NS_Bonneau032216_1600.jpgOn a beaucoup parlé et écrit sur le personnage, sur ce maître incontesté du grenache, sur ses vins baroques, sur sa vinification particulière, sa cave foutraque. Tout dit de la franchise du bonhomme et de ses vins, de la pureté hypnotique de ses vieux grenaches. Chez lui, ce qui compte, c'était ce qu'il y a dans le verre, leur contenu magique représente l’essence, le cœur et l’âme des Châteauneuf-du-Pape. Les vins de Bonneau sont hors catégorie, ils sont majestueux, parmi les plus incroyables du monde, des vins secrets, inaccessibles, indomptables et uniques, d’une puissance, d'une élégance et d’une longévité prodigieuse. Des vins à l'expression profonde, veloutée, épicée, extraordinairement complexe. Des vins aux antipodes des vins modernes, flatteurs et faciles. Des vins francs comme le bonhomme. La Réserve 2001 est un grand vin, la formidable Réserve 1998, est un vin magistral, pas le plus ample et pas le plus puissant de tous les vins de la région, mais le plus excentrique et le plus parfait à la fois. Et que dire de ses Réserves Spéciales! 1998 est prodigieux, d'une puissance inégalée, 1990 est un voyage hors du temps, un voyage au pays des épices d'orient, de la complexité et de l'émotion. Ses vins s'ouvraient et se refermaient au gré de leurs humeurs avant de filer vers la maturité et la sagesse. Les Châteauneuf-du-Pape d'Henri avaient un profil protestant, un blasphème en terre papale! On avait beau connaitre le personnage et ses vins extravagants, la surprise, la fascination et le plaisir était toujours là! Il a beaucoup travaillé pour la gloire des papes, il a rejoint Henri Jayer, Marcel Lapierre, Conterno, Quitarelli, je suis sûr qu'il a emmené un Grenache qui coule dans leurs ganaches comme un champ d'étoile célestes.