Là-haut sur la montagne, Maxime Magnon est tombé amoureux des arpents pentus des Corbières, de sa nature préservée, passionné de vin, cela va de soi, mais aussi de chevaux, vaches, veaux, brebis, ânes, qui se chargent de désherber avec ardeur, ses rangées de vigne, comme chez son voisin et ami Didier Barral. Alors la culture biodynamique, le sulfitage mesuré et pas d'intrants en cave sont des évidences pour lui. Des vins débarrassés des artifices de la chimie et des oripeaux œnologiques. Pour autant, ce n'est pas un bio-extrémiste ou un "soixante-huit trop-tard"... "J'ai plus de respect pour mon voisin de la cave coopérative qui désherbe chimiquement, mais avec mesure, que pour un gars qui se la joue bio, vend ses bouteilles la peau du cul... Et sort ses produits chimiques en douce quand ça tourne mal ... Je n'ai pas l'ambition de sauver la planète…Ma seule ambition c'est de faire du vin avec mon temps. Comme je le sens". En goutant son vin, on devient vite pro-Magnon et on se dit qu'il est temps de redécouvrir ce terroir trop longtemps malmené et cette gamme inspirée des canons de la philosophie nature.

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Une robe de Beaujolais, pas de Languedoc, pourtant, la cuvée Rozeta est un assemblage de 70% de Carignan et à 30% d’un mélange Syrah et Grenache Noir. Un nez gourmand, délicat, frais, sur des notes de cerise, de framboise, de fraise des bois, de garrigue, de fenouil, de fumée et de thym frais. On a l'impression de plonger son nez dans le pot de confiture de mamie. En bouche, on oublie les Corbières puissants et denses, bienvenue au pays du Morgon Languedocien. Du fruit, beaucoup de fruit, de la finesse, beaucoup de fraicheur, des tannins juste comme il faut, pour soutenir la belle acidité naturelle qui apporte une touche acidulée. C'est précis, c'est fluide, un rien tranchant, un touché de bouche remarquable, un style carbonique affirmé, un vin de soif, de grande soif qui accompagnera parfaitement une belle et bonne rosette. Excellent