H4638-L80887102.jpgC'est pour toutes ses raisons que j'aime les vins venus d'ailleurs, d'Italie, d'Espagne, d'Australie ou d’autres endroits qui semblent avoir compris que la meilleure façon de commercialiser leurs vins était… eh bien… de les commercialiser, sans nous bourrer le mou avec des notions abstraites, des traditions ancestrales et des pseudos poudres de perlimpinpin plus bio que dynamique. C'est devenu un problème, en France, on ne déguste plus sans faire référence, au prix, au millésime, à l'appellation ou à son appartenance cosmique. On enfume la dégustation de faux-semblants, de faste et de préjugé, en oubliant que le vin est une boisson de repas, pour tous, pas seulement pour les cracheurs de salon. Les préjugés sont fréquents chez les amateurs de vin. Un préjugé n'est rien moins qu'une erreur qui a pris racine. Par exemple, les vins Australiens sont des vins lourds, confiturés, à mi-chemin entre un Châteauneuf du Pape et un Porto, des bêtes à concours, tellement lourd qu'un verre suffit. Si on ajoute que ses vins sont trafiqués, pas bio, que les arômes sont ajoutés, comme l'acidité d'ailleurs, que tout est permis dans les pays du soi-disant "Nouveau-Monde", alors, la coupe est pleine de vide. La critique par principe est absurde, et les principes sont des préjugés de grande taille, c'est tout ! Quand un dégustateur, juste après quelques coups de nez, sans gouter, reconnais l'Australie, à l'eucalyptus, au caramel beurre salé ou à la confiture de cassis, je m'étrangle. Désolé, dans cet Amon-Ra là, pas d'Eucalyptus, pas de caramel beurre salé et encore moins de confiture de cassis. Mais du caractère, un petit gout de terroir qui pourrait venir des collines de Faugères ou d'Ampuis, de la race, de la violette et plein d'autres choses qui pourraient venir de France, d'Espagne ou d'ailleurs. Pas un monstre de puissance, une certaine élégance, bien plus de finesse que certains lourdauds bus dans la même soirée, bien plus agréable que certains jus de poivron, mélangé à la sauce copeau pour que le gogo client n'y voie que du feu et s'extasie devant un terroir de tonnelier. Le pire préjugé est de croire qu'on ne peut partager les préjugés que par préjugé.