url.pngJe m'interroge courageusement, et c’est bien légitime, osant lever un tabou que le monde industriel semble ignorer, pourquoi les choses tombent-elles toujours en panne quand on en a besoin? Je ne crois plus en la technologie depuis que Cyprien, mon GPS, a délibérément essayé de me perdre, quelque part entre une zone industrielle pleine de chiens errants, des marécages profonds et hostiles et une inquiétante ferme où on élève des pandas roux carnivores, une contrée inamicale, où les rares autochtones lancent des ceps de vigne aux allochtones de passage. Hier, le serveur qui héberge Leverasoif est vicieusement tombé en panne, privant des millions de lecteurs de leur Ermite favori. Après m'être flagellé et avoir battu ma coulpe, je me suis dit: "Foutrebleu, comment diable est-ce possible? Vais-je devoir regarder le concert de Charly Oleg à la télé?" Cyprien, oui, je les appelle tous Cyprien, le geek qui fait fonctionner le bousin, ne s'est pas affolé, "C'est rien, c'est juste une erreur de balises obsolètes dans le CSS de nos disques durs, quelques heures de réparation, on change les culbuteurs, on règle l'allumage et ton blog va être compatible avec ton nouvel épluche légume, promis, ça ne se reproduira plus, sauf si ça se reproduit un jour ou peut-être une nuit, près d'un lac, je m'étais endormi, on est jamais à l'abri d'une défaillance matérielle dans un serveur, malgré tous les systèmes doublés et sécurisés mais je m'emploie à minimiser le temps d'attente, si tu es d'accord tape 1 sur ton clavier sinon va te chercher une bouteille à la cave, ça t'occupera et ça ira beaucoup mieux après." J'ai perdu 30mn à lui faire comprendre que 1km ne fait pas 1024m, que si la connerie était un métier, il en serait l'administrateur, qu'il était graphiquement mal optimisé, que les barrettes dans ses cheveux, ce n'était pas de la mémoire, que sa mère, c'était comme Mario Kart, il faut être à 4 dessus pour s'amuser et qu'elle devait sucer des bytes en enfer! Après ses amabilités d'usage, je suis descendu chercher un Bandol, Château Vannières, au moins lui avait de bonnes manières.

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Belle robe grenat profond. Un nez un rien empyreumatique, légèrement balsamique, du cassis, de la mûre, des notes d’épices, de cuir, de réglisse, un joli boisé et des accents mentholés et d'orange sanguine sur la fin. La bouche met remarquablement en valeur le Mourvèdre, cépage à la maturité tardive, c'est ample, serré, racé, porté par une grande structure tannique, un joli grain, aucune lourdeur, même de la fraicheur, une fine et élégante acidité, véritable colonne vertébrale. L'élevage est présent et soigné, la finale, délicatement tannique, est élancée et pure. Un Bandol classique, un rien aristo, taillé pour la garde, plein de bonnes manières. Chez Vannières, c'est l'art et la manière d'être apprécié.