affiche__2_.jpgPour faire un bon western spaghetti, il faut un grand réalisateur et au royaume du spaghetti, Léone était un roi. Il aussi faut un titre, un bon titre, puis il faut prendre son temps, filmer ce qu'il a à filmer, les paysage aride, peuplé de cactus, de coyotes et de truands sans foi ni loi. Oui il est nécessaire d'imprimer ces images dans son cerveau, dès le début. Plans larges, et puis, oh, surprise plan serré sur une bouille, tiens il fait un peu peur lui, il ressemble à JeanDa... Des tronches patibulaires, des mal-rasés, des yeux de rapace, des tignasses en bataille. Avec Léone, ces plans-là, c'était et c'est toujours des leçons de cinéma. Vous ajoutez une pointe de comique, des dialogues cinglants et mémorables: "When you have to shoot, shoot. Don't talk". Une pincé de virilité, un chouia de testostérone, un ou deux plans sur l'entrejambe d'un mec avec le holster en évidence, pas besoin de faire un dessin, des bagarres, des bourre-pif, peu de femmes, ou alors quelques putes, et une flopée de personnages secondaires aux tronches irrésistibles. Il ne faut surtout pas oublier le duel final. Dans le Bon, la brute et le truand, c'est un duel à trois, dans un cimetière. Le duel le plus mémorable, le plus marquant, le plus inoubliable de toute l'histoire du cinéma, le climax parfait. Pour finir, il faut de la musique, de la bonne, il faut Ennio Morricone, avec ou sans harmonica. Le maitre incontesté, incontestable du genre. Un thème, un sorte de cri, animal, de chouette, de hyène plutôt, houa houa houa, le genre de musique qui ne quittera plus votre mémoire jusqu'à la fin de votre vie. Il faut surtout des répliques inoubliables: "Si tu t’enfuies je te tue, si tu mens je te tue, si tu dis la vérité mais que cela ne me plait pas, je te tue, vois-tu Tuco, il te faudra une sacré chance pour rester en vie" ou "le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses" et une dernière, qu'on dirait écrite spécialement pour un duel entre soiffards "tenez, buvez une goutte de ça, et ouvrez bien grande vos oreilles, on va faire un peu de pétards".

JL Denois Brut Nature "Sous-Bois" Bulles d'Argiles

Un nez expressif, sur la poire, la fleur blanche, le pain toasté, la brioche et quelques notes d'herbe fraiche. La bouche est tendue, c'est sec, pas d'une grande complexité, mais agréable, bien équilibrée, belle fraicheur, quelques notes oxydatives et une belle finale. 15.00 Très bien et superbe rapport qualité/prix

Jean Vesselle Champagne "Le Petit Clos" 2001vessele_petit_clos.jpg

Un 100% Pinot noir. Un premier nez un peu déviant, savonneux, fromager, des notes qui disparaitront avec l'aération, puis de l'amande, des fruits jaunes, du zeste d'orange et de la paille. Une bouche fine, ample, très tendue avec une belle complexité et une jolie persistance. 15.00 Très bien

Champagne Salon "S de Salon" 1990s_de_salon.jpg

Superbe nez, pur, droit, des notes subtiles de caramel au lait, de miel, de brioche, de fruits blanc et de fleur d'orange. La bouche est volumineuse, majestueuse, corsée avec beaucoup de personnalité, de la tension et une persistance infinie. Un vin qui changera, qui s'améliorera au fil de la dégustation. Le temps a rendu ce Salon sage. On goûte un grand Chardonnay avec quelques bulles pour la fête. 18.50 Grand vin

affiche.jpgTrois vins, trois verres, trois caches poussière, le train sifflera trois fois, le premier duel à trois est pour l'Ermite, qui a gagné ce privilège en étant le plus rapide à trouver la musique du film "Il était une fois dans l'Ouest". Le classique des classiques en matière de Western Spaghetti, gros plans à foison, suspenses grandioses, gueules patibulaires, musique magistrale, qui n'a jamais chantonné ou siffloté le culte et terrible "Ouin, ouin ouiiin, ouiiiiin" de l'homme à l'harmonica? Ce film est un peu la Romanée Conti du western. Une soirée Soiffards, c'est un peu comme l'Ouest Américain, sa poussière, sa violence, ses répliques cultes, de longues scènes de suspense, une bande de soiffards attend (au tournant), l'homme sans nom qu'on appelle l'Hermite à l'harmonica, une mouche passe, une goutte d'eau perle sur le front d'Alain (ce sera la seule goutte d'eau de la soirée), l'éolienne bouge doucement et grince... Une séquence insoutenable et passionnante à la fois! Pas aussi passionnante que l'Ermite en pleine cogitation, mais le suspens sera de courte durée, il va étonner tout le monde en trouvant le Denois et le Vesselle à son petit côté savonneux. Pour Salon, on n'est pas loin du chef d'œuvre, difficile à trouver, mais facile à boire. - J’ai vu trois de ces caches poussières toute à l’heure, ils attendaient un train. Il y avait trois hommes à l’intérieur des caches poussière... - Alors ? - À l’intérieur des hommes, il y avait trois balles.

Domaine Trimbach Riesling Clos Ste Hune 2002Riesling-Clos-Sainte-Hune.jpg

Un nez explosif, monstrueusement citronné, très droit, avec également des notes de mangue, de bergamote, de pamplemousse, d'épices et de pétrole. La bouche est beaucoup plus subtile, minérale, équilibrée, c'est ample, profond avec une longue persistance qui oscille entre l'amertume et la menthe fraiche. Un grand vin, toujours en devenir. 16.50 Excellent

Zind-Humbrecht Riesling Rangen de Thann 2007domaine-zind-humbrecht-riesling-clos-urbain-2007-etiquette.jpg

Une robe légèrement ambrée. Un nez développé, fumé, tourbé très typique du Rangen, des notes de miel, de fleurs, de pain d’épices, de fruit blanc. La bouche est sèche, volumineuse, droite, minérale, pierre sèche, gros volume et longue finale un rien austère. 17.00 Excellent

Zind-Humbrecht Riesling Brand VV 2007gc_brand_ries_vv_2.jpg

Un premier nez très livèche, puis des notes de citron confit, d'ananas cuit, d'épice, d'herbes fraiches et de zeste d'agrume. En bouche, pas mal de sucre, c’est ample, puissant, rond, avec une belle ligne acide et une longue finale fruitée. Un vin encore ombrageux avec trop de sucre qui parasite un peu l'ensemble. 15.00 Très bien

Didier Dagueneau Pouilly Fumé Silex 2007dagueneau_silex.jpg

Un premier nez mutique, serré, puis des notes de cassis, de pamplemousse et de pierre à fusil vont s'installer doucement. Ce nez sur la réserve est trompeur, la bouche est un laser, c'est droit, minéral, fin, complexe, du volume, l'air de rien, une touche d'austérité et une persistance renversante. Il ne faut pas se fier aux premières impressions. Un bébé qui ira loin. 17.50 Excellent

Didier Dagueneau Sancerre Les Monts Damnés 2007dagueneau_md.jpg

Un nez plus plaisant que le Silex, sur le pamplemousse, le bourgeon, le sureau, la poire et la pêche de vigne. La bouche est assez "légère", peu complexe, gourmande mais manquant de complexité et de fraicheur. Un profil plus consensuel mais moins complexe que le Silex. 15.50 Très bien

Tour des Gendres Bergerac Anthologia 2010chateau-tour-gendres-anthologia-2007-etiquette.jpg

Le nez est une leçon de Sauvignon, pamplemousse, bourgeon de cassis, fleurs, épices, abricot, quelques notes exotiques et une fine minéralité. Superbe. Une bouche large, énorme même, sans lourdeur, une belle acidité, de la présence, de la charpente, un élevage discret, une sensation de puissance maitrisée jusqu'à la finale renversante. Grand vin. 18.50

doc.jpgTrop loin à l’est, c’est l’ouest. Le deuxième duel à trois oppose trois Riesling, comme personne n'était plus rapide que lui, c'est Didier qui s'y colle. Un Ste Hune toujours aussi déroutant. La dernière fois, le nez était austère, fermé et la bouche plaisante, cette fois, c'est l'inverse. Le Rangen est parfait, grand alors que le Brand est un peu trop sucré à notre goût. Le duel suivant oppose deux Dagueneau à une Anthologia. Le Silex est fermé mais sa bouche parlera pour lui, le Monts Damnés, trop jeune et pas encore très complexe sera battu par un Bergerac à la gâchette facile. Je crois que c'est Rage qui a pataugé dans la mélasse. Je lui ai rappelé l'histoire du petit oiseau du film. "Il était une fois un petit oisillon qui ne savait pas encore voler. On était en plein hiver et un soir, il tombe de son nid et il se retrouve sur le sentier. Alors il se met à crier: "Pui! Pui! Pui!". Il se fend le gosier parce qu'il meurt de froid. Pour son bonheur, voilà qu'arrive une vache. Elle le voit et veut le réchauffer. Alors, elle soulève la queue et paf! Elle pose une belle galette fumante, grosse comme ça ! Le petit oiseau, bien pénard et bien au chaud, sort sa tête et remet ça "Pui! Pui! Pui!" plus fort qu'avant... Rrrrrrr! Mais un vieux coyote arrive au triple galop. Il allonge une patte, l'extrait délicatement de son tas de merde, essuie la crotte qui le recouvre et ensuite... il n'en fait qu'une bouchée! Mon grand-père disait qu'il y a une morale à cette histoire, mais qu'il faut que chacun la trouve tout seul." Je te livre la morale: Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout, quand tu es dans la merde, tais-toi!

Domaine Guffens-Heynen Macon Pierreclos Tri de Chavigne 2009guffens_tri_de_chavigne.jpg

Un premier nez iodé, un peu évolué, miel, pomme verte, fleurs blanches et quelques notes de citron confit, de tilleul et de paille. La bouche est mûre, ample, l'élevage est assez discret. L'acidité bien présente accompagne le belle finale mentholée. 16.00 Très bien

Arnaud Ente Bourgogne Aligoté 2010

Un nez qui pétarade, pétard, fumé, noisette grillée, citron confit, abricot, chèvrefeuille et tilleul. La bouche est remarquable de finesse, d'élégance, de présence, c'est droit, nerveux, ample, généreux précis et doté d'une belle finale sapide. Un grand Aligoté. 17.00 Excellent

Arnaud Ente Meursault Clos des Ambres 2009Etiquettes 2010

Un premier nez sur la réduction, pétard et noisette, comme sur l'aligoté, pour le reste, c'est toujours comme l'aligoté, mais puissance 10. De superbes notes de zeste de citron, de tilleul, d'aubépine, de mile de fleurs, de poire très mûre, d'amande fraiche, de lierre et de pierre à fusil. La bouche est remarquable, ample et fraiche. Un monstre d'équilibre, d'élégance et de finesse, dotée d'une persistance interminable. Un vin qui a mis tout le monde d'accord. 18,50 Grand vin

dom.jpgUn dernier duel à trois pour les blancs, C'est True Grit chez les Bourguignon, pas facile de mettre le Trie de Chavigne dans le mâconnais, pas facile de mettre le deuxième sur un aligoté et encore moins facile de mettre le troisième sur un Meursault village tellement c'est grand. Grand comme John, pas le Wayne, le nôtre, mais sans le bandeau sur l'œil. Arnaud Ente est un géant, c'est vin sont comme des bons Western, on les revoit, on les rebois toujours avec le même plaisir. Cogburn : On va dormir là. On continuera demain. Mattie Ross : Mais nous avons promis d'enterrer le pauvre garçon qui est à l'intérieur. Cogburn : Je sais mais le sol est gelé. S'ils voulaient avoir une sépulture digne de ce nom, ils avaient qu'à se faire tuer en été.

Domaine Bizot Vosne-Romanée Les Jachées 2010Bizot_les_jachees.jpg

Un nez typé nature, de cerise, de prune, de fumé, de mine de crayon, de girofle, de cannelle avec un petit trait de vert très agréable. La bouche déroule ses tanins soyeux, ce n'est pas d'un grand volume, c'est droit, un équilibre sur l'acidité avec une belle finale fruitée. Pour amateur de vin typé nature (dont je fais partie) 17.00 Excellent

Domaine Leroy Pommard Les Vignots 2000leroy_les_vignots.jpg

Un premier nez bizarre, pas très net, quelques notes d'évolution, de la mûre, de la menthe, de la cannelle, de la réglisse, de la terre humide et du sous-bois. La bouche est austère, pas très nette, les tannins sont souples, l'acidité haute accompagne une finale puissante. Un Pommard austère et assez loin des Leroy habituels.16.00 Très bien

Domaine Rousseau Chambertin Clos de Bèze 2007armand-rousseau-chambertin-clos-de-beze-grand-cru-cote-de-nuits-2009.jpg

Déjà, au nez, c'est du sérieux, du lourd, on est immédiatement sous le charme, on nage en pleine subtilité, une robe légère, vermillon, du fruits rouges délicat, cerise noire, mûre, cannelle, girofle, bois de rose et une touche de menthe fraiche. La bouche combine le froid austère d'un touché de bouche un peu strict avec un fruit mûr, le raffinement de délicats arômes fruités, la fougue et l'acidité de la jeunesse, la présence et les promesses d'un futur immense vin. On regrette la bouteille vide, mais pas le moment passé. 18.00 Grand vin

Domaine Rousseau Chambertin 2007chambertin-2010-a-rousseau.jpg

On pensait avoir atteint le sommet de la Bourgogne. On s'est trompé. Le même profil, le même charme, mais plus entêtant, plus envoûtant, toujours cette robe très claire, on se dit que ça va être léger et on est surpris par la force, l'intensité des arômes, on plonge dans ce que le pinot a de meilleur, cerise noire, framboise, de la rose, de la groseille, de la terre humide, de la cannelle, du poivre blanc et un clou de girofle pour fermer le couvercle à épices. La bouche est multidimensionnelle, sphérique, intense, le palais est flatté de ses belles retrouvailles. L'acidité est plutôt haute, mais elle accompagne parfaitement une finale monumentale. Après tout, la vie peut parfois être courte, ça donne quelques circonstances atténuantes à quelques petits crimes nécessaires. 19.00 Grand vin

gg.jpgLa série suivante, c'est la Chevauchée fantastique, on démarre par un Vosne village, "les Jachées" du Domaine Bizot, finesse, élégance naturelle, une future star. A l'affiche Bourguignonne, Leroy est souvent la Star, mais son Pommard manque de netteté pour battre un fantastique Clos de Bèze du Domaine Rousseau. La combinaison de tout ce que la Bourgogne peut faire de plus grand. Et pour quelques dollars de plus, le Chambertin nous prouve que plus loin, c'est encore la Bourgogne. Trois générations de Rousseau, Armand, Charles et aujourd’hui Eric, ont fait du domaine familial à Gevrey-Chambertin un des plus prestigieux de Bourgogne, et son emblème est le Chambertin. Selon une légende, vers l’an 630, le duc de Bourgogne fit don d’une terre de Gevrey à la toute récente abbaye de Bèze. Les moines y plantèrent de la vigne et découvrirent qu’elle donnait un vin extraordinaire. Un terrain voisin appartenait à un certain Bertin, le "champ de Bertin". Constatant le succès que les moines obtenaient avec leur vin, Bertin y planta de la vigne. Sa parcelle prit bientôt le nom abrégé en Chambertin et donnera un des meilleurs crus du monde! Concernant le clos de Bèze, considéré comme l’égal du chambertin, il peut être vendu sous le nom de chambertin s’il plaît aux propriétaires. Evidemment, le Chambertin, c'est le Bon
"Rien ne fait voir l’avenir couleur de rose comme de le contempler à travers un verre de chambertin." Alexandre Dumas

Emmanuel Reynaud Côte du Rhône La Pialade 2005pialade.jpg

Un nez ouvert, plaisant, sur la confiture de fraise, les épices, le tabac blond, le cassis et le laurier. En bouche, c'est d'une grande buvabilité, de la fraicheur, de la douceur, des tannins fins et souples, une juste acidité et une belle longueur. Buvable, gourmand et super RQP, que demander de plus? 17.00 Excellent

Emmanuel Reynaud Châteauneuf du Pape Pignan 2005pignan.jpg

Un peu le même profil que La Pialade, fraise, fumé, garrigue, un peu de fruit noir, des épices, de la pivoine et un trait de ronce. La bouche est plus ample que Pialade, aussi gourmande, superbe tannins soyeux, un élevage discret, une fine acidité qui étire une longue finale sur la menthe. 17,50 Excellent

Emmanuel Reynaud Châteauneuf du Pape Rayas 2005rayas.jpg

Un nez monstrueux de classe, de complexité, sanguin, minéral, ferreux, mine de crayon, garrigue, tabac, prune, fraise, framboise, cacao, orange, un vin qui évolue constamment dans le verre. La bouche est sphérique, ample, gros volume, tannins de soie, ligne acide impeccable, aérienne, fruit mûr et gourmand, équilibre de funambule, long comme un jour sans vin. Un très grand Châteauneuf au potentiel à peine entamé. 19.00 Grand vin

Clau de Nell Cabernet Franc 2009clau_de_nell.jpg

Un nez de cerise noire, de framboise, de réglisse, de violette, de fumé et de terre froide. La bouche est droite, acidulée, les tannins sont jeunes, encore fougueux. Belle fraicheur sur la finale. Joli vin qu'il faudra encore conserver. 15.00 Très bien

Pomerol Château L'Evangile 2003evangile.jpg

Très beau nez, de prune, de menthe, de cacao, de cigarillo et de terre humide. Pas très complexe, mais très plaisant. En bouche, l'élevage est encore bien perceptible, les tannins sont encore jeunes et fougueux, mais le vin possède beaucoup de fraicheur et une belle finale truffée. 16.00 Très bien

Bel Air Marquis d'Aligre Margaux 1986bama.JPG

Magnifique nez de prune, de tabac blond, de fruit rouge, de menthe, de café, de sous-bois, de champignon et de fleurs séchées. La bouche est d'une douceur renversante, rien ne dépasse, des tannins éthérés, une juste acidité et une très longue finale mentholée. Un vin à élégant et racé qui traversera le temps.18.00 Grand vin

SteveMcMaisch.jpgEmmanuel Reynaud, c'est l'impitoyable de Châteauneuf. De son petit Vin, la Pialade, à Rayas, c'est la même patte, le même talent, seul le terroir est différent. La Pialade 2005 est l'archétype du petit vin qui a tout d'un grand, sauf le prix. Pignan est magnifique, mais Rayas, c'est un dimension, une présence, comme peu de vin en possède. Le Clau de Nell a faillis disparaitre, Anne-Claude Leflaive l'a sauvé et lui a donné les moyens de renaitre. L'Evangile c'est le Pomerol classique et sans faille, Bel Air Marquis d'Aligne, c'est le Margaux d'un vieux cowboy solitaire, en marge, un tueur sans pitié, un peu comme le Munny d'Impitoyable. S'il fallait revoir un seul Western, c'est impitoyable qu'il faut voir, ce n’est pas un western de plus, c'est le Western absolu, âpre, crépusculaire, doté d’un discours incroyablement pertinent vis-à-vis de la société américaine, le film de Clint Eastwood remet les pendules à l'heure vis-à-vis du mythe de l'ouest, c'est un chef-d’œuvre absolu du genre. Peut-être le dernier chef-d’œuvre du Western, le chant du cygne de l'ouest sauvage.

Château de Beaucastel Hommage à Jacques Perrin 2003HJP.jpg

Une robe framboisé, légère. Un premier nez un peu "vernis" (volatile?), puis des notes de fraise, de cassis, d'épices, de tabac blond, de laurier, de prune, de cannelle et de truffe. Grosse matière en bouche, mais une belle fraicheur, des tannins encore saillants et une longue finale sur la prune. Un profil encore austère et très jeune mais au potentiel indéniable. 17,50 Excellent

Le Clos des fées Roussillon La Petite Sibérie 2005la-petite-siberie-domaine-du-clos-des-fees.jpg

Un nez impressionnant de force et de fraicheur, de crème de cassis, de myrtille, de pruneau, de réglisse, de tabac et de mine de crayon. En bouche, c'est la claque, une fraîcheur sibérienne qui surprend immédiatement, c'est puissant et tendu, très droit, minéral et parfaitement équilibré. Certes, les tannins sont encore jeunes et perfectibles, mais le grain est remarquable, certes l'élevage est présent, mais il est de qualité. Et que dire de la longueur, c'est juste impressionnant, comme l'ensemble de cette grande Sibérie. 18.00 Grand vin

Château d'Arches Sauternes 2001chateau-d-arche-2005-75cl.jpg

Un nez sur les agrumes confits, l'ananas rôti, l'abricot, le safran, la figue et l'amande. La bouche possède une belle liqueur, assez fine, de fine notes de botrytis, c'est droit, frais, assez léger, pas d'un grand volume, pas d'une grande persistance aromatique, mais très plaisant. 15.00 Très bien

Château Yquem Sauternes 19901990-Yquem.jpg

Une belle robe vieil or, un nez complexe et aérien, très pur, sur des notes de d'ananas rôti, d'abricot, de mangue, de thé vert, de crème caramel, de zeste d'orange et de menthe fraiche. La bouche est superbement équilibrée, la liqueur n'est pas énorme, c'est aérien, un nuage de noblesse, une grande harmonie avec une très longue finale, douce et fruitée. 25 ans et encore au début de sa carrière. 18.00 Grand vin

trio_rio.jpgLa dernière séance commence par la "Brute", enfin celui que j'imaginais être la brute, Châteauneuf, 2003, ça devait être une Brute, mais cet Hommage est un hommage aux Léone, Ford, Sturges, Hawks, Peckinpah ou Eastwood. On attend la violence et on découvre de la finesse et de l'élégance sous le cuir tanné. Le truand, c'est cette Petite Sibérie que beaucoup dénigre, trouve trop chère, trop ceci, trop cela… Mais à la dégustation, à l'aveugle, c'est un grand vin, qui, comme les grands Western, se goûte avec plaisir et beaucoup de fraicheur. On se termine avec un Château d'Arches, bon mais sans plus, et un Yquem, la fine gâchette de l'ouest, un peu de sucre dans un monde de brute pour adoucir la soirée. Il est 3h10 à Yuma, enfin, chez nous, je vais me coucher et mater un bon western, j'hésite entre "Trois enterrements" ou "Blackthorn", même si je n’aime pas l’idée d’avoir à choisir entre le ciel et l’enfer, j’ai des amis dans les deux, va pour la tronche de Sam Shepard. Putain, il est où le CD de Blackthorn? Je préviens le Soiffard qui ne me l'a pas encore rendu, il a plutôt intérêt à monter sur son cheval et me le rendre fissa, sinon, je le pends haut et court avant de le lui mettre trois balles dans la peau. Et comme on dit dans l'ouest :"Dieu fit les hommes inégaux. Samuel Colt a rétabli l’équilibre".