78a8143e644e977b9c9efcf5f141ed15.jpgSans faire une thèse essentielle et centrale sur l'objectivité scolastique et sémantique propre à la subjectivité de la perception sensorielle, donner son opinion, son avis, faire une critique subjective ou pas, basé sur un préjugé (qui souvent n'est qu'une erreur qui a pris racine), c'est sain et utile. C'est évident, nous n'avons pas tous la même sensibilité olfactives. Une personne sur quatre est incapable de percevoir le bourgeonal, la molécule du parfum du muguet? La moitié de l'humanité est extrêmement sensible, et apprécie, l'arôme de violette. L'autre moitié le perçoit à peine et ne l'aime pas. Autre exemple, la fameuse molécule propre au cépage sauvignon (4MMP en abrégé). Cette molécule a une particularité, la qualité de l'odeur qu'elle exhale varie en fonction de sa quantité. A faible concentration le 4MMP déploie un parfum de fleurs et d'agrumes, alors qu'à haute dose il passe progressivement du plant de tomate au pipi de chat. Maintenant imaginez deux personnes à la sensibilité très différente par rapport au 4MMP, l'une sera émerveillée par le parfum raffiné de fleurs, alors que l'autre cherchera sous la table si un matou n'a pas pissé sur ses mocassin à glands. Un verre de vin peut contenir près de 500 molécules différentes, on comprend mieux pourquoi chacun exprime des références très différentes en mettant son pif dans le même verre de pif. Chaque individu dispose de 347 gènes dédiés à l'olfaction et que 50% desdits gènes sont différents d'une personne à l'autre. Dans ces conditions, il est rigoureusement impossible que nous sentions la même chose que notre voisin de table. Et encore, on ne parle pas de psychologie, de réminiscence enfantine, le nez est en prise directe avec la partie du cerveau responsable des émotions. Il suffit, par exemple, que dans votre enfance l'odeur de la betterave ou du chou ait été associée à un événement désagréable pour que vous n'aimiez pas la betterave et le Burlenberg. ee4f1f0dc2caec821c9c01910ab3fcfc.jpgDans ces conditions, tout jugement émis sur un vin ne peut engager que son auteur et rien que son auteur! Chaque dégustateur est libre de se conformer, ou pas, aux avis et recommandations du gourou, mais il doit avant tout, se reposer sur son propre avis, après dégustation et à l'aveugle si possible. Nous sommes libres de nos goûts, de nos sensations, de nos choix. Le vin a vocation au plaisir, au rapprochement, à l'échange, à la convivialité plus qu'au dénigrement moutonnier. Il possède cette spécificité de parler à tous. Ne laissons plus à d'autres l'arrogance de penser pour nous. Il faut être curieux, nous sommes des individus multiples, dans la manière de goûter, de noter, de commenter, de chercher la cohérence, de se délecter de nos propre théorie sur le terroir, la typicité, la biodynamie, des théories que l'on a le droit de juger fumeuse, mais qu'il faut écouter et essayer de comprendre avant de critiquer bêtement. Mon propos n'est pas polémique ... mais juste de souligner que les écarts abyssaux entre certaines bouteilles ne sont pas dus à la méconnaissance de certains, mais à l'influence de certains autres. Pour tout dire, je me marre, je m'en tamponne les valseuses de ces thuriféraires de momies bordelaises ou de ces excommunicateurs australophobes, c'est bien dans ce manichéisme que réside le nœud du problème que certains tranchent avec l'allégresse d'un coupeur de tête robespierrien (à foutre).

Champagne Bollinger La Grande Année Rosé 1999Champagne_Bollinger_La_Grande_Annee_Rose_1999.jpg

Belle robe, une bulle très fine, des notes de caramel au lait, de petits fruits rouges, de pâtisserie et d 'un joli boisé torréfié. En bouche, il y a de l'intensité, de la rondeur, de la finesse, beaucoup de gourmandise et de finesse et une longue finale sensuelle. Une grande Année très originale. Excellent (Moyenne 16.20 - Ecart type 1.2 - Moyenne haut de table 16.40 – Bas de Table 16.00)

Champagne Krug Grande Année

Un nez droit, tendu, vif, sur la paille, les agrumes, la poire bien mûre et une touche mentholée. La bouche est à la fois vineuse, ample, mais tendue par une belle acidité, portée par des notes minérale de craie. Belle finale très fraiche. Un Champagne dynamique. Excellent (Moyenne 16.11 - Ecart type 0.7 - HT 15.80 – BT 16.50)

Alphonse Mellot Sancerre Edmond 2008Alphonse_Mellot_Sancerre_Edmond_2008.png

Un nez minéral, droit, sur le pamplemousse, l'herbe fraiche, la pêche, les épices et des notes de verveine-menthe. L'attaque en bouche est nette, c'est vif, tendu, un joli élevage assez discret et une belle finale minérale. Un beau Sauvignon pas si variétal que ça. Très bien (Moyenne 15.10 - Ecart type 2.2 - HT 16.20 – BT 14.00)

Domaine Ostertag Muenchberg 2008

Un nez très expressif, pétrolé, sur les agrumes confit, le zeste, l'abricot et la mangue. En bouche, toujours ce pétrole un peu trop présent, un léger sucre, de la rondeur qui s'installe et une belle finale sur les agrumes. Encore beaucoup de jeunesse dans ce Riesling. Très bien (Moyenne 15.20 - Ecart type 2.8 - HT 16.60 – BT 13.80)

dessin_188.jpgPour illustrer mon propos, je vais vous proposer, une étude des notes de la soirée un peu différente que d'habitude. La moyenne des notes de tous les dégustateurs présents, l'écart type, la moyenne du haut de table ou "les ravis de la crèche", influencée par celui que nous appellerons "gourou coucou N°1", et celle du bas de table, "les vilains grincheux" influencée par celui que nous appellerons "gourou coucou N°2". C'est édifiant! Déguster, c’est analyser le vin, l’étudier, le décrire, le juger et le classer. Déguster est aussi évidemment synonyme de plaisir dans la reconnaissance des arômes et des saveurs. C'est un voyage sensoriel, témoin d’une histoire, d’un terroir, d’un savoir-faire. A chacun sa définition! C'est surtout une question de pratique, d’expérience et de mémoire. Il est normal d'avoir des avis différents, mais des écarts aussi importants, c'est une première. Pas sur les champagnes, très bon pour les deux groupes, mais une différence notoire de plus de deux points sur le Mellot et le Muenchberg. Pas forcément significative, même si les notes vont de 17 à 12, ce qui fait quand même beaucoup, mais le pire est à venir…

Domaine Drouhin Beaune Clos des Mouches 2008Domaine_Drouhin_Beaune_Clos_des_Mouches_2008.jpg

Un nez minéral et lacté, caramel et fruits blancs, une touche de fruits exotiques, de miel, de bois et d'épices douces. La bouche est crémeuse, avec des notes de truffes blanches, belle ligne acide qui étire une longue finale puissante. Une Mouche très exotique. (Moyenne 15.85 - Ecart type 2.1 - HT 17.00 – BT 14.70)

Guffens Heynen Macon Pierreclos Le Chavigne 2001

Un premier nez très réduit, fumé, grillé, pétard, poudre à canon, fenouil mais un manque évident de fruit. La bouche est portée par une grande acidité, c'est vif, légèrement boisé avec une belle matière et une finale intense. Un Macon complexe mais au fruit absent. (Moyenne 14.70 - Ecart type 2.4 - HT 16.20 – BT 13.20)

Arnault Ente Meursault Village 2011Arnault_Ente_Meursault_Village_2011.jpg

Un premier nez sur la noisette grillée et les amandes, puis de jolies notes d'agrumes et de poire, de chèvrefeuille, de fleurs blanches et de pierre sèche. La bouche est tendue comme un arc, c'est droit, ciselé, belle matière crémeuse et salivante portée par une remarquable ligne acide qui étire une interminable finale. Un Meursault, typique, reconnaissable au nez comme à la bouche, un Meursault dans le Meursault et un Village qui vaut pas mal de 1er cru, voire plus. (Moyenne 16.95 - Ecart type 1.40 - HT 18.00 – BT 15.90)

Thomas Morey Batard-Montrachet 2011

Un nez assez discret, subtil, poire, tilleul, bonbon, et fleurs blanches. La bouche est riche, opulente, mais manque un peu d'équilibre, de vivacité avec une finale longue mais peu aromatique. Pas encore prêt? (Moyenne 16.30 - Ecart type 1.6 - HT 17.20 – BT 15.40)

Rotem & Mounir Saouma Châteauneuf-du-Pape Magis blanc 2010Rotem___Mounir_Saouma_Chateauneuf-du-Pape_Magis_blanc_2010.jpg

Un nez assez déstabilisant, pétard, pétrole, bois, fenouil-anis, goudron, nougat, peu de fruit. En bouche, une attaque un rien acétique, belle matière portée par une ligne acide imposante qui étire une finale sapide. Pas vraiment emballant. (Moyenne 16.83 - Ecart type 1.30 - HT 17.20 – BT 16.40)

Domaine La Janasse Châteauneuf-du-Pape Cuvée Prestige blanc 2005

Un nez exotique, un peu iodé, sur la pêche blanche, la poire, la menthe, l'œillet et un léger caramel au lait. En bouche, grosse matière typée Châteauneuf, un élevage discret, un bel équilibre gras-acidité et une longue finale minérale. Très beau Châteauneuf blanc. (Moyenne 16.30 - Ecart type 1.3 - HT 16.40 – BT 16.20)

pommard-bichro.jpgPour la première série, clos des Mouches et Chavigne, des écarts de plus de 3 pts en moyenne et des notes qui vont 18 à 10 pour le Chavigne. Edifiant! 18, c'est un grand vin, 10, c'est une daube. Où est la vérité, surement autour de la moyenne de la table, entre 14 et 15. Pas de gros écart sur le Meursault et le Batard, un peu près tous d'accord pour reconnaitre que le Meursault Village est au-dessus de son appellation et que le Bâtard un peu en dessous de la sienne. Le Magis de Rotem & Mounir Saouma m'a légèrement déçu, j'avais été emballé par le millésime 2012, très bourguignon, beaucoup moins par le 2010, plus sudiste. Avec 5 ans de plus la Janasse s'en sort beaucoup mieux. Au vu des écarts important, quels sont ses facteurs qui biaisent notre jugement, comment expliquer la subjectivité à laquelle est soumise chacune de nos dégustations, appréciations, ou notations d’un vin. Quelles influences extérieures subissons-nous lors de ces exercices? Que nous le voulions ou non, un grand nombre de facteurs ont un impact sur nos jugements. La tromperie du prestige, il y a quelques années, un test très représentatif de ce phénomène a été réalisé en Allemagne, sur des étudiants en sommellerie. Ils se sont vu servir le même vin à deux reprises, mais dans le premier cas, seul le nom de la région leur était donné, alors que l’autre indiquait une appellation prestigieuse. La totalité des étudiants ont jugé le second bien meilleur, plus équilibré, complexe, et fin. Un vrai diagnostic biaisé… Nos yeux nous trompent! Dans la gastronomie comme dans le vin, le regard que nous portons sur ce que nous nous apprêtons à goûter, oriente nos pensées et nos perceptions. Tout comme un plat peut nous rebuter s’il n’est ni esthétique ni appétissant, avant même de savoir s’il est bon ou non, ce que nous voyons d’un vin avant sa dégustation, aura souvent le même effet sur notre avis final. L’interaction avec les mets. Les mets agissent sur notre palais de la même façon que le vin, avec les quatre saveurs principales qui sont le salé, le sucré, l’amertume, et l’acidité. C’est pourquoi une interaction se produit entre les mets et les vins, ce qui est bien connu. Il est donc logique d’en déduire que, selon si l’on a consommé un met ou non, et selon sa nature, notre perception du goût du vin sera totalement différente. Le contexte, il s’agit là d’un ensemble de facteurs, comme l’humeur du moment, le lieu, l’entourage, ou même la météo, qui pourraient vous faire noter un vin très différemment. Dans ce contexte, il y a l’influence du jugement des autres. Lorsque le vin que nous dégustons a déjà fait l’objet du jugement d’un autre, nous tendons naturellement à en retrouver les mêmes qualités, les mêmes défauts, et pourquoi pas, donner une note très proche. Cette influence fait partie de la confiance que nous donnons spontanément aux pseudos experts. L’effet de groupe standardise les avis de chacun.

Mommessin Gevrey-Chambertin Clos St Jacques 1989

Une robe grenat tuilée, une évidence, le fruit a disparu, et cela depuis bien longtemps. Un reste de racine et de fleurs séchées (chrysanthème). En bouche, ça pique, grosse acidité, des tannins évanescents et une finale où le plaisir est absent. Plus grand-chose à donner! (Moyenne 12.20 - Ecart type 2.1 - HT 14.00 – BT 10.40)

Nicolas Potel Roche de Bellene Vosne-Romanée Les Suchots 2008Nicolas_Potel_Roche_de_Bellene_Vosne-Romanee_Les_Suchots_2008.jpg

Un nez assez simple, sur l'élevage, le cassis, la mûre, la fleurs séchées, le genêt ou le muguet. En bouche, c'est dur, amer, des tannins serrés et asséchant, un équilibre sur l'alcool et une finale goudronnée. Un Bourgogne peu intéressant en l'état. (Moyenne 13.80 - Ecart type 2.7 - HT 16.00 – BT 11.60)

Domaine Méo-Camuzet Clos de Vougeot 2008

Un nez subtil, modéré mais très intéressant, racé, avec de petits fruits rouges croquants, de la mûre, de la livèche et du bois de rose. La bouche est douce, élégante et gourmande, l'élevage souligne discrètement la belle matière, les tannins sont souples, l'acidité porte une belle finale fine et subtile. Un peu de douceur dans ce monde de brute, ça fait du bien. (Moyenne 16.00 - Ecart type 1.6 - HT 17.20 – BT 14.80)

Domaine Sérafin Charmes-Chambertin 2006Domaine_Serafin_Charmes-Chambertin_2006.jpg

Un nez lacté, sur la framboise, la groseille, l'herbe fraichement coupée, la menthe et la lavande. En bouche, l'attaque est fruitée, la matière est ample, mais les tannins sont accrocheurs, l'amertume prédomine et nuit terriblement à la finale. Pas encore prêt. (Moyenne 15.30 - Ecart type 2.0 - HT 17.00 – BT 13.60)

Rotem & Mounir Saouma Châteauneuf-du-Pape Arioso 2010

Un nez sur la groseille, la cannelle, le cassis, le lard fumé et un boisé démonstratif, épicé et moderne. En bouche, première impression de douceur, de sucre, puis une énorme matière qui sature le palais, des tannins encore durs, rugueux, une énorme acidité pas vraiment fondue et une finale puissante. Un Châteauneuf-du-Pape bluffant pour certains, trop bluffant pour d'autres. Prétentieux ou pas prêt. Réponse dans 20 ans… (Moyenne 15.50 - Ecart type 2.3 - HT 16.00 – BT 14.70)

Château Margaux 1988Chateau_Margaux_1988.jpg

Pour le côté positif, une fine minéralité graphite, des tannins souples, une matière sanguine. Après ça se gâte terriblement! Grosse acidité volatile, ça vinaigre et ça renarde, on est entre le cornichon, le poivron et la bête morte. Pour certains, ça s'améliore dans le verre, pour moi et quelques autres, c'est mort et enterré. La suite SVP… (Moyenne 15.00 - Ecart type 3.9 - HT 17.80 – BT 11.50 – (-6.3 pts - pour info celui qui a amené la bouteille a mis 9)

Euro-2016-a-Bordeaux-et-si-vous-regardiez-les-matchs-a-la-Cite-du-Vin.jpgSans entrer dans le détail de chaque vin, je vous laisse faire, les tableaux détaillés sont en bas de page, pour un même vin, passez de 9 à 19 en moins de deux mètres, c'est hallucinant. Qu'un groupe trouve le vin, grand (moyenne 17.80) et l'autre bof (moyenne 11.50), c'est proprement ahurissant. Un écart de moyenne de 6.3/20! A croire que nous n'avons pas bu le même vin. Qu'y avait-il de différent sinon le contexte, l'effet de groupe. Nous sommes 12 à table et nous avons tout à fait le droit d'avoir 12 avis différents. Le vin, c’est notre passion. Nous avons passé c'est 15 dernières années à goûter tout ce qui était intéressant, à quelques exception prêt. Nous n'avons plus le droit de tomber dans la facilité, le conformisme, le dogme… Concernant ce Margaux, nos papilles seraient-elles dupées par un tour de magie commercial autours de vins propices à tous les abus? On peut toujours faire une diatribe sur les prix, crier aux sandales ou au scandale, mais ce qui est important, c'est d'enlever ses œillères et l'idéologie qui va avec, ce qui compte, c'est ce qu'il y a dans le verre et rien d'autre. Il se trouve que le midi précèdent cette dégustation, j'ai bu un BAMA 2000 (Bel Air Marquis d'Aligre), un vin qui ne se prend pas pour un Château Margaux, qui pête la fraise écrasée, la fraicheur et le bon vivre. Un vrai Margaux fait par un illuminé jubilatoire qui prend le temps de vivre et faire des vins d'un autre temps, à des prix plus que raisonnables. Le genre de Bordeaux que l’on a envie de boire plus que de goûter. Un vin que l'Ermite a adoré le midi pour le renier le soir. Judas! Nous ne sommes pas au Politburo soviétique, mais si on met 19/20 à ce Château Margaux, combien à Mouton ou Lafite 86, à Haut-Brion 33, à Petrus 90, à Latour 2003, 40-50? Et le sublime Meursault Gouttes d'Or de Lalou Bize, 98 ou 100/20? Il va falloir réévaluer notre échelle de notation. J’en ai souvent convenu, je suis raciste, je suis Bordeauphiles et je me soigne au BAMA, mais je suis lucide, je ne suis pas le dégustateur omnipotent, je sais qu'il n'existe pas, mais je sais reconnaitre un grand vin d'une grosse daube, ce Château Margaux n'était ni l'un ni l'autre, pas vraiment une momie décatie, mais indigne de son pédigrée et de son prix. Un grand vin, c'est autre chose. Il ne valait certainement pas cette note de grand vin, loin de là, et ceux qui lui ont attribué cette note ne sont pas à blâmer pour cela, mais celui qui, dans le même temps, a attribué la note de 10 à l'excellent Asili de Lucas Roagna! Il faut le pendre haut et court. Il faut parfois savoir raison garder. Dans la même série, nous avons goûté un horrible Clos St Jacques, un Potel encore pire que d'habitude, un Sérafin un peu moins bon que dans mon souvenir, un Arioso un peu prétentieux et un excellent Vougeot de Nicolas Méo qui a presque fait l'unanimité. Comme quoi, tout arrive.

La Rioja Alta Gran Réserva 904 2001

Joli nez finement boisé, sur la cannelle, la framboise, la mûre, la myrtille, la violette, la rose et la lavande. La bouche est ample, riche, lactée, superbe tannins soyeux, élevage discret, acidité salivante et grande finale fruitée. Très beau Tampranillo, riche et fin. (Moyenne 16.28 - Ecart type 1.3 - HT 16.80 – BT 15.60)

Lucas Roagna Barbaresco Asili 2006Lucas_Roagna_Barbaresco_Asili_2006.jpg

Magnifique nez sur les épices de noël, la fraise, la mûre, le cumin et le clou de girofle. L'attaque est franche, la matière est étoffée, les tannins sont fermes et serrés, comme souvent dans cette région, l'acidité est haute et équilibrée et la finale est superbe. Un EXCELLENT Barbaresco, taillé pour la garde. (Moyenne 14.38 - Ecart type 2.3 - HT 13.50 – BT 15.30)

Fontodi Flaccianello della Pieve Colli della Toscana 2006

Un nez de livèche, de fruits rouges et noirs, d'herbe fraiche et de figue. La bouche est souple, légère sensation de sucre, un élevage modéré, des tannins fermes, sans excès et une longue finale puissante. Un très beau Toscans qui manque un peu d'âme. (Moyenne 15.63 - Ecart type 1.8 - HT 15.80 – BT 15.30)

Rusden Christine's Vineyard Grenache 2003

Très légère volatile au premier nez, puis des notes de fraise écrasée, de confiture de framboise des bois, de racine, de fleurs séchées et d'épices douces. La bouche est souple, ronde, gourmande, épanouie, douce et élégante. Des tannins souples, une acidité très présente qui allonge la belle finale. Très beau, comme toujours. (Moyenne 16.94 - Ecart type 1.3 - HT 17.40 – BT 16.20)

Clos du Caillou Châteauneuf-du-Pape Réserve 1999Clos_du_Caillou_Chateauneuf-du-Pape_Reserve_1999.jpg

Un peu de réduction (déviance?), puis des arômes de fruits noirs, de réglisse, de confiture de mûre, de menthe fraiche, d'œillet et d'encens. En bouche, grosse matière très bien équilibré par la ligne acide, de beaux tannins souples et une finale aussi graphitée qu'interminable. Excellent Caillou qui m'a fait peur au premier nez. (Moyenne 17.25 - Ecart type 1.3 - HT 18.00 – BT 16.00)

Domaine de Marcoux Châteauneuf-du-Pape Vieilles Vignes 2003

Un nez très original, menthol, eucalyptus, lavande, mais aussi de la myrtille et de la mûre. En bouche énorme matière mentholée, c'est très aromatique, puissant, les tannins sont serrés mais souples, l'acidité équilibre parfaitement l'ensemble et étire une finale interminable. Superbe Châteauneuf-du-Pape au potentiel à peine entamé. (Moyenne 17.13 - Ecart type 0.8 - HT 17.40 – BT 16.50)

Solitary Block Onkaparinga Grenache McLaren Vale 2006SolitaryOnkaparinga.jpg

Un nez expressif, sur le fruit et les épices, myrtille, fraise, menthol, mais aussi un boisé (américain?) encore bien présent. En bouche, l'attaque est nette, fraiche, la matière est forte, les tannins serrés, l'acidité présente et la finale longue et puissante. Une Grenache moderne, puissante et agréable. (Moyenne 16.38 - Ecart type 0.7 - HT 16.80 – BT 15.70)

Domaine La Barroche Châteauneuf-du-Pape Pure 2010

Un nez original, de menthe, de mûre, de cassis, de pain d'épice, de réglisse et d'encens. La bouche est ample, très riche, opulente même, les tannins sont souples, l'élevage modéré et la finale intense. Probablement un grand vin, un jour, dans 30 ans, un vin techniquement parfaits, mais sans supplément d'âme. Quand l'homme supplée aux carences du millésime ou du terroir, ils le trahissent forcément. (Moyenne 16.50 - Ecart type 1.8 - HT 16.40 – BT 16.70)

Rusden Sandscrub Shiraz Barossa Valley 2006Rusden_Sandscrub_Shiraz_Barossa_Valley_2006.png

Superbe de fruit à noyau, de myrtille, de fraise écrasée, de cassis, de cacao, de réglisse, de violette et de graphite. La bouche est onctueuse, riche, les tannins sont fins et souples, belle acidité, type bonbon acidulé, et longue finale intense et hyper fruitée. Opulent, riche et agréable. (Moyenne 17.29 - Ecart type 1.4 - HT 16.80 – BT 18.00)

Chris Ringland Shiraz Barossa Valley 2006Chris_Ringland_Shiraz_Barossa_Valley_2006.jpg

Nez très expressif, racé, intense, sur le cassis, la framboise, le tabac, la cannelle et la vanille. Très belle bouche, matière ultra présente avec des tannins soyeux, équilibre maitrisé et finale racée et interminable. Le meilleur de l'Australie. (Moyenne 17.50 - Ecart type 1.4 - HT 17.00 – BT 18.70)

2552493_orig.jpgDans la série des coups de gueule, pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Je me sens chaud comme la baise. Je sais, c'est dur d'être objectif, surtout après 30 vins. C'est dur de tout aimer, sans préjugés, sans idées préconçus! Personnellement, j'essaie de goûter avec les mêmes repères, sans préjugé. Je déteste les petites phrases assassine d'avant dégustation. On peut, pardon, on doit donner son avis, mais après dégustation, pas avant, sinon, c'est un préjugé! Les sentences définitives après un coup de nez, eucalyptus, Australie, bête à concours, sort les couteaux on va manger, c'est du lourd, acidité rapporté, maquillage, etc…. J'en passe et des plus méchantes. Certains trouvent agaçant le nombre de vins notés entre 97 et 100 en Australie sans se dire que l'Australie est certainement le pays viticole qui a fait le plus de progrès ces 15 dernières années. Je suis navre de voir comment des passionnes peuvent laisser un arbre leur cacher la forêt. La critique par principe est absurde, et les principes sont des préjugés de grande taille, c'est tout! Trop puissant l'Australien, pas si sûr, le "La Baroche" était certainement le plus puisant des 4. Mais il est français Monsieur… Alors il mérite le respect, le silence que n'ont pas eu les Australiens. On se délecte dans le silence d'un vieux Bordeaux très moyen, mais aristocratique et on dégomme les roturiers du nouveau monde, sans vergogne. Par le plus grand des hasards, le groupe des ravis de la crèche, qui ont, en moyenne, donné entre 2 et 4 points de plus que le groupe des grincheux, ont plus mal noté les vins Australiens, copieusement critiqué par le gourou coucou n°1, idem pour l'Asili de Lucas Roagna, qui a obtenu la plus mauvaise note par le même gourou coucou. Hasard ou influence cognitive? Ils sont tous étrangers! Le Sandscrub et le Ringland étaient les deux plus beaux vins de la soirée, incontestablement, ils auraient mérité autant de respect que certains lourdauds précédents ou que certains jus de poivron, mélangé à la sauce copeau pour que le gogo client n'y voie que du feu et s'extasie devant un terroir de tonnelier. Le pire préjugé est de croire qu'on ne peut partager les préjugés que par préjugé. Tout cela pour vous conjurer de découvrir sans préjugés et avec votre palais et vos tripes, et pas qu’avec vos yeux, vos oreilles et vos préjugés. Mais cela, je crois que je l'ai déjà dit.

Nicolas Joly Clos de la Coulée de Serrant Savennières 1990

Une robe oxydée, un nez pas très net, un peu déviant même, notes moisies, fruit jaune, poudre à canon. En bouche, c'est médicamenteux, très léger, peu expressif avec une finale austère. Bof! (Moyenne 14.71 - Ecart type 2.8 - HT 16.20 – BT 11.50)

Maison Hugel Riesling VT 1983Maison_Hugel_Riesling_VT_1983.jpg

Belle robé ambrée, un nez minéral, sur le zeste d'agrume, l'abricot, la pierre sèche et le thé. En bouche, c'est presque sec, la matière est fine, comme l'acidité, c'est droit, racé avec une finale un peu courte. (Moyenne 15.57 - Ecart type 1.3 - HT 16.20 – BT 13.80)

Château d'Arches 1990 Sauternes

Nez de mandarine, d'ananas, de pâtisserie, d'abricot et d'alcool d'orange. La bouche est ample, riche, belle liqueur, peu de bois, une jolie acidité qui allonge une belle finale abricotée. (Moyenne 16.25 - Ecart type 1.0 - HT 17.00 – BT 15.00)

Château Yquem 1994 Sauternesyquem.jpg

Très beau nez, sur des notes d'abricot, d'ananas, de verveine, de biscuit, de caramel et de café crème. La bouche est racée, crémeuse, mûr, précise, jolie liqueur qui accompagne une grande finale safranée. Très beau bouquet final. (Moyenne 17.25 - Ecart type 0.5 - HT 17.5 0 – BT 15.80)

Clos de la Coulée de Serrant, un autre exemple d'influence et de dissonance cognitive. Le gourou coucou N°1 aime ce vin, c'est son droit le plus absolu, autour de lui, les bonnes notes tombent. De l'autre côté de la table, des yeux exorbités et incrédules regardent la scène. Le gourou coucou n°2 n'aime pas ce vin, il le trouve déviant, et il n'est pas le seul, autour de lui, les mauvaises notes tombent. Que retenir de tout cela ? Tout simplement que la dégustation est toujours quelque chose de compliqué, dépendant du dégustateur et de son humeur du moment, du verre, de la lune et surtout de sa part de subjectivité, influencée par son environnement. Il est bon malgré tout, parfois, de le démontrer. In Vino Satanas

427999403.jpgPour finir sur une note moins sérieuse, après 12 heures de digestion, oui, apéritif, entrée, deux poissons, deux viandes, crème de Gorgonzola, Strudel aux pommes et 30 vins, ça laisse des traces et pas seulement caloriques, je me suis couché devant un match du PSG, à attendre que mon bide veuille bien me laisser tranquille et que mon gogue veuille bien accepter mon offrande, avec une image lancinante de belle mère et de gigolette de lapin aux figues. Parti à 3 heures du mat pour se lever à 6 heures et prendre la route, après s'être resservi trois fois de tous, notre JeanDa national avait dans l'idée de faire une petite collation avant de se coucher. Il s'était mis de côté, il est prévoyant le garçon, quelques gigolettes de lapin aux figues. J'imaginai donc notre petit géant avec des airs du gros frisé dans le Seigneur des Anneaux qui suit Frodon comme un clébard, grammé comme un polonais, regardant ses gigolettes avec l’affection du cobra lorsqu’il veut gober un lapin, se faire surprendre par sa belle-mère, en slip kangourou, radieux et éclairé par la lumière du frigo, avec des palmes aux pieds, comme Enzo dans le grand bleu, mastiquant ses gigolettes avec une jubilation de premier communiant, le nœud pap en moins. Heureusement, qu'il n'a pas vu la rétrospective Star Wars et mis le vison de la belle-mère pour faire Chewbacca, la belle doche aurait fait une attaque et lui aurais mal dormi, il aurait surement eu trop chaud...


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