vins_atypiques.JPGLe vin, c'est comme dans la vraie vie, plus on est curieux, plus on est intelligent! Dans le vin comme dans la vie, la curiosité ne doit pas être un choix, mais une nécessité fondamentale et constructive. Être à l'affut de vins de terroirs méconnus ou de cépages ancestraux, autochtones ou marginaux, quand ils ne sont pas défendus (au deux sens du terme), partir à la recherche de vinificateurs créatifs ou de vinifications innovantes, de terroirs nouveaux, de nouvelles viticultures ou simplement de vins insolites, est nécessaire et vital. La vie, la vigne et le vin sont en renouvellement perpétuel. Certains ont une approche minimaliste, comme les adeptes du tous bio, même si je pense que s’enfermer dans un bio pur et dur, c’est voir l’enjeu du vin par le petit bout de la lorgnette. Le temps de la viticulture productiviste est derrière nous, cette viticulture ne répond plus aux attentes des consommateurs d'aujourd'hui. Dans 20 ans, la question de savoir si un vin est bio ou non sera certainement désuète. De plus en plus souvent, je me tourne vers ceux qui explorent des horizons nouveaux. Ils sont inclassables, innovants, iconoclastes, parfois difficiles, mais tous ont la volonté de produire des vins qui sortent des canons, des critères de standardisation, de ses standards qui anesthésient le goût, tous ont pour objectif de faire des vins qui étonnent, qui sortent du carcan de l’appellation d’origine. Vive les trublions de l’AOP, vive les marginaux, les téméraires qui transgressent, qui replantent, qui expérimentent avec, trop souvent, comme seul récompense, une éviction de l'appellation contrôlé par les tenants de la standardisation. Le nom ronflant d’un terroir prestigieux n’a jamais été une garantie de bon vin, loin s’en faut! L'avenir de ses vins, de ses vignerons, réside dans notre capacité à faire connaitre, reconnaitre ses nouveaux explorateurs, mais aussi de faire du vin et de sa dégustation, un art de vivre. En France comme ailleurs en Europe, au lieu de jeter l’anathème, l'opprobre sur le vin et de culpabiliser l’amateur de belles quilles, il serait bien, comme en Asie, de lui rendre son prestige, un marqueur de réussite sociale ou simplement une composante de notre culture. La vigne, le vin et les vignerons ne méritent pas cette autoflagellation permanente. Le vin, consommé avec modération, peut être un acteur de l’éducation du goût pour les prochaines générations.

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