1aparker.jpgAprès une carrière d’avocat sans vague et sans relief, il décide de se consacrer à sa passion, le vin. Une passion naît en 1967 lorsqu’il rend visite à sa petite amie de l’époque, en Alsace, pendant les vacances de Noël. La magie de noël a encore frappé. C’est en 1978 que son idée se concrétisera avec la parution du premier numéro de The Wine Advocate. 1982 est son millésime de consécration. Alors que des vins exceptionnels jaillissent des vignes de Bordeaux, le Wine Advocate devient la bible des acheteurs de grands crus. Devant le succès de ses dégustations, il abandonne définitivement le droit pour être critique d’œnologie à plein temps. Son influence sur le monde du vin n’a cessé de croître pour atteindre son apogée sur les millésimes mythiques 1996, 2000 et plus récemment 2005. La revue Wine Advocate compte plus de 40.000 abonnés et est distribuée dans plus de 37 pays. Il se veut indépendant, parfois sévère, parfois dithyrambique. Son palais a le pouvoir de faire et défaire les réputations. Les domaines attendent fébrilement sa bible, tel le restaurateur s’impatiente avant la sortie du guide Michelin. Les répercutions sont mondiales, car américains, anglais … chinois, le suivent les yeux fermés. Les jaloux ne manquent pas, ses détracteurs aimeraient limiter son influence, caricature son travail. On lui reproche son amitié avec certains Winemackers, notamment l’incontournable Michel Rolland, présent sur des centaines de domaines dans le monde. La perversion et l'attrait du gain, pousseraient certains domaines à vouloir coller aux goûts du gourou et à dénaturer leurs vins? Possible. Jonathan Nossiter a tenté de dénoncer cette uniformisation des produits liée à l’influence de cette mafia parkerophile, dans le très bon documentaire Mondovino. Pourtant, même le brûlot de Nossiter n'a pu remettre en cause l’honnêteté de cet homme. Ses parutions ne comportent jamais de publicités, il ne vit pas au milieu des vignes et il déteste, par-dessus tout, qu’on le piste jusque dans son village natal. S’il refuse de voir, ou feint de nous le faire croire, son influence sur le monde du vin. Mais il faut lui reconnaître une constance dans ses goûts et ses choix. Certes, un goût à l’américaine, une préférence pour des vins massifs, bodybuildés, boisés et concentrés. Il est un pur produit de la génétique, fruit d’un croisement entre un chercheur d’or, une calculette, un clown, un stéthoscope, un séducteur et un punching-ball. Ses papilles valent de l'or, son nez aussi. Pendant longtemps, celui que l'on ne présente plus, était présenté comme un danger pour le vin. Non. Le vrai danger pour le vin, maintenant, n’est pas Robert Parker, mais son absence. Pas sûre que le monde du vin se porte mieux sans lui.

Nous avons voulu comparer nos notes (sur 100) pour savoir si notre goût (ou nos évaluations) étaient proches de celles du gourou de Monkton. Les vins ont été dégustés à l'aveugle et les notes données avant de savoir quel vin avait été bu. La note "S", c'est la note des Soiffards présents, la Note "P" pour la note Parker et l'écart entre les deux notes.

Champagne Larmandier-Bernier Terre de Vertus 2010

Joli nez de poire bien mûre, de craie, de levure, de fleurs blanches et un zeste d'agrume. En bouche, la bulle est fine, c'est ample, vineux, tendu avec une belle et longue finale crayeuse. (Note S = 92 / Note P = 93 / Ecart -1)

François de Nicolay Savigny Les Beaune Aux Vergelesses 2006

Un premier nez de feuille morte, de fleurs blanches, de mirabelle, de miel et de notes étranges de Chamalow grillé. La bouche est ample, large, puissante, légèrement boisée avec une longue finale assez fraiche. Un beau Savigny. (Note S = 90 / Note P = PN)

JL Denois Limoux Sainte Marie 2015

Un 100% Chardonnay issu d'une des plus vieilles vigne de chardonnay de Limoux à Roquetaillade dans la Haute Vallée de l’Aude. Un nez complexe, sur la noisette grillé, les agrumes, l'aubépine, le pain grillé et la pêche. En bouche, c'est gras, légèrement boisé, avec une belle trame acide qui tend une longue finale florale. (Note S = 89 / Note P = PN)

Assyrtiko 2014 By Gaia

Le nez est toasté, fumé, sur la feuille, les fruits jaune et les épices douces. La bouche est ample, assez grasse, tendue par une belle ligne acide avec quelques amers sur la finale. (Note S = 90 / Note P = 90 / Ecart 0)

Domaine Trimbach Riesling Fréderic Emile 2005

L'archétype du grand Riesling Alsacien, un nez sur les fruits très mûrs, citronnelle, pamplemousse, miel, pêche et fleurs blanches, avec de subtiles notes de naphte et de fruits secs. La bouche est en équilibre, pure et droite, beau fruit, touches minérales et très longue persistance prolongée par une ligne acide impeccable. Un grand Frédéric Emile. (Note S = 94 / Note P = 93 / Ecart +1)

Mas de Daumas Gassac blanc 2012

Un peu de fruit jaunes, d'agrumes, de fruits exotiques, d'amande et de violette. La bouche est grasse, belle matière, petite ligne acide et longueur satisfaisante. Pas de défaut majeur, mais une impression de vin pas très défini. (Note S = 91 / Note P = PN)

Domaine Tollot-Beaut Corton Charlemagne 2009

Le nez est gras, puissant, sur les amandes, les fleurs blanches, les agrumes confit, les épices et le tilleul. La bouche est ample et tendue, avec une belle matière assez élevée, une jolie acidité pour équilibrer l'ensemble et une longue persistance sur de beaux amers. (Note S = 95 / Note P = PN)

Kumpf-Meyer Hédoniste 2016

Une bizarrerie, un Pinot Gris de macération, sans soufre, une robe de rouge très léger, un nez très original, racinaire, sur les petits fruits rouges, les épices, le cacao, la pêche et les fleurs fanées. La bouche est déroutante, tonique, c'est sec et à peine tannique, minéral, tendu avec de jolis amers sur la finale. (Note S = 86 / Note P = PN)

9782749307633_cg.jpgIl parait que Bob l'éponge n'aime pas les blancs. C'est vrai qu'il a noté plus de rouge que de blanc, mais quelques blancs ont eu l'insigne honneur d'être noté 100/100 par Bob, dont quelques Alsace. On commence par un bon Champagne, connu, reconnu et gouté par Bob. Terre de Vertus noté 92 par la table et 93 par Parker. Assyrtiko By Gaia, même note Parker et Soiffards (90), et le magnifique Fréderic Emile, 93 pour Bob et 94 pour nous. Bref, on est assez d'accord avec le gourou américain. Les autres blancs n'ont pas été goûtés par Parker, dommage pour le Corton de Tollot-Beaut, je suis sûr que Bob aurait aimé ce Charlemagne puissant et fin à la fois. On passe au rouge, le sanctuaire de Bob.

Alphonse Mellot Sancerre En Grands Champs 2008

Un nez sur la mûre, le cassis, des notes de lard fumé, de bois noble et de cannelle. Comme le nez, la bouche est encore un peu marquée par l'élevage, les tannins ne sont pas encore complétement fondus, c'est assez frais, vigoureux et doté d'une longue persistance. (Note S = 91 / Note P = 85 / Ecart +6)

Domaine de Courcel Pommard grands clos des Epeneaux 08

Joli nez, un peu fumé, sur le cassis, la myrtille, le cacao, les épices et la pivoine. La bouche est concentrée, dense. C'est massif, viril, mais avec une belle texture, des tannins souples qui gagneront beaucoup avec le temps. L'acidité est présente et équilibre assez bien l'ensemble. Une première impression de pommard un peu pommadés, mais une deuxième plus intéressante. Si, un jour, l'aromatique rejoint le toucher de bouche, ce sera un très beau vin. (Note S = 90 / Note P = 91 / Ecart -1)

Domaine Armand Rousseau Gevrey-Chambertin Clos St Jacques 2011

Un nez élégant et fin, de cassis, de groseille, d'épices, de pierre et de terre humide, et une pointe de réglisse. La bouche est merveilleuse, toute en douceur, des tannins de soie, une fine acidité rafraichissante, de la tonicité, de l'harmonie et une longue persistance sur la framboise. (Note S = 93 / Note P = 94 / Ecart -1)

Domaine Bruno Clair Bonnes-Mares 2011

Un nez très mûr, expansif, graphité, sur la cerise griotte, la mûre, la prune et les épices douces. La bouche est douce, généreuse, jolis tannins fins, belle ligne acide et une longue finale fruitée. (Note S = 94 / Note P = 92 / Ecart +2)

Passopisciaro Contrada S 2011

100% Nerello Mascalese, issu des pentes de l'Etna, à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer et des vignes plantées dans des sols de lave qui s'est métamorphosée en gravier épais. Un nez de fraise, de racine, de chocolat et de fumé. La bouche est très pure, minérale, très beaux tannins fins, de la fraicheur et une longue finale aérienne sur les fruits rouges. (Note S = 91 / Note P = 93 / Ecart -2)

WineAdvocate.jpgParker et la Bourgogne, c'est une drôle d'histoire pas drôle. En 1994 éclate l’affaire Faiveley qui opposa la prestigieuse maison bourguignonne au critique américain pour un commentaire diffamatoire sur l’un de ses vins. Dans le commentaire incriminé, Parker prétendit laconiquement que les vins goûtés au domaine étaient moins bons que ceux disponibles en bouteilles aux États-Unis, sous-entendant ainsi une fraude de la part du producteur bourguignon. L’affaire se régla finalement à l’amiable et Robert Parker retira de la vente son guide et publia un rectificatif dans sa lettre d’information. Plus tard, il a même fait ses excuses à la Bourgogne, comme le point final d'une relation tumultueuse entre le gourou américain et la Bourgogne. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis... Il a souvent, sans trop de diplomatie, dépeint cette région comme un vignoble musée, dépassé, ringardisé par la modernité de bien d'autres régions, "terrain miné par des déceptions, chérie par des snobs pseudo-intellectuels qui se complaisent à débattre "ad nauseam" des vignerons et des terroirs, à défaut de qualité". Il avait tort, même s'il faut bien reconnaitre que la Bourgogne des années 80/90 était parfois, même souvent, critiquable sur bien des points et que bien des vignerons avaient délaissés leurs vignes aux chimistes. Chez les Soiffards, on aime Mellot (+6), pour Courcel, c'est dans la norme, comme pour Rousseau, Bruno Clair et le Passopisciaro. Des notes très proches de celles de Bob, preuve aussi que lui (ou ses associés) n'est pas si dur que cela avec la Bourgogne.

Château Lascombes Margaux 2002

Un nez légèrement évolué, sur la feuille, le sous-bois, les fruits noirs et une touche de terre humide. En bouche, pas une matière très dense, c'est léger, pas mal de fraicheur, une jolie acidité, des tannins un poil asséchants mais un ensemble assez plaisant. (Note S = 91 / Note P = 93 / Ecart -2)

Château Pontet-Canet Pauillac 2009

Un premier nez légèrement animal, poussiéreux, mais des notes qui disparaissent très vite avec l'aération, puis des arômes de Pauillac très classique, cèdre, tabac, cassis, mûre, framboise, encens, graphite et réglisse. La bouche est remarquable de précision, c'est riche, ample, mais doté d'une belle ligne acide, les tannins sont souples, très bien intégré et la longueur est renversante. Un grand Pauillac encore jeune, mais qui sera très grand demain. (Note S = 95 / Note P = 100 / Ecart -5)

Xavier Vignon Châteauneuf-du-Pape Cuvée Anonyme 2009

Le nez s'ouvre sur des notes de mûre, de cassis, de fraise, de garrigue, d'épices, de poivre et un joli boisé. En bouche, on retrouve ce boisé, noble et bien intégré. La matière est riche, sans excès, les tannins sont souples, encore jeunes, l'acidité équilibre l'ensemble et porte un belle et longue finale. (Note S = 94 / Note P = 96 / Ecart -2)

Domaine de la Mordorée Châteauneuf-du-Pape La Reine des Bois 2006

Grenache à 80 %, plus Mourvèdre, Syrah sur "La Crau". Une robe très noire, un nez fumé, sur le cassis, les épices, le poivre, l'encens et la réglisse. La bouche est dense, concentrée, mais avec un joli touché, des tannins assez souples, une fraicheur mentholée et une énorme finale. (Note S = 95 / Note P = 95 / Ecart 0)

Amon Ra by Glaetzer Barossa Valley 2010

Un nez assez massif, sur la myrtille, la mûre, le cassis, le chocolat noir, la menthe fraiche, la lavande, le tabac blond et la prune. La bouche est charnelle, douce, c'est pur, dense aussi, portée par une belle acidité vivifiante qui prolonge une très longue finale avec une touche terreuse et crémeuse. (Note S = 95 / Note P = 97 / Ecart -2)

robert-parker-anatomie-dun-mythe-L-1.jpegDeux vignobles de France peuvent ériger une statue à la gloire de Bob l'éponge. Les Bordeaux (en particulier la rive droite) et Châteauneuf du Pape. Les "vins de garage" de la rive droite sont l'exemple de la hiérarchie imposée par Robert Parker. Dans une thèse sur l'influence de Robert Parker sur la hiérarchie des vins de Bordeaux, Jérôme Barthélemy, professeur de stratégie et de management et grand amateur de vin, arrive à la conclusion que cette influence est largement surestimée. L'auteur propose une analyse fouillée et très équilibrée du "phénomène Parker" et souligne que la note Parker exerce, certes, un effet de levier, mais uniquement sur le prix des premiers crus classés, ceux-ci bénéficiant fortement de ses bons commentaires mais pâtissant peu de ses mauvaises appréciations. L'auteur observe que Parker s'intéresse pour l'essentiel aux vins du haut du classement, délaissant les crus qui en sont exclus. Le système Parker aurait corrigé certaines erreurs du classement de 1855 (par exemple en rehaussant Léoville Las Cases), mais sans le bouleverser. Le fait que le classement de 1855, encore largement pertinent un siècle et demi plus tard, n'ait jamais été remis en cause par les notes de Parker est aussi la preuve de cette influence est pas si notoire que cela. Bob a un peu mieux noté Lascombes que nous, il a octroyé un 100/100 à Pontet-Canet qui semble un peu exagéré pour nous, c'est un magnifique vin, mais peut-être pas encore parfaitement en place, mais peut-être qu'il a un petit truc en plus pour juger du potentiel d'un vin? C'est son jugement prémonitoire du millésime 1982 a fait sa réputation. Il a également fait la réputation de bien des vignerons de Châteauneuf et de quelques Winemackers de Californie ou d'Australie.

Château Haut-Brion 1974

Si on est de nature optimiste et sympa, on pourrait dire, menthol, tabac, racine, terre mouillée, viande séchée … Si on est de nature moins sympa, on pourrait dire vieille savate, cuir pas propre, poussière. L'un dans l'autre, ce n'est pas très engageant, d'autant plus que l'aération révèle un côté vieux bois humide assez peu avenant. En bouche, c'est pire, aqueux, léger, trop léger, absence de fruit, dissociation matière acidité. Certains trouvent leur plaisir dans l'évolution, dans des arômes de vieilles mamies, mais le vin, le bon, c'est autre chose …. Condoléances aux pigeons. (Note S = 90 / Note P = 76 / Ecart -2)

Parker_Tasting.jpgCette soirée aurait pu n'apporter que peu d'enseignement. Nos notes, à l'aveugle, sont très proches de celles de Bob. Sauf pour le Pinot Noir Ligérien de Mellot et pour le Pontet-Canet, qu'il a (à notre sens) un peu surcoté, les écarts sont infimes, 1 ou 2 pts sur 100. Mais il y a eu le Haut-Brion 1974. Au milieu de la série de rouge vient cet OVPI (Objet vineux parfaitement identifié). 1974, un millésime très moyen (noté 12/20), avec des conditions climatiques défavorables. Sur un site de cotation très prisé, en 1974, le premier Bordeaux (et ce n'est pas Haut-Brion) arrive 46è! C'est assez rare pour être noté. Autre indice, en 1974, il n'a pas eu d'Yquem de produit. Sur un site d'évaluation de maitre-priseur, on peut lire cette phrase: "ne croyez pas faire un excellent investissement si l’on vous promet pour quelques centaines d’euros une caisse de l’année 2012 devant soi-disant valoir une fortune dans 20 ans! 1952, 1972, … 1974 sont dans le même cas ..." On pourrait traduire le commentaire (datant de 1998) de Bob ainsi : "compte tenu du millésime, ce Haut-Brion peut être considéré comme modeste. Mûr, un peu court sur le fruit, ce vin a un bouquet épicé, terreux, des saveurs angulaires, un corps moyen et une finale courte. Apogée: Maintenant et déjà en baisse". Pour Bob, en 1998, ce vin était déjà sur le déclin. Près de 20 ans plus tard, je doute que cela se soit arrangé.

Alors, comment expliquer que certains puissent trouver leur bonheur dans un vin décrié par un peu près toute la communauté du vin? Donner la même note à un vin quasi parfait (Pontet-Canet) et une vieille momie décatie, déjà sur le déclin en 1998, c'est un crime contre le vin qui mériterait des sanctions exemplaires. Je ne dénoncerais personne, mais le pti frisé aussi haut que large devrait se reconnaitre. La comparaison Haut-Brion 74 et Pontet-Canet 09 est une aberration technique et intellectuelle. Rien ne sert d'entrer dans une grande démonstration pour le prouver, le bons sens devrait suffire. L’influence des critiques, de Parker et de quelques autres, ont posé la question pertinente de l’uniformisation des goûts. C'est vrai! Mais une autre question se pose aussi. Avons-nous la bonne méthode pour évaluer les vins? Avons-nous les mêmes armes? L'appréciation, la notation du vin, c’est une évolution, de son goût, de ce qu’on est capable d’aimer, de ressentir, de partager. Rien n’est figé jamais, l’éducation se fait au fil rouge, tout le temps, mais il est important de se donner les armes pour le faire. Quand je vois quelqu'un, qui que ce soit, amateur ou professionnel, donner une notes, sans en prendre, sans barème, sans système de notation, je me dis que c'est de l'emporte-pièce, de l'à peu près. Imaginez un prof qui corrige des copies d'examen, sans barème de notation! Comme chacun d’entre nous, Bob a son propre goût. A cela près qu’au rythme de 10.000 vins dégustés par an, le sien couvre probablement une palette bien plus large que le commun des dégustateurs. Mais voilà, un avis, même le mien, ne fait pas une vérité, si tant est qu’il y en ait une. Le goût est subjectif, mais la notation d'un vin doit avoir une part d'objectivité.

Tasting-blind.jpgDans les années 2010, la folie Parker s’est essoufflée. En 2012, il a vendu The Wine Advocate à un fond d’investissement singapourien et il a démissionné de son poste de rédacteur en chef. L’année de sa pré-retraite voit également l’explosion du succès de l’application Vivino, le réseau social des consommateurs de vin. L’application Vivino compte 22 millions d’utilisateurs qui scannent, partagent, et notent les vins du monde entier. Avec Vivino, chacun devient critique et consommateur de critique de vin. En quelques clics, la bouteille est identifiée grâce au scan de son étiquette. Une fois reconnue, elle affiche les notes des utilisateurs de la communauté, le prix moyen, les propositions d’accord mets-vin. Un clic de plus et votre avis rejoint ceux des 22 millions de membres de la communauté. Mais, sérieusement, l'avis de Michel Chombier, alias Michou la trique du 9.3, ne m'intéresse que de très très loin. Les deux systèmes de critique s’opposent en tous points. Oligarchique, le système Parker c’est un expert, une opinion, et tout le monde, ou presque, suit. Vivino, ce sont des millions de consommateurs qui partagent chaque jour leurs avis sur les vins du monde entier. Omniprésent sur internet et les mobiles, la crédibilité de la note Vivino est-elle meilleure? L'avis d'un amateur, fusse-t-il éclairé, vaut elle celle d'un expert? C’est une révolution, un système s’éteint quand un nouveau émerge, populaire, gratuit, et boosté par les nouvelles technologies. Ce n’est ni plus ni moins que l’Uberisation du métier de critique de vin. Je ne suis pas sûr que nous soyons gagnants. Oui, ben moi, en tous cas, je n'ai jamais acheté et suivi les conseils de Parker, je ne suis pas plus intéressé par l'avis du premier quidam venu et encore moins enclin à acheter du Bordeaux d'ailleurs : c'est trop cher pour c'que c'est!