaine. L'expression des grands vins de Bordeaux ne peut-il passer par un élevage sans fard? Bel Air Marquis d'Aligre en est un exemple édifiant. Un grand plaisir, des notes terreuses de terroir, un fruit éclatant, une douceur tannique et une note moyenne légèrement supérieure au pichet de Pichon et surtout, 3 bouteilles pour le prix du Bichon de la comtesse. Pichon, c'est un de ces vins fabriqués pour la presse, bête de concours, premier nez, paf, plein la gueule mais à l’intérieur? Rien à déclarer… Accord parfait avec une plaquette de beurre. Un vin qui ressemble à un autre comme deux gouttes de vin, même format, même façonnage, même bois, même discours, au bout de trois gorgées on se prend pour Pinocchio, un vin qui aimerait s’assoir sur le trône, un vin chiant, un vin de … Le plus rigolo, c'est le Jeanda, le copeau au bord des lèvres, tel un poivron transformiste, qui passe du vert au rouge en défendant sa Comtesse outragée, celle kyrie quand on lui pince les fesses, lui qui supporte à peine la charge tannique du Beaujolais ou l'acidité d'une Negrette, lui qui se lèche les omoplates, lui qui a fait doublure dos dans "l’Exorciste contre les Hommes Ventouses" après avoir bu une Grenache Australienne, le voilà qui prend la défense d'une bonne gagneuse, d'une michetonneuse habillée d'un tonneau de chêne. C'est toujours ceux qui prêchent la tolérance et la diversité qui sont les premiers à défendre les sanctuaires. Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de lui.

La Tâche 1997 Domaine de la Romanée ContiLa-Tache-1997-DRC.jpg

Quel nez, profond, raffiné, pur, captivant, à la fois fruits rouges et fruits noirs, un panier de rose et de violette, de la fleur de cerisier, des épices orientales, de la ronce, de la menthe fraiche et quelques bouffées de tabac blond. Une palette aromatique exceptionnelle. Vigueur, intensité, expression du terroir, plénitude, une bouche multidirectionnelle, charpenté et élégante, ferme et soyeuse, ce ne sont pas des tannins, c'est de la poudre d'ange. L'équilibre est divin et la finale, interminable, laisse une impression de minéralité et de satiété, les notes de cerise ne finissent jamais. Avec ce genre de bouteille, on frôle la perfection. 19.64 Mythique, voire mystique.

Riesling SGN Silberberg 2007 Mélanie Pfister

Nez élégant et pur, de citron vert, de mangue, de mandarine et de thé vert. La bouche est rayonnante, très aromatique, exotique, parfait équilibre entre les sucres et l'acidité tonique qui renforce la liqueur et prolonge la superbe finale. 17.00 Excellent

Rivesaltes 1944 Domaine Mariemarie__rivesaltes44.jpg

Un assemblage des 3 Grenaches (Noir, Gris, Blanc) qui exhale des arômes de figue, de café, de caramel, de fruits sec, de tabac et de champignon. En bouche, c'est robuste mais plaisant, intense et long. 1944, une année de guerre pour les hommes et de méditation pour les vins. 15.67 Très bien

la-tache-drc.jpgSortez les ciboires, les calices, l'antiphonaire du bourgogne, voilà la transsubstantiation, le graal qui réunit toutes les religions. La Tâche, c'est l'autre cru monopole du domaine de la DRC, une belle parcelle de 6,06 ha qui court sur une bonne partie du coteau englobant la Tâche originelle et Les Gaudichots. La Tâche, c'est, sans conteste, un des plus grands vins du monde. Le gardien du temple Bourguignon. Le soin minutieux apporté à la vigne, une politique de rendements stricte ainsi que des vendanges les plus tardives possibles, l'attention apporté à sa vinification, donnent un vin aromatique, profond, opulent et envoutant. Riche et aérien, son bouquet déploie une infinité de nuances qui se fondent dans un ensemble harmonieux d'une extrême finesse. La Tâche, c'est la confirmation, la célébration du Pinot Noir, la communion ultime. Un vin monacal, de méditation, de contemplation. On ne boit pas "la Tâche", on se recueille! On se termine par un beau SGN de Mélanie Pfister et un vieux Rivesaltes pour clore la messe du Soiffard.

route_de_bordeaux.jpgEn matière de vin comme de religion, c'est un peu la même chose, la vérité n'existe pas, et si elle existait, elle serait fausse. La dégustation et la religion ont en commun d'être un processus psychanalytique d'introspection. La dégustation peut être horizontale ou verticale, c'est une technique qui nous autorise à cracher devant tout le monde sans passer pour des rustres. Horizontale, elle se pratique couché, de préférence vêtu d'une toge en compagnie de femmes lascives, verticale, elle n'amène pas forcément à la grandeur. C'est une messe où les adeptes se perdent dans des discours ineptes et longs comme un jour sans vin, souvent, en rivalisant d'inculture et de prétention. On y dépense inutilement beaucoup de salive, d'où les crachoirs qui remplacent les bénitiers. Dans notre paroisse, on peut y trouver un bel échantillon d'adeptes de la dive bouteille. On y revisite les bacchanales, on se rencontre pour des cérémonies, que dis-je, des orgies, sous le fallacieux prétexte de déguster. C'est une obédience qui se divise en plusieurs sectes. Les adorateurs du grenache dont certains gourous viennent prêcher régulièrement dans le vide. Les pros bourgognes plus connus sous le vocable de "dégustateurs intellectuels" et leurs diverses ramifications de terroir, ils se reconnaissent par un langage compréhensible que par eux même, du genre "oui la Pucelle est plus docile que le bâtard qui est lui-même moins long que le Chevalier..." Il y a aussi les antis bourgogne appelé aussi pro Bordeaux qui ne prêche que par l'Eglise Clinet, l'Evangile, l'Angélus et le Dieu Petrus, sans parler des enfonceurs de portes ouvertes, comme par exemple Jeanda, vade retro babanas. Mais il y a aussi une secte d'un seul adorateur, celle de l'Ermite de St jean, adulateur du Bordeaux, exalté de la Grenache, génuflecteur du Pinot à ses heures mais qui ne délaisse pas une belle Syrah. Peut-être a-t-il la sagesse, a-t-il trouvé le secret, il sait une chose essentielle, la seule vérité se trouve dans le verre et nulle part ailleurs. Pour bien déguster, il est indispensable d'ouvrir ses chakras, il ne faut pas avoir la flemme d'enlever ses œillères idéologiques.

Ite Missa Est

dieu.jpgDernière minute - Réponse de Dieu
Mon Cher Psykopat
Désolé pour ta gueule, l'erreur n'est pas seulement humaine, et comme, le rappelle souvent Diégo Armando Maradona, en se regardant dans sa glace, entre deux snif de coke, "Quand la main de Dieu te revient en pleine gueule"! Désolé, je ne peux plus rien pour toi. Par contre, pour Jeanda, je connais deux ou trois Yougos, défoncés au crack et à la vodka, des mecs pas nets, y en a un avec un nom imprononçable si on n’a pas un Beretta entre les dents et qui n'a qu'un œil, mais terrifiant. Ses potes racontent qu’il aurait découpé son frère en tranche un soir où il était fait comme un St Pourçain trop fait. A côté de lui, Jack l'éventreur ou Vlad l'empaleur, c'est des enfants de chœur. Le gars a fait un burn out comme on dit chez vous, en 10 ans, le pépère a fumé plus de 140 personnes, majoritairement des femmes et des enfants d’ailleurs. Je t'envoie son 06, tu vois avec lui. Sa spécialité, c'est de finir les gonades du client avec une fourchette à escargot. Après ça, le jeanda, c'est direct en enfer où on lui servira des Dominique Laurent plus bouchonné qu'un chêne-liège. Pour la peine, tu m'enverras une caisse de Lafite 88. Salut ma couille

Dieu, être suprême, unique, transcendant, universel, créateur de toutes choses, doté d'une perfection absolue, sauveur de l'humanité, entité philosophique, principe d'explication et d'unité de l'univers et des vins boisés... (sauf pour Pichon 2001 où je n'ai aucune explication et aucune excuse).

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