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Pacalet

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Le bonheur, c'est simple comme un coup de pif

dans la catégorie Rencontres Officielles

chemin_du_bonheur.jpgIl y a quelques jours, à la radio française, j'entendais un philosophe parler du bonheur. Monsieur Ferry, pas boat, pas Jules, pas Jean, mais un autre apôtre, Luc, m'expliquer pourquoi il ne croyait pas au bonheur et à la philosophie du bonheur. Comme lui, je ne crois pas à tous ces marchands de bonheur, de développement personnel, de psychologie positive et taoïste qui nous persuadent que le bonheur ne dépend pas de l'état du monde réel mais du regard que l'on porte sur lui. L'idée que le sage est heureux partout, c'est aussi faux qu'une bonne publicité. Peut-on être heureux dans un monde malheureux? C'est une putain de bonne question que m'a posée Dudul, catcheur et prof de philo au Lycée Marc Dutrou de Grézieux les Moufflettes. Il n'y a pas besoin de faire 30 ans de philo pour comprendre que nous fuyons la douleur, le mal, la solitude et les cons. Que nous préférons tous la joie, les potes, les gueuletons et les petits coups à boire. Le problème, c'est que nous sommes parfaitement capables de définir le malheur et totalement incapable de définir le bonheur.

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Un air de famille

dans la catégorie Notre vin quotidien

Airdefamille.jpgDans la famille Ménard, toutes les semaines, on se rejoint au café d'Henri, le patron et le fils, et on va manger "Aux ducs de Bretagne". Ce soir, c'est jour de fête, c'est l'anniversaire de Yolande la belle-fille, mais un incident va venir troubler les habitudes. Arlette, la femme d'Henri, est partie une semaine pour réfléchir, et la famille est déstabilisée. Ce film est un petit chef-d'œuvre d'humour noir, les dialogues sont brillants et les conflits familiaux sont tellement vrais. Un film de Cédric Klapisch avec Agnès Jaoui, Catherine Frot, Jean-Pierre Bacri et Jean-Pierre Darroussin, à voir et revoir. A boire et à reboire, dans la famille Lapierre, il y a le neveu. Christophe Pacalet faisait le cuistot aux Antilles et s’en revenait chaque année au pays pour y cueillir le millésime. Jusqu’à ce que l’amour et la famille le ramène à ses origines vigneronnes, il est le neveu de Marcel Lapierre et le cousin de Philippe Pacalet, son cousin rebelle et bourguignon. En 1999, Christophe a créé avec Marcel, le domaine les Marcellins. Sans levurage ni SO2, il élabore des vins vrais et sans détour. Toujours dans l’éthique, jamais dans la technique, il s’est fixé comme objectif de vinifier l’ensemble de la palette des crus du Beaujolais en micro-négoce, il jongle aujourd’hui avec 8 hectares répartis sur une bonne douzaine de terroirs (Chénas, Brouilly, Moulin à Vent…). Des Beaujolais avec un air de famille et pour les repas de famille, avec ou sans collier de chien.

Moulin à Vent 2011 Christophe PacaletPacalet_moulin_a_vent.jpg

Jolie nez, acidulé, très gamay, sur la framboise, la cerise, la fumée, la violette, un peu de réglisse et une touche de terre humide. L'attaque est franche et vive, la bouche, toujours sur l'acidulé, avec des tannins doux, un bel équilibre et une jolie persistance. Très bien




Détournements mineurs et rentrée littéraire à Meursault

dans la catégorie Rencontres Officielles

Vosnes3.jpgAujourd'hui je suis mort, ou peut-être était-ce hier, ou un rêve, je sais pas, j'ai même pas reçu de télégramme de l'hôpital. Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. Ce matin, un rayon de soleil m'a réveillé en me réchauffant le visage. Même si c'est une belle journée, c'est dimanche et je n'aime pas le dimanche. J'ai fait du café et je suis allé acheter le journal du jour. Je n'ai jamais aimé lire les nouvelles, sauf pour y trouver des choses qui m'amusent. A dire vrai ça m'est égal ce qui se passe dans le monde, mais je l'achète pour passer le temps. Cette intro alambiquée et confuse est un pastiche de l'œuvre de Camus: l'Etranger. Pourquoi Camus? C'est une bonne question mon petit Ranulphe. Parce qu'en cette année 2012, peut être bien la dernière, il n'est pas inutile de se recentrer sur la culture. Si pour toi, "Sex and the cystite" est un monument du cinéma, que "Chateaubriand" c'est surtout bon quand c'est saignant, que t'écoute en boucle Rondo-Veneziano, que ton tableau préféré est un poster d'un ninja roux en train de sniffer du beurre de cacahuète, alors, rien que pour toi, on va mettre les bouchées doubles. Cet hiver j'ai refait mon retard littéraire, j'ai lu les grands classiques, Camus, Beigbeder, Houellebecq, Dan Brown et Télé 7 jeux et à quoi ça aurait servi si je ne vous en parlais pas?

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L'originalité de la typicité, le grand écart vineux

dans la catégorie Rencontres Amicales

Typicite4.jpgJe vais faire rager Schulmeister, mais je pense que le grand vin possède obligatoirement une typicité. Une typicité complexe, celle de son terroir, évidemment, celle de son cépage, assurément, et parfois, celle du vigneron. Pour d'autres, la typicité est un défaut et ce n'est pas toujours une provocation; à les entendre, il y a même un fond de vrai. J'aime assez être dépaysé, boire un vin atypique est même parfois plaisant. Un Pommard atypique, s'il est bon, me ravira plus qu'un mauvais Volnay typique. Est-ce que le bordeaux doit toujours sentir le bordeaux? Est-ce que Ducru-Beaucaillou doit toujours sentir le carton mouillé? Est-ce que le Meursault doit absolument sentir le beurre, le tilleul et la barrique? Est-ce que le Riesling doit absolument sentir le pétrole? Est-ce que Cos d'Estournel est typique de Saint-Estèphe, est-ce que Rayas est typique de Châteauneuf? Pourtant ce sont des références! Les grands vins ont-ils une spécificité propre?

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Un bon bol de Bel-Air

dans la catégorie Notre vin quotidien

bel-air2.gifÀ Gevrey-Chambertin, en haut des Grands Crus, à 350 mètres d’altitude, le Climat "Bel-Air" surplombe les Côte de Nuits. Il a pour prestigieux voisins les Ruchottes du Dessus qui occupent la même situation sur le coteau, les Mazis et surtout, le prestigieux Chambertin-Clos de Bèze qu’il surplombe. Le climat Bel Air s’étendait de façon beaucoup plus vaste sur le haut de la Côte. Une large partie est encore classée mais non plantée. Des bois ont en effet été créés à la fin du XIXe siècle, notamment pour protéger la vigne des vents froids et du gel. Il y a une centaine d’années, on parlait même du Château Bel Air, tant il dominait les Grands Crus. Bel Air indique un lieu où l’on jouit d’un air plus pur qu’ailleurs. On disait jadis, à Gevrey-Chambertin, qu’on allait "prendre le bon air" quand on montait sur la Côte... Dans son ouvrage sur le Chambertin, Jean-François Bazin écrit que "Bel-Air" était tout à fait digne d’un classement en grand cru lors des années 1930. Il fallait pour cela être limitrophe du Chambertin. C’est ici le cas. Bel-Air est un premier cru faisant un peu plus de 2.5 hectares, peu de producteurs se réclament du cru, il est de ce fait peu connu.

Gevrey-Chambertin 1er cru "Bel Air" 2008 Philippe Pacaletbel-air.gif

Robe rubis, très claire et légèrement trouble. Nez complètement sur les fruits rouges, framboise, griotte, fraise, avec l'aération, le nez prendra des accents raflés agréables et une touche minérale. La matière est fine mais le vin n'est pas fluet, les tannins sont présents, ronds, agréables, fruités, gourmands. L'équilibre est impeccable et la finale élancée et d'une grande fraicheur. Très bien

Gevrey-Chambertin 1er cru "Bel Air" 2008 Domaine Taupenot-Mermetaupenot.jpg

Robe rubis foncé. Nez très expressif, puissant sur la réglisse, les fruits noirs, ronce, épices douces et boisé élégant La bouche est dense, large, puissante, toujours sur la réglisse, les tannins sont fermes, sans amertumes et la finale et longue et agréable. Très bien

Deux conceptions diamétralement opposées d'un terroir, Le Bel-Air de Taupenot-Merme m'est apparu immédiatement plus proche du terroir de Chambertin ou Mazis que je connaissais, alors que le Pacalet, qui s'est montré fruité et gourmand, s'est transformé doucement, pour finir par contredire mon jugement premier et démontrer qu'il avait plus qu'un côté séducteur et que le fonds était également présent dans cette belle bouteille.


Mille et une Côtes de Nuits ou du veau dans les voiles de Shéhérazade

dans la catégorie Rencontres Officielles


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SI LA ROMANEE M'ETAIT CONTI

Il était une fois, il y a bien longtemps, dans un royaume genre super loin, baroque et magique, un roi de Perse, pas des masses charmant. Il avait la libido d'un tapis persan, pas vraiment volant et une femme qui était un peu près aussi volage que ses voilages. Quand le cornes furent venus, il décida de ne pas décapiter sa femme et les eunuques, vu que ça n'avait ni queue ni tête, mais, persuadé, ce qui est parfaitement normal pour un perse, de la perfidie de toutes les femmes, d'épouser chaque jour une vierge et de l'occire la nuit de noces passée ce qui prouve qu'il n'était pas la moitié d'un dromadaire, mais un vrai chameau. Dans ce royaume, la bigamie était encore à la mode. Pour ceux qui ne le saurait pas, la bigamie consiste à avoir une femme de trop, les plus malins ou les moins bien lotis me répondront, oui, mais la monogamie aussi. Cette petite plaisanterie aurait pu durer longtemps sans Shéhérazade, qui s'intitulait en vrai Zoubida, fille aînée du grand vizir, le super nettoyeur du royaume, qui se porta volontaire pour faire cesser le carnage. Elle ourdit un stratagème aussi ingénieux qu'habile.

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