674_001.jpgPour être certains de gagner, en absence de mon acolyte l'Ermite, en cure intensive de rosé du côté de Montpellier, les deux faisans m'ont attribué une partenaire, débutante de surcroît. Fallait les voir se préparer, s'échauffer, avec cet air si sûr de shampouineuse en analyse, le fusil planté entre les incisives, l'œil terrifiant. Ils avaient la tronche qu’on voit dans les reportages de TF1, le genre de mecs que tu te dis qu'il a découpé sa femme en tranche avant de venir. Bref, ils sont remontés comme des pendules Bernoises, comme des tchétchènes défoncés à la Vodka et à la coke…Le tout avec l’artillerie digne d’un bon John Woo. Il a fallu moins de deux heures pour que Colette les ridiculise! Colette, le flex du genou souple, les yeux plissés déviant les rayons du soleil, balancier impeccable, placement au millimètre, embouchonnage et tir à la rafle quand il le faut. C'est simple, je n'ai même pas eu le temps de m'échauffer, de régler mon tir, que la messe était dite, la débâcle bâclée, les faisans étaient dans le four, farcis comme deux belles paupiettes. On leur a laissé une partie sur quatre pour ne pas les voir s'effondrer en larme. Ils avaient l'air plus fait qu'un St Marcelin affiné de la Mère Richard, plus fumé qu'un jambon de Bayonne. C'est simple, le lorrain, il n'avait plus d'aisselle, plus de cou, il avait la tête dans le cul, on dirait un étron de Labrador collé sur le siège d'une Bentley neuve. Gégé, les yeux injectés de sang, se fait les ongles des pieds avec les dents, le cul dans une bassine remplie de glace pilée, une telle déculottée, ça lui a brûlé la croupe. Pendant ce temps, sans un mot, Colette range ses boules plaquée or et serties diamant dans leur étui Louis Vuitton, se verse une coupe de Dom Pérignon bien frais, pose délicatement une carré Hermès sanguin sur sa chemise Versace et claque deux bises aux faisans qui déclarent forfait pour l'après-midi. Quelle poilade. Du coup j’ai mon après-midi alors j’en profite pour me remémorer la scène, en boucle. T'en fait pas mon Gégé, il y a des femmes qui, plus elles vieillissent et plus elles deviennent tendres. Ya aussi les faisans.