Humour-Beaujolpif-beaux-enfants.03.jpgJe n'ai pas le vin mauvais, mais il y a trois choses, dans la vie, que je ne supporte pas : le Châteauneuf trop chaud, le champagne tiède et le beaujolais nouveau. C'est aujourd'hui que cette arme de destruction massive arrive chez tous les cavistes qui ne se respectent pas. Chaque année, à la même date, je reste coi! Quoi? Comment expliquer que le troisième jeudi de chaque année, on le célèbre comme la chandeleur, les crêpes en moins, un peu comme le mardi gras, ou plutôt, un jeudi beurré pour les adeptes. En gros, le Beaujolais Nouveau, c'est le Pierre-André Gignac du vin, 98% du temps il est mauvais mais t'as toujours un abruti pour te dire qu'il a été bon. Avec le Beaujolais Nouveau, c'est simple, aussitôt goûté, aussitôt dégoûté. Mais, si je bois 10 verres de Beaujolais dans 10 verres différents, est-ce que je ferai diversion? Comment expliquer cet attrait, ce désir irrépressible de se torcher au mauvais pif en plein mois de novembre? Je pense que le Pif est un message divin pour que nous nous rappelions notre condition de mortel, un peu comme la cocaïne; ou alors, c'est une conspiration gouvernementale pour que nous restions pinard. Pour Desproges, la mode imbécile du Beaujolais Nouveau permet à des vignerons peu scrupuleux d′écouler vite fait leur saloperie de bibine pas mûre et trafiquée, à la plus grande joie de prolétaires zingueurs qui viennent se faire ronger les muqueuses, après le turbin à grandes goulées violacées de cette vomissure corrosive si épouvantable et si totalement imbuvable qu′un portugais n′en voudrais pas! Je n'aurai pas mieux dit! Bon, je vais me goûter un petit Bourgogne, tant qu'il y a de la vigne, il y a de l'espoir…