Guggenbuhl.jpgLe lendemain, c'était la journée de découvertes des vins du domaine Zind-Humbrecht. Comme tous les ans, la dégustation du dernier millésime du domaine est une bonne occasion de goûter une référence incontournable du paysage viticole Alsacien. Une dégustation chez Olivier Humbrecht est une formidable découverte des terroirs d'Alsace, mais aussi une non moins passionnante analyse de l'adaptation des cépages Alsaciens à ces terroirs qui parfois prennent le pas sur la typicité du cépage. 2015, un millésime chaleureux, manquant peut être parfois de peps, mais j'ai beaucoup apprécié la finesse de gewurztraminer et la minéralité des Windsbuhl. Une soirée à Turkheim, c'est aussi l'assurance de bien manger. Outre les jambons de la boutique Sézanne, offerts par la maison Humbrecht, l'usage veut que nous finissions la soirée à la Taverne Alsacienne. Après un très bon Bourgogne blanc du Domaine Roulot et avant une excellente cuvée Syrah du Château de Fonsalette, sur une côte de veau aux truffes, l'Hermitage 2004 de Jean-Louis Chave a fait merveille. Boire une bouteille de ce calibre, à la table d'un des meilleurs restaurants de la région, 25 à 30% en dessous de sa cotation, est la preuve que tous les restaurateurs ne sont pas des passionnés de gros 4x4. Jean-Philippe Guggenbuhl est un vrai passionné de vin, et ça se voit sur la carte des vins de son restaurant. Mais revenons à cet Hermitage. Chez les Chave, on a une passion inégalée pour la vigne et le vin coule dans le sang de la famille depuis les origines du domaine il y a plus de cinq siècles. Chez les Chave, on est fidèle aux pratiques ancestrales qui ont forgé sa renommée La récolte de chaque parcelle est vinifiée et élevée à part, sans interventions, pour lui permettre d'exprimer toute sa spécificité, indispensable pour assurer à l'assemblage final une belle complexité. On a pu découvrir un nectar pleinement épanoui, minéral, floral, ample et concentré, magnifiquement complexe et racé. Des pépites comme ça, seul quelques restaurateurs sont capables d'en proposer. Merci Monsieur Guggenbuhl!

SOMMELIER.jpgMercredi, c'est ravioli? Ou pétanque pour moi, déjeuner chez Gégé, arrosé, un Marsannay pas très Bourguignon, un bel Alsace, très minéral et un vin que j'ai amené, mais dont je ne me souvient même plus du nom. Quelle mémoire! Jeudi, repas de famille, langue de bœuf et Gevrey Chambertin, Clos Prieur 2008 de Rossignol-Trapet, pas inoubliable, mais qui a fait le minimum syndical. Vendredi, c'est spaghetti? Non, c'est soirée chez Rage, professeur de flûte dans un prestigieux collège français, expert ès physique nucléaire et fromage à raclette, passionné par son travail, qui apprend à ses étudiants les plus brillants à écrire leur prénom sans faute pour 10.000 par mois. Deux Champagne, un très (trop) vieux Pol Roger, un peu chaussette usée et un incisif Marie-Noëlle Ledru, un peu survendu par rage, mais le genre de vin qui laisse le poil bien dru. Pour suivre, un Raveneau renversant, comme souvent, un Brand 2010 de Josmeyer parfait, droit et tendu comme un arc. Derrière ces deux vins, les deux Chablis, Blanchots de Defaix et Vaillon de Dauvissat ont beaucoup souffert. On débute les rouges avec un Cabernet franc de Loire, poivron et tannins asséchants après les blancs, ça tire les gencives. La Croix Ducasse, un Pomerol 2000 aux allures d'Australien. Ça fait hurler JeanDa, mais c'est quand même très Australien! Un Italien et un Espagnol plus tard, on attaque un Vannières 2000. Presque 17 ans et pas encore prêt et une très belle Côte-Rôtie de Jean-Michel Stephan. Vieilles Vignes en Coteau 2006, nature et pure. Pas de fromage, mais les vins qui vont avec. Deux Chardonay Jurassien qui ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable, papilles fatigués ou trop plein qui fuit, mon toubib vous le dira peut-être après mon autopsie. Dessert au chocolat, Mas Amiel 2008, Folie de janvier 2010 du domaine Cauhapé, fallait bien finir par une sucrette. J'ai les dents du fond qui baignent. Le compte et bon, une semaine de père Pinard, 90 vins en 5 jours, faut aimer son métier, il y a des semaines plus difficiles que d'autres. Et comme me le disait Rage; "En temps de crise, il y a que deux sortes de gonze, y’a ceux qui souffrent et ceux qui saucent. Y a encore du pain?"… à bon entendeur …