CC1.jpgLa clientèle était haut de gamme, les grands vins étaient des passeports d'affaire, les grands Champagnes servaient de stylo, on scellait les affaires à grands coups de VSOP et de cigares cubains. Parfois, le week-end, l'hôtel accueillait quelques grands patrons accompagnés de leur femme ou de leur secrétaire, va savoir. Que commander pour impressionner la belle. Un grand vin rouge, la pauvre n'y connait rien, le Champagne, trop ostentatoire, trop connoté bar à filles. Le blanc ça fait mal à la tête, on ne parlait pas encore de soufre. Les sommeliers eurent une idée de génie, le Bouzy! Un rouge léger issu de Champagne, classe, léger, pas cher à l'achat, trop cher à la carte, que demander de mieux? Un nez de petits fruits rouges, peu de tannins, ça passe avec tout. C'est du Champagne, donc seau à glace pour lui donner du lustre, un semblant de cérémonial et de la fraicheur, quand c'est bien frais, c'est toujours mieux, surtout quand le vin est moyen. Bref, la classe du cousin Champenois, le prix un peu plus sobre pour la note de frais et comme c'est dans un seau à glace, s'il en reste, ça ne se voit pas. Du génie je vous dis! N'en déplaise aux vignerons de Bouzy, le vin s'est vendu pour son image plus que pour ses qualités gustatives. La mode est passée, le Bouzy est retourné aux oubliettes. J'en achète encore, plus par nostalgie que par goûts.

Champagne Dauvergne Bouzy rouge

Un nez de petits fruits rouges, un peu de ronce et d'épices, rien de transcendant. Une bouche fine, limite fluette, peu de matière, peu de tannins, peu de caractère, mais de la fraicheur et une longueur monotone. Bof