bouchons-avec-une-capsule-sur-la-tete-bouchon3bisw.jpgLe goût de bouchon est un terme assez large qui décrit un groupe d'odeurs et de goûts indésirables. On dit goût de bouchon, faux goût, mais on devrait plutôt dire odeur de bouchon. Ces odeurs rappellent le liège, la poussière, le moisi, la serpillère. Elles sont dues à la présence de molécule contaminants de type haloanisole et halophénols (TCA, TeCA, PCA, et TBA). Ces molécules sont fabriquées par des moisissures nichées dans le liège en présence de composés chlorés, les chlorophénols. Le TCA est une substance à laquelle le nez humain est horriblement sensible. Théoriquement, il suffirait d’un gramme de TCA pour bouchonner 200 millions de litres de vin. Le TCA et les autres contaminants sont souvent dans le bouchon, mais peuvent aussi se retrouver dans les bois (on peut donc détecter l'odeur de bouchon dans des vins obturés avec une capsule à vis). Un laboratoire de recherche et d'analyses de Mérignac (Gironde), affirme que des barriques neuves peuvent donner un goût de moisi aux vins. Dans un communiqué de presse, il affirme que le phénomène est en croissance et que les tonneliers sous-estiment son ampleur. Une enquête d'un journal de consommateur révèle que le monde du vin a longtemps dissimulé une pollution insidieuse qui a touché quantité de vins à Bordeaux. Le mal proviendrait d'une molécule d'insecticide que l'on a retrouvée au fond de centaines de milliers de bouteilles, y compris parmi les plus prestigieux flacons, ces grands crus qui prétendent, par leur contenu, et leur prix, appartenir au monde de l'art, ont délibérément caché la vérité à leur clients… Chacun a analysé son vin, les négociants ont refusé les lots contaminés, les contentieux se sont multipliés... Mais rien n'a filtré. Pas la peine de paniquer l'acheteur. D'ailleurs, le problème est réglé. Il n'y a plus de problème. L'omerta a été respectée par les vignerons, les négociants, les cavistes et les journalistes gastronomiques. Seules exceptions: les Cahiers de l'amateur de bordeaux (deux articles pertinents mais restés confidentiels), et Robert Parker, qui s'est refusé à pratiquer l'autocensure. Mais encore faut-il être capable de décoder, de lire entre les lignes... Un exemple. Dans son édition 1998, le Guide Parker des vins de France relève, à propos de Ducru-Beaucaillou, "Entre 1986 et 1990, cette propriété a traversé une période agitée. Si la vinification n'en a aucunement souffert, on a néanmoins remarqué, d'une bouteille à l'autre, des irrégularités sous forme d'arôme de moisi et de carton humide... la construction d'un nouveau chai et le complet remplacement du parc à barriques ayant de nouveau permis la production de vins exempts de défauts." CQFD. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Bob l'éponge, le Pape de Bordeaux. La bonne question est: "pourquoi diable a-t-il fallu la construction d'un nouveau chai pour que ce vin, vendu très cher, redevienne exempt d'arôme de moisi et de carton mouillé? Cette sibylline allusion résume pourtant pour les initiés tout le drame des polychlorophénols: le mal venait des bois neufs, qu'il s'agisse des charpentes ou des palettes de stockage. Ces bois, traités aux insecticides, ont pollué l'atmosphère, puis les vins. Mais il a fallu du temps pour comprendre. Le drame, c'est que nous ne sommes pas tous équipés des mêmes capteurs. Le seuil de perception varie largement d'un individu à l'autre, sans parler des dogmes, du déni de bouchon quand il s'agit de ses Bordelais vénérés mais pas toujours vénérables. La bonne question est, avant de dire qu'un vin est bouchonné, faut-il, en préambule, avoir consulté un chimiste, un hypnotiseur, un exorciste et un panda roux qui parle Boukistanais? Et c'est une putain de bonne question…

Montlouis Triple O Domaine de la Taille aux Loups

Une bulle fine et légère. Un nez expressif et très minéral, crayeux, avec des notes d'agrumes confits, de fumée, de pomme et de foin coupé. On retrouve la même minéralité en bouche, c'est tendu par une belle acidité, c'est aromatique, rond, avec une pointe d'amertume en finale. 13.36 Bien

Champagne Extra-Brut V.O. Jacques Selosse

(Dégorgement 2012) Un nez de noisette, d'agrume de pâtisserie, de brioche, de fruits jaune et une pointe oxydative. On retrouve ce petit rancio maitrisé en bouche, c'est ample, très mûr, bel équilibre et longue persistance. 16.00 Excellent

Champagne La Closerie Les Béguines Jérôme Prévostla_closerie.png

100% Pinot Meunier. Un nez très original, fumé, presque tourbé, sur les fruits secs, la brioche, la gentiane et la mandarine. La bouche est ample, tendue par une belle ligne acide, élégante et dotée d'une longue finale citronnée. La preuve que le Pinot Meunier peut produire un excellent Champagne. 15.45 Très bien

Sancerre Skeveldra 2010 Sébastien Riffault

Un nez de cidre, peu engageant, légèrement acétique, pomme, café, reine-claude et champignon. Une bouche pas très agréable, un peu déviante, minérale certes, mais bourrée de défaut. Un Sauvignon nature qui a oublié d'être gourmand. Je l'ai connu plus avenant.13.45 Bien

Anjou Les Noëls de Montbenault 2010 Richard Leroymontbenault.jpg

Un Chenin qui n'a pas oublié d'être gourmand, des arômes de citron confit, de pamplemousse, d'abricot, de pâtisserie, de miel. Une bouche incroyablement droite, cristalline, tendue par une grande acidité vivifiante, c'est rond, c'est long, c'est pur, c'est nature. Joyeux Noël. 16.82 Excellent

Sancerre Les Monts Damnés 2011 François Cotat

Un nez original, lardé et fumé, même grillé, sur le pamplemousse et le pétard froid. Une bouche très douce, grosse maturité, pas très vif, très minéral avec un peu d'amertume en finale. Un vin pas facile à cerner, à qui il faudra encore du temps. 14.09 Très bien

noel_de_montbenault.JPGOn attaque par un Montlouis, déjà bu l'été dernier, rafraichissant et plutôt bien fait. Le VO de Selosse est classique pour un Selosse, le petit rancio qui va bien et l'énergie qui dépote. J'ai beaucoup aimé la Closerie de Jérôme Prévost, un 100% Pinot Meunier très agréable. Jérôme Prévost est installé à Gueux (village qui n'a de gueux que le nom), il possède un peu plus de 2ha plantés de vieilles vignes. Il a longtemps bénéficié des conseils et des locaux d'Anselme Selosse pour ses vinifications avant d'avoir ses propres installations. Aujourd'hui, tout est fait chez lui, le rôle d'Anselme étant celui précisé sur la contre étiquette "Guidé, Inspiré". Un Champagne très rare et très bon. On retourne en Loire pour un Skeveldra de Sébastien Riffault, pas vraiment en forme, même un peu déviant, la nature est parfois cruelle. La nature est parfois aussi très belle, la preuve par 10 que les vins naturels peuvent être magiques. Richard "Cœur de Lion" Leroy ne cherche pas la gloire, ses vins sont confidentiels, très rares mêmes, son approche, sa philosophie est diamétralement opposée à celle des grandes maisons aux rendements qui frisent l'abus de bien. Il vit passionnément de sa passion, il y consacre beaucoup d'énergie et ça se ressent dans ses vins. Des vins magiques, dignes des plus beaux Chardonnay, même si la comparaison est improbable. On termine la série avec un Monts Damnés de François Cotat, pas vraiment en place, trop jeune et peut-être dans une phase de réduction.

Pouilly-Fuissé Premier Jus 1998 Guffens-Heynen pouilly_fuisse_premier_jus_guffens.jpg

Un nez légèrement évolué, minéral, sur le pain grillé, la mie de pain, l'aubépine, le beurre frais, le miel de fleur et de petits accents de citron confit. La bouche est sèche, minérale, très pierre à fusil, c'est ample, gras, tout est fondu, en place, parfaitement équilibré et d'une longueur remarquable, finale sur des notes de truffe et de paille. 17.09 Excellent

Pouilly-Fuissé Tris des Hauts des Vignes 2011 Guffens-Heynen

Robe jaune très pâle, un nez très droit, qui explose sur le citron frais, les fleurs blanches, la noisette grillé et la pierre à fusil. La bouche est ample et droite, élégante, dotée d'une très belle patte minérale, c'est tonique, salin et quelle persistance! Un grand Pouilly. 16.36 Excellent

Condrieu La Doriane 2008 Guigal & Fils

Un nez de fleurs blanches, de violette, de poire, de pêches blanches, de miel et un boisé vanillé un peu présent. On retrouve ce bois en bouche, c'est ample, très large, puissant même mais ça manque d'intensité en attaque et d'acidité en fin de bouche pour soutenir l'équilibre final. Un Condrieu assez typique, sur le bois, opulent, très rond et manquant de finesse aromatique. 15.09 Très bien

Condrieu Coteau de Vernon 2008 Georges Vernay

Un nez presque identique au précédent, un peu moins ouvert, toujours ces notes vanillés, de l'abricot, de la pêche blanche, de la violette, du miel et du massepain. La bouche est ample, riche, l'acidité est plus présente, même si je la trouve un brin dissocié, elle a l'avantage d'étirer et de rafraichir la finale. 15.55 Très bien

Jean-Marie Guffens a connu une sale période, un matraquage fiscal, ubuesque s'il n'avait pas fait de graves dégâts moraux et provoqué un préjudice financier important. guffens.jpgJean-Marie Guffens a subit un calvaire fiscal qui a failli le ruiner. Soupçonnés par l'Administration d'assemblages et de ventes de vins frauduleuses, son équipe et lui ont subi pressions, perquisitions et même des gardes à vue jusqu'à ce que le tribunal de Dijon décide d'annuler la procédure, en 2011. (Voir documentaire: http://www.larvf.com/,vin-justice-guffens-bourgogne-macon-verget-repression-des-fraudes-douanes,10366,4024599.asp). Le Premier Jus 1998 est un modèle de grand Chardonnay, le Tris des Hauts des Vignes 2011 en sera un aussi, déjà grand, ce vin fera une future grande bouteille. Jean-Marie Guffens ne parle plus beaucoup, mais ses vins parlent pour lui. Deux Condrieu pour suivre, deux Viognier au profil aromatique semblable, mais à la philosophie très différente. La Doriane est un vin élevé, au bon sens du terme, mais un vin qui manque de vivacité, une énergie que l'on retrouve dans les vins de Georges Vernay, ou plutôt de sa fille et héritière, Christine.

Pernand Vergelesses 2012 Chandon de Briailles

Le nez est marqué par la framboise et la groseille, quelques notes de lierre et d'épices en plus. L'attaque est franche, c'est assez ample, frais et droit, des tannins souples et jeunes avec un petite finale réglissée. 14.36 Très bien

Chambolle-Musigny 2007 Domaine Pacaletpacalet_chambolle.jpg

Une robe troublée, un nez légèrement réduit, sur la fraise des bois, la groseille et la violette. Une bouche marquée par des arômes de cannelle, une matière assez mince, des tannins un peu secs et une finale un peu trop sur l'acidité. 14.27 Très bien

Chambolle-Musigny 2007 Domaine Roumier

Un nez ouvert, grillé, assez simple, sur des notes de cerise, de mûre et d'épices. Une bouche fine (maigre pour certains), des tannins soyeux, élégants, mais un manque de chair, de profondeur et une acidité marquée en finale. 15.00 Très bien

Gevrey-Chambertin 2005 Claude Dugatclaude-dugat-gevrey-chambertin.jpg

Nez de cerise au kirsch, de framboise, d'épices, de résine de vanille et de café. On retrouve ne bouche ces arômes d'élevage marqués, les tannins sont serrés, la matière moyenne, l'équilibre sur l'alcool et la finale un brin végétale. Pas très gourmand et surtout très boisé pour Claude Dugat. 15.64 Très bien

Gevrey-Chambertin 2005 Domaine Rousseau

Nez de cerise noire, de grenadine, de ronce et des notes assez bizarre de tarte tatin. En bouche, c'est élégant, fin, beaux tannins, bien structurés, finale assez longue. De loin le meilleur de la série de village, sans être exceptionnel. 16.18 Excellent

Charmes-Chambertin 2007 Taupenot-Mermetaupenot-merme-charmes-chambertin.png

Beau nez, intense, sur les fruits rouges, la framboise, la fraise, la groseille acidulée, de la fleur, des épices, de la cannelle et une touche de balsamique. Une bouche fraiche, des tannins fins et élégants, une belle matière, sans lourdeur, une acidité rafraichissante et une finale minérale. 16.82 Excellent

Charmes-Chambertin 2007 Domaine Pacalet

Nez élégant, de framboise, de rose, de violette, de gentiane avec quelques notes animales. En bouche, c'est riche, fumé, les tannins sont fondus, la matière est ample, lactée, onctueuse et la finale est acidulée. 17.00 Excellent

bourgogne.jpegUn Pernand Vergelesses pour débuter la série Pinot Noir. Un Chandon de Briailles 2012 gourmand, facile et tonique. Puis un petit tour du millésime 2007. Le millésime "sauvé des eaux", de l'eau, beaucoup d'eau, de la pourriture, beaucoup de trie, un état sanitaire pas toujours satisfaisant. Même si certains s'en sortent honorablement, les stigmates du mauvais temps n’ont pas disparu par enchantement. Les matières sont souvent un peu minces. La minceur et la verdeur sont d’ailleurs les deux principaux écueils du millésime. C'est particulièrement vrai sur les deux Chambolle, même si le Pacalet s'en sort mieux, le manque de corps est flagrant. Sur les Gevrey, le bois un peu marqué chez Claude Dugat interroge, chez Rousseau, sans être remarquable, c'est de bonne facture, si je puis dire, compte tenu des tarifs du domaine. Sur les deux grands crus, la minceur 2007 est moins marquée, j'ai beaucoup aimé le Charmes de Taupenot-Merme, très classique, moins baroque que le Pacalet, mais plus droit.

La Mémé Ceps Centenaires 2011 Domaine Gramenongramenon_meme.jpg

100% Grenache Noir. 100% plaisir! Nez intense, aromatique, sur le cassis, la framboise, la mûre, la fraise des bois, le poivre blanc et les épices douces. En bouche, puissance et équilibre au service de l'élégance, c'est rond, floral, les tannins sont souples, l'élevage discret, une petite sucrosité accompagne le finale qui ne manque pas de fraicheur. 16.55 Excellent

La Mémé Ceps Centenaires 1998 Domaine Gramenongramenon_meme2.jpg

Quand le vin a coulé sur le bord du verre, tuilé et gras, j'ai pressenti le meilleur, le nez est puissant, sur le cassis, la marmelade d'orange, le bombons à la violette, la fleur de montagne, le menthol, le poivre noir et le cuir. Quand le vin a coulé dans ma gorge, un absolu plaisir m’a envahi, un superbe fruit velouté tapissait mon palais, c'est fascinant de retrouver, après plus de 15 ans, autant de fruit dans une cuvée non aseptisée au soufre. La matière est forte, chargée en alcool, les tannins sont veloutée, caressants, la finale est fraiche, mentholée, épicée, sensuelle, et surtout interminable. Incrachable… 16.25 Excellent

Cornas Les Chaillots 2006 Thierry Allemand

Un nez sanguin, légèrement animal, lardé, sur les fruits rouges, les olives, les épices, la violette mais aussi un peu de volatile. La bouche est ample, pure, droite, mentholée, les tannins sont souples, belle texture et longue persistance sur des notes de chocolat. Un vin qui se bonifiera dans le verre, c'est jeune, pas encore à son apogée, mais le temps en fera un très beau vin. 16.64 Excellent

Cornas Les Chaillots 1997 Thierry Allemandallemand_cornas_chaillot.jpg

Nez de grande syrah rhodanienne, sauvage, olive noire framboise, épices, jus de viande, zan, musc, violette, truffe, menthol, la palette est étonnante de variété. La bouche est immense, toujours très fruitée, tonique, même un poil acide malgré le volume dense, les tannins sauvages mais soyeux qui tapissent le palais. La longueur n'est pas exceptionnelle, mais le plaisir est là. Un modèle de Cornas. 17.09 Excellent

Pessac-Léognan Smith Haut Lafite 1990

Un nez discret, pas très engageant, fruits noirs, racine, café, terre humide, sous-bois et menthe. La bouche est assez simple, une matière un peu faible, des tannins un peu secs, des notes herbacées en milieu de bouche, une douceur surprenante et une finale sur l'alcool. Il n'y a pas de quoi se péter les bretelles…16.10 Excellent (13 pour moi)

La Mission Haut-Brion 1990mission_haut_brion.jpg

Le vin polémique de la soirée! Bouchonnée pour moi et quelques autres, carton mouillé au mieux, poussière, moisi, camphre, on appelle ça comme on veut, mais c'est un irrémédiable défaut. Certes, ce n'est pas très flagrant, on sent derrière cette déviance, un beau fruit, une belle texture, de la race, certainement, mais des notes qui vont de 18 à 12, c'est que le ver est dans le fruit. Boire un très grand vin bouchonné (ou déviant) me laisserait toujours plus déçu qu'ému. Boire un grand vin bouchonné, c'est comme pisser dans un violon et prétendre que c'est du Mozart

ceps_centenaires.jpgOn poursuit avec quelques doublettes. Un duo de Mémé pour commencer. Cette cuvée rare et mythique est issue d'une parcelle de vignes pré-phylloxériques de grenache noir. Jeune ou vieille, la Mémé est un grand vin, un grand vin "biologiques", bien avant que ce ne soit la mode. Deux Cornas pour suivre, deux beaux millésimes, assez proches et tellement bons. Prochaine doublette: Paul et Mickey. Il y a des sujets tabous, des dogmes qu'il ne faut pas attaquer sous peine de représailles cinglantes, mais rarement étayées. Amateurs ou professionnels du vin, nous redoutons tous le goût de bouchon, c'est l'ennemi sournois des accros du goulot. Cette série de Bordeaux, normalement excellentissime, est emblématique des faux gouts qui ont sévis du côté de Bordeaux dans les années 80/90. Qui accepterait, sans broncher, que 5 ou 10%, de son lait, de sa viande, de son eau minérale soit irrémédiablement gâché par une molécule indésirable. L'industrie du vin doit se plier à certaines normes de qualité et ne pas simplement s'en tenir au folklore. Les molécules incriminées, que ce soit dans les bouchons, dans le bois des fûts ou des chais, doivent être repérées et éradiquées. Certaines sources (RVF, association de consommateur…) révèlent que, durant les années 80 et 90, certains grands Châteaux ont tenté de cacher une large contamination par le trichloroanisole, une infection qui s'est traduit par l’apparition de faux goût dans plusieurs millésimes. Michel Betanne et Rober Parker parlaient de "faux goûts liégeux", photo_cave.jpgBurtschy de "manque de netteté" quand les propriétaires de ses vins parlait de vin charmeur. La déontologie (celle de Marlène Soria par exemple) aurait voulu que ses vins soient retirés du marché, mais le marché est puissant. On a mis le couvercle sur l'affaire, reconstruit de beaux chais tous neuf et multiplié les bénéfs par 10, quand ce n'est pas 100 en faisant croire que le goût de moisi, de carton mouillé était une qualité "propre" (si je puis dire) de ces vins. Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas (Usual Suspects). Mais qui a payé la note?foire-vins.JPG Quand je vois que Ducru Beaucaillou 1990 est vendu entre 100 et 200 euros... il faut vraiment aimer vivre dangereusement. Certains dégustent idéologiquement, ils boivent des symboles à plusieurs centaines d'euros pendant que la grande majorité de la planète tentent vainement de se nourrir. Mes symboles, puisque j'en ai aussi, sont ailleurs. J'ai du mal à rester zen quand j'entends des ignorants critiquer un vin absolument génial comme Noël de Montbenault (moins de 30€), un vin d'une pureté aromatique, nature, sans souffre, sans chimie, sans bidouille, (c'est aussi vrai pour la Mémé, les Cornas de Thierry Allemand et quelques autres …) et qu'on s'aplatisse devant un vin aromatiquement déviant, aussi sexy que le godemichet violet de ma tata Gilberte. Je bois aussi des symboles, mais j’aime les gens courageux qui font leur métier même à contre-courant, mes symboles ont des valeurs et je prendrais toujours un délicieux plaisir à mettre mon grain de sel dans le Cabernet et toujours avec cette grosse mauvaise foi en béton armé qui me va si bien.

Châteauneuf du Pape Rayas 1999

Une robe un peu évoluée, un nez bien ouvert, atypique, sur des notes de groseille, de fraise des bois, de sous-bois, de rose, de café-crème et un peu d'herbe. La bouche est droite, sur la cire et la menthe, les tannins sont très fins, c'est solaire, épicé, pas d'une longueur incroyable, amers sur la finale, mais très racé. 14.78 Très bien

Hermitage 1999 Jean Louis et Gérard Chavechave_hermitage.jpg

Le grand vin de la soirée, incontestablement! Immédiatement placé en Hermitage (Côte-Rôtie pour d'autres). Classique des grandes Syrah septentrionale, un superbe fruit, mûre, cassis, des arômes de café, d'encre, de la violette, de l'œillet, un caractère minéral, graphite, pierre sèche, la trilogie parfaite. En bouche, la magie continue, c'est d'une précision remarquable, sphérique, multidimensionnel, des tanins de soie, une finesse prodigieuse, une race inouï, un équilibre de funambule, une persistance magique. Rien de baroque, d'exubérant dans ce vin, juste de la maitrise, de la justesse dans les assemblages de syrah et de terroir. Un vin encore jeune mais un vin absolument somptueux. Un ange passe, les babines chargées d'Hermitage. 18.20 Grand vin

Barossa Valley Shiraz Dimchurch 2009 Chris Ringlandringland_dimchurch.jpg

Un échantillon de l'Australopat, 4 barriques, 500 caisses produites, un nez exubérant, du cassis, de la mûre, du caramel, de la noix de coco, de la vanille, du cigare, de la réglisse et encore pas mal d'élevage. La bouche est riche, opulente, concentrée, monumentale, sur des notes de prune, de chocolat, les tannins sont ronds, gourmand, l'acidification est sensible et la longueur impressionnante. L'antithèse de l'Hermitage, mais grand plaisir quand même. A boire seul, comme un Porto. 15.80 Très bien

Barossa Valley Hoffmann Shiraz 1997 Rockford

Nez très flatteur, de mûre, de myrtille, de cassis, de coco, d'eucalyptus, d'épices et de réglisse. La bouche est ample, puissante, très mûre, l'acidité est basse, les tannins sont serrés mais pas désagréable, on perçoit même un peu de minéralité et du bois sur la finale. 16.50 Excellent

Porto Quinta do Vesuvio Vintage 1994quinta_do_vezuvio.jpg

Nez puisant, de schnaps, de figue, de noix, de chocolat et de menthe et de la confiture de cerise. La bouche est serrée, riche, onctueuse, léger rancio, pureté. La concentration est impressionnante. La finale est douce et longue. Un Porto presque parfait malgré son relatif jeune âge, oui, j'aime les vieux Porto… 16.80 Excellent

Riesling Brand VT 2006 Zind-Humbrecht

Nez élégant, de coing, de mandarine, d'ananas, d'orange confite et de menthe fraiche. L'aération amène des nuances fumées, minérales qui complexifient le vin. La bouche parait un peu plus âgée, une impression de sucre fondu, l'équilibre est parfait, l'acidité redoutable mais parfaitement intégrée et la longue finale sur le zeste de citron finit de nous ravir. 17.43 Excellent

la_qualite.jpgAprès cet intermède aussi Bordelais que comique, on termine la soirée avec un Rayas 1999, pas le meilleur Rayas que j'ai pu boire, la finesse est bien présente, mais aromatiquement, c'est moins parfait qu'à l'habitude. Par contre, je suis presque à chaque fois bluffé par le travail de la famille Chave. La passion pour la vigne et le vin coule dans le sang de la famille Chave depuis les origines du domaine il y a plus de cinq siècles. Les vins de Jean-Louis et Gérard Chave ont atteint un niveau de perfection qui force l'admiration. Aujourd'hui, ils règnent en maître sur la colline de l'Hermitage. Chaque parcelle de vigne ressemble à un petit jardin japonais tiré au cordeau. Ici, on travaille à l'ancienne, forgé des valeurs transmises par les anciens, on travaille sur la complémentarité des assemblages, pas de parcellaires ou de "super cuvées", sinon une petite Cathelin de temps en temps, mais le reflet fidèle de cette colline où la magie coule de source. Deux belles Australiennes pour accompagner le Shropshire, un échantillon de Chris Ringland et une Syrah de 14 ans qui démontrent que même au antipode, il faut savoir attendre. Un Porto 1994 et un superbe Brand VT plus tard, nous voilà à conclure dans la voiture. Ce n'est pas les grandes maisons qui font les grands vins, c'est les grands vignerons. Anselme Selosse, Richard Leroy, Jean-Marie Guffens, Thierry Allemand, Jean-Louis Chave, Chris Ringland et Olivier Humbrecht ont un point commun : la passion de leur terroir pendant que d'autre ont plus une approche terroir caisse…

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