Henri_Milan.jpgHeureusement, Henri Milan ne sait pas compter, il aurait pu, ou dû, être comptable ou notaire, mais il a préféré travailler la terre, une terre que son père voulait vendre et qu'il a ressuscitée, réveiller et révéler après quelques années de rendements excessifs et de phytopharmacie. Un sevrage bénéfique pour ce terroir issu de la rencontre d'une montagne '"les Alpilles" et d'un climat particulier, l'influence méditerranéenne tempérée par une fraicheur relative. Le domaine, aussi appelé "Tuilière Vieille", est situé au pied des Alpilles, à St Rémy de Provence, sous le soleil, exactement! Avec les engrais et la chimie que les vignes avaient emmagasinée, impossible de baisser les rendements et d’atteindre de vraies maturités. Il y est allé doucement. Chaque année, il supprimait un produit. Puis il a passé le cap bio et en 1997, toutes les cuves étaient homogènes. Mais le démon sévissait aussi en cave. Il y a un truc qu'il ne supportait pas dans le vin, le mal de tête. Quand il a compris que c’était le soufre, il a arrêté et il a fait des vins, souvent magnifiques, parfois aussi moins bon (il dit de merde), maintenant il a trouvé l’équilibre. La rigueur a payé, l'identification des terroirs par des sélections parcellaires aussi. Son intuition sera confirmée par le microbiologiste terroiriste Claude Bourguignon (qui a travaillé avec la DRC, Ausone, ...). Celui-ci mettra en évidence la capacité d’un terroir à produire de grands vins blancs grâce à la présence d’un sous-sol marneux proche de celui de Chablis. Les vins rouges bénéficient de graves riche en calcaire et marqué par la présence de safre jaune que l’on retrouve aussi à Rayas et dont les parcelles constituent le fameux Clos Milan. Henri Milan propose de remplacer l'analyse, maître mot des cartésianismes du vin, par compréhension, ce mot que le dictionnaire traduit par "Totalité des caractères renfermés dans une idée générale ". Et de rendre le mot analyse aux laboratoires, d'où il n'aurait jamais dû sortir d'ailleurs. Henri Milan est un artiste, pas un comptable, il recherche la symbiose et l'harmonie avec son milieu naturel, il veut faire des vins originaux, des vins de tempérament. Bref, un Iconoclaste sous le soleil ? Exactement!

Clos Milan 2003 Henri MilanClosMilan2003.jpg

80% Grenache, 20% Syrah. 2003 a été l’année de tous les excès. Après un débourrement précoce et une élévation de la température exceptionnelle, 40° de moyenne pendant 5 mois, pour la première fois, le domaine a dû prévoir une vendange fin août. Le nez du Clos Milan est reconnaissable entre tous, par son ombrageuse finesse, la présence d’arômes de cerise, de pruneau, de mûre, de réglisse, d'olive noire, de graphite, d’eucalyptus, de garrigue et un subtil boisé-vanillé. La bouche est sauvage, charnue, concentrée et élégante. Les tannins sont délicats et présents. La trame est franche et d’une fraîcheur surprenante et la longueur est superbe de finesse et de minéralité. Excellent