naturalwine-1568x1940.jpgLe Châteauneuf, c'est pas neuf, il faut que ça vieillisse. La capsule à vis, c’est pour les petits vins, les vins de saucisson. Le rosé, ce n'est pas du vin. La minéralité, ça ne veut rien dire. Le beaujolais, c'est trafiqué. Le Bordeaux, c'est pas beau, le bio, c'est bobo. Le vin naturel est le marronnier qui fait (trop) souvent polémique dans le microcosme du vin. Les mêmes éternels poncifs et clichés, avec, pour les pires d’entre eux, c’est du vinaigre, c’est un truc d’ayatollahs ou d'intégristes, c’est une mode, on peut ajouter de bobo, voire de bobo parisien. Mais le point Godwin, la loi qui introduit l'idée selon laquelle un argument extrême, voire extrêmement idiot et discréditant, est inévitable dans un débat qui s'éternise, surtout si le débat est arrosé, ce point Godwin est atteint avec le :"ça sent le cul, c'est un vin de tarlouze". Rêvons un peu… Si on pouvait débattre sereinement sur le vin nature, dire que le vin naturel représente telle part du vin produit en France ou dans le monde, ou dire combien de domaines viticoles sont sortis volontairement de leur appellation, ou combien de vigneron n’utilisent jamais de soufre. Ça serait bien, non? Pour une fois, on pourrait savoir de quoi on parle précisément. Je ne vous demande pas de vous laisser pousser la barbe, de ressorti vos chemises qui grattent, vos gros sabots et d'enfourcher votre vélo, mais, le vin naturel, avant d’en avoir trop bu, faut l’avoir lu. C’est un truc sérieux. C'est sûr, on ne boit pas les mêmes bouteilles, que l'on soit patron du CAC40, ouvrier prolo, critique à la Revue des Vins de France, amateur plus ou moins éclairé, ou simple bloggeur. À l’un les crus classés de 1855, aux autres les grands crus bourguignons, les infâmes piquettes ou le vin sans soufre. Le vin est le dernier endroit où la lutte des classes subsiste. Remplaçons les urnes par des tonneaux remplis de vin. Au lieu de glisser un bulletin dans l’urne, et de voter comme un con, prends un verre et sers toi un petit coup de vin naturel de gaucho, un grand cru classé, un vin de France aux français ou un Côte de la route qui tache les dents et le comptoir de vote. Celui qui a fait boire le plus de vin a gagné. Le vin, c'est polémique, c’est politique! Et la politique du moment, c’est de la vinasse. Mais ça aussi, c'est un poncif.

Vignoble de l'Arbre blanc Les Fesses 2014Arbre-Blanc_Fred-Gounan10.JPG

Païs de Doumatz, comprendre Puy de Dôme en Occitan. C'est ce qui est écrit sur la bouteille. Au moins, on sait où on est! L'Arbre Blanc a été créée en 2000 par Frédéric Gounan, à partir d’1/2 hectare de vieux Gamay d’Auvergne. Aujourd'hui, le Vignoble du domaine compte modestement 2 hectares. Selon Frédéric, le travail de la vigne repose sur un postulat simple : le métier de vigneron est un métier de paysan et non un métier d'œnologue. Les Fesses, c'est une cuvée de Pinot gris infusé dans du sauvignon, à moins que ce soit l'inverse, sans soufre, à la robe orangée, au nez déconcertant, presque liquoreux, exotique, mangue, abricot, miel, pierre sèche et camomille. En bouche, c'est déroutant, très sec, minéral, belle matière, acidité marquée et longue finale pierreuse. Une curiosité qui m'a laissé sur le cul, pardon, les Fesses. Bien+

Sébastien David St Nicolas de Bourgueil Hurluberlu 2015hurluberlujpg_40.jpg

L’Hurluberlu, c'est le surnom que donnaient les gens du coin à Sébastien David. Fils et petit-fils de vigneron, Sébastien David se refuse à tout conformisme, même si ses vins doivent ne ressembler à aucun autre vin produit sur l’appellation. Il pratique une culture traditionnelle ancestrale, sans aucun additif de synthèse, ses vignes ne reçoivent aucun pesticide ou insecticide. Il foule son raisin aux pieds et le laisse s’épanouir tranquillement, pendant de nombreux mois en barriques. Sa cuvée Hurluberlu est une macération carbonique. Les raisins ne sont pressés que lorsque que la migration d’anthocyanes (couleur) est complète. Le vin est ensuite élevé en cuve. Loin des cuvées standardisées de l’AOC, cette cuvée de cabernet est une petite bombe de fruit, fruits rouge, groseille, confiture de vieux garçon épicée. La bouche est droite, franche, souple, lactée, bref, gourmande. Ça se boit comme du petit lait. Le parfait compagnon du pique-nique ou des grillades d'été. Le tout pour une dizaine d'euros, sans intrant ni sulfites ajoutés. Je suis partant pour une Bourgueillothérapie. Bien+

Domaine Giudicelli Patrimonio 2013web_140_patrimonio_giudicelli_2012.jpg

Son arrière-grand-père était un amoureux de la vigne. Son père, un grand amateur de vins. Comme il est de coutume en Corse, quelques pieds de vignes plantés en 1950 pour la consommation familiale. Difficile alors pour Muriel Giudicelli, élevée dans le respect de la terre, de l’environnement et des bonnes choses, de ne pas être piquée par la même passion! "Nous étions nourris avec des fruits et des légumes sains, issus du biologique. C’était une évidence pour moi de perpétrer ces pratiques". Le Domaine Giudicelli, créé en 1997, profite de cet héritage et de cette philosophie, il laisse le temps au temps. Le nez de ce Patrimonio, 100% Nielluccio, s'ouvre sur des arômes de cerise, de mûre, de groseille, de cannelle, un léger boisé tabac et des notes d'herbes fraiches et aromatiques. Un nez engageant qui introduit parfaitement une bouche gourmande, veloutée. Une jolie impression de fraicheur qui couvre une belle matière épicée, des tannins soyeux, une tension qui nous porte vers une longue finale florale. Un vin nature, à l’image de ce terroir, authentique et libre ! Très bien