Leverasoif.com

Tag :

Chassagne-Montrachet

Fil des billets

Thomas, Vincent, Bernard, Marc, François, Paul... et les autres

dans la catégorie La tournée des vignes

thomasmorey.jpgEn France, 1.200 personnes s'appellent Morey et je crois bien qu'une grande partie habite Chassagne, alors que Morey-St-Denis paraissait plus indiqué, sauf si tu t'appelles Denis, César ou Rosalie. Le problème, si tant est que cela en soit un, c'est que presque tous les Morey produisent du vin, alors comment s'y retrouver? Primo, "Morey" est un dérivé régional de more, sobriquet désignant un garçon brun de peau comme un maure, et ça tombe bien, Thomas Morey a le teint halé de celui qui arpente la vigne, qui bute, qui marcotte, qui taille, qui rogne et qui palisse. C'est le plus jeune fils, et pas le mauvais fils, de Bernard Morey. Il possède l’un des plus beaux patrimoines de climat en premier cru du secteur. Avec lui, c'est bonjour sourire, il joue sur la tension de ses vins, celle qui fait passer l'arme à gauche. Des vins élégants, vifs et structurés, de belles notes d'agrumes, du gras et toujours une petite touche minérale… Il produit des cuvées d’une grande expression, renvoyant parfaitement sa personnalité et celle des différents terroirs qu'il exploite à merveille, Baudines, Embrazées, Morgeot, "Vide-Bourse", Dents de Chien, Truffière ou Bâtard. En 2012, chez lui, comme chez beaucoup d'autres, tous les éléments se sont déchaînés, conjugués pour faire baisser la production, froid, pluie, maladie, grêle exterminatrice dans certains secteurs et, pour finir, un mois et demi de sécheresse et de chaleur. Au final, de très faibles rendements (-47%) qui ont contribué à faire la grande qualité de ce millésime, dont on parlera longtemps. Chez Thomas Morey, pas de cœur en hiver, comme dirait Claude Sautet, c'est une histoire simple, on parle des choses de la vie, à la fraiche; dehors, il fait très chaud, dedans, le vin est bien frais, et l'atmosphère chaleureuse, la dégustation peut commencer, et, pour citer le grand philosophe Nicolas Sarkozy au sommet du G20 : "en avant Messieurs, on a encore du Thym sur la branche!".

Lire la suite...


Il n’y a que le premier papa qui goûte

dans la catégorie Notre vin quotidien

la-fete-des-peres.jpgRassurez-vous, je ne vous ai pas abandonné comme on abandonne sa grand-mère sur une aire d'autoroute de vacance, non, je me forme, ne me regardez pas avec cet air de coiffeuse en analyse, pour l'instant, je fais le deuil de mon boulot. Parait que c'est mieux de le faire avant de rebouloter. Ce n'est pas que ce soit douloureux, je dirais même que dans mon cas, le deuil a été vite fait, une pelle, trois roulades, deux ave Maria, un dragée Fuca, un sourire à la dame, et l'affaire était dans le lac. Bref, au lieu de taper du petit Chassagne-Montrachet bien frais, je fais de la psychanalyse de la colonne, puisqu'il semblerait que le dos soit la conséquence d’un problème liée à l'abandon familial, alors que moi, bêtement, je pensais que c'était plutôt la conséquence de la taille de ma brioche. C'est Gaston, catcheur amateur et prof d'art gothique au Lycée Jean Luc Lahaye de Nogent le Rotrou qui le dit, lui qui a la lourde charge de nous faire admettre que devenir Consultant n'était pas insultant, sauf si tu aimes les insultes en Germain. Bref, un paquet d'heure durant, après une âpre bataille entre l'homme et la machine, entre le pédagogue et le vidéo projecteur, entre le marteau et le légume, j'écrase mon séant et mon insouciance sur quelques divans pas mous et j'écoute, l'air convaincu (et non con vaincu), le regard avide et un brin d'intérêt, Gaston nous faire le coup du téléthon. Souvent, nous sommes proche du putsch de l'autorité, de l'attentat professoral, le moment où les catéchumènes se lâchent, tels des bêtes sauvages, lors d'une curée sanglante, c'est limite si Gaston, le regard vide et livide d'un représentant du protestantisme le jour de la St Barthélémy, nous distribue pas des sacs à vomi préventif. Moi j'en aurais pris deux connaissant l'émotivité de mon Raoul. Cette formation me permet de me ressourcer, de retrouver de bonnes vieilles habitudes, quand, comme tous les bons mauvais élèves que nous avons tous été un jour, nous nous jetâmes sur les portes de sortie au premier décibel d'une sonnerie de fin journée salutaire. Maintenant, tel Socrate, le footballeur Brésilien, l'élève de Gabin, en ce jour de fête des pères, je sais que je ne savais rien, mais maintenant, je le sais.

Chassagne-Montrachet Morgeot 2011 Henri Germain et Fils

Nez d'amande, de fruits blancs, de tilleul, de vanille, de chèvrefeuille, une pointe de citron bien mûr, une pointe de noisette et un léger grillé, on en prend plein les narines. En bouche, c'est gras, ça tapisse le palais, un peu de bois, pas belliqueux, une belle acidité, qui équilibre et une longue finale épicée qui me fait regretter le dernier verre. Très bien