En un mot commençant, et même si tous les dégouts sont dans la raclure, quel est ton pire souvenir vineux? Soit précis, il faut avoir la piquette décomplexée, je veux des noms, des adresses, des numéros de téléphone… Mais, bien entendu, dans le respect de l'anonymat. winefish.jpg

Dans un article récent, j’avais déjà évoqué mon souvenir imputrescible du Clapion (une fouille dans la caisse des soiffards permettra de retrouver l’article). Toutefois, mon égo ne résiste pas au feu des projecteurs de la psychanalyse soiffardeuse et je me sens obligé de relater mon autre pire souvenir vineux. Un jour de 1997, alors que j’étais dans un hamac, sous la douce brise, entouré d’une cinquantaine de vahinées lascives, qui m’offraient ce qu’elles avaient de meilleur, que la factrice m’apportait un courrier m’annonçant que je venais de gagner l’Euromillion, qu’Aubert de Vilaine, (toujours occupé à me suivre celui-là), m’offrait l’intégralité de sa cave personnelle, que je portais à mes lèvres un verre d’Ambroisie, que Marc Knoepfler était en train de me proposer sa guitare contre un autographe de ma part…. soudain….. Soudain un lorrain-champenois-ardennais de passage a renversé un verre d’Edelzwicker Laugel sur mon hamac. L’arôme de chat mort, avec une pointe de gaz moutarde, la couleur jaune pipi, mais surtout l’acidité qui a rongé les cordes de mon hamac, qui m’a fait chuter et sortir de mon rêve, m’ont définitivement fait classer ce vin comme mon pire souvenir vineux. Cet évènement, l’un des plus graves du 20ème siècle, provoqua la cessation de paiement de Laugel qui fut repris in extrémis par les Grands Chais de France. Ils l’ont bien cherché, faut quand même pas déconner.



Tu échoue sur une ile déserte avec: un livre, un CD, un DVD, un plat, un unique vin blanc, un unique vin rouge, un objet et une seule personne, tu emmènes qui et quoi?

Choisissons d’abord l’ile déserte ; ce sera une ile entourée de terre, beaucoup plus pratique. Voyons ce qu’il y a dans le sac ;
fish2.jpg - Un livre : le pape des escargots d’Henri Vincenot. A lire et relire les tribulations de la Gazette en Bourgogne. Un must absolu !
- Un CD : L’intégrale de Bobby Lapointe, car avanie et framboise sont les mamelles du destin.
- Un DVD : 50 nuances de grès : un reportage magnifique sur les vains (vins ?) efforts de la mairie de Saverne pour restaurer le Haut –Barr. En Technicolor. Musique de Gerold Seck.
- Un unique vin blanc : une citerne de Riesling Engelberg de Pfister 1995. S’il n’y en a qu’un, autant qu’il y en ait beaucoup.
- Un unique vin rouge : 10 barriques de Latricières Chambertin de Trapet 2009. Même remarque que pour le blanc.
- Un objet : ma guitare Gibson LesPaul Custom. Elle devrait aider à attirer les bateaux pour venir me chercher quand la citerne et les barriques seront vides.
- Une seule personne : je renonce finalement à Bernard Henri Lévy, et choisis mon épouse Colette. Pas compliqué, n’est-ce pas ?



Imagine que tu es John Lennon, riche à brasser les millions … Tu bois quoi?

Une demi-bouteille de Riesling de chez Mochel. Vous me direz : "Mais il te restera beaucoup d’argent..Qu’en feras tu ?". "Pauvre pauvre, répondrai-je. J’achète le Domaine de la Romanée Conti… ". Et pour fêter cela, je finirai la demi-bouteille de Mochel.

Si tu étais un vin, tu serais… ?

Une belle robe, de la jambe, de la longueur, une belle bouche, un beau nez, un bouquet….Je ne vois que Miss France. Mais si j’étais un grand vin, rien ne me rassurerait moins que de tomber sur un mauvais dégustateur qui fait le malin avec ses commentaires débiles, me suce, me gargouille, se trompe sur mon origine, puis me crache, ou pire, me pisse. Beurk….



Pour une soirée très intimes, tu préfères mieux un vin avec des notes de feuille de rose ou des arômes de bois bandé? big_fish.jpg

Quand on parvient au cul de la bouteille, c’est qu’on a bien tiré son coup. Le chaud vin ? Commencez par y mettre le nez, mais être consentant n’est pas forcément un plus. Puis introduisez-le dans votre bouche: il vous paraîtra souple ou dur. Etalez le ensuite sur la langue et faites rouler la gorgée en aspirant un peu d’air par le milieu de la bouche. Il s’ouvre. La sensation arrive à son maximum. Vous sentez ces vibrations? C’est une gâterie. Un grand jus, cela se respecte. C’est l’heure du Gamay-Sutra, du gars berné, des pines aux noirs, des Syrah-culs, du bourre-boulenc, du vît au niais, du sein sot, de la ligotée, du pine-art. On l’aime naturel, avec ses petites odeurs suspectes et ses gaz intempestifs, ou civilisé, plus boisé par le coup de foudre. Le vin, il y en a pour toutes les bourses. Pourquoi vivre d’amour et d’eau fraîche quand on peut vivre de sexe et de vin ?



Justement et pour finir, la question qui fâche, la seule qui vaille, Bordeaux ou Bourgogne? Je m'en fous, mais développe un peu…

La question est bien plus complexe que cela. Plutôt un bon Bordeaux qu’un mauvais Bourgogne ? Oui Plutôt un bon Bourgogne qu’un mauvais Bordeaux ? Oui Plutôt un mauvais Bourgogne qu’un mauvais Bordeaux ? Non Plutôt un mauvais Bordeaux qu’un mauvais Bourgogne ? Non Plutôt un bon Bourgogne qu’un bon Bordeaux ? Haha ! Voilà la bonne question, car tous les diffère :
- Mono-cépage contre assemblage
- Vignerons contre groupes financiers
- Bouteille féminine contre bouteille épaulée
- Clos contre châteaux
- Crus terroirs parcellaires contre crus châteaux.
Donc affectivement, on devrait se tourner vers la Bourgogne. Mais cela rend il les vins meilleurs en Bourgogne qu’à Bordeaux ? Non. Un vieux Bordeaux donnera souvent plus de plaisir qu’un vieux Bourgogne. Même sans Parker, les prix des grands bourgognes ont largement dépassé les prix des grands Bordeaux. Conclusion : je ne donne ma préférence ni à une région ni à une autre. Je ferai la comparaison plutôt entre deux bouteilles bien précises et me permettra de juger à chaque dégustation laquelle est la meilleure. Tenons nous en aux faits !